‹ des feesChapitre 4 sur 18 · PRINCESSE · texte numérisé non relu

PRINCESSE

ger. Babillarde fut frappée de cette nouvelle comme d'un coup de foudre ; c^r , malgré $on caquet , elle était si peu édairée , qu'elle avait cru ridiculement tout ce que Riche-cautèle lui avait dit II y a encore des dupes comme celle-là au monde.Cette princesse dissimulant rexcès de sa douleur , sortit de sa cbambr^ pour aller avec Finette chercher Nonchalante. Elles parcoururent toutes les chambresduchateausans trouver leur sœur ; enfin Finette s'avisa qu'elle pouvait bien être dans l'appartement du jardin : elles l'y trouvèrent en effet, demi -morte de désespoir et de faiblesse ; car elle n'avait pris aucune nourriture de la journée. Les princesses lui donnèrent tous les secours nécessaires ; ensuite elles eurent entemble des éclaircissemens qui mi-

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rent Nonchalante et Babillarde dans une douleur mortelle : puis toutes trois s'en allèrent se reposer.

Cependant Riche-cautèle passa la nuit fort mal à son aise ; et quand le jour fut venu, il ne fut guère mieux.

Ce prince se trouvait dans des caver^ nés dont il ne pouvait pas voir toute rhorreur , parce que le jour n'y donnait jamais. Néanmoins, h force de se tourmenter, il trouva l'issue de Tégoùt qui donnait dans une rivière assez éloignée du château. Il trouvla moyen de se £siire entendre à des gens qui péchaient dans cette riviè^ re, dont il fîit tiré dans un état* qui fit compassion à ces bonnes gens.

Il se fit transporter à la bour du roi son père, pour se faire guérir à loisir ; et la disgrâce qui lui était arrivée lui fit prwdrç une si forte haine con«

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tire Finette, qu'il songea moins à se guérir qu'à se venger d'elle.

Cette princesse passait des momens bien tristes : la gloire lui était mille fois plus chère que la vie ; et la honteuse faiblesse de ses sœurs la mettait dans un désespoir dont elle avaic peine à se rendre maîtresse. Cependant la mauvaise santé de ces deuxprin- * cesses, qui était causée par les suites de leurs mariages indignes, mit encore la constance de Finette à Vépreuve. Riche-cautèle , qui était déjà un habile fourbe, rappela tout son esprit depuis son aventure pour devenir fourbissime. L'égoût ni les contusions ne lui donnaient pas tant de chagrin que le dépit d'avoir trouvé quelqu'un plus fin que lui. Il se douta des suites des deux mariages : et, pour tenter les deux princesses malades , il

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fit porter^ sous les fenêtres de leur château, de grandes caisses remplies d'arbres tout chargés de beaux fruits.

, Nonchalante et Babillarde, qui étaient auvent aux fenêtres , ne manquèreni pas de voir ces fruits : aussitôt il leur prit une enyie violente d'en manger; et elles persécutèrent Finette de descendre dans le corbillon pour en aller cueillir. La complaisance de cette pridbesse fut assez grande pour vouloir bien contenter ses sceurs c elle descendit, et leur rapporta de ces beaux fruits, qu^eUes mangèrent avec la dernière avidité.

Le lendemain , il parut des fruits d'une autre espèce. Nouvelle envie des princesses ; nouvelle complaisance de Finette ; mais les officiers de Riche-cautèle, cachés, et qui avaient manqué leur coup la première fois ,

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