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de fortes proportions les différentes modalités de la dette
publique :
en millions de Livres 31-42-20 © 34:-3-21 31-3-22 30-6 22 Dette extérieure .........,...: 1254 1.087 Détléstlontantemeeterr re. DS 2750811029 5965 Avances par Voies et Moyens... 909,9 154,4..1147,3- 204,8
En dépit d’une légère augmentation, au 30 juin 1922, des « Avances par Voies et Moyens », ce tableau marque une amélioration considérable et rapide de la situation financière de l'Angleterre, aussitôt après la guerre. Cette amélioration porte sur les types de dette considérés comme les plus nocifs et les plus humiliants: la dette à court terme et la dette extérieure. Dans la même période, la dette à long terme était en accroissement, mais c'était une résultante de la politique de conversion adoptée par le Gouvernement. C’est ainsi qu’au cours de 1922, £ 194.467.884 de dettes extérieures ou flottantes furent échangées contre £ 257.205.055 de dettes à long terme; la charge annuelle des intérêts était réduite de ce fait de £ 10.064.951 à £ 9.577.378. Cette heureuse opération, tout en soulageant la Trésorerie, diminuait les dangers d’un remboursement massif des bons à court terme, en période de crise, comme cela s'était vu en 1920.
Ainsi, du côté des finances publiques, on pouvait noter un redressement très net de la situation. L'étude des modifications d'ordre plus spécialement monétaire révèle une amélioration toute différente en son principe ; on y voit la part prépondérante qui doit être attribuée aux
circonstances, le Gouvernement jouant un rôle beaucoup plus modeste, et en quelque sorte de spectateur.
Si l'on groupe l’ensemble des moyens de paiement (Currency-notes, billets de banque, dépôts en banque), on constate que leur montant passe de 3.015 millions sterling, fin 1920, à 2.797, fin 1922. Il y a donc eu déflation. Mais cette déflation, comme il ressort de l'examen de son mécanisme, est une conséquence de la crise économique survenue au cours de l’année 1920. Cette crise était déjà annoncée en 1919 par la hausse du taux de l'escomple aux Etats-Unis. Une baisse mondiale des prix résulla de la déflation du crédit. Les indices des prix de gros des marchandises ont diminué fortement: ramenés à 100 au 31 Juillet 1914, leurs variations furent
les suivantes :
Grande-Bretagne Etats-Unis AUS NT ANVIOL AUD EPP RCI ES 305 241 EMA TS MODO ERRE ENE REe Dee 239 S1ADÉCeMDre OLD PRE EC ER EE 231 146 Le DéCeMDTeTI2 RER 170 131,4 HADÉCEMDIENIDO REP RE ET 166,2 158,2
La baisse des prix entraïnait celle des salaires, quoique dans une moindre proportion, et diminuait les besoins d'argent du public. Les Currency-notes, qui étaient les seules petites coupures, refluèrent en dépôts vers les banques, qui les remeltaient &la Banque d'Angleterre ; ils étaient finalement envoyés au Currency-notes Department. Ainsi la déflation monétaire a-t-elle été spontanée. Elle est une résultante directe de Ja crise économique de 1920-21, el non pas sa cause, comme il-a été dil parfois. Il est très certain qu'une politique de déflation peut
engendrer des troubles économiques, mais dans ce Cas particulier, c'est l'inverse qui s'est produit. Le Gouver-
nement n'avait plus à intervenir que pour rembourser lés billets ainsi revenus à leur source, et l'amortissement progressif des «Ways and Means Advances », à la Banque d'Angleterre, grâce aux excédents budgétaires, rendait définitive la déflation produite.
De son côté, la Banque d'Angleterre maintint durant une année le taux de 7 %, et le ramena après celte duréerecord, à 6 + le 28 avril 1921, à 6 le 23 juin, 5 ; le 21 juillet et 5 ë 3 novembre 1921. Les variations du taux, ainsi que le faisait observer l'Economist en 1922, étaient devenues un problème surtout psychologique : il ne s'agissait plus de sauvegarder l'or de la Banque, puisque l'embargo était maintenu, sauf sur les lingots en transit et moyennant des autorisations spéciales ; 11 fallait seulement se baser sur la situation économique générale et c'est précisément pour assainir le marché anglais que fut maintenu si longtemps le taux sévère de 7 %.
La Banque ne perdait pas de vue, d'autre part, l'intérêt qu'il y avait à renforcer son encaisse métallique en vue de la suppression future du cours forcé. Les stocks d'or aceusèrent pendant cette période une notable progression : les réserves en 1923 avaient triplé par rapport à 1914 et couvraient à raison de 37 % le montant des billets et Currency-noles en circulation.
En résumé, si l'on observe l’ensemble de la politique financière britannique dans les premières années de l'après-guerre, on constate une amélioration considérable, se traduisant par la hausse continue de la devise anglaise par rapport au dollar. Cette amélioration ne peut être attribuée à la déflation monétaire qui
ne fut que de 7 %. Klle est due très certainement au rétablissement de l'équilibre budgétaire, écartant toute crainte d'inflation, et aux excédents de récettes, permettant d'importants amortissements et la conversion de la dette. La diminution de la dette flottante ajoute à la sécurité financière. Ainsi que le fait observer M. Rist : « Aucune spéculation à la baisse n'a plus de prise sur la monnaie d'un Etat dont les finances sont en équilibre ». (1)
La politique anglaise, ainsi orientée dès 1920 vers le rétablissement de finances saines et de la parité or du change, fut couronnée d'un éclatant succès, mais qui n'allait pas sans une extrême sévérité budgétaire. Les lourds impôts portèrent du reste leur fruit. Après l'exercice 1922-23 qui se solda par un nouvel excédent de recettes, supérieur à £ 101 millions, on put envisager la réduction de l'income-tar, pour aider à la reprise des affaires. La restauration de la Livre au pair fut facilitée par la baisse de l'or, qui se traduisit en 1922 par une hausse des prix aux Etats-Unis et la baisse du Dollar par rapport à la Livre. Le change sur New-York est passé de $ 3,20, en 1920, à $ 4,72, en février 1923, le pair étant $ 4,866. « Ceci, disait M. Walter Leaf, est une jusüfication de la politique suivie par notre Gouvernement et un avertissement éloquent contre les voix | de sirènes qui pourraient nous inciter fallacieusement à nous écarter de la route de l'honnêteté fiscale, en vue
. d'obtenir un stimulant momentané des affaires, qu'il faudrait payer ensuite d’une réaction mortelle. » (2)
(1) Risr. La déflation en pratique.
(2) Assemblée Générale de la London County Westminster and Parr's Bank. Discours de M. Walter Leaf, président. (1er février 1923). É :
Tee
L'aboutissement logique de ces efforts fut le rétablissement de la Livre à sa parité-or en avril 1925. En prenant cette décision, le Chancelier de l'Echiquier, M. Winston Churchill, précisait que le remboursement des billets serait laissé au gré de la Banque d'Angleterre et non obligatoire. « Rétablir l’ancien étalon d'or international, ne signifie pas que nous allons recourir à une frappe d'or La frappe d'or serait une mesure extravagante et injustifiée, que notre resserrement financier actuel ne nous permet nullement de reprendre. Je dois faire appel à toutes les caisses, dans l'intérêt public, pour qu'elles continuent à se servir du billet et ne rien changer aux habitudes qu'elles ont prises au cours des dix dernières années » (1).
Le Chancelier exprimait en même temps son opinion que ce retour à l'étalon d’or ne pouvait être différé davantage, les deux autres grands pays manufacturiers du monde, l'Allemagne et les Etats-Unis d'Amérique, S'y trouvant à présent, ainsi que l'Autriche et la Hongrie. La Banque d'Angleterre accède aux demandes de remboursement, selon l'intérêt qu'elles présentent pour la stabilité du change anglais : celui-ci est maintenant basé sur l'or et ne varie que dans la limite des gold points (2).
‘-(1) Discours de M. Winston Churchill aux Communes à l'occasion du dépot du projet de budget 1925-26.
(2) On a même pu observer à nouveau, en 1926, une légère prime de la Livre sur le Dollar.