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dans la chapelle affectée à Tune des quatre nations? après la messe et les vêpres, le professeur qui enseignait, à la rue du Fouarre, la logique, laphxjsiquey la métaphysique avait part aux distributions manuelles ; le grammairien de Paris ne recevait rien, parce qu'il n'était pas régent, ne devait pas être réputé régent, ni jouir en aucune façon des privilèges de régent. Si le grammairien se présentait au repas de Messieurs les régents, sur un ordre du Procureur de la nation il était chassé parles bedeaux; et s'il s'obstinait à rester, s'il se mettait à table et mangeait avec les autres, on le condamnait à débourser et à payer son écot. Tels étaient les rap-^ ports entre artiens et grammairiens en l'an de grâce 1456.
Crévier, grammairien et rhéteur, s'en montre fort humilié dans son Histoire de V Université . Il est vrai que, sous François 1°' (1535), ces mêmes professeurs avaient été mis au nombre des régents; peut-être cependant restait-il encore quelques vestiges de la condition subalterne des anciens temps (1).
Quant à fixer l'époque précise de ce divorce dont nous venons de signaler les différentes phases j les monuments à nous connus n'y suffiraient pas, et cela probablement n'est pas possible en soi. Le tableau suivant , où sont rangés par ordre chronologique les principaux actes relatifs à la Faculté des Arts ou émanés d'elle, va nous servir à le faire d'une manière approximative. Nous y trouverons aussi matière à des observations d'un autre genre.
1215. — Statuts du cardinal Robert de Gourçon. L'en-
(1) Rendons justice à Crévier toutefois. Son Histoire de r Université dé Paris nous a servi de fil conducteur dans Timmense recueil de Duboulayi 11 traite la partie administrative avec lucidité : tout ce qui concerne les privilèges du recteur, des nations, etc., etc., y est discuté avec talent. Pour les études, il laisse beaucoup à désirer. 11 abrégeait Duboulay , et n'était pas du reste assez au fait du moyen âge pour mettre à profit d'autres documents.
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seignement de la Faculté des Arts doit embrasser , outré plusieurs livres d'Aristote, les deux Prisciens (on distinguait le grand et le petit Priscien), le barbarisme, les Philosophes et les Rhétoriques [Rheloricas , — peut-être faudrait-il Rhetoricos, les Rhéteurs?)
1251. — Règlements disciplinaires de l'Université. Les Grammairiens y sont distingués des Artiens.
1355. — Statut de la Faculté des Arts. On y recommande Fancienne méthode d'enseignement. Ceux qui lisent un livre ou discutent une question doivent s'énoncer comme si aucun de leurs auditeurs n'écrivait pendant la leçon. Il est toutefois permis de dicter des développements sur quelque point notable d'un traité, les jours de fête et de dimanche, pourvu qu'on ne le fasse pas pendant le sermon de l'Université. Mention expresse y est faite de la rue du Fouari e.
1366. — ^ Réforme de l'Université par les cardinaux Jean de Saint-Marc et Aicelin de Monlaigu. On exige de ceux qui veulent subir la déterminance (baccalauréat) qu'ils aient une connaissance convenable de la grammaire, qu'ils aient entendu expliquer le Doctrinal et le Grécisme, si toutefois ces livres sont en usage là où ils ont fait leurs premières études. Ils doivent avoir étudié la logique à Paris, pendant deux années, et cette condition n'admet pas de dispense.
1452. — Réforme du cardinal d'Estouteville. Les aspirants au baccalauréat sont dispensés des deux années de logique à Paris, s'ils peuvent prouver qu'ils ont suivi ce cours pendant quatre ans dans une autre université. Le règlement de 1355 est abrogé en ce qui concerne les dictées. Ce qu'on exige du professeur, c'est que le traité qu'il apporte en classe soit bien de lui et non d'un autrej qu'il se soit assez pt'éparé pour fournir des éclaircissementSj
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s'il èil était requis; qu'il suive de point en point, de chapitre en chapitre, le texte d^Aristote, dont il donnera le commentaire d'après ses propres rechercheSi
1456. — Statut de la nation de France (une des quatre nations dont se composait la Faculté des Arts). Ceux qui enseignent à la rue du Fouarre la logique, la physique et la métaphysique sont seuls régents. Quant aux Grammairiens qui tiennent école à Paris, ils ne sont pas régents, né doivent pas être réputés régents, ni jouir des privilèges deà i*égents (1).
On le voit, depuis 1251, où les gramnlairiens sdnt déjà distingués des artiens , jusqu'à 1456, où ils apparaissent entièrement séparés d'eux , rien ne révèle leur présence dans les écoles publiques de la Faculté des Arts. D'où l'on peut présumer que la séparation avait eu lieu vers la première de ces deux époques.
S'il en est ainsi , les écoles publiques de la rue du Fouarre n'ont jamais servi à l'enseignement de la grammaire. Au commencement du xiif siècle, la rue du Fouarre était encore le clos Maiivoisin ; dans le courant du même siècle, les premières constructions s'élèvent sur cet emplacement ; au xiv% la nouvelle rue existe, et le nom qu'elle reçoit témoigne de la présence des écoliers (2). Mais où sont alors les grammairiens?
Et à travers ces menus détails , tant sur les vicissitudes de la régence-ès-arts que sur les progrès de la voirie parisienne , nous arrivons à Ce corollaire : tout règlement sco-
(1) On trouvera tous ces règlements, extraits de Duboulay , dans notre Appendice n» 2
(2) Via straminis, rue du Feurre ou Fouarre , la paille dont on jonchait le sol sur lequel étaient assis les écoliers, les règlements leur prescrivant celte humble attitude en présence de leurs maîtres.
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laire émané de la FacuUé des Arls au xivc siècle et s' adressant aux régents de la rue du Fouarre doit cire regardé, jusqu'à preuve du contraire , comme relatif à la logique, à la physique , à la métaphysique , non à la rhétorique et à la grammaire.
Or, c'est précisément le cas du statut qui prohibe les dictées : il porte la date de 1355, il mentionne formellement la rue du Fouarre. Comment croire, après cela, qu'il ait pdur objet l'enseignement des lettres?
La teneur seule de cette pièce nous aurait conduits à la même conclusion. Ces mots de détermination, de question, de dispute^ etc., n'appartiennent- ils pas à la langue des dialecticiens? Le titre de /eciewr s'applique-t-il d'ordinaire au simple grammairien? 11 y avait là de quoi douter. Mais tout doute enfin s'évanouit devant le règlement de 1452 , où le cardinal d'Estoutevilîe, abrogeant cette disposition prohibitive, permet au professeur de lire , de dicter même à ses élèves , pourvu que le commentaire qu'il apporte en classe soit son ouvrage , qu'il puisse le défendre au besoin , et qu'il suive de point en point le texte d^Aristote (1).
Ecartons donc sans aucun scrupule ces imaginaires entraves sous lesquelles, au gré de quelques-uns, les études
(1) Nous mettons les deux textes sous les yeux du lecteur. — Statut de la Faculté des Arts ( 1355) : « Statutum FacuUatis {Artium ) super destructione modi legendi ad pennam et modo legendi honesto et antiquo- Nos ig-itur omnes..o statuimus in hune moduni quod omnes Lectores tam magistri quam scholares [les bacheliers) ejusdem FacuUatis, quandocumque et ubilibet eos aliquem librum légère contigerit, ordinarie vel cursorie, in eadem Fa- Cultate, \el dispiitare Quœstionem circa ipsum,seu aliquidaliud per modum expositionis, priorem modum legendi observent secundum vires suas , sic scilicet proferendo ac si nullus scriberet coram eis... Non intendimus excludere nominationem ad pennam alicujus dcterminationis notabilis tractatuB vel expositionis quam in y/c.o5^y«/««wi!'5'scribuntqaandoqucjiivencs in diebus feslivis , dum tamen non liât hora scrmonis IJniversitatis. »
Réforme du Cardinal d'Estoutevilîe (1452) : « ..Prœcipimus omnibus et