‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 66 sur 341 · Ibid., janvier 1860, p · texte numérisé non relu

Ibid., janvier 1860, p

IMPORTANCE HISTORIQUE, ETC

Nous allons voir tout ce que devait produire cet orgueil.

Est-ce à dire, maintenant, qu’il n’y aurait plus dans le monde ni fables, ni apocryphes, ni fausses légendes autorisant tous les doutes, ni finalement de critique légitime et possible ? Nous réclamerions de toutes nos forces contre celui qui nous prêterait une telle absurdité, et ce mémoire tout entier prouvera que nos protestations ne s’adressent qu’au critère'^ désastreux, frappant d’ostracisme tout ce qui porte un certain caractère que nous analyserons tout à l’heure.

Et qu’on ne s’imagine pas n’avoir affaire ici qu’aux excentricités sceptiques de l’Allemagne et de ses philosophies. Le mal est général, et tous, plus ou moins, nous appliquons à TOUT (nos intérêts exceptés) ce critérium en question.

Il n’est pas jusqu’aux attestations païennes dont les plus sages d’entre nous n’aient fait, en vertu du même principe, beaucoup trop bon marché. En matière religieuse par exemple, nous acceptions imprudemment qu’on niât sans autre explication tous les dieux des nations, et que l’on traitât tous leurs prêtres de jongleurs ; en matière historique, nous écoutions volontiers, lorsque l’on venait nous dire « qu’ Alexandre pouvait fort bien n’avoir jamais existé, ou qu’il n’était peut^ être qu’une des personnifications du génie des conquêtes; » en matière littéraire, nous étions tout prêts à admettre qu’Homère « n’ avait jamais été qu’une personnification mythique de l’épopée ^ » en matière scientifique , « qu’Hippocrate, fils d’Esculape, ne pouvait être qu’une chimère; que les Asclépiades , malgré leurs sept cents ans de durée, pouvaient fort bien n’avoir été qu’une fiction; » en matière géographique , <( que la ville de Troie n’avait jamais existé que sur les cartes, etc., etc. » C’était encourager ce délire de Niebuhr, rayant d’un trait de plume les cinq premiers

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