‹ Des fièvres intermittentes et rémittentesChapitre 20 sur 24 · LT II KW IT TEN TES · texte numérisé non relu

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lierons jamais. Lorsque nous parlons- d’une structure si compliquée, si sensible dans plusieurs parties, et que nous devons avouer que nous comioissons si peu , c’est vainement qu’on dit que la différence n’est pas assez considérable pour produire un efiet quelconque. Il est à remarquer que c’est dans ces parties du monde où la difference de pesanteur dont nous venons de parler est la plus considérable, nommément sons les tropiques, qu’on a observé que les changemëns de la lune in fl noient sur la présence des fièvres. Le docteur Lind fait mention d’un fait curieux; c’est que plusieurs matelots, et d’autres personnes, furent attaqués de fièvres pendant une éclipse de lune, c’est-à-dire , précisément pendant la pleine lune.

C’est une opinion commune que l’eau salée, mêlée avec l’eau douce des marais, produit une exhalaison plus fatale que l’eau douce toute seule. John Pringle considère ce fait comme indubitable. Cette opinion a gagné en fondement, parce qu’où a trouvé qu’une petite quantité de sel accélère la fermentation : l’auteur dont nous venons de parler, qui a fait des expériences pour déterminer ce point de pratique, observe que rien ne semble plus extraordinaire que de trouver que l’eau salée

hâte la putréfaction, mais le fait est ainsi : une drachme de sel préserve pendant environ trente heures deux drachmes de bœuf frais dans deux onces d’eau à une température égale à celle du corps humain; ou ce qui revient au meme, celte quantité de sel le conserve frais vingt heures de plus que l’eau pure; mais une demi-once de sel ne le préserve que deux heures environ de plus que l’eau pure. Maintenant j’ai depuis trouvé , ajoute-t-il , que vingtcinq grains n’ont que peu ou point de vertu anti-sceptique., et que dix grains hâtent et augmentent la putréfaction (i).

D’autres toutefois assurent que quel que soit le pouvoir sceptique d’une petite quantité de sel , on n’a pas trouvé que le mélange de l’eau salée avec l’eau des marais, augmentât

leur tendance à produire des lièvres intermittentes; et le docteur Jackson remarque qu’autant qu’il l’a observé, les épidémies endémiques étoient moins fréquentes et moins formidables sur les bords des rivières, après que leurs eaux étoient mêlées avec cellesde la mer, qu’avant que cela arrivât, à moins que les circonstance ne fussent sous d’autres rapports plus favorables à la production de la maladie.

(0 Appendix aux observations de John Pringle.

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Il affirme de plus que quoique la mer et

eu différentes proportions in Savanna la, mar dans la Jamaïque et dans les nombreuses îles de la côte des Carolines, cependant ces lieux sont presque toujours plus malsains lorsque les lacs et les rivières ne sont pas mêlés.

Quant à la manière dont agissent les miasmes des marais pour produire les fièvres intermittentes, nous ne pouvons rien dire avec certitude. On n’est pas même certain de ce que c’est que le miasme des marais. Nous savons que c’est un effluve mêlée peut-être avec les miasmes terrestres ; voilà tout ce que nous en savons. Est-ce le gaz qui se dégage par les progrès de la putréfaction ?

La fièvre intermittente semble en général provenir de l’exposition réitérée aux miasmes des marais. Dans la plupart des cas , nous ne pouvons pas observer que le malade soit particulièrement exposé à leur action dans le temps où la fièvre le saisit. Quelquefois leurs effets sont plus soudains. Dans le mois d’août de 1765 le thermomètre monta jusqu’à 82 degrés au milieu du jour; les soldats de marine qui étoient exercés de très-grand matin sur les bords de la mer, souffrirent beaucoup des effets des eaux stagnantes d’un marais voisin ;

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six à la fois étoient souvent attaqués de maladie lorsqu’ils étoient sous les armes.

J’ai déjà eu occasion d’observer que les miasmes des marais sont généralement regardés comme la seule cause productrice des «

lièvres intermittentes et rémittentes (i). Cependant la contagion paroît avoir droit à être aussi regardée comme ayant cet effet; car ou peut mettre en doute si les fièvres intermittentes proviennent même d’autres causes.

Traka, dans son traité intitulé Historia Febrium intermitten tin m, cite nombre d’auteurs dans l’intention de prouver qu’elles sont quelquefois contagieuses (2); quant aux rémit-

4 CO ^es fièvres intermittentes peuvent être dues à plusieurs autres causes de nature absolument différente, suivant des circonstances dépendantes des dispositions individuelles , du régime, de la saison, et des localités. Un tempérament, sanguin ou la suppression d’une hémorrhagie habituelle, et le printemps, détermineront une nitei mittente inflammatoire j survient-il des circonstances propres aux fièvres qu’011 a appelées bilieuses, il y aura des intermittentes avec affection du système biliaire. Voyez a ce sujet l’excellente Thèse du docteur Fiseau, intitulée : Recherches et Observations pour servir à V Histoire des Fièvres intermittentes. ( Note du Trad ) ( 2) È* auteur, dans un passage sur la contagion que nous ne traduisons pas ici, parce qu’il appartient aux fievres continues, a defini la contagion, « Un principe

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tentes, elles le sont fréquemment, et en général elles le sont d’autant plus qu’elles prennent la forme continue.

)) morbifique qui , transporté d’un individu à un autre » individu*, a la faculté de communiquer au dernier la )) maladie du premier ; » la maladie contagieuse est par conséquent celle dans laquelle se trouve un principe de celte nature. Partant de cette définition , que cependant nous n’adoptons pas,, examinons si en effet les fièvres intermittentes sont contagieuses. Ne pouvant connôître l’existence de la contagion que par ses effets , et sachant pourtant qu’une maladie ne peut être contagieuse sans qu’il n’y ait présence de la contagion, et qu’alors il est de sa nature de se communiquer soit par contact immédiat , soit par contact médiat ; trois conditions seront indispensables pour prouver son existence : i°. que la maladie ne puisse être attribuée à des causes connues ; 2°. qu elle ne naisse pas spontanément ; 5°. qu elle se communique en tout temps et en tous lieux. Si on reconnoit des causes manifestes pour la maladie , il est parfaitement inutile d’admettre un principe qui nous est inconnu , et dont rien ne nous prouve l’existence. Si la maladie naît spontanément , un principe contagieux n’est pas nécessaire à son existence. Si enfin la maladie ne peut naître que sous des circonstances déterminées , pourquoi ne pas accuser ces circonstances que nous voyons , sans aller chercher une contagion que nous ne voyons pas? Si ces trois conditions Sont admises, et nous ne pensons pas qu’elles puissent être contestées, on verra beaucoup diminuer le nombre des

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