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à assurer la vitalité du squelette. La production osseuse de nouvelle formation dépendante du périoste et de la moelle superficielle fera, à l'extérieur, une saillie analogue à un bourgeon exubérant, qui méritera le nom d’exostose.
Personne ne songe aujourd'hui à désigner sous ce nom les masses saillantes, plus ou moins irrégulières, qu'on voit s'élever à la surface d’un os, aux alentours d'un foyer d'ostéomyélite tuberculeuse
F1G. Il.— Exostose inflammatoire d’origine périostique. q
ou staphylococcienne.Ce sontlà,des lésions secondaires réactionnelles, des hyperostoses. Mais, lorsqu’au cours,ou plus souvent, à la suite d'une infection générale, sans que rien ai, jusque là, appelé l'attention sur le système osseux,on voit apparaître,en divers points du squelette, des tuméfactions localisées qui évo-
A luent tout d'abord avec une inflammation modérée et qui, lorsque tout symptôme inflammatoire a disparu, persistent sous la forme de masses osseuses exubérantes, 1l s'agit évidemment d’exostoses infectieuses. On peut les définir: des productions d'os normal, survenant,au cours ou à la suite de certaines maladies infectieuses sur un ou plusieurs os indemnes de toute lésion inflammatoire antérieure.
Elles doivent être considérées comme des produits réactionnels primitifs, comme la seule atteinte de l'os à l'infection et se distinguent absolument des hyperostoses et produits réactionnels secondaires aux diverses ostéomyélites.
20 EXOSTOSES INFECTIEUSES EXPÉRIMENTALES. — Avant de passer à l'étude clinique des exostoses infectieuses, nous devons mentionner les exostoses obtenues expérimentalement par L. Dor; elles forment le point de départ et le prélude de ce travail.
Par la culture du liquide recueilli au cours d’une opération pratiquée chez une femme atteinte d’abcès séreux parostaux, par M. le professeur Poncet, M. Dor avait obtenu un microbe un peu particulier.
Certaines cultures se présentaient sous l’aspect de fins bacilles courts, tous isolés les uns des autres et tous de dimension égale, alors que d’autres cultures étaient composées exclusivement de staphylocoques; mais ceux-ci avaient des dimensions inégales. A côté de cocci volumineux, il y en avait d’autres, beaucoup plus petits. Quelques-uns étaient disposés en chaïnettes et l’on pouvait voir dans le même chapelet, des grains très petits à côté d’autres très gros.
ÉONIA LE
Ce qui me fait croire, dit M. Dor, que je n'avais pas une culture impure, c’est que, sous l'influence de conditions que je n'ai, toutefois, pas pu déterminer exactement, les cultures se transformaient et jamais il n'y avait, dans la même culture, des bacilles et des staphylocoques. Toutes les cultures, aussi bien dans la forme bacillaire que dans la forme staphylococcienne, étaient constituées par des colonies d’apparence identique. C'était, au début, des gouttelettes rondes, jaune citron, saillantes ; puis ces gouttelettes s'arrondissaient et formaient, par leur influence, une nappe étendue à bords assez réguliers.
Au bout de quatre à cinq semaines, il survenait une liquéfaction lente de la gélatine et, au bout de deux mois, les cultures étaient tombées au fond du tube.
Un caractère important, sur lequel M. Dor attire l'attention, c'est qu’à 380, le développement s’arrètait et même à 370, la culture se faisait mal. L’optimum de la température était 250. Tels sontles caractères essentiels de ce microbe appelé provisoirement Bacillus cereus citreus en attendant de savoir s’il est, oui ou non, identique à celui qu'ona décrit sous le nom de Bacillus cereus cadayeris, soit à celui qu'Unna à appelé Axtrobacillus citreus.
Inoculations. — Une dizaine d'inoculations intraveineuses furent pratiquées à des lapins, soit avec des cultures à forme bacillaire, soit avec des cultures à forme staphylococciennes.
Avec ces dernières, on n’obtint rien, mais avec les cultures bactillaires, deux ou trois fois, il y eut des
Ligne intoxications mortelles au bout de dix à quinze jours sans aucune lésion, et deux fois des lésions intéressantes que nous allons exposer.
La première est une collection séreuse du volume d’une noix développée au niveau de la hanche droite et que M. Dor reconnut être en connexion avec une surface muqueuse de l'os iliaque, c'est une véritable périostite albumineuse qui s'est manifestée en un mois après l'injection intra-veineuse et sans l’inter-
médiaire d'aucun traumatisme.
La seconde est une hyperostose avec incurvation des deux humérus et une volumineuse exostose de l’'humérus droit. Nous renvoyons à l’article original (1) pour les détails de l’expérience; nous nous contenterons simplement de donner les résultats de l’autopsie.
L'examen des viscères ne présente rien d’anormal.
Au niveau des fémurs et des tibias, il existait seulement un peu de rougeur et d’incurvation.
Aux membres supérieurs les lésions étaient plus accentuées et localisées surtout aux extrémités carpiennes des os de l’avant-bras et aux extrémités scapulaires de l’humérus, c’est-à-dire dans les points où se fait le maximum d’accroissement de ces os.
Les lésions consistaient surtout en une tuméfaction des portions juxta-épiphysaires des diaphyses sur une étendue de 1/4 à 1/3 de la longueur totale
des os.
(1) L. Dor. — Archives provinciales de Chirurgie, jan-
vier 1895.
Outre la tuméfaction, il y avait une incurvation et une déformation comparables à celles qui se produisent dans un os rachitique: Les os étaient lisses, mais il s'était développé, à partir de l’extrémité supérieure de l’un des humérus, une exostose longue de 18 millimètres, large de 8 à 9 millimètres et épaisse de 3 à 4 millimètres, exostose qui suivait la direction descendante des muscles de la région.
Après durcissement dans l'alcool et décalcification par l'acide picrique on en pratique des coupes. Seules celles de l'exostose nous intéressent.
Cette exostose était située sur la portion de Îla diaphyse voisine du cartilage de conjugaison.
Les cellules du cartilage de conjugaison ont complètement disparu et il ne se fait plus aucune ossification à leurs dépens. Les trabécules osseuses, indiquant la limite nette où se trouvait le cartilage sont partiellement érodées et en voie de résorption. Il existe, aussi à la périphérie de l'os, un processus d’ostéite destructive. Le tissu médullaire qui sépare les vaisseaux embryonnaires néoformés est composé de très petits amas d’une substance colorée en orangé par le picro-carmin et dans lesquels on voit se former des ostéoblates qui paraissent naître, là, directement au sein de la moelle, par une transformation des cellules. Enfin, fait capital, il n'existe pas le moindre abcès, pas le plus petit amas de globules blancs, aucune infiltration embryonnaire, en un mot rien qui rappelle une ostéomyélite ordinaire.
L’exostose est constituée par un os normal,avecde la moelle osseuse saine et des trabécules osseuses.
Ut À son extrémité périphérique le tissu fibreux qui l’enveloppait était le siège d’une vascularisation intense.
Avant de tracer un tableau d'ensemble des exostoses infectieuses, nous avons cherché cliniquement à élucider leurs caractères et leur nature dans un certain nombre d'infections, en commençant par les plus connues : les exostoses syphilitiques.