‹ Des études classiques dans la société chrétienneChapitre 3 sur 48 · ES TRADITIONS · texte numérisé non relu

ES TRADITIONS

si Ton venait dire que c'est un grave desordre de se servir dans les écoles de tels et tels auteurs; que ce désordre néanmoins a prévalu , qu'il s'est enraciné chez nous; que parla, depuis trois siècles, la chaîne de l'enseignement catholique est manifestement rompue?

Cette proposition est telle que je dois m'abstenir de la qualifier. Elle a pourtant été soutenue avec ardeur.

Et le premier mobile de tout cela, c'était le culte passionné qu'on avait voué au moyen âge. Avait-on bien compris le moyen âge? Non sans doute. Toujours est-il qu'il nous était proposé comme le type auquel la société moderne était tenue de se conformer en toute chose j et que de cette conformité on faisait pour elle une question de vie et de mort.

Je ne rappelle ce système ni pour récriminer et me donner le triste plaisir d'accuser des accusateurs, ni pour humilier qui que ce soit. Mais, vu l'état actuel de beaucoup d'esprits, remplis d'ailleurs de loyauté et de bonne foi, j'ai pensé qu'il serait utile de tirer de tout ceci une conclusion générale, applicable à bien d'autres cas : il est imprudent pour un catholique d'accorder au passé de l'Eglise une préférence si exclusive, qu'il en vienne à suspecter la discipline communément reçue de nos jours sous la garantie de l'autorité spirituelle.

La discipline de l'Eghsc peut changer avec le temps, mais à aucune époque elle ne devient pour nous une source de dangers. De nouvelles complications dans les maux qui travaillent la société peuvent nécessiter de nouveaux remèdes ; cela s'est vu plus d'une fois : ce qui ne s''est jamais vu , c'est qu'un abîme se soit creusé sous les pas des fidèles et qu'il ait englouti des générations entières, sans qu'un cri d'alarnie ait été poussé , sans qu'il soit parti de îa chaire de Pierre un avertissement paternel accompagné

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