VLXÈ DE CET OUVRAGE
l'histoire, ni même la lettre des saintes Ecritures; Id parole vivante lui suffît : en s'abandonnant à la conduite de l'Eglise, il participe en quelque sorte à la glorieuse infaillibilité de cette mère et maîtresse qui l'éclairé et le dirige dans loutëâ les voies de ce terrestre pèlerinage.
Serait-il donc sans danger pour un catholique d'interroger les annales de l'Eglise avec cette disposition d'esprit dont nous parlions tout à l'heure, la méfiance du présent jointe à un retour fervent vers un passé lointain? Non sans doute; et l'exemple de tant de novateurs qui en ont appelé de la tradition à Thistoire , de l'Eglise moderne à la primitive Eglise , prouve invinciblement que cette voie n'est pas sûre.
Vers la fin du siècle defnier, un synode assemblé à Pistoie, sous la présidence de Scipion Ricci, se mit en devoir de censurer plusieurs points de la discipline reçue, lesquels jusque-là n^avaient excité aucune inquiétude dans les consciences catholiques. Entre autres choses , les membres du synode condamnaient l'usage assez général dans les églises d'Italie, de voiler certaines images des saints. Cet usage, que je sache, n'était consacré par aucun concile, par aucun décret du saint-siége ; mais enfin , il avait pour lui la pos* session légitime ; les fidèles n'en éprouvaient point de scandale et les pasteurs n'y mettaient point d'obstacle. C'en fut assez pour que la censure du synode de Pistoie fût censurée à son tour par qui de droit et déclarée téméraire (1).
Que serait-ce donc, si l'on s'attaquait à des usages autrement anciens, autrement répandus, soumis en mainte circonstance au contrôle des supérieurs ecclésiastiques; à des usages quiinléresseraient directement et la foi et les mœurs?
(1) Bulle Auctorem fdeL Propos, lxxik