ET R ÉMIT TEN TES
Les causées et le vomissement diminuent, mais en général la soif: augmente; de limpide qu’elle étoit , l’urine devient souvent fort colorée, mais elle est encore sans sédiment; quant à tout le reste, l’é l at des fonctions naturelles est à peu près le même que dans l’accès du froid ; à moins qu’il rfy ait diarrhée, les selles n’ont guère lieu que vers la fin du paroxysme , et alors elles sont abondantes.
Les hémorrhagies ont féquerament lieu dans la période du froid ; le sang coule de l’utérus, du rectum, si le fnalade est sujet aux hérnorrhoïdes , quelquefois il vient des poumons , des oreilles, mais le plus ordinairement il coule par le nez; si l’hémorrhagie du nez est abondante, c’est presque toujours un symptôme favorable , et quelquefois elle soulage immédiatement; mais s’il ne découle que quelques gouttes de sang, le docteur Cleghorn dit qu il en tiroit ordinairement un mauvais pronostic; d’autres auteurs ont fait la même observation.
pagnées de plus d’un sentiment de pulsation dans l'estomac et les intestins ; toutefois c’est un symptôme peu fréquent ,, et qui semble généralement dépendre de la présence de quelque matière irritante , car il indique quelquefois l’inflammation des premières voies.
Cependant ]es hémorrhagies qui paroisscnt vers îe commencement de la période du chaud, sont en général la conséquence de la circulation qui est trop rapide, et alors quoiqu’elles ne soulagent pas on doit rarement les regarder comme défavorables. Lorsque nous traiterons des symptômes du typhus, je ferai remarquer une autre espèce d’hémorrhagie qui accompagne rarement les fièvres dont je parle, à moins qu’elles n’aient pris la forme des fièvres continues, par suite d’un état de foiblesse du système , et alors ces hémorrlnfgies sont presque toujours défavorables.
La présence des hémorrhagies ne nous aide à juger l’événement d’une maladie que lorsque nous fesons attention aux symptômes qui les accompagnent , et aux parties du corps d’où le sang coule; elles peuvent fournir le pronostic îe plus favorable ou le 'plus fatal. J’observerai seulement ici maintenant que lorsque l’excitation est considérable, elles deviennent souvent favorables , et rarement nuisibles; lorsque l’excitation est trop foible elles sont rarement avantageuses, et souvent elles amènent les suites les plus désastreuses.
Lorsque la fièvre a duré pendant long-temps, et que les rémissions sont devenues moins complètes, spécialement lorsque la fièvre épi-
clémique est d’une nature maligne, alors on voit paroltre un grand nombre de symptômes, dénotant une grande débilité, et fournissant un mauvais pronostic, mais iis appartiennent plutôt aux fièvres continues qu’aux intermittentes.
La violence de l’accès du chaud n’est pas toujours proportionnée à celle du période du froid. Le docteur Cleghorn nous dit qu’il a toujours vu que les fièvres les plus violentes surviennent sans aucune période de froid ; cependant on a souvent observé que, le type de la fièvre étant le même , plus la période du froid est longue, plus l’accès du chaud qui lui succède est violent; quant aux fièvres intermittentes de différens types, on ne peut pas du tout leur appliquer ce raisonnement, mais plutôt le raisonnement contraire, ainsi que nous le verrons.
La période de la chaleur est enfin terminée par une sueur abondante , qui commence ordinairement vers la tête et la poitrine ^ et s’étend graduellement au dos et aux extrémités. La force inaccoutumée et la fréquence du pouls diminuent, alors, et la respiration devient libre. L’urine dépose un sédiment semblable à la brique, qu’on a appelé bri quêté ; ou bien un sédiment abondant, légèrement rougeâtre ou
blanchâtre. Le malade s’endort ordinairement lorsque les symptômes de la fièvre diminuent ; ils le laissent dans un état de foiblésse et d’abattement.
Quoique le malade soit exempt de fièvre en t re 1 es paroxy s m es d ’ un e fié v re i n ter mi t ten t e, cependant il jouit rarement d’une parfaite santé j surtout si l’accès a été intense ; il semble accablé et assoupi , il se fatigue aisément , il se plaint du manque d’appétit. Si sa peau n’est pas très-sèche, elle a une tendance à la sueur, plus grande que dans l’état de sanlé ; le vomissement et les selles ont alors souvent lieu. Plus il est accablé par ces mêmes symptômes pendan t l’apyrexie, plus il y a lieu de craindre que le paroxysme suivant sera intense.
To nies les fièvres intermittentes tendent plus ou moins à se changer en continues : la tendance à devenir continues est défavorable; la tendance contraire fournit un bon pronostic (i).
(i) Je ne veux pas abandonner la description de l’accès régulier des intermittentes, sans citer le rapprochement ingénieux que Voullonne fait des fièvres continues et des intermittentes. Il regarde chaque accès d’une lièvre intermittente , pris à part, comme constituant en lui-même une lièvre continue , avec ses trois périodes bien distinctes, le commencement, l’état et la déclinaison ; en effet , on observe dans l’accès d’une
ET RÉMITTENTES.
Section II.
Des symptômes anomaux des fievres intermittentes .
On peut diviser en quatres classes les états anomaux des fièvres intermittentes. La première, comprenant les cas dans lesquels l’ordre des divers périodes qui constituent le paroxysme 3 est dérangé, ou dans lequel quelques périodes manquent. La seconde, ceux dans lesquels tous les paroxysmes , ou quelques-uns de leurs périodes , sont restreints à des parties du corps. La troisième, ceux dans lesquels certains symptômes l’emportent à un tel point , qu’ils altèrent considérablement l’aspect de la maladie. Et enfin la quatrième comprenant ces cas dans lesquels d’autres maladies ou des symptômes particuliers prennent la* forme
d’une fièvre intermittente.
Cleghorn (i), Sénac (2) et autres observent que la période du froid manque quelquefois,
fièvre intermittente tout l’appareil ^des symptômes qui appartiennent en général à la fièvre continue. V oyez son Mémoire, page 53 etsuiv. [Note du Trad.)
(1) Docteur Cleghorn, on the, Diseases of Minorca. (i) es Maladies de Minorque.)
(2) Sénac . de Febribus.
et particulièrement aux premiers périodes de la maladie; quelquefois il accompagne seulement quelques paroxysmes : Franck (i) remarque que la période du chaud elle-même est quelquefois à peine perceptible; dans d’autres circonstances comme dans les cas dont Sénac (2) fait mention, les périodes du chaud et de la sueur ont lieu à la fois. Franck observe que Faccès du chaud précède quelquefois celui du froid , et que quelquefois la peau restant sèche pendant tout le paroxysme (5), il n’y a pas de période de sueur (( Le trouble et l’inquiétude » d’une fièvre intermittente, dit le docteur )) Jackson (4), qui, dans presque tousles cas, se )) terminent par la sueur, disparurent chez )) quelques-uns par les urines ou les selles >ou » peut-être disparurent par d’autres voies sans j) qu’on aperçût aucune évacuation surnatu- )) relie.)) Le docteur Cleghorn donne des observations de ce genre. Bursérius (5) et Schenkius (6) rapportent dans leurs ouvrages des
(1) Frank, Epitome de cur. morb.
(2) De Febribus *
(3) Sénac, de Febribus.
(4) Jackson, on the Fever of Jamaica. (De la Fièvre de la Jamaïque.)
(5) Bursérius , Inst. med. tract.
(6) Schenkius, Observ. med. r arbores»
ET RÉMITTENTES. 3l
ras dans desquels l’ordre des périodes étoit si interverti , que dans un cas la période du froid fut la dernière, et dans un autre celle delà sueur la première.
La seconde classe des cas anomaux des fièvres intermittentes, comprend ceux dans lesquels le paroxysme, ou quelques-uns de ses périodes, est restreint à des parties du corps en particulier. Loge! (1) observe que le froid saisit quelquefois tel membre seulement, le bras par exemple, qu’il est quelquefois restreint sur une moitié de la tète (2) ; bien plus, tout l’accès est quelquefois confiné d.ans une partie du corps , qui subit les symptômes des
(0 v°geL Prœlect. Acad. de cog. et cur. morb.
(2) Le docteur Aîibert, dans son savant ouvrage sur les Fièvres pernicieuses intermittentes , rapporte un phénomène anomal analogue; il dit : a Dans certaines cir- » constances, les lois de la sympathie paraissent inter- » rompues dans les organes qui ont entre eux la plus i) grande analogie de structure ; c’est ainsi que , dans le » même membre, des parties se trouvent glacées par le )) froid, tandis que d’autres sont brûlées par la chaleur.
» J’ai vu un malade chez lequel la sensibilité des nerfs qui r se distribuent à 1 ouïe étoit extraordinairement an^-
5) montée, tandis que celle des nerfs qui se distribuent r> aux autres sens étoit presque anéantie. :» Le docteur Broussais cite un exemple d’une rongeur quotidienne du nez, avec chaleur et sensibilité augmentée, qui céda
périodes du froid , du chaud , et de la sueur, pendant que le reste du corps n’est pas du tout affecté (i).
La troisième classe comprend les cas dans lesquels certains symptômes l’emportent à un tel point, qu’ils altèrent considérablement l’aspect de la maladie. «Quelquefois, observe » le docteur Cleghorn , un ou deux symptômes )) de l’accès prédominent avec une telle inten- )>sité, que les autres en sont obscurcis ou » entièrement effacés; de là vient que nous 3) rencontrons si fréquemment des migraines, 3) des choléra-morbus , des dysenteries et des 3) coqueluches qui viennent régulièrement à 3) des époques fixes, et qu’on a donné à plu- 3) sieurs fièvres de cette classe des noms parti- 3) culiers à cause de quelques symptômes pré- » dominants. » J ai déjà eu occasion d’en parler. Le docteur Cleghorn observe dans un autre endroit que les fièvres intermittentes sont quelquefois si compliquées de douleurs de tête , de poitrine, de l’abdomen , du dos ou des lombes ,
à l’emploi du quinquina. Les Journaux de médecine renferment des faits très-curieux sur ces singularités des fièvres intermittentes. (Note du Trad.)
(i) Il y a un exemple frappant de cette nature rapporté dans la Nosologie méthodique de Sauvages.
ET RÉMITTENTES.
qu’elles ressemblent à une pleurésie, à une frénésie, à l’hépatitis , ou au lumbago, particulièrement lorsque les rémissions sont peu sensibles.
J’ai connu des malades, dit Stork (i), qui, avec la fièvre, étoient saisis chaque jour à un temps déterminé de palpitations de cœur , ou d une grande anxiété vers la région précor— diale, avec une toux sèche et violente; d’autres étoient en proie à une douleur violente de toute ou d’une partie de la tête; John Pringle ( 2 ) observe que parmi les fièvres intermittentes qui régnoient dans farinée, il y en eut quelques-unes qui attaquèrent la tête si soudainement, et avec une telle violence, que sans aucun symptôme avant-coureur d’indisposition , les soldats couroient çà et là d’une manière égarée , et qu’on les croyoit fous, jusqu’à ce que la solution de la maladie et ses retours périodiques en eussent montré la véritable nature.
Le docteur Rush (3), et plusieurs autres,
(1) Stork , A n ui medici,
(2) John Pringle, Observations on the Diseases of army. (Observations sur les Maladies des armées. )
(5) Rush , Med. Obs . and Jnquir. (Recherches et Observations médicales.)
54 des fièvres intermittentes font mention de cas de fièvres intermittentes accompagnées de délire 5 et particulièrement le docteur Clark , dans le quatrième volumedeses Observations et Recherches Médicales. On peut
encore regarder comme des anomalies, la grande tuméfaction de la langue, la strangurie, une profonde horreur avec le désir de la mort , et des furoncles sur la peau , tout cela rapporté comme des symptômes fréquens de la fièvre bilieuse de Bussarach (1). Il y a , dans le sixième volume des Essais de Médecine d’Edimbourg, un cas rapporté par M. Bain , dans lequel l’épilepsie accompagnoit le paroxysme d’une intermittente; et il y a, dans le quinzième volume des Commentaires de Médecine, un autre cas rapporté par M. Davidson , dans lequel les paroxysmes étoient accompagnés d’amaurose.
En un mot, il y a une très-grande variété de formes anpmales qui appartiennent à cette classe ; il est impossible d’énumérer toutes celles qu’on a observées; celles dont je viens de
(1) Il y a une bonne description de cette redoutable fièvre dans l’ouvrage qui a pour titre : The Transactions of a Society for the improvement of Medical and Surgical Knoweldge for 1793. ( Transactions de la Société pour les progrès des connoissances Médicales et Chirurgicales.)
ET REMITTENTES. 55
parler suffiront pour tenir le praticien en garde, et prévenir son embarras. D’après les observations d’un grand nombre d’auteurs, il paroît que lorsque nous réussissons à guérir la fièvre par les moyens ordinairement employés , ces symptômes anomaux disparoissent en même temps qu elle j cest ce qui est même arrivé dans les deux cas que je viens de citer ou lepilepsie et l’amaurose étoient compliquées avec elle.
Bien plus que tout cela, pour embrouiller les fièvres intermittentes et augmenter leur irrégularité^ on voit quelques symptômes prédominer dans un paroxysme, et d’autres d’une nature entièrement différente prédominer dans un autre.
Lorsque de tels symptômes prédominent, ils dérangent souvent la fièvre à un tel point , qu’il est impossible de dire de quel type elle est ; mais s’ils sont survenus lorsque la fièvre existoit déjà , cette dernière reprend en général , lorsqu’ils diminuent, le même type qu’elle avoit avant leur apparition.
La dernière classe des cas anomaux comprend. ceux dans lesquels d’autres maladies ou des symptômes particuliers prennent la forme d’une fièvre intermittente.
Il arrive que certains symptômes, tels que
la douleur dans quelque partie de la télé ? le coma , le déliré, ineme le hoquet, leviennent pendant plusieurs paroxysmes avec la fièvre intermittente , et qu'à la longue ils ont lieu à des intervalles fixes , après que tous les symptômes de la fièvre sont guéris. Senac et quantité d’autres auteurs rapportent des cas de cette espèce. Mais il n’arrive pas toujours que les symptômes, qui reviennent ainsi périodiquement , accompagnent une fièvre intermittente ; ils se manifestent quelquefois sans fièvre depuis le commencement, et continuent à reparoître à un intervalle quotidien, tierce et quarte.
Stork (i) rapporte un cas d'amaurose qui revenoit de cette manière. On a observé que des douleurs rhumatismales se comportent ainsi. Le docteur Rush (2) rapporte plusieurs cas de cette nature. Dans le premier volume des Commentaires de Médecine, le docteur Chapman à donné un détail très-curieux sur des douleurs des poumons qui prenoient la forme d’une fièvre intermittente. Le docteur Strack (5 j
(1) Voyez ses Anni medici.
(2) Voyez ses Med. Obs. and Inquir. (Recherches et Observations médicales.)
(5) Voyez Strack, de Febre intermit .
ET RÉMITTENTES, 3 7
énumère un grand nombre de symptômes anomaux qui appartiennent à cette classe; il rapporte un cas qui ne prit jamais d’autre forme que celle du coma ; il observa aussi une inflammation des yeux qui avoit la firme d’une intermittente; et il dit que la pleurésie, le choiera, la colique, la goutte, l’hystérie et les convulsions peuvent aussi prendre la même forme.
Ce qui mérite une attention particulière c’est que ces cas , quoique différens des fièvres sous tous les rapports, excepté dans leur retour périodique , guérissent par les mêmes moyens qui guérissent les premières : c’est un fait très-curieux, établi par une observation très-suivie.
Avant dé quitter les s\7mptômes anomaux des fièvres intermittentes , j’ajouterai seulement qu’elles laissent quelquefois après elles des tremblemens irréguliers , qui souvent se montrent très-rebelles; il y a des cas de cette nature, rapportés par Monro, dans le second volume des Essais et Observations de Médecine d’Edimbourg; et par M. André Willison , dans le quatrième volume du nfême ouvrage. Le cas rapporté par ce dernier , céda à l’emploi des bains froids.
Section III.
Des symptômes propres aux diffèrens types.
Nous avons jusqu’ici traité des symptômes essentiels des fièvres intermittentes , ou qui en général les accompagnent ; avant de quitter cette partie du sujet, il est convenable de dire quelque chose des symptômes propres à chacune des espèces dont nous avons considéré les variétés.
La quotidienne est comparativement une fièvre rare; quelques auteurs ont même nié son existence , chose pour laquelle ils ont été à bon droit censurés par Eller. Nous trouvons souvent des intermittentes dont les paroxysmes reviennent chaque jour; mais le plus grand nombre de ces dernières sont des doubles-tierces , dans lesquelles les accès 11e reviennent pas tous les jours à la même heure, ou s’ils reviennent ils sont diffèrens, c’est-àdire, qu’ils n’ont pas la même durée, ou le même degré de violence , ou que la violence et la durée de leurs périodes ne sont pas dans la même proportion.
Le docteur Cullen observe , dans sa définition de la quotidienne que nous avons citée,
ET RÉMITTENTES. 69
que ses paroxysmes viennent dans la matinée; cela arrive généralement, mais non toujours.
Dans la quotidienne , la période du froid est plus courte , moins intense, et manque plus souvent que dans la tierce et la qftarte ; mais tout le paroxysme est en général plus long que dans les autres fièvres , car la quotidienne est très-sujette à prendre ia forme continue. Lorsque les autres fièvres sont sur le point de devenir continues, elles prennent dans le commencement l’apparence de la quotidienne, au point qu’elles ont un paroxysme chaque jour.
Galien dit que tout médecin devroit, d’après les phénomènes d’un premier accès, reconnoitre de quel type sera une fièvre intermittente. Voici le diagnostic qu’il donne pour reconnoitre le paroxysme d’une quotidienne : la chaleur est plus humide que dans les autres intermittentes , et jointe à une espèce d’acrimonie , dont on ne s’aperçoit pas immédiatement par le tact; la soif est moindre, et il se fait par le vomissement et par les selles une évacuation d’humeurs phlegmatiques; le corps abonde d’humeurs crues. L’âge ou le tempérament, du malade sont trop humides, et ia saison de l’année ou l’état de l’atmosphère son!
chargés rie brouillards; il n’y a jamais daiis une quotidienne, ajoute-t-il * une chaleur aussi forte que dans le paroxysme d’une tierce. Nous ne pouvons pas nous confier à ce diagnostic pour pronostiquer le type de la fièvre, bien qu’il ne mérite pas d’être entièrement dédaigné. Quoi que ce soit que la pratique étendue de Galien Fait mis en état de faire, on admet généralement aujourd’hui que nous pouvons rarement déterminer le type d’une intermittente d’après les symptômes d’un seul paroxysme. Tout bien considéré cependant, lorsqu’un paroxysme modéré a lieu dans la matinée , particulièrement dans le printeiUps, il annonce souvent un accès d’une quotidienne.
Dans la tierce simple, le période du froid est en général plus long et plus intense que celui de la quotidienne; mais tout l’accès est plus court, car dans la plupart des cas il ne dépasse pas dix où douze heures, et souvent il se termine en cinq ou six.
La période du froid, dans la tierce, est au total moins intense et de plus courte durée que dans la quarte; mais tout le paroxysme de la première est généralement plus long.
Galien observe que souvent, au commencement du paroxysme d’une tierce , il y a une
ET RÉMITTENTES.
sensation douloureuse comme si on étoit piqué. La soif, dit-il, est toujours urgente, la cîiaîeur vraiment forte et universellement répandue sur tout le corps; elle affecte fortement la main du médecin dès qu’il touche le malade ; mais bientôt après elle semble moindre que celle de la main même du médecin. De pareilles observations sur la chaleur dans les fièvres semblent d’abord bizarres; cependant nous verrons, lorsque nous ên viendrons à traiter de certaines espèces de fièvres continues , qu’elles ne sont pas tout-à-fait sans fondement (i). Il n’est pas difficile de supposer que la secrétion malade de la peau puisse modifier la sensation produite par l’augmentation de la température.
Eller soutient que le froid est plus considérable dans la tierce, et il confirme l’observation de Galien , que la température est plus haute que dans les autres intermittentes ( calor ma gis urens '). Hoffman, Hoxham et autres ont encore cherché à caractériser le paroxysme de la tierce; mais il n’y a pas de diagnostic qui
( ï ) P”oy, les Observations cle John Pringle; d’Huxham, clans son Traité clés Fièvres ; de Moore , dans ses Medical sketches (Essais de Médecine) ; et autres Auteurs sur ce sujet.
l\2 DES FIÈVRES INTERMITTENTES
paisse nous rendre capables de le distinguer avec quelque certitude de celui des autres lièvres intermittentes : nous ne pouvons pas non plus le faire d’après l’heure du jour à laquelle il survient. Il fait, à la vérité, souvent son invasion vers le milieu du jour, mais cela n’est nullement constant. Dans les doubles-tierces les accès ont lieu quelquefois alternativement avant et après midi ; nous avons dit que les paroxysmes’, qui arrivent vers le soir, sont en général les plus intenses.
La tierce se prolonge quelquefois, mais rarement pendant plusieurs mois ; dans l’automne elle se change de temps en temps en quarte, et alors elle dure beaucoup plus longtemps ; elle est au surplus moins opiniâtre que les autres intermittentes; mais Frank (i) observe avec raison que de toutes les intermittentes, elle est la plus portée à devenir maligne , et qu’elle paroît très-souvent comme épidémique. S’il y a quelque exception à faire à la première de ces observations , c’est sous le rapport de la quotidienne , lorsqu?elle paroît dans l’automne, ce qui arrive rarement.
Les intermittentes vernal es sont presque toujours ou quotidiennes, ou tierces; Syrien-
(i) Epitome de cur. hom> morb.
ET RÉMITTENTES. 43
liam (i) les regarde, non-seulement comme non-dangereuses, mais comme salutaires; et si elles durent jusqu’à l’automne, il observe que cette saison étant défavorable à ces espèces de fièv res, elles se guérissent en général d’ellesmêmes ; on doit observer d’un autre côté que si les tierces automnales se prolongent jusqu’au printemps suivant , il met en général fin à leur existence. Les intermittentes vernales , leur type étant le même, sont moins intenses que les automnales ; sont moins sujettes à devenir continues, à s’accompagner de symptômes bilieux, et à être suivies de conséquences dangereuses; de plus elles sont moins disposées à revenir.
Dans les intermittentes vernales, c’est l’excitation générale qui prédomine; dans les automnales , c’est la débilité. Nous verrons dans la suite de cet ouvrage une entière explication de cette observation , qu’il est toujours en notre pouvoir de diminuer l’excitation autant que nous le voulons, au lieu qu’il nous est souvent impossible clé l’augmenter suffisamment. De là vient surtout que les fièvres intermittentes d’automne sont plus dangereuses
(0 Sydenhami Opéra , sectio de Febribus intermittentibas .
44 DES FIÈVRES INTERMITTENTES que les vernales. A mesure que nous avancerons dans Ja considération des maladies fébriles , il paroîtra que cette observation plus que toute autre, influe sur notre pratique dans les fièvres idiopathiques.
Le docteur Brocklesby (i) nous a dit qu’il n’a jamais vu un exemple d’une quarte qui soit survenue au printemps, et son expérience étoit très-étendue (2).
Elle fait souvent son invasion dans l’aprèsmidi, la période du froid surtout est plus intense et de plus longue durée que celle de la tierce ou de la quotidienne ; elle dure en général pendant deux heures environ , et quelquefois plus long-temps. Le docteur Grant (3) dit qu’il a vu l’accès de froid de la quarte durer quinze heures. Eller et d’autres auteurs observent que la sensation du froid n’est pas en
(1) Ployez le docteur Brocklesby, Observations on the Diseases of army. (Observations sur les Maladies de l’armée.)
(2) En parlant des causes des fièvres intermittentes , nous verrons que dans les climats où les changemens des saisons sont remarquables , c’est dans le printemps et l’automne qu’elles sont le plus fréquentes.
(5) Voyez Grant, Observations on Fevers most frequent in London. (Observations sur les Fièvres les plus fréquentes à Londres. )
ET RÉMITTENTES. l[5
général aussi grande que dans l’accès du froid de la tierce.
L’accès d’une quarte tout entier est généralement plus court que celui de la quotidienne ou de la tierce.
Galien observe qu’à l’invasion des quartes le pouls est comme serré et profond , et qu’il n’y a pas ce sentiment de battement pénible que nous trouvons dans l’accès de froid de la tierce; le malaie éprouve une sensation comme si toutes ses parties molles étoient moulues. Voici peut- être le meilleur diagnostic de l’accès d’une quarte : le froid n’est pas aussi violent que dans la tierce mais il est de plus longue durée, la chaleur est plus tempérée et plus
3èche, et la sueur modérée (i).
La lièvre quarte est plus sujette que les autres intermittentes à traîner à sa suite des obstructions des viscères; cela est dû probablement à ce qu’elle est plus opiniâtre. Comme la goutte, onî’ à appelée opprobrium medico rum. Quelques auteurs assurent qu’ils ont vu une quarte durer vingt ou trente ans. Sydenham remarque cependant qu’après un petit nombre d’accès elle quitte les personnes qui en sont attaquées pour la seconde fois. Lorsqu’elle a été opiniâtre et
(i) Voyez Eller , de cog, etcur . morh .
accompagnée de délire, Te malade reste quelquefois pendant long-temps après dans un état d’imbécillité , comme cela arrive plus souvent après certaines espèces de fièvres continues.
La quarte est principalement intense chez les vieillards ; en général les jeunes individus en guérissent mieux, avant ou dans le printemps suivant. Sydenham dit qu’il a été surpris de voir des enfans avoir la fièvre quarte pendant six mois et la bien supporter.
Quoique fièvre intermittente automnale, elle est moins que toute autre portée à devenir continue ou à s’accompagner de symptômes dangereux.
Au surplus, la principale différence entre les paroxysmes des différens types consiste dans leur durée, et la durée proportionnelle de leurs divers périodes. Dans la quotidienne, l’accès du froid est en général plus court que dans les autres deux espèces; mais tout le paroxysme est plus long; l’accès du froid delà tierce est plus long que celui de la quotidienne, mais plus court que celui de la quarte; et tout le paroxysme est plus court que celui de la quotidienne, mais plus long que celui de la quarte. En général la quarte a le plus long accès de froid , mais le paroxysme est le plus court. Dans les différens types donc, la durée
ET RÉMITTENTES. 4 7
de l’accès du froid est proportionnée à celle des intermissions ; le contraire de ceci est vrai pour la durée de tout le paroxysme. Nous allons considérer maintenant la manière dont les différens types prennent plus ou moins la forme continue. Quoiqu’il ait été déjà fait mention de quelques faits relatifs à cette partie du sujet, il peut être utile de les présenter ici sous un
seul point de vue.
Section IV.
De la manière dont les dijfiérens types tiennent plus ou moins de la fièvre continue .
Les médecins ont cherché pendant longtemps à déterminer d’où provenoit que quelques fièvres prennent la forme des intermittentes, tandis que d’autres prennent celle des continues, ou du moins sont telles, qu’011 peut à peine apercevoir les rémissions légères qui y ont lieu. Mais à la première vue de plusieurs de leurs opinions, il paroît combien leurs efforts ont été vains. L’observation ne soutient pas même les théories de Sydenham sur ce sujet. Ce seroit mal employer le temps, que de parler de la valeur de ces hypothèses. Jetons un coup d’œil sur les faits qui y ont donné lieu.
Lorsque les accès de la quotidienne se prolongent, il ne reste pas de temps pour l’apyrexie. C’est ainsi que l’intermittente se change en rémittente, à mesure que les paroxysmes se prolongent, les rémissions sont moins perceptibles; et la fièvre, à la longue, devient continue.
Comme nous l’avons vu , la tierce est sujette à un redoublement de ses paroxysmes, et elle peut aussi alors prendre facilement la forme continue ; car une observation qui est d’une application générale, c’est que lorsqu’il y a un redoublement des paroxysmes, non-seulement les nouveaux sont plus prolongés que les anciens , mais les anciens deviennent encore plus prolongés qu’ils ne l’étoient avant que les nouveaux eussent paru. Quoique le paroxysme soit prolongé dans son entier, la durée de l’accès du froid diminuera d’autant plus que celle de l’accès du chaud augmentera , tellement que lorsque la fièvre aura pris la forme continue, l’accès du froid sera à peine sensible dans sa plus grande partie. Il faut observer de plus , que lorsqu’une intermittente prend la forme continue, les symptômes de la période du chaud deviennent en général plus intenses en proportion que cette période se prolonge , et que les symptômes de la période du froid
ET RÉMITTENTES.
deviennent plus doux en proportion que cette période est aussi plus courte.
La quarte prend rarement la forme continue; la quarte triple est une maladie rare : si elle éprouve un redoublement de ses paroxysmes, elle peut aisément devenir continue.
Les nouveaux paroxysmes ajoutés à une tierce ou à une quarte, lorsqu’ils deviennent doubles par exemple, ressemblent toujours aux paroxysmes de la nouvelle fièvre; car leur type est le même.
Van-Swieten observe que les quintanes et les autres intermittentes à types plus prolongés, ne prennent jamais, autant qu’il en peut juger, la forme continue.
On verra ci-après que les principales circonstances, si ce ne sont pas les seules qui forcent les intermittentes à tenir davantage de
la forme continue, sont la diathèse inflamma-
toire et la débilité. C’est la première que nous avons le plus souvent à combattre dans ces fièvres ; c’est pourquoi les moyens de la guérir avec sûreté, c’est-à-dire sans courir le risque d’amener un état opposé et plus dangereux de débilité , forment une partie essentielle de leur traitement.
Au lieu de devenir plus continues , les inter-
5o DES FIÈVRES INTERMITTENTES
mittentes le deviennent quelquefois moins, c'est toujours un symptôme favorable. Lorsqu'un redoublement des paroxysmes d’une tierce ou d'une quarte a eu lieu , ils deviennent de nouveau simples, et à mesure qu’ils le deviennent, les accès qui restent deviennent en mêpie temps plus courts , tandis que le période du froid devient de nouveau plus long.
En changeant de type les intermittentes prennent quelquefois une forme plus intermittente. Après que la violence de la fièvre est passée, il n'est pas rare qu'une quotidienne ou une tierce automnale se changent en une quarte.
Les fièvres continues peuvent aussi se changer en une forme plus ou moins intermittente ; lorsque cela arrive , elles ont pour la plupart été auparavant intermittentes , ou elles ont paru avec des symptômes inflammatoires pendant que des fièvres intermittentes étoient épidémiques. Au reste , toutes les espèces de fièvres continues peuvent prendre la forme intermittente.
ET RÉMITTENTES.
OECTION Y.
Des maladies avec lesquelles se compliquent le plus souvent lesjîevres intermittentes .
Quand à la variété des symptômes qui se montrent souvent dans les fièvres intermittentes , variété qui provient de leur complication avec d’autres maladies, je n’en dirai que peu de chose parce que je ne traite pas ici des differentes maladies auxquelles ces intermittentes appartiennent. Les maladies avec lesquelles les intermittentes se compliquent le plus fréquemment sont : la diarrhée, le choiera, la dysenterie, les obstructions des viscères, 1 hydropisie , la jaunisse, et diverses espèces d’inflammation. L’inflammation de quelques-uns des viscères, et la fièvre rémittente, sont les plus ordinaires de ces complications. De Ha en (ij et d autres , rapportent plusieurs cas de rémittentes dans lesquelles on trouva a 1 autopsie, l’estomac -et les intestins enflammés et sphaceles. On a remarqué que cette combinaison est remarquablement fréquente dans certaines épidémies (2). Bartho-
( 1 ) V oyez son Ratio medendi.
(2) Le docteur Broussais a observé , dans la ville
iin (i) en particulier donne une relation d’une rémittente irrégulière qui exerça ses ravages à Copenhague, et qui étoit toujours accompagnée d’inflammation de l’estomac et du duodénum. Nous avons une relation d’une fièvre semblable qui régnaàLevde, flûte par le professeur Silvius de La Boe (2). Le cerveau est aussi quelquefois le siège l’inflammation dans les rémittentes, comme il paroi t d’après la relation des autopsies faites par John Pringle (3) et autres. Le rhumatisme accompagne souvent les intermittentes des climats froids (4)-
Les fièvres intermittentes vernales -sont très- souvent compliquées avec des maladies inflammatoires, et celles de l’automne avec
cTUdine en Frioul, «ne épidémie de fièvres intermittentes qui étoit semblable à celles dont parle notre auteur ; il trouva que les fièvres intermittentes se compliquoient fréquemment dans cette constitution avec une pblogose des membranes muqueuses des voies alimentaires. Voyez son Hist, des Phlegm, chron. page 129, tome II, 2e édition* {Note du Trad.)
(1) Barth ol. Hist, anatom, rar. hist. 56.
(2) Prax. mod - append, tract, x.
(3) Voyez ses Observations on the Diseases of army. { Observations sur les Maladies de 1 armee.)
(4) Voyez les épidémies décrites par John Pringle dans ses Obs. on the Diseases of army. (Obs. sur les Maladies de l’armée. )
ET RÉMITTENTES. £>3
des maladies de débilité , particulièrement avec la dysenterie.
On doit attribuer la combinaison de quelquesunes des maladies ci-dessus énumérées avec les fièvres intermittentes, à la nature de l’épidémie , au climat ou au tempérament du malade ; cependant quelques-unes sont les effets de la fièvre elle-même, les indurations squirrheuses des viscères, par exemple, et îeurssuites : l’atrophie , l’ictère et d’hydropisie. Le foie et 3a rate %ont les viscères le plus souvent affectés (i).
Les fièvres intermittentes répriment aussi
(1) Lorsque nous réfléchissons sur la nature de la circulation dans le foie, et d’où lui -vient la plus grande partie de son sang, nous ne sommes pas en peine d’expliquer l’ascite qui quelquefois accompagne son induration; il n’est pas non plus difficile de concevoir comment une induration et une augmentation de ce viscère ou de la rate^ produisent une anasarque des extrémités inférieures, qui s’étend graduellement sur tout le corps; c’est parce que la veine cave ascendante est exposée à la pression des viscères augmentés. Il est évident aussi que l’ictère doit être fréquemment la suite de l’indurationdu foie ou du pancréas ; il n’y a qu’à considérer la situation des conduits biliaires que les parties augmentées de l’un de ces viscères peuvent comprimer. Les fièvres intermittentes qui se prolongentpendant long- temps, produisent la cachexie et l’atrophie, en occasionnant l’obstruction du mésentère et des autres glandes de l’abdomen.
quelquefois des évacuations habituelles, les flux menstruels et hémorrhoïdaux, et quelquefois elles interrompent la sécrétion du lait chez les nourrices. De temps en temps- elles occasionnent encore par la sueur ou par les selles, des évacuations excessives, des menstrues , des lochies , .etc. (i).
Les médecins ont pensé pendant long-temps que si les fièvres intermittentes ne sont pas extraordinairement intenses , elles prédisposent à une bonne santé et à une longue vie. A moins, dit Boerhaave, que ces fièvres ne soient malignes, elles disposent le corps à la longévité (2) , et le purgent de maladies invétérées. Je ne crois pas , observe son commentateur , qu’un médecin qui a observé cette maladie veuille nier qu’après les fièvres quartes qu’on n’a pas troublées par des remèdes puis-
(1) Voyez sur ces effets des fièvres intermittentes les observations de Strack , de Febribus intermitt. ; Brocklesby, On the Diseases of the army , (sur les Maladies de l’armée); Jackson, On the Fevers of Jamais ca , etc. (sur les Fièvres de la Jamaïque, etc )
(2) Cette observation de Boerbaave , citée par notre auteur, ne contredit nullement la note que nous avons donnée sur le danger des fièvres intermittentes. Nous parlions alors de ces fièvres en général, et tous les médecins savent qu’ordinairement dans la quarte les accès
ET RÉMITTENTES. 5 5
sans , mais qu’on a guéries graduellement, dans le printemps, par un bon régime, le corps ne devienne plus robuste et beaucoup moins sujet qu’auparavant aux maladies (i). Toutefois cette opinion semble loin d’être toujours bien fondée, et souvent elle a été nuisible en empêchant le praticien d’arrêter la fièvre dès le commencement.
On ne peut nier qu’une fièvre intermittente survenant à d’autres maladies , ne les aient quelquefois guéries , et il faut prendre garde de guérir imprudemment la fièvre intermittente lorsque ces maladies sont plus à craindre qu’elle. Des rhumatismes habituels, des inflammations, des éruptions cutanées, des indigestions, l’épilepsie, l’hystérie, etc., observe le docteur Fordyce (2), sont soulagés par une fièvre tierce régulière. Vogel (3) dit que la
sont moins intenses , et surtout le froid moins rigoureux et de moindre durée que dans les autres intermittentes, ce qui, dans ce cas, explique en quelque sorte leur innocuité, quoiqu’elles ayent existé chez le même individu pendant plusieurs années. ( JS'ote du Trad )
(1) Comment, in Aph. Boerhaavii.
(2) First Dissert, on simple Fever. (Première Dissertation sur la Fièvre.)
(5) Yogel, Prœlect. Acad, de cog. etcur. morb.
fièvre quarte à souvent prévenu la goutte, l’asthme , les convulsions et les affections hypocondriaques ; et Hippocrate lui-même dit que la fièvre quarte est une fièvre salutaire et qui prévient les autres. Ceux qui sont affectés de convulsions, ajoute-t-il , en sont soulagés par une fièvre quarte. On dit de plus que les fièvres intermittentes soulagent ou guérissent des paralysies. Quelques médecins sont portés à douter de plusieurs effets de cette espèce qu’on a attribués aux fièvres intermittentes (i).
Section VI.
Du pronostic des fievres intermittentes .
On peutle diviser en deux parties, parce que le pronostic d’une fièvre intermittente se tire des symptômes du paroxysme et de l’état du malade dans l’intervalle des paroxysmes. Je vais d’abord jeter un coup d’œil sur l’état des diverses fonctions qui annoncent du danger, principalement pendant les paroxysmes.
\ mesure que le danger augmente, la foiblesse et l’irrégularité des mouvemens volon-
(i) T'oyez quelques observations à ce sujet dans le Traité des Intermittentes malignes d’Aurivilius, et dans le Sylloge opusculorum de Jlaldinger.
ET RÉMITTENTES . * S']
taires deviennent plus remarquables 5 des tiraillemens involontaires des muscles (subsultus tendinum et des tressaillemens se terminent souvent par des convulsions générales dans lesquelles le malade expire. Le coma a fréquemment lieu, et souvent aux approches de la mort il est impossible de réveiller le malade. Le délire est encore plus défavorable ; le danger est très-grand lorsqu’il est au nombre des symptômes primitifs, comme cela arrive dans plusieurs épidémies dont nous avons parlé plus haut, et dans celle du Bengale décrite par Je docteur Lind, dans laquelle les malades mouroient ordinairement dans le troisième paroxysme.
Le désordre des sens appartient à cette section, spécialement la fausse vision , qui dans toutes les fièvres est au nombre des plus mauvais symptômes. La surdité est en général favorable.
Quant aux fonctions vitales, on doit regarder les palpitations du cœur et beaucoup d’anxiété comme des symptômes défavorables. Avant la mort, le pouls devient généralement très-fréquent , foible et irrégulier , à moins qu’il n’y ait un degré considérable de coma; alors il est souvent lent et irrégulier : mais tant que le coma continue, cet état du pouls ne
nous assure nullement clu salut du malade; il précède souvent une apoplexie mortelle. Ici, comme dans la plupart des autres maladies, la mort arrive souvent avec pâleur, raccourcissement et refroidissement des extrémités. Le pouls est alors à peine ou pas du tout perceptible.
Il y a aussi du danger dans l’état opposé de la circulation , dans lequel le pouls est remarquablement fort et plein ; toutefois il est plus en notre pouvoir d’y remédier dans ce cas.
A mesure que la mort approche , la respiration est très-affectée ; elle devient anxieuse et prompte , quoique souvent en même temps moins fréquente que naturelle, elle est entrecoupée par des soupirs et des gémissemens; et un peu avant la mort, elle éprouve quelquefois des intermissions considérables. Cette intermission de la respiration est rarement fort remarquable, excepté lorsque le malade meurt très épuisé et affecté de coma. Elle est fréquemment plus considérable dans d’autres cas où le cerveau est plus particulièrement le siège de la maladie. Le docteur Wbytt a remarqué cela comme étant un symptôme ordinaire de l’hydrocéphale interne (i).
(i) Jeu ai rencontré un cas dans lequel cela fut plus
ET RÉMITTENTES. . £>9
A propos de la respiration , on peut observer que le hoquet est un symptôme dangereux, s’il survient pendant que les autres symptômes sont alarm ans , surtout s’il est accompagné de vomissemens.
Tout changement dans la voix s’éloignant de son ton ordinaire indique du danger; la perte de la parole est souvent l’avant-coureur de la mort.
Quant aux fonctions naturelles, beaucoup de nausées , l’abdomen enflé , dur , et douloureux au toucher avec constipation opiniâtre, sont des symptômes dangereux; Sydenham regard oit comme des symptômes funestes dans les fièvres intermittentes d’automne , un ventre dur et le gonflement des amygdales. Il arrive souvent que quelque temps avant la mort le
remarquable que clans aucun autre que faie lu à ce sujet ; le malade (c ’étoit un garçon), soupçonné cl’avoir une affection de la tête , a voit été long-temps indisposé, et étoit fort émacié avant sa mort ; il y avoit un degré considérable de coma , et sa respiration , pendant la moitié de sa dernière heure , étoit tellement entrecoupée, qu’il n'y avoit pas moins de six ou huit minutes entre chaque inspiration ; si bien que ses amis le croyant mort fermèrent plusieurs fois ses yeux, et étoient peu de temps après étonnés t]e l’entendre faire une inspiration très -sonore.
6o DES FIÈVRES INTERMITTENTES
malade est hors d’état d’avaler ; car la langue , la bouche et l’arrière-bouche sont très-engouées. le danger est très-grand lorsque la langue est excessivement sèche, ou noire, ou couverte d’une substance blanche, gluante et gélatineuse. A cela nous pouvons ajouter que lorsqu’elle a l’apparence de la macération, elle indique beaucoup de danger (i).
Une diarrhée spontanée ou colliquative 3 comme on l’a appelée, précède souvent la mort, et d’après l’état vicié de la bile, les selles sont noires et fétides. Une matière noire, comme du café moulu, évacuée par haut ou par bas, dénote un grand danger. Ce symptôme est en général la suite de l’hémorrhagie de l’estomac ou des intestins. Dans les fièvres rémittentes des climats chauds , la bile prend quelquefois cette apparence, elle prend plus fréquemment celle du goudron ou de la mélasse. Quelle que soit la matière évacuée, le vomissement est dangereux s’il ne diminue vers la fin du paroxysme , surtout si l’anxiélé est grande et que l’évacuation n’apporte pas de soulagement.
Lorsque l’urine ou la sueur sont de mauvais
(i) Voyez le docteur Jackson, On the Fevers of Ja — ma ica. (Sur les Fièvres de la Jamaïque.)
ET RÉMITTENTES. 6 1
caractère, que la première est d’une couleur noire et dépose un sédiment brun ou noirâtre , et que la seconde teint le linge du malade d’une couleur brune , cela vient du mélange du sang* on met au nombre des symptômes alarmans les yeux injectés de sang (1). Quelque temps avant la mort les sphincters se relâchent souvent au point que l’urine et les matières fécales s’écoulent involontairement.
En définitif, on peut observer que les divers symptômes qui annoncent une grande débilité dans les fonctions naturelles, indiquent un grand danger. Nous parlerons de tout ceci plus au long lorsque nous traiterons des symptômes du typhus, auquel tous ces symptômes sont particuliers. Dans la dernière période du paroxysme, une sueur naturelle et légère, universellement répandue sur le corps, et qui n’occasionne pas une grande perte des forces , donne un pronostic favorable ; l’opposé de cela donne un pronostic défavorable (2).
(1) Ce sont les hémorrhagies les plus funestes; nous en avons parlé plus haut : elles donnent toujours lieu à un mauvais pronostic.
(2) Le docteur Rollo observe, dans sa Relation de la Maladie de Sainte- Lucie : ce Qu’une disposition comaî) teuse, des déjections extraordinaires, la froideur de la » peau, des sueurs partielles, le hoquet, des selles in-
- ft
6a DES FIÈVRES INTERMITTENTES
Quant au pronostic durant la rémission ou l’apyrexie, le danger est plus grand en raison qu’elles sont plus courtes et moins complètes. Une quarte simple est plus salutaire qu’une tierce, une tierce simple plus qu’une quotidienne; et plus ses paroxysmes rentrent les uns dans les autres , plus cette dernière devient dangereuse. Cependant ces observations ne sont pas d’une application universelle (i). Le malade n’est pas exempt de danger , si pendant l’apyrexie , même quoique complète , il se sent foible et oppressé, surtout s’il reste chez lui une tendance à l’œdème des pieds et des jambes. Nous devrions nous informer, observe Bursérius , si dans les jours de l’intennission la
» volontaires , le soubresaut des tendons , la perte de la » parole, etc., étoient des signes certains de danger. Il 7) ajoute que lorsque les mouches deviennent nom- 77 breuses autour du lit des malades dans une période » quelconque de la maladie , et qu’elles se reposent sur 77 leurs lèvres et sur leurs yeux sans qu’ils s’en affectent, 7) c’est une marque certaine de danger ; ces insectes ne » paroissent jamais en grand nombre, à moins que le 7) danger ne soit très-manifeste par d’autres signes. »
(î) Bursérius et Franck donnent une bonne description des symptômes qui fournissent un mauvais pronostic pendant l’apyrexie. fr oyez les ouvrages de ces deux auteurs.
ET RÉMITTENTES. 65
langue est sèche et rugueuse, si le malade est inquiet, indifférent, et s’il est sujet à pousser des soupirs; s’il est sujet au vomissement ou aux selles, s’il est assoupi , en un mot s’il est troublé d’une manière quelconque : car alors nous pouvons soupçonner quelque mal qui nous tend des pièges. Si ces symptômes viennent d’une cause qui n’est pas évidente, ajoutet-il , nous devons redouter, pour le paroxysme suivant, la cardialgie, la colique, la léthargie, ou quelque symptôme alarmant de cette nature.
Toutes les complications des autres maladies avec les fièvres intermittentes sont dangereuses.
D’après tout ce qu’on vient de cl ire des symptômes qui fournissent un mauvais pronostic, on peut aisément en tirer un favorable. Les meilleurs signes à observer sont le peu d'intensité d’un paroxysme lorsque le malade le supporte sans une gratide perte des forces , et
qu’il jouit d’une bonne santé pendant une
longue apyrexie.
Il y a un certain nombre de symptômes qui surviennent de temps en temps dans toutes les espèces de fièvres, et qu’on a généralement observés accompagnant et généralement supposés occasionnant un changement favorable
dans Tétât de la maladie ; -d’après cela, oïl les a appelés critiques ; la sueur par laquelle un paroxysme se termine, est de cette nature. Nous aurons occasion de traiter ce sujet plus au long lorsque nous traiterons de la fièvre continue (j). cc Une éruption vers la bouche et les y> oreilles, dit le docteur Rollo (2) , avec une » tuméfaction de la lèvre supérieure, soit dans y> cette fièvre, soit dans l’intermittente, qui )> survenoit lorsque le paroxysme s’en alloit, ;» étoit un signe certain de convalescence , y> excepté lorsque les autres symptômes étoient » dangereux ; car alors ils fortifioient le proy> nostic défavorable. » Vogel (5) observe que les fièvres intermittentes sont souvent guéries par des éruptions cutanées, particulièrement par l’éruption miliaire, par la petite- vérole, par les hémorrhoïdes , par la salivation ou par un ulcère sur les lèvres.
Les fièvres intermittentes les plus tenaces ne sont pas toujours les plus dangereuses. Tout
(1) Voyez la Section Vit, qui a pour titre : Des crises des fièvres intermittentes , rémittentes et continues.
(a) Voyez ses Ohs. on the Diseases of Saint Lucia . (Obs. sur les Maladies de Sainte-Lucie.)
(3) Voyez Vogel , Prælect. Acad, de cog. et cur. morbis .
ET RÉMITTENTES.
bien considéré , les tierces se guérissent avec plus de iacilité , et les quartes avec le plus de difficulté. Hippocrate a décidé que la fièvre quarte est la plus longue et la moins dangereuse des fièvres. Cette observation ne s'applique qu a la quarte simple ? car si elle éprouve un redoublement de ses paroxysmes , son pronostic if est pas meilleur que celui des autres fièvres intermittentes. Celse observe que la fievie quarte n est pas dangereuse , à moins qu’elle ne devienne quotidienne.
En définitif, la fièvre intermittente, quoique souvent tres-tenace , n est. pas en général une maladie très-dangereuse. Les symptômes que nous avons énumérés comme donnant un mauvais pronostic , se présentent rarement , à moins qu’elle n’éprouve un redoublement et une prolongation de ses paroxysmes , ou qu’elle soit compliquée avec d’autres maladies. Dans le dernier cas , on ne peut déterminer le danger qu en étant familiarisé avec le pronostic fie ces maladies* toutefois il survient des épidémies qui font Une exception à celte observation , et en particulier dans les climats chauds. *
La mort peut arriver à un période quelconque des fièvres intermittentes ; elle arrive le
plus souvent dans le période du chaud, excepté dans la fièvre quarte, dans laquelle, observe Sydenham, elle arrive généralement dans celui du froid. Le malade meurt rarement dans le période de 1a- sueur, toutefois s’il est fort épuisé, et que la chaleur soit abondante, la mort peut aussi arriver à ce période. Elle arrive aussi quelquefois pendant la remission , par suite de la violence du paroxysme précédent.
Si les premiers paroxysmes d’une fièvre intermittente sont peu intenses , le pronostic est bon; si après avoir été intenses, ils deviennent modérés, il est meilleur. Nous ne devons pas cependant établir une opinion décisive d’après le peu d’intensité d’un ou de deux paroxysmes , et d’après la santé du malade pendant leurs intervalles.
Il faut remarquer au surplus qu’on doit juger du salut du malade plutôt d’après le peu d’intensité des paroxysmes, que d’après la longueur et le degré complet de i’apyrexie (r). On a observé que les fièvres intermittentes, qui sont le plus à craindre, sont celles dont
(i) Il y a quelques bonnes observations sur ce sujet, dans le premier chapitre de 1 ouvrage de la Therctpeu tique spéciale de Torti.
ET RÉMITTENTES-. 67
les paroxysmes sont le plus violens les jours pairs.
Quelques médecins cherchent à pronostiquer le période auquel la fièvre se terminera d’une manière favorable , en considérant avec attention celui auquel elle est à son plus haut degré, c’est-à-dire, le temps auquel les paroxysmes, au lieu de devenir plus intenses, commencent à le devenir moins ; car il arrive ordinairement dans ces fièvres, que chaque paroxysme , pendant les premiers intervalles , est plus intense que celui qui l’a précédé, ce Les 5) intermittentes , tierces ou les rémittentes )) qui atteignent leur plus haut degré dans le » quatrième période, observe le docteur Cleg- )) horn , se terminent au cinquième ou au )) sixième , celles, qui l’atteignent au cin- )> quième, se terminent vers le sixième ou le )) septième accès. » Le docteur Cleghorn parle des tierces de Minorque; on ne peut donner une règle générale de cette espèce. Chacun doit faire de telles observations pour lui-même dans le climat et même l’épidémie où il pratique. Il suffit de prévenir qu’en faisant de pareilles observations , il étoit devenu capable de prédire avec plus d’exactitude l’événement des maladies.
Un paroxysme qui, sans aucune cause évh
dente , est considérablement plus intense que ceux qui Tout précédé, est souvent le dernier, car après lui le malade se trouve et reste en état de santé (i).
La doctrine des jours critiques appartient au chapitre du Pronostic .
Le lecteur trouvera cette doctrine exposée dans les ouvrages des médecins qui, depuis Hippocrate , lui ont accordé une attention particulière.
Quelques-uns la regardent comme tout-à-fait dénuée de fondement ; cette opinion toutefois semble être le résultat d’un examen peu approfondi du sujet. Les maladies des différens climats varient , et les observations sur lesquelles cela est fondé ont été trop fréquemment répétées pour nous permettre de douter que dans les fièvres de certaines latitudes il n’y ait pas une tendance aux changemens périodiques. Mais fût-elle entièrement dénuée de fondement, il est nécessaire d’être familiarisé avec une doctrine si généralement répandue clans les ouvrages de médecine (a).
(t) Voyez le docteur Fordyce,, Second Dissertation on the simple Fever. (Seconde Dissertation sur la Fièvre simple.)
(a) Cette doctrine est aujourd’hui attaquée jusque
ET REMITTENTES. 69
Les médecins furent bientôt conduits à ob-
server ce qu’on a appelé crises des fièvres y c’est-à-dire , changemens souvent soudains , soit en mieux, soit en pire qui y ont lieu, et à remarquer les jours auxquels arrivoient ces changemens , surtout ceux qui étoient favorables. Ayant observé qu’une crise avoit lieu chez plusieurs malades au même jour de la # fièvre, ils furent conduits à accorder une attention particulière à ce jour dans d’autres cas ; et lorsqu’ils eurent trouvé un jour, comme le quatrième, le septième, etc., de la maladie auquel une crise arrivoit plus fréquemment que dans presque tous les autres, ils appelèrent ce jour , jour critique ou décréteur . Ainsi les jours pendant lesquels dure une fièvre se trouvèrent divisés en ceux qui sont et en
dans ce qu’elle a de plus précieux , qui est de conduire les médecins à pratiquer la médecine expectante : j’en excepte les cas graves dans lesquels tout annonce au praticien qu’il f^ut agir. S’il est vrai, comme l’observation le démontre , que beaucoup de maladies livrées à elles-mêmes se terminent favorablement plus souvent à certains jours qu’à d’autres; et s’il est vrai qu’il soit par conséquent inutile de tourmenter un malade, je ne vois pas pourquoi on se révolte tant contre les idées médicales cpii embrassent ce résultat, et en proclament l’utilité. ( Note du Trad.)
ceux qui. ne sont pas critiques; ces nombres, qu’on a composes en ajoutant alternativement quatre et trois (à une exception près, dont je m’occuperai tout à l’heure), dénotent que les principaux jours critiques sont le quatrième, le septième, le onzième , le quatorzième , etc. (i). Les autres jours auxquels les crises arrivent fréquemment, Galien les a appelés coïncidens; et on les a jugés comme étant d’une classe inférieure aux jours critiques , parce que des crises n’arrivoient pas si souvent dans ces jours qu’aux vrais jours critiques. Lorsque les crises arrivent dans les jours critiques coïncidens, Galien a enseigné que le cours naturel de la
(i) Le docteur Cullen considère tous les jours impairs , le troisième, le cinquième, etc. jusqu’au onzième, comme jours critiques. Après le onzième jour, il regarde chaque troisième jour comme critique, le quatorzième, le dix-septième, le vingtième; il ne remarque plus cle jour critique au-delà du vingtième, parce que, observe-t-il , quoique des fièvres se prolongent quelquefois. au-delà de ce période, c’est cependant plus rarement; si bien qu’il n’y a pas un nombre suffisant d’observations pour assurer leur cours ; ou encore parce qu’il est probable que dans les fièvres trop long- temps prolongées , les mouvernens deviennent moins exacts et moins réguliers , et en conséquence moins aisés à observer. Voyez les Élémens de Médecine du docteur Cullen, vol. Ier.
ET RÉMITTENTES. 71
maladie est troublé par quelque irritation du système, ou par une nouvelle attaque ; d’après cela il appelle le septième jour un bon jour critique, mais le cinquième un mauvais; car il supposoit qu’on devoit moins compter sur une crise favorable arrivant dans un jour critique coïncident, que sur celle qui arriveroit dans un jour vraiment critique (i).
Dans la première semaine, ou comme on l’a appelée, la première septénaire , il y a plusieurs jours coïncidens , parce que , suivant les anciens , la violence des fièvres qui terminent leur marche dans un temps si court, trouble souvent la crise qui ne devroit arriver qu’au quatrième ou septième jour. Dans la seconde septénaire , le neuvième jour est jugé presque
(1) L’opinion d’après laquelle le cours de la fievre est troublé , quand la terminaison en arrive à tout autre jour qu’au jour critique , sembloit encore plus confirmée par les observations d’Hippocrate , d’après lesquelles il paroît, que quoique les terminaisons fatales , comme les favorables , arrivent généralement aux jours critiques ; cependant une plus grande proportion des ■premières que des dernières arrivent dans les jours non critiques. Ainsi le docteur Culler^ remarque que toutes les terminaisons de fièvres, dont il est fait mention clans les ouvrages d’Hippocrate, qui arrivoient au sixième jour , étoient ou mortelles , ou non définitivement salutaires.
le seul jour critique coïncident. Voilà comment apres le quatorzième jour, les jours critiques coïncidens sont de peu d’importance, les crises arrivant généralement le jour même ou vers les vrais jours critiques.
Hippocrate avoit observé que les crises arrivoient très-souvent au quatrième jour de la première et de la seconde semaine , c’est-à-dire au quatrième et au onzième jour de la maladie; e est pourquoi il avoit j ugé que ces jours étoient d’une grande importance dans les lièvres : mais comme il avoit observé que la crise arrivoit très-souvent au dix-septième jour, il considéra ce jour comme le quatrième de la troisième semaine; si bien qu’il faisoit commencer la troisième semaine au même jour auquel la seconde finissoit. Pour lors, le vingtième jour, et non le vingt-unième , étoit le dernier jour de la troisième semaine , et il regard oit ce jour comme un jour principalement critique (i). De tous ces jours on a dit que les crises arrivoient le plus fréquemment au dix-septième.
(î) On a beaucoup discuté pour savoir si le vingtième ou le vingt-unième jour sont des jours critiques , et si Hippocrate avoit voulu désigner lïm ou l’autre de ces jours dans les Aphorismes qu’il a donnés sur cette doctrine; tant qu’on n’a raisonné que numériquement, on a du nécessairement trouver de part et d’autre quelques
ET RÉMITTENTES.
Les jours critiques qui suivent le vingtième sont le vingt-quatrième, le vingt-septième, le trente-quatrième, le quarantième, non le quarante-unième qui est le septième jour depuis le trente-quatrième- car de même que 3a troisième semaine commence au même jour auquel la deuxième finit, de même le sixième jour commence au même jour où le cinquième finit- donc on ne compte que six jours pour chacune de ces semaines. La même chose arrive au neuvième, au douzième, et à chaque troisième semaine qui suit; donc, le soixantième, le quatre-vingtième jours, etc., sont des jours critiques.
Malgré tout ce qui a été dit ici, Hippocrate remarqué que les fièvres reviennent ordinairement, à moins qu’elles ne quittent le malade les jours impairs; c’est pourquoi la terminaison la plus favorable a lieu généralement aux jours impairs. En quelques endroits il appelle le vingt -unième jour, jour critique : on pense en général que ces passages sont falsifiés. Yan- Swieten dit que c’est très-probable, puisqu’il
raisons spécieuses : aujourd’hui qu’on raisonne d’après l’expérience et la pratique , on pense qu’une crise favorable peut arriver, et arrive en effet à ces deux jours. (A ote du Trad.)
n’est fait aucune mention du vingt- unième jour dans les histoires des maladies de son livre des épidémies .
Toutefois, dans la doctrine des jours criti- • ques telle qu’Hippocrate l’a donnée , il y a certainement des contradictions. Le docteur Jackson les attribue à ce qu’il a rapporté quelques cas de mémoire, et d’autres qui lui avoit été donné seulement en partie par diverses personnes ; il observe de plus que lorsque la fièvre commençoit le soir ou pendant la nuit, Hippocrate comptoit généralement le lendemain comme le premier jour de la maladie. Le docteur Jackson ajoute qu’il est trop souvent fait mention du vingt- unième jour dans les ouvrages d’Hippocràte comme d’un jour critique, pour qu’on le considère, ainsi que Yan-Swieten et Cullen le supposent, comme une erreur des manuscrits originaux. Le docteur Cullen attribue plusieurs des contradictions de la doctrine des jours critiques, à l’opinion d’Hippocrate , touchant le pouvoir supposé des nombres.
Certaines terminaisons , suivant les anciens, ont lieu le plus fréquemment à certains jours critiques; ainsi Galien dit qu’une fièvre se termine rarement par la sueur au quatrième jour, et Hippocrate omet ce jour en énumérant les
ET RÉMITTENTES. r A- -
jours auxquels les fièvres se terminent généralement par la sueur. On a supposé à la vérité que les fièvres se terminent rarement par la sueur dans un jour pair • et dans l’Aphorisme dont nous venons de parler, Hippocrate appelle le vingt-unième et non le vingtième jour, critique. Les sueurs , observe-t-il, sont bonnes pour 1 es malades fiévreux si elles commencent auxtroisième, cinquième, septième, neuvième, onzième, quatorzième, dix-septième, vingtunième (i), vingt-septième, trente - unième , ou trente-quatrième jours ; car les sueurs qui n’arrivent pas dans ces jours dénotent la longueur, l’embarras et le retour de la maladie.
Les anciens avoient aussi enseigné que cha-
(1) Il a été déjà observé que le docteur Cullen suppose que le vingt-unième jour avoit été pris pour le vingtième ; il avance que dans les lièvres continues le type tierce l’emporte jusqu’au onzième jour, et que de ce jour au vingtième c’est le type quarte. Mais en admettant que ce qu'il dit du vingt-unième jour fut juste , il ne sauroit concilier sa manière d’envisager la doctrine des jours critiques avec ce qui est dit du quatrième jour dans les ouvrages d’Hippocrate, à moins que nous n’admettions ce qu’il avance , et ce qui est probable , que les observations sur les crises attribuées à Hippocrate sont l’ouvrage de différens auteurs, et que les plus vraies d’entre elles ont éprouvé des altérations,
que jour critique servoit à indiquer ce qu’on doit attendre au suivant; par ce moyen, la doctrine est d’accord avec le pronostic; aussi les jours critiques ont reçu le nom de judicateurs on indicateurs .
Si dans un jour critique le malade se trouve mieux, quoique dans le jour suivant il retombe dans son premier état, le médecin peut s’attendre à une rémission plus considérable dans le jour critique suivant. Au contraire , si le malade se trouve plus mal dans un
jour critique, le médecin doit s’attendre à un
changement encore plus défavorable dans le jour critique qui suivra, quoique pendant les jours intermédiaires les symptômes soient plus modérés ; ainsi chaque jour critique est un jour indicateur de celui qui lui succède.
En admettant cela, il s’ensuit qu’en faisant bien attention à l’intensité des symptômes des jours critiques , ou au degré de mieux obtenu > nous pouvons non-seulement former un pronostic touchant la terminaison de la fièvre, mais encore touchant ses intervalles. Si dans les jours critiques la violence des symptômes est beaucoup augmentée , nous craignons une terminaison fatale , et nous jugeons qu’elle est plus proche ou plus éloignée suivant le degré d’exacerbation qui a lieu ; d’un autre côté, si
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une rémission des symptômes arrive dans les jours critiques, nous attendons une terminaison favorable, et nous jugeons de sa distance d’après le degré de la rémission. Plus la maladie est lente dans ses progrès, plus les jours critiques sont éloignés les uns des autres. Ainsi dans les fièvres qui ne passent pas trois semaines , le quatrième , septième, onzième, etc. , sont des jours critiques; mais si la maladie s’étend au-delà de trois semaines , alors on ne doit regarder qu’un seul jour de la semaine comme critique. Enfin, quand la maladie continue au-delà de quarante jours ^ Hippocrate ne compte que chaque vingtième jour comme critique; savoir, le soixantième, le quatrevingtième, le centième, etc. Dans les fièvres qui traînent en longueur, la crise n’arrive pas précisément au jour appelé critique , mais vers ce jour. Yoiià la doctrine des jours critiques telle qu’elle nous a été transmise par les anciens. Si nous en exceptons ce que le docteur Jackson, dans sa Relation sur les Maladies de la Jamaïque , a dit de l’application de cette doctrine aux fièvres intermittentes avec types compliqués, nous n’y trouvons, dans les modernes , aucune addition importante.
Le redoublement des paroxysmes qui souvent a lieu dans les fièvres intermittentes ,
nous embarrasse lorsque nous voulons leur appliquer la doctrine des jours critiques. Eu faisant cette application, le docteur Jackson considère une double intermittente comme deux fièvres, Tune composée des primitifs, et l’autre des nouveaux paroxysmes. ((Ainsi, » observe-t-il , en parlant des tierces , si la )) fièvre qui commençoit dans le jour impair » étoit critique, c’est-à-dire si le paroxysme » du jour impair terminoit la maladie, la crise » arrivoit nécessairement le jour impair; mais » si celte fièvre ( nommément celle qui consis- » toit en des paroxysmes qui survenoient aux » primitifs) , si la première invasion de cette )> fièvre, dis je, arrivoit dans un jour pair, » et consistoit en un nombre de paroxysmes )) égaux à ceux de l’autre fièvre, ou conti- » nuoit après que l’autre fièvre avoit cessé , » la crise arrivoit alors dans un jour pair , en y> comptant depuis le commencement de la )) maladie, quoique le commencement fut tou- » jours dans un jour impair, à dater du com- » mencement de la seconde fièvre.
Ni
)) Ce fut l’observation de ce fait qui me donna » d’abord l’idée de calculer les jours critiques » par les périodes de la maladie. »
Le docteur Jackson comptoit toujours quarante-huit heures pour le période de la tierce,
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donnant ce temps pour chaque révolution , quoiqu’elle se terminât quelquefois en moins de temps.
Quant aux quotidiennes, observe- 1- il , leurs crises avoient généralement lieu dans un jour impair. On ne doit pas perdre de vue que dans les doubles-tierces , à quelque jour que la crise arrive, le mode de compter du docteur Jackson en fait un jour impair. Il observe qu’en simplifiant ainsi les fièvres intermittentes , on trouvera que leurs crises arrivent aussi régulièrement dans les jours critiques que celles de la fièvre continue. De soixante maladies qui par ses soins se terminèrent favorablement, dix se terminèrent au troisième jour, dix au cinquième, vingt au septième, dix au neuvième, cinq au onzième, trois au treizième , et deux au. dix-septième jour. Cela coïncide bien avec ce qu’Hippocrate dit des jours auxquels les fièvres se terminent par des sueurs. Nous venons de le citer à ce sujet.
De neuf maladies qui se terminèrent par la mort , continue le docteur Jackson , une se
termina au sixième , une au septième , six au huitième, et une au dixième jour. Il observe que les jours pairs furent mortels dans la proportion de trois à un , ce qu’il explique de cette manière. Le paroxysme qui occasion*
So DES FIÈVRES INTERMITTENTES
Doit la mort, comme la plupart des autres changemens , avoit lieu dans un jour impair; ce paroxysme sembloit baisser après sa durée accoutumée. Il laissoit le corps en quelque manière libre de maladie , mais il laissoit les fonctions vitales si complètement dérangées ., que, quoique ce paroxysme durât peu , la vie ne pouvoit se soutenir long-temps; aussi la mort arrivoit généralement le lendemain , c’est-àdire, un jour pair, quoiqu’elle fut la conséquence d’un paroxysme violent qui avoit eu lieu dans un jour impair. Il arrivoit quelquefois que le malade étoit passablement bien après un paroxysme intense; mais un nouveau survenant après un court intervalle, étoit bientôt mortel le jour pair, cc Nous pouvons voir par )> là, observe-t-il, pourquoi un malade mouroit y > quelquefois dans un jour impair , lorsque la » fièvre étoit très-violente; car alors il mouroit >) au plus haut degré d’un paroxysme intense, » souvent emporté par des convulsions, l’apoy> plexie, ou quelque autre accident. »
A propos des fièvres intermittentes compliquées, le docteur Cleghorn a observé que les grands changemens de la fièvre sont toujours le plus portés à arriver dans un jour auquel a lieu le paroxysme le plus intense, soit dans un jour pair ou impair. Cette observation se con-
ET RÉMITTENTES. Si
cille aisément avec celle du docteur Jackson quoique le docteur Clegliorn compte de la manière usitée, sans simplifier les typés compliqués.
Il est à remarquer que nous trouvons encore quelque cliose dans 1 intensité du paroxysme qui dispose à la santé. J’ai observé plus haut que dans les doubles— tierces , le paroxysme le plus intense est généralement suivi par la plus complete apyrexie, et qu en général dans les fievies intermittentes un paroxysme extraordinairement intense est souvent Je dernier, le malade recouvrant la santé après lui.
Section VIL
Des crises des Jïevres intermittentes , rémittentes
et continues (]).
De tous les symptômes qui accompagnent les cliangemens soudains de la fièvre à l’état de saute, le plus ordinaire est celui qu’on a appelé dépôt critique de V urine.
(1) J ai pensé que le lecteur verroit avec plaisir le complément, pour ainsi dire, des idées de Fauteur sur les crises ; j extrais ce qu’il a dit dans l’article des fièvres continues, et je le transporte ici dans cette intention. D’ailleurs comme la plupart des crises dont il fait men -
Pendant la fièvre continue, Farine est ordinairement versee en petite quantité, elle est quelquefois élevée en couleur , plus fréquemment pâle, et presque toujours sans beaucoup de nuage ou sans sédiment. A mesure que les symptômes diminuent, elle est versée en plus grande quantité, et generalement elle dépose un sédiment plus ou moins abondant.
, Il consiste ou en des cristaux rouges , qui ordinairement ne paroissent que plusieurs beui es après que l’urine est versée, et qui tombent au fond du vase, la laissant limpide, ou en une matière blanche et quelquefois rougeâtre, qui paroît généralement plus tôt , et ne tombe qu’en partie dans le fond du vase, 1 urine reste alors trouble. On a appelé le dernier de ces sédimens, furfur a cé , ou semblable au son ; et le premier, briqueté , à cause de sa ressemblance avec de la poussière de brique pilée.; on n’a pas employé ce dernier terme dans un sens très-déterminé: quelquefois on trouve les deux sédimens dans la même urine ; mais lorsqu’il
tion se présentent aussi dans les fièvres intermittentes il est utile de connoître quel diagnostic et quel pronostic on doit en tirer. Les vues medicales de iVt. "W ilson a ce sujet m’ont parues tres-dignes d attention. {^dsote du Trad. )
ET RÉMITTENTES. 85
y en a beaucoup de l’un il y en a généralement peu de l’autre.
On a regardé pendant long-temps ces sédiinens comme une matière morbifique, qui étoit cause de la fièvre , et à l’évacuation de laquelle étoit due sa diminution ; mais la vérité est que les deux sédimens se trouvent presque constamment mêlés en plus ou moins
grande quantité dans 1 urine des personnes en santé.
J’eus occasion, il y a quelques années*, de faire des observations sur l’urine, dans la vue de déterminer les modes de vie qui disposent ce fluide à déposer ce que Schéele, celui qui Fa découvert , appelle acide Ethique , et qu’on a appelé aujourd’hui acide urique , duquel se compose le sédiment briqueté des fièvres (i). D’après ces observations , il paroît que ce sédi- • ment est le plus abondant , lorsque , par suite d’un régime acescent ou d’un état de débilité des fonctions digestives , il y a beaucoup d’acidité dans les premières voies; ou lorsque la transpiration étant supprimée, par suite de
(i) Il a été publié, en 1792, un rapport sur ces observations, intitulé : An inquiry into the remote cause of urinary Gravel. (Recherches sur la cause éloignée de la Gravelle.)
84 DES FlÈVBES IN TERM ITT E N TE S
cela l’acide qui auroit du passer par la peau,
est transporté sur les reins (i).
U est outre cela démontré que si, tandis que la transpiration est arrêtée, Faction des reins est elle-même débilitée ; l’acide qui occasionne ce dépôt d’urine s’accumule dans le système, et est jeté au dehors par la peau et les reins lorsque leur ton est rétabli ; et que plus la transpiration est libre, moins il passe de cet acide par les urines. Ainsi la présence de ce sédiment briqueté est simplement un symptôme du retour de la santé , et généralement il n’indique qu’une transpiration moins libre que la transpiration naturelle. Quant à Fautre sédiment, pâle ou furfuracé, qui prend aussi quelquefois plus ou moins la couleur rouge , ou plutôt rougeâtre , et qui a un aspect trèsdifférent du premier, on trouva qu’il étoit le plus abondant dans l’urine de ceux qui fai-
(1) Dans le traité dont je viens de parler, il est assuré, par expérience, qu’un acide s’excrète au dehors, même par la transpiration insensible , et que tous les acides , même le gaz acide carbonique, occasionnent le précipité de l’acide urique de l’urine. Cette propriété des acides, comme occasionnant ce précipité, fut pour la première fois remarquée dans un écrit anonyme sur l’origine de la Goutte et de la Gravelle, réclamé et remis en publication dans la suite par M. Murray Forbes.
ET RÉMITTENTES, 85
soient usage d’un%égime alcalescent, ou chez lesquels la transpiration étoit extraordinairement libre; si bien qu’un acide reçu ou engendré dans Je corps, passoit principalement par la peau. Les deux sédimens étoient trèsabondans lorsque F Urine étoit très-colorée , qu’elle avoit une odeur très-forte qui démontrait qu’elle étoit très-chargée de substances particulières excrétées par les reins. Toutefois, la même quantité d’urine, comme il arrive dans les lièvres , ne déposoit jamais une grande quantité des deux sédimens.
Le dernier sédiment donc, comme le premier , est simplement un symptôme du retour de la santé, et il indique particulièrement le retour d’une. sécrétion libre de la peau , ce qui est généralement un Symptôme favorable dans les fièvres.
Mais que ce soit ou non un symptôme favorable, il s’accompagne du même dépôt de l’urine. Dans quelques lièvres qui se terminent d’une manière fatale, il y a une tendance extraordinaire à suer, ce qui ne fait qu’épuiser les forces. Dans ces fièvres, ce dépôt a lieu constamment , mais sans guérir la lièvre; c’est ce qui arrive dans la lièvre hectique. J’ai observé ce dépôt toutes les fois qu’il y a des sueurs nocturnes sans fièvre. De plus, j’ai trouvé
après des expériences répétées, que je pou vois à volonté i ’occasionner danf*Tu rine des personnes en santé, en élevant la transpiration par de pelites doses d’antimoine tartarisé ou de poudre d’faypécacuanha composé. Ces aspects de l’urine sont donc certainement, lorsque les fièvres se terminent favorablement , non la cause , mais la conséquence du retour de la santé ( i ).
Immédiatement après le dépôt critique de l’urine , il n’y a pas de symptôme qui accompagne, aussi généralement que la sueur, le
(1) Voici les seuls aspects que peut prendre l’urine , à l’exception de ceux qu’elle prend par suite des affections morbides des organes urinaires , ce dont on peut clairement s’apercevoir. L’urine pâle, sans nuage ou sédiment; l’urine pâle, avec un léger nuage qui se montre peu d’heures après quelle a été rendue ; l’urine haute en couleur qui reste claire, ou dans laquelle il se forme un léger nuage sans sédiment; l’urine haute en couleur qui reste claire, ou dans laquelle il se forme nu léger nuage, qui dépose un sédiment rouge et cristallisé ordinairement après un temps considérable quelle a été rendue (de quatre à douze heures après); l’urine haute en couleur qui devient trouble après quelle a été rendue, après un court espace de temps (d une demiheure à deux heures) , et qui dépose un sediment legerement coloré, quelquefois rougeâtre, mêlé de temps en temps quand l’urine a séjourné pendant plus long-
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changement de l’état de fièvre à l’état de santé. Nous trouvons que la sueur est presque toujours la crise des fièvres intermittentes , et que la fièvre continue se termine rarement d’une manière favorable, sans que quelques degrés de moiteur ne se manifestent sur la peau (i).'
Il est étonnant que les meilleurs effets , même dans ces fièvres où la débilité domine le plus, suivent quelquefois des sueurs abondantes et long-temps continuées, pourvu qu’elles soient générales et que le malade les supporte sans éprouver une grande perte de forces. Le docteur Donald Monro, remarque que dans la fièvre pétéchiale la sueur conti-
temps avec plus ou moins de sédiment rouge et cristallisé ; si le sédiment peu coloré est abondant , il n’est jamais mêlé beaucoup avec le dernier dont nous venons de parler. Dans presque toutes les maladies , aussi-bien que dans l’état de santé, l’urine prend accidentellement tous ces aspects.
(î) La crise dans la synoque , dit Hoffmann, est presque toujours une sueur abondante. Le docteur Grant remarque , en parlant du synochus : Je n’ai jamais trouvé qu’une crise fut parfaite sans qu’une sueur nocturne et douce n’eût commencé à couler. Le docteur Huxham aussi déclare qu’il n’a jamais vu un typhus malin guéri sans qu’il n’y ait eu plus ou moins de
sueur.
nuoit souvent pendant trois ou quatre jours , et étoit suivie des meilleurs effets. Une autre particularité remarquable de cette fièvre (de la pétéchiale), dit Hoffmann, c’est la sueur excessive et froide d’un acide odorant qui continue pendant plusieurs jours et plusieurs nuits , et qui devient une crise salutaire.
Il ajoute , avec raison , cependant, que quoique ces sueurs deviennent critiques, elles indiquent toujours beaucoup de débilité, et que si on ne soutient pas les forces du malade pendant qu’elles ont lieu, il périt fréquemment lorsqu’il est sur le point de recouvrer la santé.
Toutefois, nous ne devons pas tirer de ces faits la conséquence qui a long- temps séduit les médecins, et est devenue la source de beaucoup de malheurs, qu’on doit entièrement attribuer au flux de la sueur la solution de la fièvre , et que par quelques moyens qu’on amène ce symptôme, il devient toujours également salutaire; c’est à cette hypothèse, et à d’autres erreurs de pratique, que nous devons rapporter l’emploi du régime chaud dans les fièvres, erreur si fiit.de qu’on pourroit sérieusement ilrettre en question si l’art médical pendant qu’elle prévaîoit, étoit plus Avantageux que préjudiciable dans ces maladies. Je
ET RÉMITTENTES. 89
viens cle faire voir qu’on doit regarder les sédimens critiques des urines, non comme la cause , mais comme la conséquence du retour à la santé. On peut presque en dire autant des sueurs critiques , cela favorise cette opinion , que dans certaines fièvres symptomatiques lorsqu’on a entièrement guéri la maladie par des moyens locaux, la sueur néanmoins accompagne le retour à la santé.
* Rien ne seroit plus dangereux que d’arrêter une sueur qui est suivie de soulagement; il est plus même à propos, comme nous le spécifierons plus particulièrement en parlant du traitement des fièvres, d'employer des moyens innocens de provoquer la sueur ; mais chercher à la forcer par des médicamens chauds et échaufîans , c’est ce qui est toujours préjudiciable. On n’obtient jamais de cette manière la crise désirée , et la tentative en est souvent devenue fatale.
On ne doit pas même favoriser toujours les sueurs spontanées. Quand elles continuent sans adoucir les symptômes, elles indiquent du danger, et on doit les arrêter; on ne doit pas non plus favoriser ces sueurs visqueuses et partielles; à moins que la sueur ne soit modérée et universelle, elle est rarement suivie d’une rémission de la fièvre.
go DES FIÈVRES INTERM [TT EN TES
Non - seulement la sueur ne fournit pas toujours un pronostic favorable, mais on la compte quelquefois parmi les symptômes les plus funestes des fièvres. La sueur qui découle avec abondance de la tête et du cou , est le fréquent avant-coureur de la mort, dans la fièvre jaune (i). C’est en parlant de la même fièvre quevPe docteur Linning observe que burine montroit souvent le sédiment critique dès le premier jour , ce qu’il trouva uniformément être un mauvais symptôme; plus le sédiment étoit abondant, plus, observe-t-il, le pronostic étoit mauvais (2). Une des fièvres les plus fatales dont nous ayons la relation , c’est l’éphémère d’Angleterre : le principal symptôme étoit un flux abondant de sueur, d’où elle reçut le nom de sudor anglicus (3).
Excepté le dépôt critique de l’urine et la sueur, il n’y a pas de symptôme qui accompagne plus souvent que la diarrhée les chan-
gemens soudains de la fièvre à l’état de sauté.
(1) Ployez les Observations du docteur Jackson sur cette fièvre.
(2) Voyez la lettre du docteur Linning au docteur Whytt, sur la fièvre jaune de l’Amérique méridionale , dans le second volume des Essais et Observations de médecine et de littérature.
(3) Voyez Gains , de Ephemera Britannica.
ET RÉMITTENTES. gi
Si la diarrhée survient dans un des jours critiques, observe Hassenhorl (i)5 nous devons avoir bien soin de ne rien faire qui puisse l’arrêter. Hoffmann remarque que , dans sa pratique , il a plus fréquemment observé dans la fièvre pétéchiale la diarrhée critique, que 3a sueur ou Fhémorrhagie.
Dans plusieurs épidémies les maladies ont une tendance particulière à se terminer de cette manière , et alors Févacuation est généralement plus ou moins dysentérique. C?est dans l’automne, saison dans laquelle les affections dysentériques sont portées à se montrer, que les fièvres se terminent le plus fréquemment par une évacuation venant des intestins (2).
Cette crise est souvent précédée, pendant quelque temps, de flatulences , de tranchées et de douleurs des reins.
Toutefois la diarrhée spontanée est loin d’etre universellement favorable. On doit Farré ter si elle n’apporte pas bientôt du soulagement , et en particulier si elle est accompagnée d’une grande perte des forces. J’ai déjà eu occasion de parler de la diarrhée , que les écri-
(1) F oyez Histona Febris petechialis.
(2) F oyez Quarin , de Febribus.
vains de médecine appellent emphatiquement colliquative .
On peut encore compter le vomissement parmi les crises des fièvres ; cependant il ne devient jamais critique, excepté au commencement de la maladie ou bientôt après ; alors qu’il soit ou spontané ou amené par l’art, il arrête quelquefois la fièvre.
Nous avons vu qu’un flux spontané de sang, coulant des différentes parties du corps , est fréquemment suivi d’une diminution ou de l’entière disparition des symptômes de la synoque , et quelquefois de ceux du typhus, ce à quoi nous n’aurions pas dû nous attendre à priori .
Comme les médecins ont conclu , d’après le dépôt critique de l’urine , que la fièvre est due à la présence d’une matière morbifique dans le sang, et que cette matière morbifique doit être expulsée du corps avant que la fièvre puisse être guérie; et comme ils ont conclu , d’après le soulagement obtenu pendant des sueurs critiques , que cette matière peut être expulsée par la peau ; ainsi ils ont conclu , d’après la diminution des symptômes qui accompagnent fréquemment l’hémorrhagie, que cette matière peut être expulsée du système par la véné section.
ET RÉMITTENTES, g5
S’ils s’étoient fait l’objection trèsaisée que , quoiqu’on admette que la fièvre provient de la présence de la matière morbifique dans le sang, une soustraction partielle de ce fluide ne peut délivrer le système d’une matière répandue dans toute la masse,* ils se seroient abstenus de recommander la saignée dans toutes les espèces de fièvres.
S’il y a une pratique qui ait été plus funeste que le régime chaud dans ces maladies , c’est l’usage mal entendu de la saignée. Il sera bientôt nécessaire de considérer longuement ce sujet. Il suffit d’observer ici que dans les fièvres les effets de la saignée et de l’hémorrhagie spontanée sont souvent si différens , qu’on doit attribuer à quelque chose autre qu’à, la perte du sang le changement favorable qui suit fréquemment cette dernière • comme nous savons, d’une manière certaine, que les dépôts critiques de l’urine, et les sueurs critiques sont la conséquence, et non la cause du changement favorable qui les suit • ainsi nous avons raison de penser que l’hémorrhagie spontanée est due, au moins en partie, au relâchement général des vaisseaux capillaires qui a lieu dans le changement de l’état de fièvre à l’état de santé. La perte du sang dans les hémorrhagies critiques est, à#la vérité, vsouvent trop peu de
chose pour qu’on la suppose capable d’aucun effet considérable.
Des hémorrhagies, celle du nez est le plus fréquemment critique ; elle est généralement précédée de quelqu’un des symptômes suivans : une rougeur extraordinaire des yeux , quelquefois une sécrétion augmentée des larmes , un sentiment de pesanteur dans les tempes, l’obscurcissement de la vue, la douleur de tête, généralement celle de l’occiput, observe Quarin , la démangeaison du nez et le pouls die rote y regardé par les médecins comme un des principaux symptômes qui présagent une hémorrhagie critique dans les fièvres. Dans cet état du pouls , qu’on a encore appelé rebondissant y l’artère semble à chaque diastole donner un double coup au doigt du médecin.
En général avant l’hémorrhagie le malade se plaint ordinairement de chaleur , de tension , ou de douleur dans la partie d’où le sang est sur le point de couler. Toutefois les plus mauvaises espèces d’hémorrhagies qui surviennent dans les fièvres malignes , ne sont précédées d’aucun autre symptôme que de ceux de la débilité générale, et elles ne deviennent jamais critiques.
Les symptômes qui précèdent les hémor-
ET RÉMITTENTES.
rhagies critiques , semblent repousser l’idée qu’elles soient l’effet du relâchement général des vaissaux ; mais ne savons-nous pas que dans tous les états du système, les symptômes cidessus mentionnés sont en général la conséquence de la congestion qui précède la rupture des vaisseaux?
On a observé que les hémorrhagies critiques sont les plus frequentes dans ces fièvres, qui proviennent des excès faits en mangeant des choses froides • de l’abus des liqueurs en h vrantes , ou des émonctoires supprimés.
Des éruptions de diverses espèces deviennent de temps en temps critiques dans les fièvres : cela arrive quelquefois, mais non pas souvent, par des éruptions-, que nous avons énumérées dans l’introduction , connue caractérisant des espèces particulières du synochus. De ces éruptions ce sont les aphtes qui , le plus fréquemment , donnent du soulage-, ment (1).
Les aphtes cependant , sont loin d’être toujours favorables. Lorsqu’ils sont peu colorés et
(i) j4cl aphtas, observe Sydenham, cùm jam discessum meditaretur , erat propensior. ( Voyez Sydenham, d% Febribus continuas. ) La terminaison favorable
accompagnés d’an flax considérable de salive > ils sont souvent suivis d’une diminution des symptômes ; mais lorsqu’il n’y a que peu de flux de salive, et particulièrement lorsqu’ils sont d’une couleur noire, ils ne sont jamais favorables , et souvent ils sont un symptôme très-funeste.
Une sécrétion augmentée du mucus de la gorge, ou delà salive, qui n’est .point suivie d’aphtlies, est souvent favorable (1). La dernière va quelquefois jusqu’à la salivation , et on a trouvé qu’elle devenoit alors critique. Sydenham (2) et Huxham (5) rapportent des cas de cette espèce.
Une éruption galeuse qui se montre vers la
bouche, ou derrière les oreilles, accompagne
de cette espèce de synochus qu’accompagne l'éruption
miliaire , est souvent précédée par l’apparition des
aphtes. (Voyez Mead . Monita et P r accepta medical)
(1) On a fait mention de la première de ces sécrétions j comme ayant été généralement suivie d’une diminution des symptômes dans la dernière fièvre pernicieuse de Philadelphie.
(2) Voyez. Sydenham,, de Febribus continuis.
(3) Voyez Huxham, On Fevers. Vogel observe que des intermittentes sont quelquefois guéries par la salivation.
ET RÉMITTENTES. g7
plus souvent qu’aucune des éruptions précédentes, la terminaison fatale de la fièvre (i).
• Une des crises les plus remarquables des fièvi es , c est le gonflement et la suppuration des glandes et des autres parties du corps Cette crise arrive rarement dans la synoque . Les glandes parotides sont les parties le plus communément affectées. Elles s’enflent et deviennent enflammées, et l’événement de la fièvre semble souvent dépendre de l’évacuation de la matière qui s’engendre dans ces glandes.
Il a été généralement reconnu que la pratique la plus heureuse est de les ouvrir aussitôt, ou même avant qu’on puisse y sentir la fluctuation. « Si la maladie , observe John }) Pringle en parlant du typhus , se termine » par la suppuration des glandes parotides, une y> précaution est seulement nécessaire ; c’est y> d’ouvrir vite l’abcès sans attendre la fluctua- » tion ou même la mollesse de la tumeur qui ne y> peut jamais arriver, le pus étant là si vis- )) queux , qu’après qu’il est mûr, la partie res- » tera aussi dure que si la suppuration n’avoit
(1) Rush, On the yellow Fever of Philadelphia, (le la Fièvre jaune de Philadelphie ; Chisholm, On thaï of Grenada , de celle de la Grenade , etc. etc.
f)8 DES FIÈVRES INTERMITTENTES
3> pas commencé. » J’ai entendu dire à M. Wah ter Fazquhar, qu’étant attaché à un régiment sur le continent, il se manifesta parmi les troupes une fièvre violente, accompagnée d’un gonflement des parotides qui ne venoient jamais en suppuration ; presque tous les malades qui en furent attaqués moururent, jusqu’à ce qu’il s’avisa de lui-même qu’une incision de la glande engorgée pourroit devenir avantageuse; il en retira les meilleurs effets.
cc II se manifeste chez plusieurs sujets vers le )) déclin de la maladie, observe le docteur Do- )> n aid Monro, des gonflemens des glandes pa- » rotides qui marchent vers la suppuration, et j) deviennent critiques. Chez deux sujets seuîe- )> ment de tous ceux auxquels je donnois mes )> soins en Allemagne , ces gonflemens vinrent » de bonne heure dans la fièvre, mais ils ne )) suppurèrent pas; les deux malades mouiuj) rent. Tous les autres recouvrèrent la santé, » excepté un vieillard invalide de Brême (i). )>
Le docteur Monro appliquoit des cataplasmes et des emplâtres gommés sur les glandes enflammées , et il les ouvroit aussitôt qu il
(i) Ce cas démontre , d’une manière frappante, la connexion qu’il y a entre la suppuration des parotides et la solution de la fièvre. Une tumeur se manifesta sur le côté droit, elle vint en suppuration, et devint cri-
ET RÉMITTENTES. grj
sen toit la matière purulente. Les cas dans lesquels les malades mouroient avant qu’on les eut ouvertes, semblent indiquer qu’on doit préférer le mode de traitement du docteur Pringle. Quelques épidémies cependant donnent lieu à des conclusions différentes, comme il paroît d’après les observations d’Acreî , dans les Mémoires de l’Académie royale des Sciences vie Stockholm. Il eut occasion , dans des fièvres malignes , de rencontrer souvent des abcès dans différentes parties du corps. D’abord il les ouvroit aussitôt que la matière étoit formée; les suites en étoient, que les forces tornboient , que la fièvre s’envenimoit , et que les malades mouroient généralement avant huit jours.
Dans quelques cas, la fluctuation de la matière étant distinctement perçue, et une évacuation purulente par bas, par la bouche ou par le nez survenant, les tumeurs se résolvent, et la fièvre cesse. Des médecins ont cherché à amener la terminaison que la nature indi-
tique ; peu de temps après la fièvre reparut, une autre tumeur se manifesta sur Je côté gauche, vint aussi en suppuration , et la fièvre cessa de nouveau. Le malade mourut dans la suite, de la fièvre hectique, qui devint la conséquence de la sécrétion abondante des ulcères.
IOO
quoit , en donnant de doux laxatifs aussitôt que la matière étoit formée. Il est d'observation qu’à la troisième selle, ils ont trouvé généralement de la matière purulente mêlée dans les excrétions, que les tumeurs se résolvoient, et que la fièvre disparoissoit.
Il se manifeste quelquefois des tumeurs aux aisselles , aux aines et aux testicules. Le docteur Rush observe que des tumeurs glanduleuses accompagnent fréquemment la fièvre jaune. U ne les a jamais vues venir en suppuration , mais il a observé qu’elles sont généralement favorables. Le docteur Chisholm, cependant, remarque qu’elles étoient au nombre des symptômes défavorables de la dernière fièvre pernicieuse des Indes Occidentales qui différoit, sous plusieurs rapports, de la fièvre jaune ordinaire, en particulier, parce qu’elle étoit accompagnée , du moins dans la Grenade , d’éruptions pestilentielles.
Une affection particulière des testicules et du scrotum se montre quelquefois dans cette fièvre, et devient critique (i)*
Le frisson est le dernier symptôme dont je ferai mention, comme méritant une place
(i) Voyez les pages 122 et suivantes du Traité de . Clihbolm.
TET RÉMITTENTES. 10 ï
parmi les crises des fièvres. Lorsqu’il survient dans les progrès de la fièvre continue , il est quelquefois suivi du période du froid et des autres symptômes du paroxysme d’une fièvre intermittente 5 alors la fièvre prend la forme intermittente.
Les auteurs rapportent divers autres symptômes critiques des fièvres; mais on a observé si rarement la plupart d’entre eux, qu’on doit regarder leur présence plutôt comme accidentelle , que comme particulièrement liée avec la solution de la fièvre. Tels sont , des suppurations dans différentes parties du corps arrivant après un temps considérable de la guérison; le rhumatisme, le catarrhe vésical ou ordinaire, survenant vers le temps où la fièvre cesse; des tumeurs indolentes, des squirrhes de différens viscères, diverses affections de dents^ des gencives, des articulations et des os (i), des affections nerveuses et spasmodiques, et autres , etc. etc.
Plusieurs médecins de l’antiquité se sont efforcés d’assigner la cause des mouvemens périodiques des fièvres. Leurs opinions sont main-
(i) Quelques-unes de ces dernières ont peut-être droit à ce qu’on les regarde comme liées avec la solution de la fièvre. Voyez Vogel, de cog. et cur. jnorb.
tenant regardées à juste titre comme mal fondées , et plusieurs même comme entièrement fantasques. L’opinion la plus ancienne étoit fondée sur la doctrine du pouvoir des nombres des pythagoriciens ; Hippocrate semble avoir été de cette opinion. Galien renonça à une doctrine si absurde, et imagina que les crises des fièvres étoient occasionnées par les changemens de la lune. Cette opinion eut pendant long-temps l’approbation générale des écrivains en médecine , et nous trouverons qu’une opinion semblable à celle-là, et réclamant le privilège d’une observation d’une grande étendue, a été soutenue depuis peu.