Ibid., p
IMPORTANCE HISTORIQUE, ETC
vement, se trouvèrent abandonnés par ceux-là et débordés par ceux-ci. « Tout ou rien, » disait par exemple l’incroyant Vater, car « vous ne pouvez retrancher du Pentateuque le merveilleux sans faire violence à l’intention première des écrivains » — « On ne peut, dit à son tour de Wette, séparer ainsi du fond historique ces embellissements et ces transformations. On ne trouve absolument aucun critérium pour séparer le vrai du faux dans ces récits, l’un et l’autre y étant confusément mélangés et y jouissant du même honneur... La seule source d’une histoire est dans la relation que nous en possédons... Or, dans le cas actuel, la relation nous informant d’une marche surnaturelle des choses, nous pouvons croire ou nier; mais gardons-nous bien d’imaginer une autre relation toute naturelle dont la première ne dit pas un seul mot. C’est de l’inconséquence et de l’arbitraire 2. » — « L’auteur d’explications naturelles, dit à son tour Gabier, veut faire une chose ordinairement impossible, et pour cela il se permet les opérations les plus violentes®. » — « C’est un procédé atomistique, ditHorst, que celui qui se permet, dans des récits miraculeux, d’extraire des particularités isolées et de les remplacer par d’autres particularités naturelles »
Ils avaient mille fois raison tous ces hommes de progrès ; si la Bible n’est pas tout, elle n’est rien, et sans être tout comme elle, les autres religions qui s’y rattachent par tant de liens, de traditions et de dogmes, ne peuvent pas davantage n’être lien.
Malheureusement, dans leur audacieux dilemme, ces terribles logiciens ayant choisi le rien, ce ne fut plus seulement le christianisme, mais ce fut Dieu lui-même qui fut rangé îparmi les mythes, tant était prophétique ce mot de Bossuet : <( Votre déisme n’est qu’un athéisme déguisé. »
Strauss, Enlreliens,^. 41.