Polybe, t. I, p
or LKS IMPOSSIBILITÉS APLANIES.
vertus, n'étaient, à ce qu’on nous assure, que de véritables enfants pour la crédulité.
C’est inexplicable, il est vrai; mais comment voulez-vous, disent avec une certaine apparence de raison les enfants du xix® siècle, comment voulez-vous que nous croyions à la grande autorité, et à la bonne foi parfaite de pauvres philosophes qui s’avisent de faire intervenir dans la fondation de la ville éternelle la louve et l’enlèvement de Romulus , le dieu Mars et Rhéa, les boucliers de Numa, le rasoir de l’augure. Castor et Pollux, etc., etc. ? A d’autres, la vénération pour de pareilles autorités !
Comment pouvez-vous d’ailleurs nous parler encore de l’importance et de l’authenticité de chroniques et de livres sacrés ou sibyllins, que la critique la plus savante a remis depuis longtemps à leur place
A cela, le savant professeur répondra que toutes ces fables n’ont rien de plus merveilleux que « tant d’autres fables insérées dans les anciennes chroniques de tous les peuples du monde et... qu’il faut bien savoir en »
Mais, reprend M. Le Bas épouvanté ; « effacez donc alors de l’histoire romaine toute Tépoque des Césars, à cause de l’astre qui parut à sa mort et dont Auguste fit placer l’image au-dessus de la statue de son père adoptif dans le temple de Vénus; condamnez le siècle de Tacite qui ne dédaigne pas de faire entrer dans la fortune de Vespasien les miracles d’Alexandrie, récusez surtout son contemporain, Julius Obsequens, ne faisant commencer qu’à l’an 600 de Rome toute une compilation de prodiges qui n’en sont pas moins nombreux pour cela^. »
Nos lecteurs peuvent s’en assurer, ces messieurs sont tous dans le vrai, tant qu’ils se combattent, et tous dans le faux dès qu’ils s’aC'cordent dans leurs préjugés communs. Si l’un n’a pas le droit de reje
L MM. Le Clerc et Le Bas disent que, sans aucun doute, ces livres sacrés devaient être les libri sibyllini o\i fatales, livres mystérieux que les duumvirs des sacrifices allaient consulter sur l’ordre du sénat, qui furent confiés ensuite aux décemvirs, puis aux quindécemvirs des sacrifices ch -rgés des jeux séculaires, et par la supputation desquels Censorin parvenait à remonter jusqu’aux jeux de l’an 298. « Ces documents devaient être (dit M. Le Bas) du nombre de ceux qui avaient échappé aux ravages des Gaulois, et dont une partie fut ensevelie dans des tonneaux de terre cuite près de la demeure du flamen, pendant que le reste était emporté par les pontifes et les vestales, à Ceré, où ils allaient chercher un asile. » (Le Bas, Hist, rom., iiv. XV.)