EXOSTOSES PAR FROTTEMENTS, COMPRESSIONS
Sous l'influence d’un frottement léger, mais souvent répété, ou d’une compression continue, on voit survenir parfois, au niveau du point contus, un processus irritatif, une périostite simple aboutissant d'ordinaire à la formation de dépôts plastiques, de périostoses (périostite plastique).
M. Poncet a décrit une lésion de ce genre observée sur les os du crâne, au niveau de la suture sagittale, chez les scieurs de long, et due aux pressions fréquentes produites par les pièces de bois qu'ils supportent sur leur tète (périostite professionnelle des scieurs de long).
Certaines exostoses sous-unguéales, dues à une compression par des chaussures trop étroites, reconnaissent la même origine.
3° ExosTOSES PAR PROPAGATION INFLAMMATOIRE.
Elles relèvent eacore de la périostite plastique ; telles sont les exostoses qui se développent sur le tibia et le péroné de malades porteurs de vieux ulcères de jambes,debrülures anciennes, etc.(Reclus); les exostoses de l'orbite consécutives aux suppurations du sinus frontal. Dans le même ordre d'idées, Neugebauer a décrit un cas d’exostose de la face antérieure du sacrum consécutif à une paramétrite postérieure avec propagation inflammatoire au tissu osseux.
Tout ducti ien outes ces productions sont maintenant bien connues ; les unes relèvent d'un mécanisme analogue à celui du cal; les autres d'une périostite banale.
Leurs agents producteurs varient de nature, mais leur mode d'action est analogue.
Artiole Il. — Exostoses parirritationindirecte.
Cette variété comprend les productions exubérantes d'os normal consécutives à une irritation osseuse due à un agent répandu dans tout l'organisme ou cantonné dans un organe spécial, mais dont le retentissement sur l'os esc toujours secondaire. En un mot, ce sontles exostoses qui se produisent, au cours de certaines maladies générales et locales, par participation secondaire du squelette.
Lorsqu'on ne les considère qu’au point de vue des infections, elles méritent le nom d’exostoses infectieuses.
19 EXOSTOSES ET INFECTION.— « Envisagées d’une manière générale, les lésions osseuses déterminées par les agents infectieux peuvent être rangées en deux catégories, selon qu’elles relèvent d'un processus de destruction des éléments anatomiques, ou bien qu'elles résultent d’une suractivité nutritive aboutissant à l'hyperplasie, à la production d'os nouveau. Habituellement, ces deux processus s’associent et se combinent de telle façon que le second est pour ainsi dire le corollaire du premier; aussi la division proposée est-elle tout à fait artificielle et
27001 n'est destinée qu’à faciliter l'étude des lésions osseuses (Gangolphe). Attaqué, envahi par une colonie infectieuse, l'os se défend et lui oppose d’incessants obstacles. Ses parties constitutives (périoste, moelle, tissu compact, cartilage), prennent une part diverse et inégale à cette lutte. Les éléments médullaires contenus "dans les canaux de Havers sous le périoste (couche ostéogène) jouent, ces derniers surtout, un rôle prépondérant. Presque toujours atteint dans ses parties centrales, l'os ne résisterait guère, s’il n'avait pour assurer sa vitalité, son enveloppe périostique, Îles vaisseaux qu’elle lui apporte et surtout les éléments ostéogènes qui tapissent sa face profonde. Du reste, c'est cette dernière qui édifie de nouvelles couches à mesure que la coque ancienne est détruite .»
D'autre part, le rôle de la moelle n’est pas moins important ; grâce à sa richesse vasculaire, les microbes qui y sont amenés en grand nombre peuvent directement atteindre les éléments médullaires qui seront frappés de mort avant d’avoir pu se défendre. L'attaque est-elle moins vigoureuse, ou localisée, Les cloisonnements, les ossifications médullaires, partielles ou diffuses, limitant les lésions, prouveront que la moelle aussi concourt efficacement au travail de réaction générale (Gangolphe).
Il serait exagéré cependant, de considérer ces deux processus d’ostéite destructive et d’ostéite réparative comme toujours liés l’un à Pautre. De même que, dans certaines infections, la tuberculose, par exemple, l'os se laisse détruire sans réagir ou en n'opposant
ee qu’une réaction très minime, dans d’autres, au contraire, il réagit immédiatement sans avoir subi auparavant aucun processus destructeur.
L'ostéite est alors, non plus un produit de réparation, mais un produit de défense immédiat.
Cette ostéite productive non précédée d’une phase de raréfaction, est admise actuellement par la plupart. Poulet et Bousquet disent, en effet, dans leur Traité de Pathologie externe : « Il est cependant des circonstances pathologiques sous l'influence desquelles cette hyperproduction d'os se fait sans qu’il y ait eu raréfaction antérieure. Dans le premier cas (celui de raréfaction antérieure) l'apposition représente une vraie cicatrice ; dans le second, c'est plutôt une perturbation fonctionnelle. »
Cornil et Ranvier disent de leur côté : « La longue durée et le peu d'intensité de l'inflammation de los sont les causes habituelles de l'ostéite productive. »
C’est à elle que se rattachent la plupart des ostéomyélites chroniques d'emblée, mais alors la production d'os nouveau est exagérée ; celui-ci envahit les canaux de Havers, d'où sclérose et éburnation du tissu osseux ; l’os est non seulement épaissi, hypérostosé. mais parfois, l'obstruction des canaux de Havers produit une nécrose par arrêt de la circulation capillaire.
Mais, si J'inflammation est plus atténuée encore, si,au lieu d’envahir l'es dans toute son épaisseur, elle se localise au périoste et ala moelle superficielle, la nutrition de l'os ne sera pas troublée, car les anastomoses des canaux de Havers sous-jacents suffiront