‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 68 sur 341 · Résultats de cette critique · texte numérisé non relu

Résultats de cette critique

Toutes ces niaiseries historiques, que tous n’adoptaient pas complètement , mais dont presque tous acceptaient généralement le principe, ne tardèrent pas à porter tous leurs fruits, et nous remercions provisoirement M. Renan , lorsqu’il nous les montre « amenant fatalement à la négation des vérités les plus sacrées, et préparant de fort loin il est vrai, mais trèspositivement, la vie de Jésus par Strauss. »

« C’est un fait bien constaté pour le public instruit, dit un

4 . A partir de Minos seulement, il consent à regarder Homère comme le guide le plus sûr. Mais Homère serait bien étonné de n’être sûr qu’à partir de ce moment; et d’un autre côté, M. Guigniaut nous affirme que « personne n’oserait plus se permettre aujourd’hui de regarder Cécrops comme un mythe, a Gomment faire ?

IMPORTANCE HISTORIQUE, ETC

auteur allemand^, que Strauss, Bauer, Feuerbach et le matérialisme grossier des incrédules procèdent tout aussi bien de Niebuhr que de Hégel. »

Rien n’est plus exact; aussi pour notre part nous nous sommes toujours bien promis de lie pas émousser dans l’arsenal d’autrui les armes dont nous comptons nous servir pour nous - même ; nous avons toujours cru que le mépris du témoignage païen (nous ne parlons pas des doctrines) préjudicierait extrêmement au témoignage chrétien. Aussi trouvions-nous que , dans son admirable conférence sur la vie de Jésus-Christ le révérend père Lacordaire, de si grande et regrettable mémoire, manquait peut-être de prudence en ne séparant V hémisphère mythique de Y hémisphère réel que par le grand caractère scriptural dont il dotait l’époque de la venue du Sauveur. D’abord, l’écriture n’est pas tout, et la parole la précède : lorsque celle des peuples contemporains atteste un fait éclatant, deux sténographes ou plutôt deux photographes sont toujours là pour la recueillir à l’instant et la transmettre au monde. Ces deux photographes sont la tradition et l’écriture ; mais , ne l’oublions pas, la seconde n’est jamais que le fixatif matériel. C’est la première qui dicte, elle est la fille aînée, et lorsque le fixatif de la fille cadette s’altère et disparaît, on n’a qu’à remonter à la première, et l’on retrouvera, soyons-en certains, malgré l’altération possible des détails, un fond plus clair et plus vivant que sur le monument lui-même.

Il n’y a réellement pas eu d’hémisphère scriptural proprement dit; quels que fussent les caractères employés, partout il y a eu de la grande et très-réelle écriture, comme de trèsimposantes signatures sur la pierre et sur l’airain.

Dans l’antiquité, c’est bien pour avoir nié cette écriture et sa fidélité, que Évhémère, Épicure et Lucrèce ont fait de la détestable critique, et se sont attiré le mépris de toutes les autres écoles.

\ . Le baron de Guldenstübbe.

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