‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 80 sur 341 · Nov, organ.y p · texte numérisé non relu

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3. Bacon, sa vie et sa philosophie, par Ch. de Rémusat. — Bacon, par Kuno Fischer.

DERNIER MOT DE l’iNCROYANCE ANGLAISE.

MM. Comte et Littré, reconnaître cette paternité ; lorsque M. de Rémusat lui-même croit le blanchir beaucoup en disant « qu’il n’est coupable que d’avoir accrédité cette école et lui avoir montré la route ; » enfin, lorsque, même au point de vue scientifique, un savant du premier ordre, M. Biot, nous affirme que « les sciences ne lui ont jamais dû la moindre découverte^, » nous nous demandons si les coups assénés par le vigoureux ultramontain n’avaient pas leur raison d’être, et s’il était bien coupable en accusant de toutes nos doctrines sensualistes celui « qui n’a fait que les accréditer et les guider. » Toujours est-il que Bacon, par sa physique exclusivement certaine (et la sienne, par exemple, prenait la lune pour un simple feu follet^ \) avait posé un principe incendiaire. Dieu veuille qu’il n’en ait pas compris la portée ! On l’espère, lorsqu’on l’entend de temps à autre confesser sa foi avec une certaine franchise ; mais on redoute le contraire lorsqu’on le voit choisir pour secrétaire et pour ami le fameux Hobbes, le chef irrécusable cette fois du matérialisme le plus abject.

En tout cas, la foi de Bacon ne se montrait pas ombrageuse.

Hobbes avait donc attaqué le christianisme au nom des sens et de la matière. Par une autre voie, celle de l’érudition, son successeur, Bolingbroke, arrivait aux mêmes conclusions et méritait le surnom de « précurseur de Yoltaire. »

Il est vrai qu’à trois ans de distance était né le célèbre Clarke, l’un des plus grands théologiens du protestantisme et le réfutateur victorieux des principes de Bacon. Fort éclairé sur leur portée, il comprit qu’à la certitude matérielle il fallait avant tout opposer la certitude morale et surtout celle du miracle, qu’il appelle quelquefois « la démonstration sensible de la divinité de Jésus-Christ et la preuve positive et directe de la révélation. »

1 . Voir, pour toutes ces citations, le premier de ces ouvrages, p. 282 et suivantes.

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