DU XTI1<^ AU XV^ SIÈCLE
c'est ce qui ressort de tous les écrits pédagogiques du xuF siècle (1).
Alexandre de Villedieu , Evrard de Béthune , Vincent de Beauvais, un auteur caché sous le pseudonyme de Boèce dominent la période dans laquelle nous entrons, comme Alcuin et Cassiodore dominaient celle qui se clôt au xn^ siècle. Jusqu'à François h^, jusqu'à Ramus , on apprendra dans les écoles le Gr écume d'Evrard de Béthune et le Doctrinale puerorum d'Alexandre de Villedieu. La vaste encyclopédie de Vincent de Beauvais, naturelle, scientifique, historique, sera le répertoire universel. Le traité De disciplina scholarium , hussemeni attribué à Boèce, mais
(1) Il est un point sur lequel il convient de nous expliquer avant de passer outre. Les textes allégués précédemment placent la rhétorique tantôt avant tantôt après la dialectique : il y avait donc variation dans le rang assigné à ces deux degrés du trivium. Le R. P. Dom Pitra nous semble n'y avoir pas assez pris garde dans sa remarquable Histoire de saint Le'ger^ où nous lisons : « Le programme tracé par Martianus Capella , rhéteur africain du v« siècle, resta invariable pendant douze siècles; » et un peu plus loin: « La dialectique précédait sagement la rhétorique, qui ti^était plus dès lors ce qu'elle est devenue depuis , un art de dire des idées qu'on aura plus tard. » [Hist. de saint Léger, chap. iv.)
Nous l'avons déjà fait observer, l'influence du rhéteur africain fut balancée par Cassiodore. Celui-ci met la rhétorique avant la dialectique, en quoi il est suivi par saint Isidore, Alcuin et Raban Maur, trois noms considérables dans les écoles du moyen âge. Saint Isidore a dit : « Conjuncta est grammaticae arti rhetorica , in grammatica enim scientiam recte loquendi discimus. In rhetorica vero percipimus qualiter ea quœ didicimus proferamus. (Etym.