‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 97 sur 341 · IMPORÏ. HIST. — CRITIQUE DÉSESPÉRÉE · texte numérisé non relu

IMPORÏ. HIST. — CRITIQUE DÉSESPÉRÉE

textes allégués pour prouver Tignorance des premiers siècles sont absolument contraires aux faits les plus positifs de toute rantiquité. Comment les Étrusques, qui précédaient les Romains de plusieurs siècles, auraient-ils été regardés comme le peuple le plus civilisé de l’Italie, s’ils avaient ignoré l’écriture? »

Et M. Le Bas de prouver, avec l’aide de M. Victor Le Clerc, un de nos plus éloquents professeurs d’histoire, que les sources auxquelles ont puisé Tite~Live et Denys étaient...

Écoutez bien, et comptez tout ce que la razzia critiquante avait du mettre de côté.

Ces sources étaient, disons-nous avec nos deux professeurs , les annales des pontifes, les livres sacrés, les chants religieux S les tables des censeurs, les lois royales, plébiscites et sénatus-consultes, les traités, les tables triomphales, les inscriptions, les monuments, les archives de famille, les images des ancêtres, les actes civils, les monuments et les édifices, les statues, les archives des peuples voisins, etc., etc.

Nous abrégeons, car on n’en finirait pas si l’on voulait dépasser le simple aperçu des solides assises sur lesquelles était élevé le vieux roman, assises que, de nos jours, la critique la plus fine avait feint de ne pas apercevoir.

Laissons à nos lecteurs le soin de consulter eux-mêmes M. Victor Le Clerc, s’ils veulent avoir une idée de «l’importance et de l’authenticité de ces antiques et vénérables chroniques de Rome, dressées par les grands pontifes, indiquant en style bref et simple les événements les plus mémorables, chroniques conservées avec un soin tout religieux, consultées avec respect par les Caton, les Polybe, les Varron, les Valérius Flaccus, et qui certainement enfin, au moment où ils écrivaient l’histoire, étaient entre les mains de Denys, de Tite-Live, de Quintilien, d’Aulu-Gelle, de Vopiscus^. »

Si M. Le Clerc a dit vrai, — et comment en serait-il autrement? — on a peine à comprendre que Beaufort et Niebuhr aient pu faire école et persuader tant de lecteurs.-

Ah ! c’est que la difficulté n’était pas là. Ces infatigables compilateurs des annales, des monuments (( et des livres inaltérables, » — y compris ce Fabius Pictor dont Polybe n’admettait pas qu’on « pût un seul instant soupçonner la véracité historique » — tous ces compilateurs éminents et vénérés, disons-nous, pour leur immense savoir et leurs

1 . La chanson de Coriolan existait encore au temps de Denys.

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