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du côté droit est fait de plusieurs éléments : courbure à convexité interne du fémur, augmentation des condyles fémoraux, surtout en dedans, déviation de la diaphyse tibiale formant avec l’épiphyse un angle à sommet interne, de telle sorte que la jambe est fortement déjetée en dehors. A la partie supérieure et interne du tibia, énorme épine de Mac-Ewen dépassant le volume d’une grosse noix. Exostose sur la partie antérieure du fémur gauche, à 12 centimètres au-dessus de la rotule. L’extrémité supérieure des deux péronés est augmentée de volume. A l'extrémité inférieure de la jambe droite, masse osseuse englobant la malléole interne et remontant à 5 centimètres, Au-dessus de cette saillie, et séparée par un sillon, autre exostose développée sur le péroné. Malléole péronière déformée et hypertrophiée. A gauche l'extrémité inférieure des deux os de la jambe est englobée par une production osseuse. Plusieurs apophyses saillantes sur les os du tarse. Pieds déformés, orteils irrégulièrement implantés, etc.
Sans être fréquents, les faits de ce genre ne sont cependant pas exceptionnels. Comby a publié l'observation d’une fillette de 27 mois (Médecine infantile, 1805), forte, vigoureuse, quoique rachitique, ayant un genu valgum gauche, n'ayant marché qu'à 20 mois, chez laquelle on trouvait, audessous du plateau tibial, deux saillies coniques à base large, à sommet aigu, soulevant fortement la peau. Ces exostoses, parfaitement symétriques, se voyaient à gauche et à droite, mais celles du tibia droit étaient moins accusées. Le même auteur a observé également, chez deux autres enfants, âgés de 8 et 10 ans, des exostoses symétriques de l'épiphyse tibiale qui étaient aussi coniques et symé-
triqu:s ; il a rapporté enfin (Pédiatria, 1897) l'observation d’une jeune fille de 15 ans, portant sur tort le corps plus de quatre-vingts exostoses qui avaient fait leur première apparition, vers l’âge de 2 ou 3 ans, en pleine évolution rachitique. |
Ces observations prouvent, d’une façonirréfutable, l'existenee d’'exostoses multiples liées au rachitisme; doivent-elles être considérées comme des exostoses ostéogéniques ? Il est évident qu’elles en diffèrent sensiblement ; elles apparaissent, tout d’abord, à une époque beaucoup plus précoce, ordinairement dans la toute première enfance, de un à cinq ans en moyenne, en pleine évolution rachitique, en même temps que les nouüres et les autres malformations ; les véritables exostoses de croissance débutent, aucontraire, beaucoup plus tard, généralement de dix à quinze ans; leur siège est fixe et invariable, alors que celui des exostoses du rachitisme l'est beaucoup moins. Sans doute, ces dernièr:s avoisinent toujours les cartilages de conjugaison, mais on en voit ailleurs, sur les épiphyses surtout.
Les formes qu'elles affectent, le volume qu'elles atteignent leur impriment également un cachet spécial; ce sont souvent de grosses tumeurs bosselées irrégulières, presque toujours sessiles, englobant parfois deux os voisins dans leur masse. Elles sont ordinairement nombreuses, sans aucune uniformité de siège, de volume et d'aspect. Enfin, les malformations qui les accompagnent ou qu'elles occasionnent, spéciales au rachitisme, achèvent de déterminer leur nature.
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Mais, d'autre part, leur évolution est identique à celle des exostoses de croissance ; comme ces dernières elles proviennent du cartilage, s'accroissent par le processus de l’ossification enchondrale et ne progressent plus lorsque le squelette a terminé sa croissance.
On peut donc conclure,avec Comby, qu’à côté des exostoses ostéogéniques classiques débutant dans l'adolescence, restant souvent uniques ou peu nombreuses, ne coïncidant avec aucune déformation rachitique et dans la genèse desquelles le rachitisme n'a aucune action, il existe une variété d’exostoses ordinairement multiples et précoces, qui s'observent chez les enfants rachitiques, qui débutent avec les nouüres épiphysaires et lesincurvationsdiaphysaires, qui persistent après la guérison de ces nouüres et incurvations, mais qui semblent, cependant, reconnaître la même origine, à savoir la surabondance d’ossification en rapport avec la dyscrasie rachitique.
Pour les raisons données plus haut il paraît logique de les considérer comme une variété spéciale d’exostoses de croissance.