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Il faut détruire Carthage

DELENBA CARTHAGO. — DE LA CUITIftUE FRANÇAISE. 79

quel progressif entraînement Creuzer se voyait emporté par la hauteur de son génie et la profondeur de ses études vers ce qu’il appelait les intelligences supérieures; or, si l’on veut avoir une idée juste de toute la distance qui sépare le savant allemand de son traducteur français, il suffira de confronter par exemple ces deux manières d’envisager la naissance du culte grec.

Écoutons d’abord le savant d’outre-Rhin : « Un prêtre saisi d’enthousiasme (devant l’oracle de Dodone), et luimême, il ne faut pas en douter, convaincu de la présence divine , s’exprimait avec conviction , lorsqu’il enseignait et décelait un rapport quelconque entre une apparence visible et son invisible objet. 11 n’y avait là ni raisonnements ni démonstrations théologiques; c’était dans le sens le plus littéral des mots des révélations, des manifestations surnaturelles. » Et pour qu’on ne s’y trompât pas, Creuzer mettait en note « Ôetüv, » apparition des dieux. « En effet, continue-

t-il, si nous consultons l’ancienne langue, la langue la plus fidèle, de tous les monuments de l’histoire, elle nous prouvera que telle fut la marche de l’éducation religieuse chez les Grecs... Bien plus, les dieux eux-mêmes ont formé de leurs mains puissantes les premières images proposées à l’adoration des hommes ; eux-mémes ils ont été les premiers instituteurs de leur culte... ils sont descendus sur la terre pour instruire les mortels... Ainsi se manifeste à l’origine des institutions religieuses une miraculeuse alliance de l’homme avec la divinité^. »

Nous ' sommes donc parfaitement d’accord jusqu’ici avec Creuzer.

Quant à son traducteur et admirateur, voici comme il imite, ou plutôt comme il trahit celui qu’il regarde néanmoins comme son maître.

« La divination, qu’on le sache bien (nous sommes tou-

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