‹ Des essais de stabilisation monétaire par le retour à la convertibilité-orChapitre 4 sur 35 · CAN E LAS CO · texte numérisé non relu

CAN E LAS CO

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papier ; ce rapport équivalait au change de 227,27 piaslres-papier pour 100 piastres-or. Celte première mesure tendait à consolider l'état de choses existant, et à supprimer l’agio, en donnant au change argentin la stabilité monétaire basée sur l'or. L'article 2 portait que le pouvoir exécutif ferait connaître ultérieurement, et trois mois à l'avance, la date et les modalités de la conversion ainsi arrêtée. L'article 3 décidait la formation progressive du « fonds de conversion » selon des modalités développées dans les articles 4, 5 et 6. Mais la mesure capitale était décidée par l’article 7, visant la création immédiate, à la Caisse de conversion, d'un bureau de change, où, tant que ne serait pas édicté le décret de l'article 2, le public pourrait verser de l'or contre des piastres-papier et inversement, au taux fixé, soit 227 piastres-papier pour 100 piastres-or. Ce bureau avait mission d'émettre des billets contre l'or déposé à ses : guichets, et devait fonctionner ainsi comme un régulateur automatique de la circulation, celle-ci augmentant ou diminuant selon la quantité d’or déposée en échange.

C'est à partir de cette date que la Caisse de conversion, jusqu'alors simple rouage administratif, commença vraiment à jouer un rôle. Il est à remarquer qu'elle ne pouvait cependant intervenir utilement que dans un sens opposé à la hausse de la piasire, grâce à sa faculté d'émission ; mais elle ne pouvait rien contre la baisse, faute d’un stock d'or suffisant (1). D'autre part, les billets qu’elle émettait contre l'or ne se distin-

guaient pas de ceux précédemment mis en circulation ;

(1) La circulation fiduciaire, au moment où fut édictée la Loi de conversion, s'élevait à 295,16 millions de piastres-papier,

la Caisse devait garantir contre la baisse loute la circulation fiduciaire de la République Argentine, devenue théoriquement convertible (1).

La nouvelle institution, heureusement favorisée par les circonstances, fonctionna bien dès le début. Sa première opération date du 9 Décembre 1899 : ce jour-là, la Caisse de conversion émit 227 piastres-papier, en échange de 100 piastres-or apportées par le public.

Après les piélinements des premières années, où les dépôts d’or ne présentaient qu'un léger excédent sur les retraits, la Caisse prit, à‘ partir de 1902, un grand développement ; le pays connaissait alors une prospérité économique remarquable, à la suite de l’heureux accord intervenu avec le Chili, et qui éloignait toute crainte d'un conflit menaçant depuis plusieurs années. Les stocks d’or, et, comme conséquence, les émissions de papier, s’accrurent considérablement ; dès 1903, la Caisse était en mesure de parer au déficit éventuel de la balance des Comptes, et, par la suite, son stock d'or augmenta graduellement. Les statistiques révèlent une existence de 50 millions de piastres-or, dès 1904, de 102,7 millions au 31 Décembre 1906, tandis que la circulation totale atteignait alors 526.747.000 piatres ; sur ce montant, la Caisse avait émis depuis l'origine 233.479.000 piastres, contre dépôt d’or au taux légal de RU +

Par la suite, la Caisse eut à faire face à la grave crise économique de 1907-1908, qui prit naissance en Amérique du Nord, et eut une répercussion mondiale.

(i) La Caisse de conversion se distinguait ainsi de la Caisse de conversion du Brésil qui ne garantissait que les billets nouvellement émis par elle, créant ainsi une double circulation intérieure.

Mais l'institution était suffisamment solide, et, en dépit des retraits importants qui se produisirent alors, la Caisse put reprendre son essor, et le stock d’or accumulé dans ses caves dépassait 222 millions de piastres en 1912, soit une garantie de près de 72 %. La République Argentine était ainsi parvenue à donner à sa monnaie une valeur-or vraiment stable, basée sur un stock métallique pouvant rivaliser avec celui des pays avant la circulation la mieux gagée.

La réforme avait donc pleinement réussi. On aurait pu, semble-t-il, envisager alors la reprise des paiements en or, annoncée dans l'article 1* de la Loi de 1899. De nombreux partisans firent campagne en ce sens, mais il semble bien que, tout comme aux Indes, le Gouvernement de la République Argentine tut frappé, à l'usage, de l'excellence d'un système, d’abord considéré comme devant servir de transition. Le Gold Exchange Standard était appliqué aux Indes à la. même époque, et connaissait Ià un grand succès. La ressemblance entre les deux réformes est frappante (1) : de part et d'autre, circulation intérieure non modifiée mais parfaitement stabilisée par rapport à l'or, grâce à la faculté de se procurer du métal à volonté pour les règlements extérieurs (2). Il ne semble pas qu'il y ait eu alors en Argentine un intérêt supérieur à faire circuler l'or pour les règlements intérieurs, le billet convertible étant

(1) M. SUBERCASEAUX ne croit pas qu'il faille cependant voir dans la réforme argentine de 1899, une imitation de la politique monétaire inaugurée en 1893 par le Gouvernement indien. Celle-ci était encore peu connue. V. SUBERCASEAUX, OP. Cite ao0e.

(2) Aux Indes, l'Hôtel des Monnaies n'était pas légalement tenu de fournir de l’or en échange de roupies, mais l'initiative en fut prise de suite,

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