OBSERVATION
Salle Blache, n° 16.
Hermet, Jeanne, 17 ans, couturière. Mère rhumatisante. Réglée à 15 ans. Dès lors ne s’est jamais bien portée. Menstruation irrégulière, pertes blanches. A eu trois attaques de nerfs avec perte de connaissance.
Est entrée dans le service il y a quatre mois pour une attaque de rhumatisme. Elle n’y est restée que deux jours. Elle entre cette fois à l'hôpital pour une nouvelle attaque de rhumatisme intéressant les poignets, les coudes, les épaules et le dos. Il y a eu fièvre, diarrhée, mais les symptômes aigus n'ont duré que quatre jours et ont laissé sa malade dans un grand état de débilité.
Le 10 avril, jour où nous commençons la cure au lait de champagne, elle est dans l’état suivant :
Faciès pâle. Muqueuses décolorées.
Inappétence absolue, langue pâteuse, estomac sensible à la pression, crampes d'estomac après chaque repas, vomit le matin à son réveil. Céphalalgie dans le courant de la journée. Il reste un peu de douleur dans les deux épaules, et sur le trajet de deux nerfs intercostaux. On constate de l’hyperesthésie au bras gauche. Elle pèse 92 livres.
Un litre de lait de champagne est prescrit : nausées et mal de tête dans la journée.
Le 11 avril, état de légère ébriété ; le sommeil est profond et prolongé.
Le 12, mèmes symptômes.
Le 13, le lait est mieux supporté.
Le 14, encore un peu d’hébétude, RENNU, Un lavement est prescrit.
Du 15 au 23 avril, le litre de lait de champagne est parfaitement supporté. La constipation disparaît. . Le 23 avril, elle demande à sortir du service. La figure est bonne et les muqueuses sont colorées. L’appétit est revenu et la digestion se fait très bien. Ni douleurs, ni faiblesse. Selles régulières.
Elle pèse 94 livres.
OBservaTioN Il
Salle Chauffard, n° 14.
Jabrillat, François, 27 ans, peintre en bâtiments, a souffert à trois reprises d’affections pulmonaires diagnostiquées : fluxions de poitrine. A partir du mois de janvier 1883, vomissements aqueux le matin, accompagnés de douleurs au creux épigastrique. Après chaque repas, nausées et régurgitations. |
En juillet 4884, son affection, un peu améliorée, récidive en s’aggravant, Traité par le régime lacté, à l'hôpital, du 6 novembre au 22 décembre 1885, il se rétablit assez pour reprendre son travail. Mais bientôt les symptômes précédents reparaissent, et il entre à l'hôpital le 3 avril 1886.
Le 5 avril, deux jours après son entrée, jour où nous commençons la cure au lait de champagne, ce malade est pâle,
S aillet.
or très amaigri, et très faible : inappétence., sommeil difficile, langue saburrale; brûlures à l’épigastre après les repas, bientôt suivies de vomissements alimentaires, coliques, constipation, un peu de sang dans les selles. Il. pèse 104 livres. Un litre de lait de champagne est prescrit les 5, 6, 7, 8, 9 et 40 avril.
Il est chaque jour bien digéré. Le 11 avril, deux litres sont prescrits : constipation et symptômes d'ébriéié avec nausées et sommeil profond. Le tout disparaît au bout de deux jours. Le malade se fait de plus en plus à son breuvage pétillant : il l'aime mème beaucoup; et il paraît fort ennuyé chaque fois que, pour une raison accidentelle, nous ne pouvons lui donner ses deux litres de lait de champagne. Le malade prétend que ce lait le fait bien dormir, lui procure de l'appétit et des forces.
Le fait est que Jabrillat sort de l'hôpital le 22 mai, complètement rétabli, et pesant 120 livres.
Ce malade a augmenté de 16 livres en quarante-sept jours
de cure.
OBsErvATIiON III Salle Chauffard, n° 12.
Martin Edouard, 56 ans, tailleur de pierres. Pas d’antécédents héréditaires. Ophthalmie pendant l'enfance. Souffre depuis dix-sept mois d’une affection de l'estomac. A été traité à Ja Charité par lait et lavage, s’en est trouvé mieux. Entré à Cochin, le 26 février 1886 : après le repas, régurgitations acides ou nauséeuses, pesanteur à l’épigastre, et douleur s’irradiant du côté de l'abdomen. Constipation opiniâtre. N'a jamais vu ni vomissements ni selles noires. On ne constate
aucune tumeur, mais de la dilatation de l'estomac. L’appétit
er est conservé. Teint jaune-paille, traits amaigris. Pèse aujourd hui 54 kilogrammes. û
Le 5 avril, les mêmes Sptémies subsistent, bien qu'il ait été traité dès son entrée par lait et lavages. Un litre de lait de champagne est prescrit. Il est assez bien digéré. Le litre de lait de champagne est prescrit chaque jour, jusqu’au 29 avril ; il est assez bien toléré et cependant l'état du malade est toujours le même ; aucune amélioration.
Nous remplaçons alors le lait de champagne par un litre de Kéfir ; rien à signaler.
Le 4 mai, deux litres sont prescrits. Les 5, 6, 7, 8,9 et 10 mai, deux litres sont également prescrits. Le 10 mai, le malade se plaint de douleur en ceinture, de mal à la tête, l'appétit a diminué.
Les 11 et 12 mai, ces symptômes fâcheux persistent; le 13, également. Le 14 mai, le traitement est suspendu sur l'ordre de M. le D' aa -Beaumetz. Le malade pèse toujours 54 kilogrammes.
Il est mis à la diète lactée absolue.