‹ des feesChapitre 5 sur 18 · PRINCESSE. AO · texte numérisé non relu

PRINCESSE. AO

ne le manquèrent pas celle-ci : ils se saisirent de Finette, et l'emmenèrent aux yeux de ses sœurs, qui s'arra* çhaient les cheveux de désespoir.

^ Les satellites de Biche-cautèle firent si bien, qu'ils menèrent Finette dans une maison de campagne où était le prince pour achever de se remettre en santé. Gomme il était transporté de fureur contre cette princesse, il lui dit cent choses brutales, h quoi elle répondit toujours avec une fermeté et une grandeur d'âme dignes d'une héroïne comme elle était. £n« fin , après l'avoir gardée quelques jours prisonnière, il la fit conduire au sommet d'une montagne extrêmement haute , et il y arriva lui-même mx moment après elle. Dans ce lieu , il lui annonça qu'on Fallait faire mou* rir d'une manière qai le vengerait

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des tours qu'elle lui avait faite. Ensuite ce perfide prince montra barba- ][sement à Finette un tonneau tout hérissé par-dedans de canife, de ra- J soirs et de clous à crochets, et lui dit que , pour la punir comme elle le méritait, on allait la jeter dans ce tonneau, puis le rouler du haut de la montagne en bas. Quoique Finette ne ftit pas Romaine , elle ne fut pas plus effrayée du supplice qu'on lui préparait , que Régulus Tavait été autrefois à la vue d'un destiu pareil. Cette jeune princesse conserva toute sa fermeté et môme toute sa présence d'esprit. Riche -cautèle, au lieu d'admirer son caractère héroïque , en prit une nouvelle rage contre elle , et songea à hâter sa mort. Dans cette vue, il se baissa vers l'entrée du tonneau qui devait être l'instrument

ie sa vengeance , pour examiner s'il était bien fourni de ses armes meurtrières! Finette , qui vit son persécuteur attentif à regarder , ne perdit; point de temps -, elle le jeta dans la tonneau, et le fît rouler du haut de la montagne en bas, sans donner au prince le temps de se reconnaître^ Après ce coup elle prit la fuite; et les oi&ciers du prince^ c[ui avaient vu avec utie extrême douleur la manière cruelle dont leur maître voulait traiter cette aimable princesse, n'eu* rent garde de courir après elle pour Tarrêter. D'ailleurs^ ils- étaient si effrayés de ce qpi venait d'arriver àlUcbe-çautèle, qu'ils ne purent songer k autre chose qu'à tâcher d'arrêter le tonneau qui roulait avec violence ; mais leurs soins furent inutiles i il roula jjosqu'au bas de la

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tagne^ et ils en tirèrent leur princ^^ couvert de mille plaies.

L'accident de Riche -cautéle mit au désespoir le roi Monit-benin et le pHnee Bel-à*yoir. Poor les peuples de leurs états y ib n'en furent point touchés. Riche»cautèle en était trèsliaï, et) même Fon s'étonnait que le jeune prince , qui «vait des sentimens si nobles et si généreux^ pût tant aimer cet indigne aîné. Mais tel était le bon naturel de Bel-à-voir y qu'il s'attachait fortement à tous ceux de son sang ; et Riche-Cautèle avait toujours eufadresde de Itd témoigner tant d'amitié, que'ce généreux prince n'aurait jamais pu se pardonner do n^ pas répondre avec vivacité. Belà-vôir eut donc une douleur violente des blessures de son frère , et il mit tout^en nsage pour tâcher de les gué*

rir promptement. Cependant, mal« gré les soins empressés que tout le monde en prit, rien ne soulageait Ri* che-cautèle; au contraire^ ses plaies semblaients'enyenimerdeplusenplus^ et devoir le &ire soufirir long^temps.

Finette, après s'être dégagée de l'effiroyable danger qu'elle ayaitcouru, avait encore regagné heureusement le cMteau où elle avait laissé ses sœurs, et n'y fut pas long- temps sans être livrée à de nouveaux chagrins. Les deux princesses mirent au monde chacune un Gis , dont Finette se trouva fort embarrassée. Cependant le courage de cette princesse ne s'abattit point : Tenvie qu^elle eut de cacher la honte de ses sœurs la fit résoudre à s'exposer encore une fois, quoiqu'elle en vit bien le péril. Elle prit^ pour faire réussir le dessein qu'elle

%î% t'A DROIT»

avait ^ toutes les mesures que la prU' dence peut inspirer : elle se déguisa en homme, enferma les enfans de ses^ sœurs dans des boites, et elle y fit de petits trous, vis-à-vis la bouche de ces enfaos , pour laisser la respiration : elle prit un cheval , emporta ces boites et quelques autres; et dans cet équipage elle arriva à la ville capitale du roi Moult-benin, où était Riôhe-cautèle.

Quand Finette fut dans cette ville ^ elle apprit que la manière magnifique dont le prince Bel-à-voir récompensait les remèdes qu'on donnait à sk)n frère avait attiré à la coiir tous les charlatans de FEurope; car, dès ce temps là, il y avait quantité d'aventuriers sans emploi^ sans talent , qui se donnaient pour des hommes admirables ^ qui avaient reçu des dont.

An ciel poar guérir tontes sortes de* maux. Ces gens, dont la seule science était de fourber hardiment, trouvaient toujours beaucoup de crojran-i ce parmi les peuples. Ils savaient leur en imposer par leur extérieur extraordinaire et par les noms bizarreâr qu'ils prenaient. Ces sortes de méde^ oins ne restent jamais dans le lieu de leur naissai^ce, et la prérogative^ de venir de loin souvent leur tient Uèu de mérite chez le vulgaire.

L'ingénieuse princesse , bien infor-^ mée de tout cela , se donna, un noni^ étranger pour ce royaume-là: ce hon^ était Sanatio; puis elle fit annoncer de tous côtés que le chevalier Sanatio était arrivé avec des secrets merveilleux pour guérir toutes sortes de blessures les plus dsoigereuses et les plus envenimées. Aussitôt Bel-à-^voiiî

3kï4 ^'adroits

envoya quérir le prétendu eheràlier.

ïinette yint^ fit le médecin empiri-*' que le mieux du monde , débita cinq ou six mots de Fart , d'un air cayalier :

rien n'y manquait Cette princesse fut surprise de la bonne mine et des manière» agréables de Bel~à-yoir ; et après avoir raisonné quelque temps avec ce prince au sujet des blessures de Ricbe-cautèle^ elle dit qu'elle allait quérir une bouteille d'une eau incompardsle, et que cependant elle laissait deux boites qu'elle avait apportées, qui contenaient des ongueus excellens propres au prince blessé.

Là-dessus, le prétendu médecin sortit ; il ne revenait point : l'on s'impatientait beaucoup de le voir tant tarder. Enfin , conmie on allait envoyer le presser de revenir , on entendit des cris de petits en&ns dans

la chambre de Riche^caatèle. Cda surprit tout le monde; car il ne paraissait point d'enfant Quelqu'un prêta l'oreille 9 et on déoottTrit que ces cris Tenaient des bottes de Teo^i* rique.

C'étaient en effet les neveux de Finette. Cette princesse leur avait &it prendre beaucoup de nourriture avant que de venir au palais-; msàs comme il y avait déjà long-temps , ils en souhaitaient de nouvelle, et ils expliquaient lenrs* besoins en chan* tant sur un ton dolent. On ouvrit les boites , et l'on fut fort surpris d'y voir bien effsctivement deux marmots qu'on trouva êxt jolis. RidiecautÂle se douta aussitôt que c'était encore un tour.de Finette : il en conçut une fureur qu'on ne peut pas dire, et ses maux aug;qoientérent à un t^l

ai6 i'adroi»!

point 9 qu'on vit bien qu'il fallait qyfû «n mourût

Bel-à-voir en fut pénétré de dou* leur^ et Riche-cautèle, perfide jusqu'à son dernier moment, songea à abuser de la tendresse de son frère.

Vous m'ayez toujours aimé, prince, lui dit->il , et vous pleurez ma perte.

Je n'ai plus besoin des preuves de .votre amitié par rapport à la vie. Je meurs ; mais si je vous ai été véritablement clier j promettez- moi de m'accorder la prière que je vais vous faire.

Bél-à-voir, qui^ dans l'état où il voyait son frère , se sentait incapable de lui rien refuser^ lui promit, avec les pluA terrible^ sermens, de lui accorder tout ce qu'il lui demanderait.

Aussitôt que Riche - cautèle eut enlendu ces sermens , il dit à son frère ,

YRINCX88I. SI7

en l'embrassant : Je meurs consolé , prince, puisque )e serai vengé; car la prière que j'ai à vous faire , c'est de demander Finette en mariage aussitôt que je serai mort Vous obtiendrez sans doute cette maligne princesse ; et dès qu'elle sera en votre pouvoir , vous lui plongerez un poignard dan»

le sein. Bel-à-voir frémit d'horreur k ces mots : il se repentit de l'impru-»

dence de ses sermens ; mais il n'était plus temps de se dédire^ et il ne vou* lut rien témoigner de son repentir à •on frère, qui expira peu de tempg après. Le roi Moult-benin en eut une sensible douleur. Pour Sùa peuple , loin de regretter Bicbe-cautèle , il fut ravi que sa mort assurât la succession du royaume à Bel-à-voir, dont le mérite était chéri de tout le monde. Finette, qui était encore une fois

«tS l'ad&oite

beurvusement retournée avec 869 •œurfy apprit bientôt la mprt de Siche-oautèle ^ et peu de t^mps après en annonça aux Inns prin ce ag e e le re* tour du roi leur péva Ce pri«oe yiiil ^Tee empressement dans leur tour., et son premier soin fiil de demander à voir les quenouilles de Terre. Non* eliaknte alla quérir la quenouille de Finette^ la montra au roi , puis ayant lait une profonrle révérence, elle reporta la quenouille où elle Tavait prise. Babillarde fit le mâme manégè^ et Finette k son tour apporta sa que-»

Bouille; mais le roi, qui était soup^ (om^ux, Toukit voir les trois quenouilles k la &ÛS. Il n'y eut que Fi^ Bette qui pàt montrer k sienne ; et le roi entra dans une telle fureur contre «es deux filles aînées, qu'il les envoya à llieure même à k fée qui lui avait

yiiiNCtssx. S19

Aajaàé les tipienoniUes, en la priant de les garder tonte leur rie auprès d'elle j et de les punir Gorame elles le inéritaieiit.

Pour commencer la pnaition des princesses, la f!£e les mena dans une galerie de son château enchanté , on «lie avait &ti; peindre Thistoire d'un •nombre infini de femmes illustres qui s'étaient rendues célèbres pu* leurs yertus et par leur vie laborieuse. Par «m eBSet merveilleux de l'art de la féerie, toutes ces figures avaient dn «mouvement, et étaient en action depuis le matin jinqu'ausôir. On voyait de tous çàtés des trophées et des devises à la ^ire de ces femmes veineuses ; et ce ne fut pas une légèire mortification pour les deui seenrs , de comparer le triomphe de ces héroïnes avec la situation méprisable où leur

xnallieureuse imprudence les avait réduites. Pour comble de chagrin, la fée leur dit avec gravité , que si elles s'étaient aussi bien occupées que celles dont elles voyaient les tableaux, elles ne seraient pas tombées dans les in^^ dignes égaremens où elles s'étaient perdues ; mais que l'oisiveté était la mère de tous vices, ^ et la source de tous leurs malheurs. La fée ajouta, que pour les empêcher de retomber jamais dans des malheurs pareils, et pour leur faire réparer le temps qu'elles avaient perdu , elle allait les occuper d'une bonne manière. En effet, elle obligea les princesses de s'employer aux travaux les plus grossiers et les plus vils*, et, sans égard pour leur teint, elle les envoyait cueillir des pois dans se^ jardins, et en arracher les mauvaises herbes. Nonchalante ne put

PAINCSSSE. . A2T

résister au désespoir qu'elle eut de mener une vie si peu conforme à ses inclinations : elle mourut de chagrin et de fatigue. Babillarde , qui trouva moyen , quelques temps après , de s'échapper la nuit du château de la fée^ se cassa la tête contre un arbre, et mourut de cette blessure entre les mains des paysans.

Le bon iiaturel de Finette lui fit ressentir une douleur bien vive du destin de ses sœurs ; et , au milieu de ses chagrins, elle apprit que le prince Bel-à-voir l'avait fait demander en mariage au roi , son père , qui l'avait accordée sans l'en avertir ; car , dès ce temps-là j l'inclination des parties était la moindre chose que Ton considérait dans les mariages. Finette trembla à cette, nouvelle; elle crai- .|;nait, avec raison ^ que la haine que

S29 X'a DROITS*

Riche^aûtèle avait pour die n'eût passé dans le cœur d*un Mte dont il était si chéri \ et elle appréfaend»

que ce jeune prince ne yonlùt Vé^ pouser pour la sacrifier k son frére4 Pleine de cette inquiétude,la princesse «lia consulter la sage £ée^ qui Fettimail autant qu'elle avait méprisé Nooofaâ»

lante et Babillarde.

La fée ne voulut rien révéla k Finette ; elle lui dit seulement : Pria-'' cesse y vous êtes sage et prudente ) TOUS n'atez pris fusqu'ici des mesures si justes pour totre conduite ^ qu'en vous, mettant toujoturs dans l'esprit que la défiance £st la mère de sûreté»

Continuez de vdus souvenii^ vivement de Fimportanoe de cette maxime y èl vous parviendrez à être heureuse sans le secours de mon art. Finette n'ayant pu tirer d'autres éclaircissemens d^

là fée, s'en retourAft au palais dana une ettr^e agiutioti.

Qoelqueis jours après , cette priipcease fat épousée par un asùbasMlewr, au nom du prince BaI~à-yotr ; et on remmena tronrersom éponx dans un équipage msgnifiqM. On lui fit das «titrées deméme dans lesdeox premièresvillesfrontidrasduroiMoult-benitt; let dans b troisi^e elle trouTale prince Bel-à-voir, qui était vanu au-devant ^'elle pal: Fordre de son père. Tout la monde était surpris de rotr la tris^ •tesse de ce jeune prince , aux approches d^un mariage qu'il avait iémoi- ^é souhaiter t le roi même lui. en faisait la guerre, et l'avait envoyé, asalgré lui ^ aUKteVant de la princessi».

Quand Bel-it-voir la Vit^ il fut firappé de ses cbarmes : il lui en fit com<* {iliment, mais d^unë teaaiére si con^

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fuse, que les deux cours ^ qui savaienl combien ce prince était spirituel et galant 9 crurent qu'il en était si vivement touché, qu'à force d'être amoureux, il perdait sa présence d'esprit (Toute la ville retentissait de cris de îoie , et l'on n'entendait de tous câtés que des concerts et des feux d'artifice.

Enfin, après un souper magnifique, on songea à mener les deux époux dans leur appartement

Finette , qui se souvenait toujours, de la maxime que la fée lui avait renouvelée dans l'esprit, avait son des« sein ea tête. Cette princesse avait gagi^é une de ses femmes qui avait la clef du cabinet de l'appartement qu'on lui destinait ; et elle avait donné ordre à cette femme de porter dans ce cabinet de la paille, une vessie, du sang de mouton , et les boyaux de quel-

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ques-ims des animaux qu'on avait mangés au couper. La princesse pa»sa d^ûoa ce cabinet sous quelque prétexte , et composa une figure , de paille, dans laquelle elle mit les boyaux et la vessie pleine de sang.

Ensuite y elle ajusta cette figure en déshabillé de femme et en bonnet de nuit. Lorsque Finette eut achevé cçtte belle marionnette y elle alla rejoindre la compagnie; et, peu de temps après^ on conduisit la princesse et son époux dans leur appartement. Quand on eut donné à la toilette le temps qu'il lui fallait donner , la * dame dlionneur emporta les flambeaux et se retira.

Aussitôt Finette jeta la femme de paille dans le lit^ et se cacha dansuu des coins de la chambre.

Le prince , après avoir soupire deux ou trois fois tout haut , prit sqii

tiS ^'adroits

épée , et la pasM au travers du €orp#

de la prétendis Fiwtiè. Au même

moment il sentît le Sâiig ttiteeli^r dé

tous c6tés^ et trourà la (etHmë de paillé

sans tnouvéineni Qu'ai-je Iak, s'éctiiEi

Bel4-T0tr ? Quoi ! après tant de

cruelles agitations) quoi! après avoir

tant baknoé si )% farderais mes ser-^

mens aux dépeM d'un crime , j'ai Ôtë

la vie à une charmante princesse que

l'étais né pour aimer ! Ses tliarmes

m'ont ravi dès le moment que )e Tsd

vue ; cependant je n'ai pas èU la forcé

de Bl'affrancUr d\in serment qu'uii

frère possédé de foreur avait exigi

de moi par wm ludigné surprise!

Ah ciel ! peut-on sMger à vouloir

punir une femme d^avoir trop de

vertus? Eh bien ! Riche -cautèlé ! j'ai

satisfit ton injuste vengeance ; mais

\e vais venger Finette à son tour pai^

TKiNexssi. ax;^

mort Oui^ belle princesse, il Êiut que de la inéme épée.... A ces mots Finette entendit que le prince c|iii , dans son transport, a^ait laissé tojnbo'son épée, la cherchait pour se la passer autrayers du corps. Elle ne voulut pas <}u'il fit «ne telle sottise ; ainsi elle lui eria : Prince , je ne suis pas morte. Votre bon cœur m'a fait deviner votre repentir; et, par une tromperie innocente , je vous ai épargné un crime.

• Là-dessus Finette raconta k Bel-à* voir la prévoyance qu'elle avait eue tQudiant la femme de paille. Le prince, ^an^orté de joie d^apprendre t[ue la princesse vivait , admira la prudence qu'elle avait en toutes sortes d'occasions, et lui eut une obligation infinie de lui avoir épargné un crime Mquel il ne pouvait penser sans hor^

M!i8 Z.'ADkOZTX

reur ; et il ne comprenait pas comment îl ayait eu la faiblesse de ne pas voir la nullité des malheureux sermens qu'on ayait exigés de lui par artifice.

■ Cependant y si Finette n'eût pas toujours été bien persuadée que dé^ fiance est mère de sdreté, elle eût été tuée j et sa mort eût été cause de celle de Bel-à-yoir ; et puis après on aurait raisonné à loisir sur labizarre* rie des sentimens de ce prince. Viyent la prudence et la présence d'esprit!

elles préseryèrent ces deux époux de malheurs bien funestes , pour les réseryer à un destin le plus doux du inonde. Ils eurent toujours Tun pour l'autre une tendresse extrême, et passèrei^t une longue suite de beaux jours dans une gloire et dans une félicité qu'on aurait peine à bien décrire.

Voilà , Madame , la très-«erreil*

PRINCBSSS. AA9

leose histoire de Finette. Je vous 9VOue que je l'ai brodée ^ et que je vous Tai contée un peu au long ; mais quand on dit des contes, c'est une* marque que l'on n'a pas beaucoup d'affaires ; on cherche à s'amuser , et il me parait qu'il ne coûte pas plus de les allonger, pour &ire durer davantage la conversation. ly ailleurs , il tne semble que les circonstances font le plus souvent l'agrément de ces histoires badines. Vous pouvez croire, charmante comtesse , qu'il est facile de les réduire en abrégé. Je vous assure que quand vous voudrez , je vous dirai les aventures de Finette en fort peu de mots. Cependant ce n'est pas ainsi que Ton me les racontait quand j'étais enfant : le récit en dorait au moins une bonne heure.

Je ne doute pas que vous ne sar

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