‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 74 sur 341 · Mythologues · texte numérisé non relu

Mythologues

Pendant que les rationalistes de Weisse, Wilke, Bauer, Strauss, etc., s’épuisaient à expliquer, les uns l’Ancien Testament, les autres le Nouveau, par des moyens simples et naturels, et « ramenaient par exemple la formation de la légende de Jésus aux proportions d’un fait très -ordinaire^, » on vit les logiciens de la même armée, c’est-a-dire les mythologistes, balayer ce reste de scrupule historique ; ils simplifièrent la question, en déclarant sans détour que « tout étant fabuleux dans les faits comme dans la vie des personnages merveilleux, il ne restait plus qu’à bannir l’ordre surnaturel tout entier, » en le remplaçant toutefois, si l’on voulait, et comme dernière ressource, par une sorte de « miracle psychologique-. » .

Faisons bien attention à ce dernier mot, nous en aurons tout à l’heure l’explication.

Quant à la forme de toutes ces luttes, elle était vraiment infernale. On parle des intolérances de l’orthodoxie catholique ; mais elle n’a jamais déployé contre ses plus cruels ennemis la millième partie des rigueurs et des mépris dont cette nouvelle école mythologique vint accabler sa rivale ; celle-ci se vit obligée de battre en retraite et de baisser pavillon devant les injurieux triomphes de Gabier, Schelling, Heyne, Bauer, Vater, de Wette, etc.

Désormais l’inexorable logique ne devait plus s’arrêter, et, comme tous les hommes de tiers partie ces Girondins de l’exégèse, pris entre les vrais conservateurs et les hommes du mou-

Page 1