‹ Des Exostoses Infectieuses: Recherches Cliniques et ExpérimentalesChapitre 11 sur 12 · OBSERVATION CLINIQUE · texte numérisé non relu

OBSERVATION CLINIQUE

(Due à l'obligeance de M. le professeur Poncet)

F.F..., voyageur de commerce, est né à Strasbourg, en 1870. Il est l'aîné de quatre fils d'une famille de sept enfants.

Nourri au sein, dans une cave, pendant toute la durée du siège, il a eu, à deux reprises, des convulsions à l’âge de dix-huit mois.

C'est vers l’âge de six ans que les exostoses ont commencé à paraître. On constate, à celte époque, une première exoslose au pouce gauche. En même temps, l'enfant accuse de la faiblesse de la colonne vertébrale et des jambes, se traduisant par son attitude voûtée et par le rapprochement des genoux.

Progressivement et successivement les autres exostoses se sont développées ; à huit ans, l’exostose très saillante de la main gauche. celles des genoux, longtemps peu visibles, puis celles des coudes.

A dix-huit ans, apparition d’exostoses sur les fémurs et sur les tibias.

A ce moment, faiblesse progressive des membres inférieurs, augmentation de volume des exostoses

déja constiluées.

RS One

L'apparition d’une petite exostose sur la colonne vertébrale coïncide avec la sensalion d’une douleur très vive, inlermillente, qui augmente quand le malade écrit, le corps penché et par un travail continu, dans un local étroit, poussiéreux et mal aéré.

A dix-neuf ans, le malade fait de fréquents voyages, son état lui paraît stationnaire, jusqu'à l’âge de vingtdeux ans, époque à laquelle il est atteint d'influenza. à Lyon (1889).

A la suite de celte maladie, dont la durée fut de deux mois, apparurent les exostoses de l’omoplate, du bassin, de la jambe, des pieds, tandis que celles déja existantes augmentaient de volume au point de déformer les membres supérieurs el de les géner dans leurs mouvements.

Pendant un an environ, le malade ressentit de violentes douleurs dans le dos et, malgré ses efforts de volonté, futcontraint à un repos forcé.

Depuis, la douleur a à peu près disparu, mais pour faire place à une lassitude et une gêne progressive de tous les membres.

A la période de croissance, le malade se rappelle avoir couché pendant quelques mois dans un lit trop court pour sa taille, ce qui l’obligeait à dormir les jambes fléchies, puis plus tard sur une table, avec une grosse couverture en guise de matelas. Il se souvient également d’avoir longtemps et très vivement souffert par suite de la compression des pieds par des chaussures trop petites et trop étroites, il n’osait se plaindre par excès de timidité.

Jusqu'à l’âge de treize ans, fréquentes incontinences

rie d'urine et, vers sept ou huit ans, quelques accès de somnambulisme.

Il a toujours été pendant sa jeunesse d'une impressionnabilité et d’une nervosité extrêmes.

Siège actuel des exostoses (renseignements fournis

par le malade) (juin 1899) :

Membres supérieurs. — Côté droit.

Clavicule, — Extrémité externe de la clavicule. Humérus. — Près de la petite tubérosité de la tête humérale, exostose petite et très saillante à sa partie inférieure et postérieure.

Les avant-bras sont déformés. L'avant-bras gauche surtout : une seule exostose très saillante près de la

tête du radius.

Mains. — Les exostoses siègent toutes à la face

dorsale.

Pouce et index. — Extrémité inférieure de la phalangette.

Médius. — Extrémité inférieure de la deuxième phalange et supérieure de la première.

Annulaire. — Exostose voisine du métacarpien.

Côté gauche.

Clavicule. — A l’extrémité externe de la cla-

vicule.

Humérus. — Extrémité carpienne de l’humérus, . petite exostose très saillante.

Pouce. — A l'extrémité carpienne de la deuxième phalange.

Médius. — Aux deux extrémités de la deuxième

eV phalange et à l'extrémité inférieure de la prenuère (très saillante).

Thorax. — La septième côte à gauche présente en avant une exostose.

Bassin. — Les exostoses voisines des épines du pubis ont disparu ou tout au moins, ditle malade, ont beaucoup diminué de volume depuis deuæ mois. Il en existe encore une près de l’épine 1liaque antérieure et inférieure, el une deuxième en partie cartilagineuse, près de l’épine 1ilhiaque antéro-

supérieure.

Membres inférieurs. —- A droite.

Fémur. — A l'extrémité inférieure au-dessus du condyle externe.

Tibia. — Tubérosité interne (la plus saillante de toutes).

Péroné. — Au-dessus de la malléole externe.

Pied. — Exostose très saillante du gros orteil. Côté gauche.

Fémur. — Au-dessus du condyle externe ; audessous du condyle interne.

Tibia. — Tubérosité interne (la plus longue). Péroné.— Au-dessus de la malléole externe.

Pied. — Exostose très sallante du gros orteil.

L’exostose de la tubérosité interne du tibia droit est creusée d’une cavité permeltant le rapprochement des

genoux.

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