‹ Des fibromes de l'utérus intra-ligamentairesChapitre 4 sur 13 · IR · texte numérisé non relu

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vue de l’étude symptomatologique ou thérapeutique de ces tumeurs. Mais les corps fibreux de l’utérus inclus dans le ligament large, qu’ils appartiennent au corps ou à la portion susvaginale du col, ont tous un point commun, c’est leur développement latéral et sous-péritonéal. Rappelons que le péritoine tapisse latéralement dans toute sa hauteur la portion sus-vaginale du col. Y a-t-il une différence entre le corps fibreux « pelvien » et le fibrome intra-ligamentaire que nous avons à étudier ici? A cette question nous répondrons : un fibrome intra-ligamentaire A insertion basse est un fibrome pelvien; mais tout fibrome pelvien n’est pas forcément intra-ligamentaire. Je ne citerai pour exemple que les corps fibreux développés aux dépens de la face antérieure du col, laquelle est dépourvue de péritoine. Ils pourront plus tard s’inclure, mais pas forcément. Nous définirons donc fibrome de l’utérus intra-ligamentaire un fibrome sous-péritonéal développé aux dépens des bords du corps ou des flancs de la portion sus-vaginale du col.

Bon nombre de chirurgiens, parlant des fibromes utérins iutra-ligamentaires, les désignent sous le nom de fibromes « inclus », c’est-à-dire inclus dans le ligament large.

L’existence des fibromes intra-ligamentaires n’est pas une découverte récente. M. le professeur F. Guyon (1), dans sa thèse d'agrégation, a soin de mentionner l’inclusion lorsqu’elle existe dans les cas étudiés par lui. M. le professeur Pozzi (2), lui aussi dans sa thèse d’agrégation, étudie les corps fibreux qu’il a nommés « pelviens ». Kœberlé, au congrès de Copenhague, en 1884, déclare l’inclusion une contre-indication au traitement chirurgical.

Depuis, les fibromes utérins intra-ligamentaires ont été étudiés par Lassalle (thèse de Montpellier, 1890), par Boiffin (tumeurs fibreuses de l’utérus, 1893), par Terrillon dans ses leçons cliniques. Un certain nombre d’observations ont été publiées; nous

(1) F. Guyon, Des tumeurs fibreuses de l'utérus, thèse d’agrégation. Paris, 1860.

(2) S. Pozzi, De La valeur de V hystérectomie dans le traitement des corps fibreux de l'utérus, thèse d agrégation. Paris, 1875.

en reproduisons quelques-unes. H. Duret (de Lille) a rapporté cette année, dans la Semaine gynécologique (janvier 1901), plusieurs cas de fibromes inclus très intéressants.

Mais il existe peu de travaux d’ensemble sur les corps fibreux de l’utérus intra-ligamentaires. Signalons cependant la thèse de Ch. Perrot (1), où nous trouvons une excellente description clinique et un certain nombre d’observations des plus instructives que nous avons cru devoir reproduire.

Si nous trouvons peu de travaux d’ensemble sur les fibromyomes inclus, nous voyons par contre, à maintes reprises, ces tumeurs attirer l’attention des chirurgiens qui se sont occupés du traitement des corps fibreux de l’utérus. Leur histoire se confond avec celle de l’évolution de la chirurgie des fibromes (2) ; nous ne pouvons ici relater tous les noms des chirurgiens qui ont contribué au traitement des corps fibreux depuis l’hystérectomie à pédicule externe jusqu’à la supra-vaginale ou encore à la myomectomie. Au cours des discussions qui ont eu lieu dans les divers congrès, ces dernières années, nous voyons à plusieurs reprises les chirurgiens apporter des restrictions au sujet des fibro-myomes intra-ligamentaires. Delagenière, dans son traité sur la Chirurgie de V utérus (1898), consacre, au cours de sa description sur la technique de l’hystérectomie abdominale, puis de la myomectomie, un paragraphe aux fibromes inclus dans le ligament large. Doyen, au congrès international d’Amsterdam (1899), ne signale-t-il pas les modifications à apporter à son procédé, lorsque le corps fibreux est intra-ligamentaire? Moins sévères que Kœberlé, leur ancêtre, les chirurgiens ne considèrent plus ces fibromes comme inopérables; loin de là, ils envisagent l’opération comme indiquée en raison des troubles de compression que déterminent ces tumeurs Ils se font de plus en plus à cette idée que j’ai souvent entendu exprimer à mon maître, M. le professeur Démons, c’est qu'il faut songer à la

(1) Ch. Perrot, thèse de Lyon, 1900.

A. Boursier, Journal médecine , Bordeaux, 1901, p. 37. Mémoire de Longuet, In semaine gynécol., 1900. Angelesco, thèse de Paris, 1897.

Bouvier

possibilité de l’inclusion. Si le fibrome est inclus, sans perdre de temps, procéder à sa décortication.

Les fibromes intra-ligamentaires sont bien étudiés dans les Traités classiques de gynécologie de Pozzi (1897) et de Labadie- Lagrave et Legueu (1901).

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