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CHAPITRE Y

L)u traitement de la fièvre intermittente .

On peut diviser le traitement de la fièvre intermittente et rémittente en deux parties :

maladies contagieuses , que la peur, la croyance aveugle à des bruits populaires, et plus encore l’amour-propre des auteurs a rendu beaucoup plus considérable qu’il ne l’est en effet. Mais «ici nous ne devons examiner que les fièvres intermittentes. Toutes les fois que le soleil, desséchant les marais, laisse la fange exhaler des miasmes putrides dont l’odorat est très-péniblement affecté, dont l’air est tellement surchargé, que la respiration en devient pénible, on est sûr de voir naître des fièvres intermittentes , et de tous les individus qui seront soumis à une telle influence, peu échapperont à la maladie. Le premier qui en sera infecté ne la communiquera pas à d’autres, qui, pour résister plus long-temps, n’en reconnoîtront pas moins les causes atmosphériques. Les fièvres intermittentes naissent presque toujours , comme nous venons de le dire, aux bords des marais, et attaquent une foule d’individus en même temps ; mais quelquefois aussi on les voit naître dans les montagnes, dans. les pays extrêmement sains; et sans qu’on puisse aucunement soupçonner un principe contagieux : l’individu n'est jamais sorti de son pays, et jamais dans son pays on n’avoit vu de fièvre intermittente,, d'ailleurs elle y est essentiellement sporadique; enfin les

ET REMITTENTES.

celle du paroxysme et celle de la rémission ou apyrexie. On ne doit regarder celui de la première que comme palliatif * c’est sur le traitement employé pendant Fapyrexie ou rémission , que nous comptons pour la cure.

Section première.

Du tr attentent pendant le paroxysme.

Nous avons constamment en vue, dans le traitement du paroxysme, de mettre fin au

individus saisis de la fièvre intermittente , hors de l’influence des marais , non-seulement ne communiquent pas la maladie dont ils sont atteints , mais même en général ils en sont eux-mêmes bientôt guéris. Il est vrai que les défenseurs de la contagion admettent que telle maladie nôn ^ontagieuse sous telles circonstances données , peut l’être sous telles autres ; ou que la contagion , nulle à tel degré, devient active à tel autre. Mais de bonne foi , dkns le premier cas , pourquoi admettre une contagion, quand nous savons que l’air vicié suffit pour engendrer la maladie ; et dans le second, qu’entend-on par une maladie à tel ou tel degré? Veut-on dire qu’un individu isolé peut , quand la fièvre intermittente est portée au plus haut période , communiquer cette fièvre? Qu’on m’en cite un seul fait bien

constaté. Veut - on dire, au contraire, qu’une foule d’individus réunis, atteints de la fièvre intermittente > peuvent la communiquer à des individus sains ? C’est

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période présent, et de solliciter celui qui a coutume de lui succéder, jusqu’à ce qu’il se déclare une sueur générale. C’est pourquoi il y a deux indications dans le paroxysme d’une intermittente ; i°. de tâcher pendant Je période du froid cl amener celui du chaud, et 2°. pendant que le malade endure le période du chaud, de favoriser la sueur. Toutefois on ne doit pas perdre de vue que quoique notre but, pendant le période du froid , soit d’amener la chaleur, nous ne devons pas employer indistinctement tous les moyens qui tendent vers cet effet ; car plusieurs sont si dangereux, que leurs mauvais effets l’emportent de beaucoup sur 1 avantage , quel qu’il soit, que l’on peut en

une autre question. Il est certain qy s’ils sont renfermés et resserrés, ils empoisonnent leur atmosphère , et sont pris d’une maladie à laquelle ils auront donné naissance, et que celui qui les visiterâ ou les approchera, prendra une maladie ; mais cette maladie pourra être intermittente , rémittente ou continue , et ne sera pas autre que celle qu’il auroit prise s’il avoit été visiter des individus sains placés dans1 les mêmes circonstances. L’air pourra être infecté plutôt par les premiers que par les derniers; mais recevant de tous les deux des principes délétères identiques , il fournira une preuve de plus que les lièvres intermittentes ne sont jamais contagieuses. ( Note du Trad .)

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retirer en abrégeant la durée de l’accès. Cette remarque s’applique aussi au période du chaud. Tous les moyens que nous employons à ce période, tendent à faciliter la sueur; mais tout ce qui a cette propriété n’est pas également convenable.

i°. Des moyens a employer pendant T accès du froid „

Les sensations du malade désignent généralement la plus grande partie du traitement nécessaire dans l’accès du froid. On doit le tenir couché et chaudement. Quelques médecins ont recommandé les bains chauds. Dans les climats chauds il est avantageux et agréable pour le malade de s’étendre au soleil.

L’emploi modéré de la chaleur délayant mais ne stimulant pas les fluides, on peut la mettre en usage. Les stimulans augmentent les symptômes de l’accès du chaud ; c’est pourquoi on doit employer avec précaution les aromatiques, les liqueurs distillées, les vins, et on doit les proscrire entièrement lorsqu’il y a une tendance quelconque à la diathèse inflammatoire. Plusieurs médecins n’accordent aucune espèce de boisson dansl’accèsdu froid, excepté pour favoriser le vomissement, car

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beaucoup de fluide dans Festomac et les intestins, augmente en général l’oppression (i).

On est dans l’habitude d’aciduler la boisson du malade dans toutes les espèces de fièvres. On emploie dans cette intention la crème de tartre , et les acides végétaux, ou les acides vitriolique (sulfurique) et muriatique (hydrochlorique) ; on les emploie particulièrement lorsque Festomac et les intestins sont chargés de bile; toutefois ces médicamens et autres qu’on a appelés réfrigéra ns, ne sont pas convenables dans le période du froid.

Le moyen le plus assuré d’amener l’accès du chaud, est Faction d’un émétique. Si la maladie étoit grave on devroit le donner aussitôt après la formation de l’accès du froid , si on ne l’a donné auparavant, car nous verrons que par ce moyen , on prévient quelquefois l’accès du froid (2). L’antimoine tartarisé est ici le meilleur émétique, et nous devrions l’administrer à assez larges doses. Les doses propres

{i') V oyez tes Observations du docteur Cleghorn et d’autres.

(2) Quant à l’usage de l’émétique dans l’accès du froid, le lecteur peut consulter plusieurs des auteurs que j’ai cités; qu’il voie de plus un Mémoire dans le

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à procurer des nausées sont mieux indiquées dans le période du chaud. Lorsqu’il arrive des vornissemens spontanés de bile ou d’une autre matière irritante , les seuls déiavans sont nécessaires.

Il n’est pas convenable de purger dans le

période du froid, et on doit rejeter entièrement la saignée. On peut employer les vésicatoires si le coma ou le délire existent ; on peut les appliquer sur la nuque, ou, si les symptômes étoient graves, on peut raser la tète et les appliquer dessus (i).

vol. IV, Of the Edimburgh medical Essays and Observation s, by doctor Thompson. ( Des Essais et Ob-

servations médicales d’Edimbourg , par le docteur Thompson.)

(i) Il y a un Mémoire curieux de M. Kellie , dans le vol. XIX des Commentaires de Médecine du docteur Duncan, touchant l’application des tourniquets sur les membres , dans la vue de prévenir ou d’éloigner l’accès du froid des fièvres intermittentes. D’après les observations qu’i'l avoit faites, il tira les conclusions suivantes : i°. qu’à un temps quelconque de l’accès du froid d’une intermittente, si les tourniquets sont tellement appliqués qu’ils obstruent la circulation dans deux des extrémité^ ; trois minutes après on verra arriver le période du chaud; 2°. que si les tourniquets sont appliqués avant le commencement du paroxysme, on préviendra entièrement le période du froid ; 3°. que lorsque l’accès

Td est le petit nombre de règles à suivre dans le traitement de l’accès du froid d’une lièvre intermittente • la pratique est un peu plus compliquée dans le période du chaud.

2°. Des moyens a employer pendant V accès du chaud .

J’ai déjà eu occasion d’observer que les moyens indiqués pour le traitement du période du chaud des fièvres intermittentes ? sont de faciliter les sueurs. On le fait:

1 °. En écartant toute cause d’irritation ;

2°. En délayant;

3°. Par l’emploi des sudorifiques ;

du froid d une fievre intermittente est ainsi abrégé ou prévenu , le période du chaud suivant en est rendu et plus modéré et plus court. Les observations de M. Kellie sont dignes de notre attention; toutefois elles sont trop restreintes pour assurer pleinement soit le succès.

soit la bonté de sa proposition. On m’a rapporté que ses expériences ont été répétées sans succès à l’hôpital d’Edimbourg. M. Kellie a depuis publié un ouvrage sur 1 emploi des tourniquets dans les différentes maladies (*).

P) On a tenté cette méthode l’année dernière à l’Hôpital de la Charité, sur un malade qui avoit une fièvre quarte, qui durcit depuis long-temps; on appliqua les tourniquets une fois seulement, et sans aucun autre résultat que des douleurs si vives, que le malade ne voulut pas consentir a une seconde application ; pour s’y soustraire, il demanda instamment sa sortie qui lui fut accordée. ( JYote du Trad . )

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4°. En modérant l’excitement lorsqu’il est accompagné des symptômes de la synoque ;

6°. En soutenant les forces lorsque îa débilité prédomine.

i°. Toute cause d’irritation tend à prolonger l’accès du chaud. On vient d’observer que les cathartiques ne sont pas convenables dans l’accès du froid ; ils sont nécessaires dans celui du chaud , à moins que les selles ne viennent naturellement; mais il n’est pas convenable de beaucoup évacuer, parce qu’on s’opposeroit à la tendance à la sueur.

Parmi les cathartiques on a depuis peu , et spécialement les praticiens des climats chauds , beaucoup recommandé le calomel dans les fièvres de toute espèce ; lorsque les premières voies sont chargées de bile il devroit toujours au moins faire partie des cathartiques (i ).

Nous verrons bientôt qu’on emploie de petites doses d’antimoine tartarisé, pour une autre intention , dans le période du chaud des fièvres intermittentes. Elles excitent souvent assez bien les intestins. L’administration des émétiques dans cette maladie, rend qüelque-

(i) Doctor Lysons, Treatise on the use of camphor and calomel in Fevers . (Lysons, Traité do fusage du camphre et du calomel dans les Fièvres.)

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fois fatigante celle des autres niédicarnens.. Mais comme les émétiques ne conviennent pas aussi bien au second qu’au premier période des fièvres intermittentes , la fatigue vient de l’opération de l’émétique qui est' donné lorsque l’accès. du froid dure encore. Lorsqu’il en est ainsi , nous devons avoir recours aux îavemens si les intestins sont foibles. On ne doit pas cependant compter sur eux, parce que leur action est principalement restreinte aux gros intestins; on devroit donner un cathartique, aussitôt qu’on le peut* pour dégager l’estomac.

Nous indiquerons les différentes causes d’irritation lorsque nous parlerons de la fièvre continue y car c’est plus particulièrement dans cette fièvre que ces causes font sentir leurs effets. En tant qu’elles opèrent dans le paroxysme d’une fièvre intermittente, les observations que nous ferons alors lui seront applicables.

2°. Pendant l’accès du chaud on ne devroit pas refuser au malade l’usage des boissons délayantes; à la vérité, plusieurs médecins ne lui permettent de boire que lorsque le période de la sueur a commencé, mais il peut être nuisible de rester dans un état de soif, et à moins que la quantité des boissons données

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soit très-grande , on n’a pas trouvé qu’elles augmentassent l’oppression clans l’accès du chaud; elles tendent au contraire à augmenter 3a sueur.

Dans le période du froid et pendant que celui du chaud se forme, toute la boisson du malade doit être tiède; lorsque l’accès du chaud est entièrement formé, la boisson froide est plus agréable et généralement plus avantageuse. Lorsque la moiteur se manifeste sur la peau, la boisson doit être de nouveau tiède.

Nous ne devons pas perdre de vue dans le traitement de toutes les fièvres, que la méthode évacuante et délayante est débilitante; cm doit donc l’employer avec prudence , à moins que l’excitement ne soit considérable. Nous devons aussi nous rappeler en voulant évacuer la bile de l’estomac et des intestins, que les purgatifs, et encore plus les vomitifs, tendent à exprimer les conduits biliaires, et semblent souvent exciter le foie à une plus copieuse sécrétion. Nous pourrions donc exposer la vie du malade, si nous persistions à vouloir délivrer entièrement son estomac et ses intestins d’une matière qui, par suite des moyens que nous employons, y est versée eu plus grande quantité.

Dans l’accès du froid comme dans celui du

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« hand , lorsqu’il survient naturellement un vomissement et une évacuation par bas de bile, les délayans sont seuls nécessaires ; et si ces mouvemens persistent, on doit les soulager par les antispasmodiques, qui, comme nous allons le voir, sont d’ailleurs utiles à ce période , lorsqu’on peut supposer que la plus grande partie de la bile est évacuée.

3°. J’ai déjà eu occasion d’observer que le vomissement ne convient pas au§si bien au second qu’au premier période. Les médicamens nauséabonds , particulièrement l’antimoine , sont plus utiles dans l’accès du chaud , spécialement lorsqu’on les combine avec l’opium, et que leur opération se porte vers la peau par une chaleur modérée.

Comme notre intention est ici de favoriser la transpiration , on préfère généralement à l’antimoine tartarisé , la poudre de James, qu’on suppose convenir davantage pour exciter la peau que les autres préparations d’antimoine (1). On se sert dans la même vue de la

(1) La préparation de la poudre de James fut pendant long-temps un secret , et procura beaucoup de réputation et de gain à son inventeur. On sait aujourd'hui que c’est une préparation d’antimoine , peut-être supérieure sous quelques rapports à l’antimoine tartarisé. Encore naguère , on a supposé que la poudre de James

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poudre composée d’ipécacuanha ; mais elle semble inférieure à l’autre. On a trouvé que l’opium seul, lorsque rien n’en contr’indique l’emploi , est un puissant moyen d’abréger l’accès du chaud (i). Il semble agir principalement en élevant la transpiration.

On a employé l’affusion froide dans la fièvre intermittente; et d’après ce qui est dit dans la trente-unième et pages suivantes du Traité du docteur Currie (2) , il est probable qu’on

étoit de la chaux nitrée d’antimoine. Les expériences du docteur Pearson , qu’on a généralement regardées comme mettant la nature de ces poudres hors de doute , ont prouvé qu’elles ri’étoient que la poudre antimoniale de la pharmacopée de Londres. T oyez doctor Pearson Paper in Trans, philos, (le Mémoire du docteur Pearson dans les Transactions philosophiques pour l’année 1791-) Le docteur Higgius disoit dans ses leçons que la poudre de James se prépare avec un mélange d’antimoine cru pulvérisé, et des os pulvérisés, calcinés dans un fourneau à réverbère.

On dit que le docteur James donnoit ordinairement sa' poudre en même temps que du calomel, auquel plusieurs médecins ont attribué le succès du médicament employé par son inventeur.

(1) y oyez les observations de plusieurs des auteurs que j’ai cités, particulièrement le docteur Lind , sur l’emploi de l’opium dans la fièvre intermittente.

(2) Doctor Currie, medical Peports. Rapports me-

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verra qu'elle est un remède très-utile dans l'accès du chaud. On doit l'employer principalement lorsquePexcitement est considérable, sans humidité à la peau. Toutefois on manque jusqu'ici d’observations sur les effets cîe l’affusion froide dans les fièvres intermittentes. Le docteur Currie s'en servoit encore avec succès comme un moyen de prévenir le retour du paroxysme, lorsque en l'absence de la fièvre, les forces étoient capables de la supporter.

4°. Partout où la diathèse inflammatoire est considérable , non-seulement la durée du paroxysme, mais celle de la fièvre sera prolongée; et comme la diathèse inflammatoire est la cause la plus fréquente de la ténacité des intermittentes, on peut regarder les moyens de la soulager comme la partie la plus importante du traitement pendant le paroxysme : en effet, lorsque ces moyens ne sont pas indiqués et que les symptômes sont modérés, il n'y a presque rien à faire à ce période que ce que l’état des malades indique; car bien que les moyens ci-dessus mentionnés tendent toujours à abréger l’accès du chaud, c'est

(beaux du docteur Currie, sur les effets de l’eau froide et chaude , comme remède clans la fièvre et dans d’autres maladies.

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principalement lorsqu’ils agissent contre la dialhèse inflammatoire -, qu’on doit les regar-*der comme essentiels a la cure de la maladie (i).

Les moyens de combattre ce.tte diathèse sont difl’crens suivant ses degrés. On recommande dans cette intention diverses préparations salines, et souvent elles suffisent lorsque les symptômes inflammatoires ne sont pas urgens. Quels que soient. les antres moyens que nous employons i on les ajoute toujours à ces dernières avec avantage. Les boissons salines nitrées, et l’eau d’acétate d’ammoniaque, sont les meilleures.

Les acides végétaux appartiennent à la même classe de médicamenSi Les acides minéraux possèdent peu d’action réfrigérante. Mais lorsque l’excitement est considérable, nous devons avoir recours à des remèdes plus puissans. J’ai déjà eu occasion de parler des diaphoniques ; les diaplloré tiques antimoniaux sont toujours plus convenables lorsque l’excitement est décidément au-dessus du degré de santé. J’ai déjà eu occasion de faire quelques

(i) Cette observation sera suffisamment éclaircie lorsque nous parlerons de l’emploi du quinquina daiis les fièvres intermittentes.

observations sur les cathartiques dont l’emploi modéré est alors doublement indiqué.

Aucun remède ne diminue l’excitement aussi efficacement que la saignée. On ne doit pas' la ranger parmi les moyens curatifs dans

le traitement de la fièvre intermittente • mais on doit la regarder comme le remède sur lequel nous comptons principalement pour arrêter une certaine diathèse qui tend à prolonger la maladie : il faut s’arrêter à cette observation , puisque quelques médecins ont assuré qu on peut entreprendre la cure des intermittentes par la seule saignée* ce qui a conduit à des modes de pratique mal entendus.

A la vérité , les fièvres intermittentes ver— nales bénignes, qui sont généralement plus ou moins d’une nature inflammatoire , cèdent quelquefois à ce remède; mais la seule conséquence à en tirer, c’est que ces fièvres étant très-bénignes, elles ne demandent aucun remède après que leur tendance inflammatoire est passée (i). La saignée est si loin d’être le remède sur lequel nous comptons pour la cure

(i) Je me sers des termes de diathèse inflammatoire et d excitement augmente comme presque synonymes ; car quoiqu’il existe souvent une tendance à linflammalion sans augmentation d excitement, cependant ce

ET RÉMITTENTES.

des fièvres intermittentes , qu’il semble vrai de dire que, excepté les cas où il y a une inflammation actuelle, ou cet état qui y dispose , elle est toujours nuisible dans ces fièvres. Sydenham même , qui recommande la saignée avec une si grande facilité , observe que chez les jeunes gens, une quarte qui se seroit terminée en six mois , se prolonge par l’effet de la saignée jusqu’à douze mois; et que chez les vieillards, non-seulement la maladie est prolongée , mais la' vie mise en danger par son usage inconsidéré.

Il est impossible de poser aucune règle qui soit généralement applicable à la saignée dans les différentes espèces d’intermittentes. Un grand doute enveloppe ce sujet quand on veut la mettre en usage. Nous devons considérer quels sont les symptômes qui rendent la saignée necessaire, à quel période de la maladie

n’est que lorsque cette tendance est accompagnée d’excitement que nous pouvons déterminer sa présence avec certitude. Toutefois il y a lieu de soupçonner sa présence dans tous les cas où une intermittente devient opiniâtre, si l’épidémie est d’une nature inflammatoire, et que la saison et l’état du temps soient tels qu ils disposent aux affections inflammatoires ; dans ces cas , quoiqu’il y ait peu d’augmentation d’excitement , une saignée modérée est généralement suivie de bons effets.

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il est à propos de l’employer , quelles sont les suites quon a à en redouter, et dans quelles circonstances ces suites viennent le plus ordinairement. Je vais dire quelque chose sur cha* cun de ces chefs*

La saignée est nécessaire toutes les fois que le visage est animé, qu’il existe un mal de tête considérable , un délire opiniâtre, ou la dyspnée, avec un pouls plein et fort. Nous devons y avoir recours lorsque avec cet état du pouls , quoique non accompagné des symptômes précédens , la fièvre prend davantage la forme continue (i).

Il est difficile de désigner quel est le degré d excitement, qui , indépendamment des affections locales ou de la fièvre qui devient de plus en plus continue, autorise l’emploi de la saignée. On doit ne pas perdre de vue que. pour deux raisons, un degré moindre d’excitement autorise la saignée plutôt dans la fièvre intermittente que dans la continue; il importe

(i) La saignée locale est préférable à la générale t lorsque le délire ou la difficulté de respirer est pressante, comme cela arrive quelquefois , qu’il y a en même temps un pouls petit, et que les forces du malade ont été beaucoup diminuées, soit par la durée de la maladie, soit par des évacuations antérieures.

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bien plus d’emporter l’excitement augmenté clans la cure de la première; et de plus, nous avons alors moins à craindre les effets débilitans de la saignée.

On ne doit jamais l’employer lorsqu’il lVy a pas augmentation d’excitement , et, à plus forte raison , lorsque le pouls est petit , fréquent et intermittent.

Quant au période de la maladie auquel nous devrions employer la saignée , comme la durée de toute maladie tend à affoiblir, les symptômes qui indiquent ce remède se présentent rarement après que la maladie a duré pendant un temps considérable. A moins donc qu’une nouvelle maladie demandant la saignée, ne survienne, il est rarement à propos de l’employer dans les cas de maladies prolongées. Dès leur début, au contraire , elle est souvent nécessaire, particulièrement dans le printemps ou dans d’autres temps , lorsqu’une épidémie a une tendance inflammatoire ( i).

(i) Voyez une lettre du docteur Curtin au docteur Duncan , dans le vol. IX , Of the medical Commentaries (Des Commentaires de médecine); et de plus les observations de la plupart des auteurs qui traitent des lièvres des climats chauds.

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Les anciens regarcloient comme dangereux de pratiquer la saignée dans l’accès du chaud des fièvres intermittentes. Toutefois, l’expérience postérieure a contredit cette maxime. On doit sen abstenir pendant les périodes du froid et de la sueur , et à l’époque où on attend le paroxysme.

Si nous réfléchissons en effet sur le but de la saignée dans la fièvre intermittente, bien loin de suivre les anciens , nous trouverons des motifs pour ne 1 employer que dans l’accès du chaud. J ai déjà observé qu’on ne doit pas la regarder comme un des moyens de guérison radicale. Tl y a eu une opinion favorite en médecine , et plusieurs l’ont encore • c’est de faite dépendre les fievres d’une matière nuisible existant dans les fluides et qu’on peut évacuer par la saignée. Toutefois, nous avons entièrement raison de penser que l’effet de la saignée dans tou tes les espèces de fièvre simple, c’est-à-dire , de fièvre qui n’est produite à aucun degré par une aflection locale quelconque et qui n’a pas causé celte affection* que cet effet, dis-je, est purement de diminuer 1 excitement , lequel, quoique non assez violent pour menacer d’un danger imminent , s’il est beaucoup augmenté, amène toujours mi degré de foiblesse correspondante, et qui

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tend à prolonger les intermittentes , même lorsqu’il n’est que peu élevé au-dessus de l’état de santé.

L’excitement n’est jamais considérable pendant la rémission ou apyrexie, et la saignée ne préviend roit pas alors l’augmentation d’excitement , pour le paroxysme suivant , avec la même certitude qu’elle l’adouciroit pendant le paroxysme lui-même . D’ailleu rs, P1 us l’excitement est augmenté, mieux le malade supporte la perte du sang(i).

Voilà pourquoi le temps le plus propice pour la saignée dans la fièvre intermittente, est l’accès du chaud des premiers paroxysmes.

Les suites certaines des saignées répétées , spécialement lorsqu’on ne les emploie pas avec discernement, sont la débilité , qui quelquefois est si subite que des malades meurent presque immédiatement après la section de la veine. Ceci arrive rarement , mais l’action vitale en est assez débilitée pour rendre la fièvre plus

( i ) Le docteur Lind fut fâché d’avoir saigné un malade pendant l’apyrexie, l’événement fut malheureux; et il avoue qu’un médecin expérimenté pensa que probablement il en eût été autrement, si on avoit tiré du sang pendant le paroxysme.

opiniâtre et pins dangereuse; ou même pour ruiner la constitution, et amener l’hydropisie ou d’autres maladies de foiblesse (i).

Une des suites de la saignée qu’on ne doit pas perdre de vue dans les maladies de longue durée, c est la pléthore. II est bien connu que la quantité de sang secrétée par le système est généralement proportionnée à celle qui lui est necessaire, et conséquemment que la saignée habituelle manque rarement de produire la pléthore habituelle.

(i) Il paroit qu on ne redoute pas assez les suites des saignées répétées. M. Wilson ne connoissoit pas les théoj ies nouvelles qui conduisent à user largement de ce moyen, car il auroit parlé plus longuement des effets déplorables de ce remède. J’ai vu plusieurs fois , dans les hôpitaux dont j’ai suivi la visite, des malades réduits par la saignée à un degré extrême de foiblesse; la maladie persistant , on l’attribuoit toujours à l’inflammation d un ou de plusieurs organes; pour y remédier on faisoit tirer du sang de nouveau ; qu’arn voit-il? que le malade etoit plus foible et soulfroit moins , parce qa on a voit diminue son excitabilité et sa sensibilité U autant de sang qu on lui avoit soustrait. Enhardi par ce succès léger mais trompeur, on revenoità la saignée , et le malade mouroit épuisé , ex <sanguem reddebant animçun. Pourquoi ne rien confier à la nature dans les cas qui ne sont pas assez graves pour commander les ressources de l’art? {Note du Trad.)

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Il y a peu de remèdes dont les bons et les mauvais effets semblent plus fréquemment se balancer les uns les autres ; car il survient des cas dans lesquels les médecins les plus expérimentés et les plus pénétrans peuvent difficilement déterminer si on doit l’employer ou non. La règle générale est que la saignée est dangereuse toutes les fois que la débilité existe ou. qu’on l’attend avec certitude , quoique cepen* dant nous devions l’employer quelquefois dans ces deux circonstances. Toutefois dans les fièvres idiopathiques , qui ne sont accompagnées d’aucune affection locale, c’est seulement avec la dernière de ces deux difficultés que nous avons à lutter. Car partout où la débilité existe actuellement dans ces fièvres , nous trouverons que la saignée est décidément hors de propos.

Dans les climats brulans les fièvres parcourent leur cours rapidement, si bien qu’à un pouls plein et fort, et aux autres symptômes de la synoche , succèdent en deux ou trois jours les symptômes d’une extrême débilité (1).

(1) Le docteur Lind, dans ses Mémoires sur les fièvres , traduction de Fouquet, ancien professeur de clinique de la Faculté de Montpellier, dit:

« Plusieurs matelots de la Guirlande et des autres » vaisseaux infectés , avoient été saignés avant d’entrer

l6o DES ElÈVRES INTERMITTENTES

Nous savons que cette débilité est en grande partie la suite de l’excitement qui a eu lieu ; cependant les seuls moyens que nous ayons de

» a 1 hôpital ; operation qui se trouve toujours dange- » reuse, plus ou moins, en raison de la malignité de T) 1 epidemie. Les fîevres qui sont notablement malignes r> contr indiquent la saignee , et quoique cette évacua- » tion ne soit pas aussi dangereuse , qu’au contraire >) même elle soit nécessaire dans ces cas de légère in- )> fection , où le malade se plaint de quelque douleur )) fixe , avec un pouls plein et dur ; il est néanmoins à u remarquer qu apres la saignée on a moins à espérer u des bons effets du vomitif. »

Fouquet a développe cette manière de raisonner en ces termes, note i5 , page 144 de sa traduction :

ce Le docteur Lind, dit-il, confirme ailleurs cette vé- )) rite sur le danger de la saignée dans les fièvres dont » il est ici question. Il dit que dans les maladies les plus )) funestes de la Guinee (qui sont ordinairement des » fièvres rémittentes putrides de la plus mauvaise espèce) )> la saignée 11’a jamais lieu. Les meilleurs remèdes sont U les vomitifs et les vésicatoires appliqués de bonne i) heure , l’usage du tartre-émétique à petites doses dans » le temps même de la fièvre, et le quinquina dès la » premiere remission. Dans des cas plus dangereux on » doit donner le quinquina dans du vin, et à la dose 5) d’une once et demie pour les dix ou douze premières » heures qui suivent. La pratique de Sydenham étoit » locale , et non-seulement bornée à F Angleterre , mais * 3) encore à la partie de ce royaume la plus salubre: » il est probable que si cet habile homme eût exercé la

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la soulager efficacement sont les plus débilitans de tous les médicamens ( i).

» médecine dans les pays dont le terrain est bas et hu- » mide , comme aux environs de Scheerness , il n’auroit 3> Pas trouvé que la saignée fût aussi généralement utile )) dans les fièvres ; et s’il avoit en meme temps connu »les fièvres automnales qui régnent dans plusieurs » contrées de l’Europe, et la grande mortalité quelles y> causent dans les pays chauds, il n’auroit pas non plus )) avancé qu une fièvre d’environ douze ou quatorze )) jours étoit la fièvre la plus constante, et celle à la- 35 clüede les préceptes des anciens dévoient être princi- 3) paiement appliqués. Le climat de Gambroon en Perse )) est très-malsain, peu d’Eùropéens y échappent à des » attaques de fièvres intermittentes putrides qui y rè- » gnent depuis le mois de mai jusqu’en septembre, et 3) qui souvent laissent des obstructions au foie. M. Parke, 3) qui a fait la médecine dans ce pays , n’y avoit perdu >3 qu un seul Anglais dans l’espace de deux ans. Après 3) avoir fait vomir le malade, il faisoit prendre toutes » les heures un mélange de deux gros de quinquina , 3i avec douze grains de sel d’absynthe , et douze grains 3) de racine de serpentaire de Virginie. Sept ou huit 3) doses de ce remède préviennent, pour l’ordinaire , le 3) retour de l’accès ; et si on les réitère sept ou huit jours 3) encore après, on est à l’abri des rechutes. Cette pratique est, comme on voit , celle des médecins de 33 toutes les nations et de tous les climats. 33

Voilà deux autorités respectables qui font remarquer les suites dangereuses de la saignée. (Note du Trad.) v 1 ) Clark, apres avoir rapporte la terminaison

I (3a des FIÈVRES INTERMITTENTES

Dans toutes les contrées, si l’épidémie tend à la débilité, nous devons prendre des précautions pour employer la saignée, quel que soit le degré d’excitement. au commencement, en particulier, si le malade est ou a été depuis, peu soumis a l’action d autres causes débili tantes; on doit en user avec discrétion dans les hôpitaux dans lesquels les malades sont souvent exposés à une atmosphère nuisible , et dans lesquels leurs forces ont été fréquemment réduites par un régime sévère. Par de semblables raisons on doit la craindre plus dans les villes grandes et populeuses que dans 1;. campagne; et dans l’été et l’automne, que dans l’hiver et le printemps: les fièvres, dans les deux premières saisons , tendent davantage à la débilité. Burserius dit : œtate et autumno sanguinis missio in intermittentibus minus convenit.

On doit se souvenir que dans tous les cas la s lignée est plus ou moins pernicieuse, suivant

fatale de trois cas , dans lesquels on employa la saignée pour modérer la violence de l’excitement au début de la rémittente des climats très-cliauds , observe que depuis il a reconnu quil étoit nécessaire de négliger la saignée dans ces climats, soit sur mer, soit sur terre,, excepté dans les inflammations.

ET RÉMITTENTES. *g3

la constitution et les habitudes des malades. Ceux qui y sont accoutumés la supportent mieux que les autres , et la requièrent davantage. On peut dire la même chosedes individus d’une robuste constitution et dans la vigueur de l’âge . '

Une saignée ordinaire pour un adulte est de dix ou douze onces, mais ceci doit varier suivant les circonstances.

Il paroît donc d’après ce que nous venons de dire :

I. Que les symptômes qui indiquent la saignée dans les fièvres intermittentes sont ceux tl excitement augmenté, et ceux qui marquent une disposition à l’inflammation locale; spécialement si ces symptômes paroissent lorsque la fièvre montre une tendance à prendre davantage la forme continue.

U. Que le peuode le plus convenable pour ce remède est 1 accès du chaud, spécialement durant les premiers paroxysmes delà maladie,

III. Que les conséquences quon en a le plus à craindre sont la débilité et ses suites.

IV. Que d’après tout cela, elle est le plus à redouter lorsque le corps est en même temps exposé à d’autres causes débilitantes.

5°. Toutes les fois qu’il y a beaucoup de débilité, spécialement lorsque paroissent ces

lG4 DES fièvres intermittentes

symptômes qui marquent un grand degré de faiblesse dans les fonctions naturelles, le paroxysme est prolonge , et le malade expose à tomber dans le typhus. J’ai déjà observé que ces symptômes existent rarement à un degré considérable, à moins que la maladie ne tienne plus ou moins de la nature de cette fièvre. Le traitement est alors le même que dans le typhus , dont nous aurons bientôt occasion de traiter longuement.

Tout ce que nous avons à faire dans le période de la sueur , c’est d’éviter tout ce qui pourroit l’arrêter , et si les forces ont été beaucoup réduites , de les soutenir par de légers cordiaux.

Section IL

Du traitement de la fièvre intermittente pendant

V apjrexie.

J’ai déjà eu occasion d’observer que le traitement pendant l’apyrexie est le plus important , et celui que, strictement parlant, on peut seul regarder comme curatif.

Les indications sont de rétablir les forces du malade, et de prévenir le retour du paroxysme.

ET RÉMITTENTES.

ï°. Du régime et de Y exercice pendant Ici remission ou

T apyrexie.

Lorsque la diathèse inflammatoire domine, le régime doit tendre à la combattre. Il doit consister dans le lait et les végétaux- farineux: on doit éviter les liqueurs fermentées , à moins que les forces ne soient fort épuisées.

Lorsque la débilité prédomine, le régime doit être aussi fort que l’estomac peut le supporter facilement. Comme il arrive souvent dans les états de débilité, que la nourriture trop animale occasionne passagèrement la fièvre , on doit éviter de donner du bœuf, du mouton : lorsque les forces de l’estomac ne sont pas très-affoiblies , on trouvera que le veau , l’agneau et les jeunes poulets sont aussi nourrissans et moins irritans. Le principal est de choisir l’espèce de nourriture qui fournit le plus de nutrition avec le moins d’irritation. La même règle s’applique aux liquides ; lorsque les forces sont très-réduites , la boisson du malade ne doit jamais consister en de l’eau pure , et dans aucun cas on ne doit lui donner un mélange contenant des spiritueux distillés, à l’exception des liqueurs fermentées qui

l66 DES FIÈVRES INTERMITTENTES

n’ont pas été distillées. Le vin, particulièrement le vin d’Opporto convenablement délayé, est ce qu’il y a de mieux; on en règle facilement la quantité d’après la constitution et les habitudes du malade, et d’après les effets qu’il produit. On trouve généralement que le cidre et le porter sont les meilleures des liqueurs fermentées de ce pays-ci. Le malade doit manger souvent et lentement , et prendre garde de surcharger l’estomac en mangeant trop à la fois.

Tant que les facultés digestives ne sont que peu affoiblies, voilà les seules règles qui soient nécessaires quant au régime pendant l’apyrexie ; mais il n’est pas rare de trouver un degré considérable de dyspepsie , et alors cela exige une attention plus particulière.

Les alimens acescens et huileux, mêlés avec une grande quantité de liquides, composent le régime delà plusdifficiledigestion : c’est pourquoi le contraire est ce qui convient le mieux aux dyspeptiques. Je viens d’observer que la chair des animaux vieux irrite davantage pour le travail de la digestion que celle des jeunes; cela ne signifie pas toutefois que la dernière soit de plus facile digestion. On a trouvé justement le contraire ; la chair des animaux vieux

et RÉMITTENTES. s'j7

est en général la plus facile a digeicr (O* ^ *** peut presque dire la même chose de la nourriture tirée du règne animal, compaiec <\\?c celle qui se compose de végétaux. On trouve que la première est constamment plus irritante, plus portée à amener la fièvre; et ta dernière, de plus difficile digestion.

C’est pourquoi nous devons observer la tendance à la fièvre ou à la dyspepsie, et régler le régime d’après ces observations.

Lorsque nous avons en vue de piévenii Its symptômes de la dyspepsie , la meilleuie nomriture est un régime composé d’une assez grande quantité de viande et de pain rassis. On doit éviter toute espèce de potages, de sucs, et de végétaux frais , ainsi que toutes les compositions où entre le beurre ou toute autre substance huileuse. On peut en dire autant de toutes les substances animales fortes, des viandes salées et fumées , du fromage , etc. ; plus la nourriture animale est dure , plus elle est de difficile digestion ; il n’en est pas de même des substances végétales. Il y a peu de chose d’aussi facile digestion que le biscuit de mer dur, pou rvu qu’il soit convenablement ma-

( i ) Il y a une exception pour le boeuf 9 qui est de pha* difficile digestion que le veau.

I 68 des ‘fièvres intermittentes

chë. Les parties coriaces, pleines de filamens et membraneuses des végétaux, sont les plus difficiles a digérer; après celles-ci on peut ranger les semences froides qu’on mange crues , les melons', les concombres, etc. Tout ce qui fournit une chair tenace par la mastication est de difficile digestion.

Le vin convenablement délayé, particulièrement le vin d’Opporto , si on prévient sa tendance a constiper, est encore la meilleure boisson. Plusieurs médecins ont recommandé les spiritueux distillés mêlés avec l’eau comme moins acescens ; mais chacun de ces moyens semble produire un stimulus dangereux sur les organes digestifs. On peut en dire autant de la recommandation de prendre la boisson très-chaude, le bien passager qu’elle fait à (a digestion est plus que compensé par la tendance que cette boisson a à débiliter. La boisson froide agit comme un tonique sur les organes digestifs ; mais je connois plusieurs dyspeptiques qui ne peuvent en prendre au-dessous d’une certaine température sans qu’elle ne leur soit nuisible; et j’ai vu un accès de dyspepsie amené pour avoir bu à la glace.

Plus l’estomac est affoibli , plus le précepte de manger peu et souvent est nécessaire. Quelque bien choisie que soit la nourriture.

ET RÉMITTENTES. iGq

on doit en restreindre la quantité pour le dyspeptique; cette précaution est très-nécessaire, parce que dans la dyspepsie Pappétit est souvent morbidement augmenté.

L’exercice soit de l’esprit , soit du corps, demande encore à ce période une attention particulière.

On peut ranger sous trois chefs les diflérentes espèces d’exercices du corps : celui dans lequel le corps se meut lui-même, comme en marchant; celui dans lequel il est mu par d’autres puissances , comme dans les divers modes de gestation ; et celui dans lequel la circulation est favorisée sans mouvoir le corps ,

* • par friction , par exemple , ou par simple

pression.

La fièvre intermittente peut amener un tel degré de fofblesse , que les frictions peuvent être la seule espèce d’exercice que le malade puisse endurer sans fatigue. Toutefois ceci arrive rarement lorsque les intermissions sont considérables ; mais lorsque les forces ont été beaucoup réduites, quoiqu’un peu d’exercice plus fort puisse être soutenu , les frictions sont toujours utiles. C’est le principal exercice des hauts rangs de quelques nations asiatiques; et lorsqu’ils s’adonnèrent au luxe, les Grecs et les Romains remployèrent aussi.

Comme le manque total d’exercice n’est pas moins pernicieux que l’exercice qui occasionne 3a fatigue, on a trouvé que les différentes espèces de gestations, même après que le malade avoit recouvré un degré considérable deforce, étoient souvent préférables aux exercices où le corps se meut par ses propres efforts.

La plus douce espèce de gestation est la navigation , qui est souvent avantageuse dans tous les cas de débilité , et particulièrement dans la foiblesse de l’estomac et des intestins (i).

Après la navigation le meilleur exercice en usage est le mouvement delà voiture; mais presque toujours dans des pays comme dans le nôtre le malade doit être ou enfermé dans une voiture fermée , ou courir le risque de prendre froid. On se sert, comme remplaçant les voitures , mais comme leur étant inférieures , d’escarpolettes et de chaises à ressort. Aucun ,de ces modes d’exercice n’égale celui à cheval , lorsque le malade est assez fort pour n’en être pas fatigué trop tôt. Il convient

(i) i oyez doctor Gilchrist , Treatise on the use of sea oyages in medicine (Traité de fusage médical des Voyages sur mer , par Gilchrist).

ET RÉMITTENTES. J 7 I

particulièrement dans les cas où la dyspepsie prédomine (i ).

On doit se souvenir toutefois que tout exercice pénible , et particulièrement celui à cheval trop tôt après les repas , trouble la digestion.

Lorsque le malade peut supporter la promenade pendant une heure ou deux sans se fatiguer, c’est le meilleur exercice , c’est celui que demande la nature. Il est accompagné d’un effort uniforme et général des muscles ; et d’après la structure valvuleuse des veines, il convient mieux que tout autre pour accélérer la circulation. Il est généralement avantageux de combiner les différentes espèces d’exercice.

Lorsque le corps est débilité, l’esprit languit souvent et est insouciant. Cet état de l’esprit est plus ou moins contrarié par un degré convenable d’exercice du corps ; mais les occu-

(1) De tous les exercices, celui à cheval a été justement trouvé le meilleur , observe le docteur Whytt. {7^ oyez son Traité sur les JMaladies nerveuses.') Sydenham loue avec exagération ce mode d’exercice , et le recommande particulièrement dans les affections hypocondriaques et hystériques. « Aller à cheval, observe- » t-il, est préférable à se promener, parce que le pre- » mier secoue davantage le corps et le fatigue moins. »

pations de Fesprit lai-même, sont le meilleur moyen de curation.

Les principes qui règlent Fexercice du corps sont aussi applicables à celui de Fesprit. Le principal est de faire de Fexercice sans se fatiguer. Toute étude qui fatigue est nuisible, et un esprit sans aucune espèce d’occupation ne l’est pas moins. Lorsque la débilité est considérable, Fesprit ne devroit être occupé que par amusement; et même les amusemens qui intéressent beaucoup les sentimens ou occasionnent des efforts d’esprit , peuvent être dangereux. D’un autre côté, lorsque le malade a recouvré un degré considérable de force, une attention modérée même aux affai res est avantageuse. Quelque variées que soient nos occupations , si elles ne tendent qu’à notre jouissance présente, elles deviennent bientôt insipides. L’esprit doit avoir quelque chose en vue : l’espoir d’améliorer sa condition , suffit pour arrêter l’attention pendant assez long -temps. Il n’y a rien de plus avantageux que la conversation avec des amis, qui présentent constamment au malade sous le plus beau côté les projets qu’il a formés. La partie du jour à laquelle on exerce le corps ou Fesprit est encore une matière de quelque importance. Vers le soir, toute espèce d’effort devient

ennuyeux , et par conséquent nuisible chez les malades débilités : il survient alors un degré de fièvre , qui est probablement la consequence des irritations inévitables de la journée. On doit calmer ce degré de fièvre par le repos seulement* c’est pourquoi il importe beaucoup aux malades de se coucher de bonne heure.

L’exposition à l’air de la nuit paroit souvent être plus pernicieuse que nous ne pouvons facilement F expliquer.

Quoiqu’il soit important pour les malades affoiblis de se coucher de bonne heure, il n’y a rien de plus nuisible pour eux que de rester trop long-temps audit. Lorsque le degré de force que requiert l’état présent du système est rétabli par le sommeil , tout le temps qu’on reste de plus au lit ne tend qu’a relâcher * en se levant le matin une ou deux heures plus tôt , on acquiert souvent un degré de vigueur qu’aucune autre chose ne peut procurer. Je connois des individus dont les pieds deviennent constamment froids et humides , s’ils restent le matin dans leur lit plus qu’à l’ordinaire; quant à ceux qui ne sont pas beaucoup affoiblis , et dont le sommeil est assez bpn , leur meilleure règle est de se lever le matin aussitôt qu’ils s’éveillent. Cela paroîtra d’abord peut-être

trop tôt, parce que les tempéramens débilités requièrent plus de sommeil que ceux qui sont en santé • mais en se levant de bonne heure cela prolongera graduellement le sommeil pour le nuit suivante , jusqu’à ce que la quantité dont le malade jouira soit en harmonie avec celle qui lui est nécessaire. Rester au lit est non -seulement nuisible par le relâchement que cela occasionne, mais encore parce que le temps du jour auquel l’exercice est le plus salutaire est perdu.

Dans toutes les circonstances touchant îeTégime et l’exercice, on doit constamment faire beaucoup d’attention à l’âge , aux tempéramens et aux habitudes des malades.

Chez les vieillards, le repos est plus nécessaire, et toute espèce d’exercice moins bienfaisant, et plus sujet à être nuisible.

Les vieillards sont moins sujets que les jeunes gens à la diathèse qui dispose à l’inflammation. La débilité est chez eux ce qu’il y a de plus à craindre et de plus difficile à éloigner* c’est pourquoi nous aurons rarement occasion de recommander un régime sévère pour les vieillards.

On ne peut toutefois donner aucune règle générale. Nous rencontrons quelquefois chez des vieillards la diathèse inflammatoire qui

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doit être traitée de la manière dont nous venons de l’indiquer, mais avec d’autant plus de précaution que le malade est plus vieux.

Chez le vieillard et chez le jeune homme la diathèse inflammatoire est la plus fréquente, au premier période d’une maladie. La répétition du paroxysme tend à la surmonter et à prod uire la débilité. C’est pourquoi la diète convient rarement dans les maladies prolongées.

Lorsque les rémissions ne sont qu’imparfaites, le malade.n’a que peu ou point d’envie de manger ou de faire de l’exercice, et rien 11e seroit plus nuisible que de le forcer sur ces deux articles. On doit favoriser le penchant au sommeil pendant l’intermission , surtout si elle est de courte durée. D’un autre côté , lorsqu’il a envie de manger ou de se promener , nous ne devons pas lui recommander de garder le lit ou de s’abstenir de nourriture. Ses propres sentimens sont ce qui déterminent le mieux s’il y a nécessité de dormir ou de manger. On doit avoir égard aux envies de quelques nourritures particulières, à moins qu’elles ne conviennent pas* ces envies, si elles n’étoient pas satisfaites, causeroient du mal par l’irritation qu’elles occasionneroient.

Pour régler le régime pendant l’intermission on doit faire quelque attention à la saison de

Farinée. Dans le printemps, j’ai déjà eu occasion de l’observer , la tendance à Finflammalion

règne plus fréquemment que dans l’automne; dans celle dernière saison, surtout à son commencement, nous craignons la débilité; les lièvres sont alors très-portées à devenir malignes. Plus la saison est chaude et humide, plus on doit craindre cette tendance. La tendance à l’inflammation règne le plus, lorsque le temps est froid et variable.

Nous devons encore avoir égard à la nature de l’épidémie régnante. Lorsqu’elle est accompagnée de symptômes inflammatoires , nous devons user avec ménagement de nourriture animale et de liqueurs fermentées ; lorsqu’elle est accompagnée de symptômes de débilité, tout ce qui affaiblit doit être exclu, et on doit conseiller un régime aussi libéral que Pétât du malade le permet.

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