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dard, il déclare avoir été atteint d’une affection des bronches avec crachements de sang. Le docteur de la Compagnie consentit cependant à l’assurer, mais en limitant à sept ans la durée de l’assurance. Ce fut alors que le colonel Dwigt acquit la certitude qu’il ne serait désormais pas accepté s’il disait toute la vérité dans ses propositions.
Au mois d'août 1878, sous le coup de grands embarras financiers, il fit à diverses Compagnies, à plus de vingt, dit-on, des propositions pour un chiffre qui dépassait trois cent mille dollars et, dans toutes, il affirmait n'avoir ni craché le sang, ni avoir été atteint de bronchite. D’après cette déclaration à laquelle on ajouta foi, il obtint une partie des assurances qu’il demandait profitant ainsi de ce que les Compagnies ignoraient ses aveux de 1868 et 1869. Quelques-unes, cependant, ayant eu connaissance de ses anciennes propositions, refusèrent de donner suite aux offres nouvelles qui leur étaient adressées. Dès que ce refus vint à être connu, d’autres Compagnies qui l'avaient assuré firent une enquête et lui écrivirent pour lui demander des explications. Le colonel Dwigt s’'empressa de répondre qu’il n'avait jamais eu de crachements de sang.
Bientôt cependant, l'alarme gagna d’autres Compagnies qui ne délivrèrent pas les polices nouvellement souscrites, jugeant, d’après les anciennes propositions, qu’elles évitaient ainsi un mauvais risque. Celles qui avaient déjà remis les polices et reçu les primes trimestrielles refusèrent d'admettre de nouvelles propositions, demandant des explications et,
enfin, signifiant au colonel que ses polices étaient non avenues pour cause de fausse déclaration. La plupart d’entre elles envoyèrent à M. Dwigt des représentants chargés de lui demander les contrats et d'offrir la restitution des primes payées avec les intérêts; elles prirent ces dispositions vers le mois de septembre de l’année 1877, longtemps avant qu’un changement quelconque ait eu lieu dans l’état de M. Dwigt dont la santé paraissait très bonne.
Les Compagnies motivaient ces annulations en déclarant que les assurances du colonel Dwigt avaient été obtenues frauduleusement. Sur ces entrefaites, M. Dwigt était mis en faillite, passait à la Cour des Banqueroutes, en obtenait décharge dans l’après-midi du 15 novembre et mourait subitement le soir du même jour.
Cette mort imprévue fut attribuée à un suicide, et les Compagnies, se fondant sur les réticences et fausses déclarations qu’elles avaient constatées, refusèrent de payer le montant des assurances qui s’élevait à plus de trois cent mille dollars.
Dans les détails qui précèdent le compte rendu de cette affaire, nous relevons des réflexions faites par l’Insurances Times qui, bien que fortement empreintes de sympathie pour les assureurs, n’en sont pas moins justes dans certains cas et, pour cela, curieuses à reproduire.
« Elles ont, nous dit ce journal, à lutter contre le sentiment populaire qui prend fait contre elles. On est généralement disposé à reconnaître à l’assuré toutes sortes de droits pour se procurer une police : réti-
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