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laires sont affoiblis et distendus outre mesure. Or, dans la période du chaud de la fièvre toute la surface est affectée ; il y a accroissement de chaleur avec rougeur et tuméfaction : donc les vaisseaux capillaires de la surface sont alors dans un état de foiblesse , ce cjui est prouve , dit-il, et par les symptômes qui ont précédé, et par ceux de la période du froid où les vaisseaux affoiblis n’étant pas encore distendus par la force ci bergo ? la surface est pâle et resserrée. Il observe qu’il n’ est pas douteux que ce que nous voyons se passer sur la surface externe n’arrive aussi dans les diverses surfaces internes; ce qui est d’ailleurs indique, du moins autant que nous pouvons nous en assurer, parla diminution ou par la perte de leurs pouvoirs secreteurs, pai leur resserrement dans l’état du froid, et par leur plénitude et leur rougeur dans celui du chaud. Ainsi, de meme que la foiblesse des vaisseaux capillaires d’une partie produit toujours , comme l’observation directe le démontre , un
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accroissement d’action des vaisseaux artériels de cette partie ; de même la foi» blesse générale des capillaires produit une augmentation d’action de tout le système artériel.
Dans l’inflammation, les vaisseaux débilités étant comparativement en petit nombre, la force à tergo les distend promptement et largement ; dans la fièvre, au contraire, les vaisseaux débilités étant très-nombreux, ces effets se produisent avec plus de lenteur et avec moins de distension , parce que la résistance est plus grande. La fièvre et l’inflammation semblent donc différer seulement en ce que l’une est une affection générale , et l’autre une affection locale. C’est à cette distinction qu’on peut, je crois, dit-il, rapporter facilement tous les divers phénomènes des maladies.
Cette théorie, très -ingénieuse sans doute, est vraie dans les faits qui lui servent de base , et fausse dans quelques conséquences ; ainsi cette foiblesse des vaisseaux capillaires nous paroit être
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une hypothèse, et la force à tergo , qui n’est autre chose qu’un mouvement d’action et de réaction des organes, un heureux correctif de cette hypothèse. Tous les phénomènes dont nous venons de parler nous paroissent être dus simplement à une réaction qui s’établit par des moyens que nous ne pouvons ni suivre, ni apprécier, tantôt de l’intérieur à l’extérieur , tantôt de l’extérieur à l’intérieur; tout ce que nous pouvons dire, c’est que ces mouvemens ont lieu : se font-ils par l’influence du système nerveux seulement, etc.? La distinction de la fièvre et de l’inflammation ne nous paroît pas assez précisée, car l’inflammation produit nécessairement la fièvre lorsqu’elle est assez intense, ou qu’elle attaque u n organe assez importa n t pour que toute l’économie en éprouve l’influence; et qui dit inflammation dit réaction organique, par conséquent fièvre , à moins que l’inflammation soit bornée au degré si peu intense d 'apex , dont nous avons parlé plus haut ; car alors elle ne me-
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rite pas le nom de fièvre, elle n’est qu’un léger accroissement de réaction physiologique , qui appartient plutôt à l’état de santé qu’à celui de maladie. Le seul moyen d’éviter toutes ces difficultés étoit de se fixer sur ce qu’il faut entendre par fièvre , et au lieu d’en faire un être abstrait, de préciser ce qu’elle est ; alors M. Wilson n’eût pas défini les fièvres idiopathiques : P rœgressis langore et lassitudine et aliis debilitatis signés , pulsus f requeue , calor auctus , sine morbo locali primario . Car si on regarde les fièvres idiopathiques comme générales, comment concevoir qu’elles puissent être jamais exemptes de danger, et qu’une fièvre idiopathique, une fièvre générale affectant toute la machine , puisse cesser , et même disparoître du soir au lendemain, comme cela arrive dans certaines fièvres classées comme idiopatiques. Il est bien plus naturel de penser qu’étant le résultat d’une réaction organique, cette réaction, bornée d’abord à la partie affectée, s’étend par sym-
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pathie aux autres organes qui en sont influencés par cette loi de l’économie, qui établit le consensus de toutes les parties ; cette influence les fait passer dans un état d’excitation passagère, laquelle n’a encore rien de morbide. On pourroit comparer cet état à celui où ils sont aussi mis par les sueurs, la fréquence du pouls, et l’agitation qu’occasionne un violent exercice ; toutefois il y a cette différence que, dans le premier cas, ils sont plus près de l’état de maladie, que dans le dernier ; on en devine les raisons. Au reste, nous regrettonsbeaucoup de n’avoi r pas reçu à temps l’ouvrage de M. Wilson sur les fonctions vitales . Il est plus que probable, d’après la réputation dont il jouit en Angleterre, que nous y trouverons des observations et des faits qui rendront nulles, en partie, les critiques que nous venons de faire. Nous parlerons un jour de cet important ouvrage qui , selon la Revue encyclopédique , a mérité à l’auteur, de la part de ses concitoyens, le titre de Bichat de V Angleterre.
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D’après ce que nous avons observé de la définition de la fièvre par notre auteur, il est aisé de sentir que nous rapportons sa doctrine des fièvres intermittentes et rémittentes , à la classe des médecins qui n’ont point connu les avantages de l’anatomie pathologique; mais il faut aussi la rapporter à la classe des médecins excellens observateurs des symptômes des maladies pendant la vie.
Nous pensons que la partie des fièvres intermittentes et rémittentes est une preuve sans réplique de ce que nous avançons. Cette partie renferme en effet des descriptions tracées avec une fidélité et une vérité qui sont le propre des bons observateurs.
Après avoir passé rapidement dans le premier chapitre sur les espèces et les variétés des fièvres intermittentes et rémittentes, qu’il réduit presqu’aux variétés de la tierce, M. Wilson arrive aux symptômes de ces fièvres : ces derniers forment le second chapitre.
Il énumère les plus essentiels, et décrit
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ensuite ceux des périodes du froid , du chaud et de la sueur; il parle des symptômes anomaux, puis de ceux qui sont particuliers aux différens types ; il expose comment les différens types sont disposés à se rapprocher plus ou moins de la fièvre continue, et quelles sont les maladies avec lesquelles les fièvres dont il traite se compliquent le plus souvent.
II termine ce chapitre par des considérations très-importantes sur le pronostic de ces maladies; nous y avons joint ce que Fauteur a dit des crises dans la partie des fièvres continues : par cette transposition , nous avons complété cette question. Nous adoptons les vues de Fauteur sur les crises des fièvres , en observant cependant que nous ne pensons pas que les dépôts critiques des urines, les sueurs abondantes, les selles spontanées, entrent dans les vues de la nature , qui se débarrasse sciemment par ces excrétions, et qui calcule à quelle époque elle prendra ses déterminations pour chasser les maladies qui la gè~
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nent, etc. On ne doit point personnaliser ainsi la nature , mais on doit admettre que les mouvemens qui se produisent dans tous les cas de crises , sont la conséquence nécessaire des fonctions, ou, pour mieux nous exprimer, de la réaction des organes malades. Quant aux jours critiques auxquels ces mouvemens salutaires ou funestes arrivent, nous no pouvons qu’être surpris que les observations bien constatées quifont été faites pour établir ce point de médecine, aient, sans aucune discussion , été traitées de burlesques . Ce n’est pas avec l’arme du ridicule qu’il faut attaquer la vérité : nous engageons le docteur Broussais à envisager cette question dans son véritable sens, et à quitter le ton de la plaisanterie, pour chercher à prouver si les médecins célèbres qui ont vu et observé dans un grand nombre de maladies, des évacuations paroissant à des jours déterminés , et qu’ils pou voient prévoir, accompagnées de symptômes extraordinaires, et suivies de changemens en
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mieux ou en pire , se sont trompés ; si les médecins célèbres qui, se basant sur ces observations, ont mis en question, d’après les cas heureux ou malheureux qui s’étoient présentés dans leur pratique, dans quelles circonstances il convenoit d’agir , d’empiojer les ressources de l’art , et dans quelles il falloit laisser la maladie se terminer en l’abandonnant aux mouvemens de réaction des organes, si ces médecins célèbres, dis-je, se sont encore trompés : car si le docteur Broussais nous le prouvoit, nous adopterions alors sa manière de voir, et nous serions détrompés de la croyance où nous sommes , qu’il y a des crises qu’il faut attendre, et qui arrivent à des jours fixes , qu’on a appelés critiques . Dans cette occasion , comme dans bien d’autres, nous craignons bien que le docteur Broussais ait voulu frapper plutôt fort que juste sur ses devanciers et sur ses contemporains.
Notre auteur consacre le troisième chapitre à l’anatomie pathologique.
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Nous regrettons qu’il n’ait fait qu’indiquer une matière si essentielle , et qui est aujourd’hui une branche importante de notre art. Toutefois il faut dire que ce n’est que dans les fièvres en général que nous avons à lui faire ce reproche , car dans les autres affections , comme dans la petite - vérole , la rougeole, la phthisie, etc., les autopsies sont exactement et soigneusement rapportées, et elles laissent peu de chose à désirer. Le chapitre quatrième contient l’exposé des causes prédisposantes, et des causes excitantes des fièvres intermittentes et rémittentes. L’auteur a évité les discussions toujours hypothétiques sur la nature de ces fièvres, et sur leurs causes primitives.
Le cinquième chapitre est consacré au traitement, qui consiste dans les moyens à mettre en usage pendant le paroxysme, c’est-à-dire, durant l’accès du froid et celui du chaud, et pendant l’intermission, au sujet de laquelle il trace les régies à suivre pour le régime et l’exer-
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cice; après quoi il passe aux médicamens qu’on peut employer à cette période. Ce qu’il dit trop brièvement, à la vérité, du régime et de l’exercice à prescrire aux malades, nous a paru très-digne de remarque; c’est un sujet presque neuf dans les livres de médecine, où l’on s’occupe en général exclusivement des maladies pendant leur intensité, et où on abandonne le malade dès qu il n a plus de fièvre 9 pour nous servir de l’expression ordinairement employée. Aussi nous manquons d’un ouvrage ex professe* sur la médecine hygiénique des convalescens ; elle est, à notre avis, autant et meme plus difficile à bien connoître que la médecine des maladies .
Dans le sixième et dernier chapitre, qui est aussi nouveau dans les livres de médecine que la partie de celui dont nous venons de parler, mais dont l’exemple peut être d’une dangereuse imitation , l’auteur disserte sur la manière d’agir des médicamens qu’on emploie dans les fièvres intermittentes et rémit-
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tentes; nous dirons avec franchise, que c’est le côté foible de l’ouvrage. Il y est parlé surtout des effets de l’opium et de ceux de la saignée. Les expériences qui y sont rapportées sur l’opium, nous ont paru être de peu d’utilité : le lecteur peut consulter sur ce sujet les expériences très-intéressantes du docteur Barbier, dont M. Alibert a donné une très-bonne analyse dans sa Àlatière médicale. Quant à la saignée, il nous paroît que tout ce qu’on peut en dire se réduit à ce peu de mots : c’est un moyen dont l’effet est purement mécanique , et dont on se sert principalement avec avantage dans toutes les inflammations aiguës, et dans les cas aussi où il faut diminuer l’excitabilité et la sensibilité morbidement augmentées, en tenant compte des modifications de la vie qui en sont les suites.
Voilà comme nous concevons ses effets : si nous n’étions arrêtés par la crainte de trop prolonger un discours , qui est déjà peut-être trop long, nous ferions quelques réflexions sur les cas où
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il convient et sur ceux où il ne convient pas d’employer la saignée. Cette question ne seroit pas nouvelle , puisque Celse a dit , en la discutant : San guinern incisa vena mitti novum non est , sed nullum penè morbum esse in quo non mittatur novum est . (Livre II, chap. 10.) Saigner dans toutes les maladies ne peut donc être considéré comme un moyen nouvellement inventé. Nous n’ignorons pas qu’on pourra nous dire de l’espèce de définition que nous venons de donner des effets de la saignée , qu’elle est du nombre de celles qui détruisent l’art en voulant le simplifier; mais comme cela ne nous est nullement prouvé , nous persisterons dans notre manière de voir, jusqu’à ce que des expériences bien constatées nous aient démontré que nous nous trompons. Nous finirons en disant que s’il nous est arrivé, dans le cours de ce Discours, d’émettre quelques idées un peu hasardées, nous sommes prêts à les rectifier dès qu’on nous les aura indiquées ; mais que ce
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ne soit pas par esprit de secte , ou par des principes particuliers à une école qu’on nous reprenne : car quand on cherche sincèrement la vérité en médecine , on n’est ni de l’Ecole de Montpellier , ni de celle de Paris , ni de celle d’Édimbourg , ni de celle deVienne; on compare toutes les doctrines, on choisit, et on n’est élève que de soi-mème.
ET
RÉMITTENTES.
üî definition cil onnee dans le Discours préliminaire, les fièvres intermittentes e't rémittentes consistent en des paroxysmes répétés qui reviennent avec une exacerbation évidente, et généralement avec frisson; il s’interpose une. apyrexie complète ou au moins une rémission évidente. Je vais parler plus amplement des phénomènes de ces maladies.