‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 336 sur 341 · Sciences occnlles, p · texte numérisé non relu

Sciences occnlles, p

SERPENTS SACRÉS ET DRAGONS

(( Il n’existe pas (Je serpents ailés, dit Sa! verte \ de véritables dragons; l’union de deux natures si diverses a été originairement un hiéroglyphe, un emblème, et la poésie qui vit de figures n’a pas hésité à s’emparer de l’image et de l’expression. Les deux noms paraissent avoir été synonymes dans la langue poétique, et les ailes dont on dotait les dragons n’étaient que l’emblème de la promptitude avec laquelle le serpent s’élance sur sa proie ou s’élève pour la saisir jusqu’à la cime des arbres. Les sauterelles sont encore appelées serpents ailés par les Grecs, et cette métaphore peut avoir créé plusieurs récits sur l’existence des serpents ailés, »

Quant à Y Encyclopédie des gens du monde, si vantée par la science, quand on lui demande une définition du dragon, elle vous répond : (( Animal fantastique aux replis tortueux et fendant la nue comme l’aigle , consacré par les légendes chrétiennes et par les féeries du moyen âge. Cet être singulier a été mêlé à tout, s’est trouvé partout, excepté dans la nature... Cet animal n’est qu’un être absolument fictif,... un emblème hiéroglyphique, et les naturalistes qui ont affirmé en avoir vu les dépouilles dans les divers cabinets ont été trompés par des piomies artistement composées de toutes pièces, vain stratagème de la cupidité, »

Nous l’avouons, cette assurance nous confond; admissible au temps de Voltaire, il nous semble que ce n’est plus aujourd’hui qu’un ridicule anachronisme. Comment, la terre vous a rendu la charpente conservée de tous ces monstres, vous pouvez les palper, les reconstruire et, sauf la vie, les doter, pour nous servir de. votre expression, de tous les organes fabuleux que vous leur refusez encore, et vous persistez à les ranger parmi les hiéroglyphes et les emblèmes 1 C’est le granit qui les conserve, et vous parlez de stratagèmes 1 C’est Cuvier qui les reconstruit, et les mots ignorance et crédulité se retrouvent encore sous votre plume !

Encore une fois, vous nous confondez. Vous avez donc oublié que, n’ayant encore trouvé que des sauriens ou serpents rampants, ce grand homme écrivait déjà : « Si quelque chose pouvait justifier les hydres et ces autres monstres dont les historiens du moyen âge ont si souvent répété les figures, ce serait incontestablement le plesiosaurus ^? »

Mais lorsqu’il se fut trouvé en présence d’un saurien volant, « du ptérodactyle trouvé en Allemagne, ayant soixante-dix-huit pieds de

Page 1