‹ Des essais de stabilisation monétaire par le retour à la convertibilité-orChapitre 13 sur 35 · L'ETÉ O · texte numérisé non relu

L'ETÉ O

2° — Il n'est pas suffisant d'arrêter l'inflation : 1l faut en outre réduire le montant des moyens de paiements, faire de la déflation. L'inflation est décelée par la perte au change vis-à-vis des monnaies d’or. Il faut poursuivre la déflation jusqu'à la restauration de la devise nationale à sa parité-or.

3° — Celle parité-or sera atteinte avant la disparition de tous les nouveaux billets émis, car une partie de la hausse des prix est acquise. Il restera un « résidu d’inflation » que l'on pourra conserver sans danger. « Il est probable qu'après la guerre les prix mondiaux resteront longtemps, sinon toujours, à un niveau supérieur à celui d'avant-guerre et que les banques seront conduites à adopter un chiffre plus élevé d'encaisse. En outre, quelles que soient les économies que l'emploi des méthodes perfectionnées de paiement puissent apporter dans l'emploi de la monnaie légale, elles seront probablement plus que compensées par l'accroissement des revenus des classes salariées qui sont les grands consommateurs de monnaie légale. Toutes ces causes tendront à accroître la quantité de monnaie légale que le pays pourra conserver sans danger pour l’étalon d'or, soit en circulation, soit dans la réserve des banques, bien au-delà du chiffre d'avant-guerre, sans que cependant ce montant puisse être fixé autrement que par l'expérience » (1).

4° — La déflation doit être graduelle. Il n'est pas possible de la déterminer à l'avance : elle doit se régler sur les circonstances. La Commission suggère que le

(1) Comité Cunliffe. First Interim Report, parag. 88,

maximum d'émission fiduciaire alleint chaque année devienne la limite autorisée l’année suivante.

. 5° Enfin, pour assurer l'élasticité de circulation nécessaire, maintien provisoire du « Currency and Banknotes Act », du 6 août 1914, autorisant la Banque d’Angleterre à dépasser exceptionnellement les limites d’émission fiduciaire arrêtées dans l’Act de 1844.

“ x Dès le second semestre de 1919, le Gouvernement anglais s'inspirant de ces directives, orienta sa politique dans la voie du redressement. Ce fut d’abord, à partir du 8 août, la décision de verser à la réserve des Currency-noles, pour toute émission future, une proportion de billets de la Banque d'Angleterre réduisant d'autant le montant de la nouvelle inflation. En octobre, la Banque, conformément à une théorie capitale et traditionnelle, entra dans la voie de l'augmentation du taux de l'escompte, destinée à faire baisser les prix par la liquidation des stocks, et à provoquer ainsi la hausse du change. À la même époque, étaient supprimées différentes mesures exceptionnelles du temps de guerre : intérêt maximum pour les dépôts en banques, restrictions à l'importation et à l'exportation des capitaux, et surtout modification des prix de l'or sud-africain (1).

(1) Jusqu'à la fin de la guerre, les crédits américains permirent de soutenir le change anglais, mais, en 1919, celui-ci tomba de 4,76 + le $, au 1* janvier, à 4,50 3/4, au 1®% juillet, et à 3,73 3/4 au 31 décembre. La production de l’or du Trans: vaal, jusqu'alors réservée au gouvernement anglais, fut libérée au mois d'août : elle devait toujours être envoyée à Londres, mais des licences d'exportation étaient accordées,

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Le 15 décembre 1919, M. Chamberlain annonça aux Communes l'application, à partir du 1° janvier suivant, des principales dispositions du rapport Cunlifle. Le montant maximum de l'émission non gagée des Currency-noles serait fixé pour cette année à £ 320.600. 000 : au-delà de ce chiffre, couverture en billets de la Banque d'Angleterre. Le ministre déclarait, en outre, vouloir commencer de suite l'amortissement de la dette, dont le montant actuel serait considéré comme maximum.

L'année 1920 débuta par une grave crise financière. 63 millions de bons à court terme ne furent pas renouvelés et le Gouvernement dut recourir à la Banque pour les rembourser, Le taux de l’escompte fut alors élevé le 15. avril à 7 %, tandis que le Trésor portait l'intérêt de ses bons de 5 + à 6 }. Mis en présence du grave danger que présentait en permanence la dette flottante, le Gouvernement entreprit de l'amortir ou de la transformer pour le supprimer. Le budget de 1920-21 (1) marque un effort sérieux vers l'équilibre: si les recettes n'étaient que légèrement majorées, par contre les dépenses étaient réduites de 35 % sur l'exercice antérieur. Les prévisions promettaient alors un notable excédent de recettes, devant servir à l'amortissement de la dette : l'exercice se solda effectivement par un excédent de £ 230.557.000. L'effort gouvernemental se poursuivit au cours de l’exercice suivant, qui donna encore un excédent de 45 millions sterling, chiffre inférieur aux prévisions, mais considérable si l'on tient compte de la dépression économique de cette époque. Ces excédents budgétaires, résullat d'une fiscalité rigoureuse, permirent d'amortir dans

(1) L'année financière s'étend du 1% avril au 31 mars.

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