‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 96 sur 341 · A PROPOS DU MERVEILLEUX ROMAIN · texte numérisé non relu

A PROPOS DU MERVEILLEUX ROMAIN

authentiques; « attendu, disait-il, qu’elle avait été écrite surd’irrécusables monuments,., »

M. Taine prouve donc toujours à Beaufort que Polybe avait lu au i

Capitole les traités conclus dès les premiers jours avec Carthage;... ;

que les annales brûlées ne l’avaient été qu’en partie, et que ce qu’on j

en peut lire, à dater du tribunat est rempli par des faits si précis, si i

suivis et si secs, qu'on ne peut douter le moins du monde qu’on a sous :

les yeux les tables mêmes que le grand pontife exposait à sa porte;... î

bref, qu’il n’est pas beaucoup de peuples qui aient laissé autant de i

documents, etc., etc.^ i

De ces préliminaires, passant à l’appréciation de son auteur : 1

<( Tite-Live, dit-il, n’a pas besoin de prouver sa bonne foi, elle se manifeste d’elle-même et sans qu’il y songe... 11 est consciencieux jus- v

qu’au scrupule,... n’avance jamais un fait sans preuve, n’altère jamais un témoignage et ne dit rien sans une autorité , et ces autorités sont >

nombreuses... Modeste, réservé, impartial, toujours fier et jamais flatteur, il n'est même pas crédule;... il préfère les doutes aux contes, sait ^

croire avec mesuré et raconter sans affirmer )>

Voilà ce qu’on peut appeler une réhabilitation î On se demande seulement, Beaufort ayant dit à peu près le contraire sur tous les points, ce qui peut rester de vrai dans sa méthode. Néanmoins l’Académie, qui l’applaudissait dans son temps, applaudit M. Taine aujourd’hui.

Il est vrai que ce dernier décharge en revanche sur Denys d’Halicarnasse tout le fardeau des reproches adressés à Tite-Live pour sa crédulité. Parcourez la table de cet ouvrage couronné, et vous y lirez avec étonnement : — sottises de Denys, — imbécillité de Denys, — sa crédulité effrontée, etc.; et dans le texte, vous verrez l’auteur lui i.

demander sans cesse où il a pris ce qu’il raconte, et si par hasard il I

avait fait partie de la cour de Numitor et de Romulus, etc., etc.

Maintenant c’est M. Le Bas, membre de l’Institut et professeur i

d’histoire , qui va venger à la fois les deux historiens et déclarer leur cause indissoluble : ,

« Depuis plus de deux cents ans, dit-il, l’authenticité historique des |

cinq premiers siècles de Rome n’a pas cessé d’être l’objet d’attaques |

plus ou moins sérieuses. Niebuhr et beaucoup d’autres après lui n’ont f

pas craint de jeter le vieux roman à terre. Ils ont refait l’histoire ■

romaine; mais comme à chaque édition un nouveau système a paru, -

auquel faudra-t-il s’arrêter? Toutefois, il faut bien le dire, tous les

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