Voir au § 2 de ce chapitre
2. Voir au même t. YI des Mémoires de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
8. On possède encore quelques fragments de ces actes, insérés par Reinesius dans \c Supplément des Inscriptions de Gruter; quelques autres, dans la Bibliothèque de Paul Petau et dTsaac Vossius. Dodwell en publia une partie.
A PROPOS DU MERVEILLEUX ROMAIN. 9.‘j
Quelles précautions, quel respect, quelle garantie pour la fidélité historique!... Lorsqu’au xix® siècle, nous afliclions notre Moniteur français à la porte des mairies , c’est, nous voulons bien le croire, pour que le peuple puisse le lire; mais nous doutons très-fort que ce soit pour qu’il le contrôle et pour qu’il le corrige. Ici, tout était sacré, tout, depuis l’origine historique de chaque fête, jusqu’au caractère de ce pontife (( qui devait — dit encore M. Sallier — réunir au plus suprême degré le savoir à la vertu. )>
On le voit, le jour ne se faisait pas chez les historiographes du xviii® siècle; le brouillard augmentait en raison des torches allumées pour le combattre, et nous allons voir maintenant qu’il a toujours été en s’épaississant jusqu’ici. Suivons donc un moment, notre de Viris à la main, quelques-unes de ces merveilles de second ordre qui causent tant de perplexités à nos pilotes désorientés.
Pour rafraîchir la question, franchissons près d’un siècle et consultons en 1860 la dernière critique contemporaine sur ce même sujet des origines romaines î
Qui de nous n’était resté persuadé, au sortir des écoles, qu’en fait de critique historique Tite-Live et Denys d’Halicarnasse étaient de véritables enfants; qu’ils restaient bien en même temps de très-grands historiens, mais des historiens entraînés par le courant irrésistible des plus sottes et ridicules légendes?
Deux critiques, voisins (non pas des événements, mais de l’époque qui s’en éloigne le plus, c’est-à-dire de la nôtre), Beaufort et Niebuhr, fondateurs renommés de cette école dévastatrice qui se donne le nom de fine critique, s’étaient arrogé la mission de correcteurs de tous ces grands hommes, en leur apprenant, à vingt-cinq siècles de distance, comment les choses s’étaient passées jusqu’à eux. La méthode était des plus simples ; elle consistait à déclarer que pendant cinq siècles sur sept il ne s’était rien passé du tout. C’était, disait-on, le seul moyen Méclaircir un peu les origines romaines, et, dans le fait, Y éclaircie était trèslarge. Il est vrai que l’on ne comprenait pas trop pourquoi ces messieurs s’arrêtaient si subil^ment, et pourquoi les césars avaient trouvé grâce sous leur férule de régent ; mais enfin c’était déjà si commode pour l’histoire, d’être débarrassé de toute cette lignée des Romulus et des Numa, qu’on leur pardonnait volontiers bien des inconséquences.
Commençons par Beaufort, très -spirituel du reste et très-habile démolisseur: « Sur quoi, demandait-il à Tite-Live, sur quoi bâtissezvous toute la chronologie de vos cinq premiers siècles, si ce n’est, il faut bien le dire, sur le misérable clou que vos pontifes enfonçaient chaque année dans une des murailles de leur temple ?