Sciences occultes, p
t. Révolution du globe, t. V, p. 247.
TRADITIONNELS ET HISTORIQUES
longueur, et portant des ailes vigoureuses attachées à son corps de reptile,)) le moyen âge fut tout aussitôt justifié à ses yeux, c^rV impossible et le chimérique dLY^ient désormais pris un corps, et les entrailles de la terre se portaient garant des créations toutes semblables, vivant jadis à sa surface. Et comme, d’une part, le hasard n’a jamais pu servir si bien une imagination en délire, et que, de l’autre, ce n’est pas dans les granits souterrains que celle des peintres et des sculpteurs est allée chercher ses rêveries, il a bien fallu, de toute nécessité, qu’elle les ait prises d’après nature et auprès d’elle.
On se rappelle encore l’étonnement naïf des Geoffroy Saint-Hilaire, lorsque M. de Paravey lui montra, dans les livres chinois et sur quelques briques de Babylone, les dragons dont nous parlions tout à l’heure, les ornithoringues, les sauriens, etc., etc., qu’il croyait inconnus à la terre... jusqu’à lui...
L’analogie aidant et, qu’on nous passe l’expression, de fil en aiguille, où n’arriverait-on pas? Pourquoi, par exemple, continuerait-on à s’insurger au seul nom du fameux serpent de mer? On possède toutes les pièces de son cadavre dans le plésiosaurus.
Les fossiles que nous en connaissons (et qui nous affirmerait que ce ne sont pas les Lilliputiens de la famille?) avaient déjà trente pieds de long, un corps de baleine, le long cou du serpent et la tête du lézard ; donc le léviathan, si contesté de Job, fut une réalité. Qui sait ce que l’avenir nous réserve? La science doit tant se méfier de ses lendemains ! il lui a fallu tant de fois s’humilier devant les leçons que la veille lui a données! qu’elle doit prendre garde à elle, et surtout ne plus traiter de fables des dragons pétrifiés sous ses pas.
La difficulté n’est donc plus là ; mais comment la libre pensée pourra-t-elle jamais s’expliquer la raison théologique d’un pareil culte et d’une pareille horreur? Attribuer aux Cafres et aux Esquimaux des préoccupations astronomiques et emblématiques, ce serait leur faire beaucoup d’honneur. D’ailleurs, dès qu’il est question du serpent, tous les peuples et toutes les intelligences sont d’une égalité parfaite. Lorsqu’il s’agit de lui, il n’y a plus la moindre distance entre Pythagore et Soulouque.
Le serpent!... Toute la terre l’encense ou le lapide. Les Zends parlent de lui comme les Kings, comme les Védas, comme l’Edda, comme le Mexicain et comme le Copte, et la Bible ne contredit jamais aucun d’eux. Dans toutes les annales religieuses, pas un prestige que le serpent n’accompagne, pas un miracle qu’il n’explique ; Jésus l’appelle « homicide et menteur, )> comme Confucius et Zoroastre. Et cependant tout ce qui ne tient pas à Jésus l’adore ou le prie en trem-