CHAPITRE II
THÉORIE DE LA. CONGESTION OU DE l'a^NÉMIE CÉRÉBRALE
D'autres auteurs ont voulu mettre le somnambulisme sous la dépendance de la circulation cérébrale et deux grandes théories ont régné tour à tour : celle de la congestion et celle de Tanémie. Toutes deux ont le grave inconvénient d'avoir un point de départ faux : Tassimilation du somnambulisme au sommeil normal. Selon que celui-ci était considéré comme dû à la congestion ou à Tanémie, on donnait au somnambulisme la même cause, sans plus réfléchir que lorsque Ton appelait dormir Tétat dans lequel est plongé le somnambule.
Se fondant sur les relations des circulations rétinienne et cérébrale, et sur la facilité que l'on a d'observer les vaisseaux de la papille, M. Bouchut a eu l'idée d'examiner le fond de l'œil pendant le somnambulisme. Les premières expériences, faites sur des sujets soumis à l'éthérisation, ont montré de l'anémie de la papille; mais, plus tard, chez des sujets examinés pendant la période hallucinatoire de la grande attaque, M. Bouchut a trouvé de la congestion de la papille; quelquefois enfin il n'y avait aucune modification, et aucune conclusion ferme ne peut être tirée de cette série d'expériences, non plus que de toutes les observations directes du cerveau faites sur des chiens trépanés pendant le sommeil.
La congestion ou l'anémie sembleraient d'ailleurs diffîcile-
pouvoir causer la production des états seconds; que LS-nous pendant la veille, lorsqu'elles viennent à se prod'une façon tant soit peu intense? Des vertiges, un afTaiment momentané de rintelligence, mais non pas un blement de la personnalité qui devrait pourtant être mt; c'est là la production d'un état morbide qui ne cadre rec l'hyperesthésie de certains sens et le grand développede certaines parties de l'intelligence. Comment d'ailleurs ser que la circulation cérébrale puisse être si facilement ncée, que le passage d'un état à l'autre soit si brusque, l'on se sert des zones hypnogènes, par exemple? Aucune e anatomique n'est là pour nous guider et nous expliquer sme ou la dilatation subite des artères cérébrales, js n'irons pourtant pas jusqu'à nier l'influence de l'anémie
la congestion cérébrales; elles servent souvent de causes ;posantes, comme l'a montré M. Brémaud lorsqu'avant )duire chez un sujet la fascination, il le fait tourner plu- ; fois sur lui-même, comme le montrent également la iction de certains délires pathologiques, celui de la faim, des cardiaques à la dernière période, chez qui la circulalérébrale se fait mal. Tel est, selon nous, le rôle de la ciron, elle ne peut, non plus que l'automatisme, servir de ï une théorie générale des états seconds.