‹ Des ExostosesChapitre 19 sur 50 · C.— Malformations congénitales · texte numérisé non relu

C.— Malformations congénitales

De nombreux auteurs considèrent actuellement les exostoses ostéogéniques comme de véritables malformations tératologiques liées à un vice de développement congénital.

M. le professeur Pollosson Lyon Médical, 1884),

attirant l'attention sur la coexistence de certaines tumeurs avec des anomalies de développement, s'exprimait en ces termes : « Une des plus séduisantes théories appliquées à la pathogénie des tumeurs est celle qui range cet ordre de productions morbides dans la classe des anomalies de formation et de développement, lésions pathologiques dues à quelques vices dans Île développement normal des organes et des tissus, pendant la vie intra-utérine ou après la naissance, tant que les parties du corps humain ne sont pas arrivées à l'état adulte. D'après cette théorie une tumeur serait analogue aux monstruosités ou vices congénitaux, tels que le bec de lièvre, le spina bifida, etc. ». |

Dans un travail récent Bourguignon a tenté l’application de cettethéorie aux exostoses ostéogéniques, en s'appuyant sur les considérations suivantes :

19 L'hérédité, si fréquente, capable, dans certains cas, de revêtir un caractère de véritable maladie familiale,

20 La congénitalité, assez rarement observée, il est vrai, mais réelle cependant dans certains cas.

30 Les malformations osseuses, raccourcissement des os, inflexions, déviations, [uxations, etc.

4° La structure d'os normal des exostoses ostéogéniques et l’étroite relation de leur développement avec celui du squelette.

Cette opinion donne une explication plausible à un grand nombre de faits et concilie des théories différentes ; elle se résume de la manière suivante

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Les exostoses ostéogéniques sont dues à l'inclusion d’un îlot de cartilage conjugal, facteur de l’accroissement en longueur, s’isolant, à un moment donné, de la masse commune et végétant en dehors dela ligne usuelle par suite d'une orientation défectueuse. Cet ilot, point d’ossification anormal, évolue en dehors du moule osseux à la façon d'une apophyse, et l’exostose qui en résulte peut, par la suite, devenir diaphysaire de l’os nouveau s'interposant entre elle et le cartilage d’origine.

C’est, en somme, la théorie de Conheim pour les tumeurs, celle de Virchow pour les enchondromes. Ajoutons, à ce dernier point de vue, que la coexistence des enchondromes et des exostoses osStéogéniques a été quelquefois signalée. Nasse a rapporté (Société de Médecine berlinoise, 1894) l'observation d'un homme de 48 ans atteint d’un grand nombre d’exostoses qui occupaient la diaphyse des principaux os, bassin, clavicule, omoplate, etc. ; l’avant-bras droit était plus court que le gauche et, inversement, le membre inférieur gauche plus. court que le droit. Cet homme était aussi porteur d'enchondromes siégeant auniveau desextrémités articulaires des phalanges et des métacarpiens; ce qui confirmerait l'hypothèse de Virchow : communauté d’origine des exostoses et des enchondromes.

On se perdrait littéralement si l’on voulait passer en revue toutesles autresthéories; Tordeur, en 1898, a considéré les exostoses comme d'origine nerveuse. Ollier en a fait une conséquence de la dyschondroplasie, etc.

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