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Des médicamens employés pendant la rémission ou

V ap y rexie.

On peut les diviser en deux classes : ceux qu’on donne pendant toute la durée de l’apyrexie , ou seulement pendant une grande partie , et ceux qu’on réemploie que vers le temps où on attend le paroxysme. De tous les médicamens recommandés dans les lièvres inter-

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m it ten tes , aucun n’a élé aussi généralement employé que le quinquina (i); c’est sur lui en effet que le plus grand nombre des médecins comptent entièrement dans ces fièvres.

Une guérison digne de remarque, obtenue par ce médicament, chez la comtesse de Cinclion, épouse du vice-roi d’Espagne, en l’année i64q, porta d’abord 1 attention des Européens sur ce remède. On dit que les Indiens n’en ignoroient pas les vertus dès l’an. i5oo„ En j 649, un jésuite en apporta une quantité considérable en Italie; les pères de cet ordre le distribuèrent à un prix élevé dans une grande partie de l’Europe; c’est de là que fui est venu le nom à? écorce de jésuite. Yers la même époque, le cardinal de Lugo en apporta une quantité pour l’usage des pauvres de Rome. Le docteur Cullen ( 2 ) observe que , « dès son apparition, 011 trouva qu’il guéris- » soit très-aisément les fièvres intermittente^ .* » mais soit qu’un médicament, d’une efficacité

(1) Il est parlé de ce médicament, par les auteurs, sous une grande variété de noms, chincona , chinachina , chinchina , kinakina , kinkina , quina quina , quinquina , pulvis commitissœ , gentiana indica , antiquartium Peruvianum , jesuiticus pulvis , poudre du cardinal de Lugo, etc. ( cardinal de Lugo s powder.) [a) P oyez la Matière médicale de Cullen.

3) plus apparente, fût apporté en même temps, » en Europe, soit qu'une timide pratique le )) donnât à petites doses , il perdit de son y> crédit; et ce ne fut que trente ans après que )) Robert Talbot le remit en faveur. »

Le quinquina est un amer astringent, a\ec quelque degré d odeur aromatique. On ne peut toutefois attribuer ses vertus à aucune de ces qualités, puisqu on na trouvé aucune combinaison d’astringens , d’amers et d’aroma¬

tiques qui lût aussi efficace.

Beaucoup de préjugés prévalurent à ce sujet, long temps après son introduction en Europe, et empêchèrent qu’il ne fût généralement employé. Les plus anciens de ces préjugés ne méritent pas même qu’on en fasse mention ;

c’est que ceux qui faisoient usage de ce médicament mou roi eut dans un an , ou , suivant d autres, dans sept ans; qu’il étoit particulièrement nuisible aux gens gras , etc. Les préjugés les plus raisonnables contre lui , tiroient leur origine principalement de la nature des fievies dans lesquelles on le recômmandoit (i).

(i) Le docteur Millar [ Account of the Diseases most prevalent in Britain , Relation des Maladies les plus communes en Angleterre ) declare que son opinion , contraire à celle qu’il avoit eue auparavant, est que la

ET RÉMITTENTES. lÿq

Quoique le plus grand nombre des praticiens emploient aujourd’hui le quinquina dans les fièvres intermittentes , du moins lorsqu’elles se prolongent au-delà d’un pelit nom-

fièvre et non le quinquina cause les obstructions et les Lycîropisies , qui surviennent fréquemment après les fièvres intermittentes ; et que le quinquina est le meilleur moyen de prévenir ces affections. Le docteur Jackson (. Account of the Diseases of Jamaica , Relation des Maladies de la Jamaïque) fait la remarque que c’est là où le quinquina fut le plus parcimonieusement em— ployé , qu il rencontra toujours le plus communément la dysenterie , l’hydropisie et les obstructions des viscères. Le docteur Lind observe que , cc lorsque la fièvre » intermittente fut arrêtée au premier ou au second » accès par le quinquina immédiatement après, tant i) dans mon propre cas, dit-il, que dans ceux de deux y> cents de mes malades, jamais ni la jaunisse, ni les )> bydropisies ne s’en suivirent. Au lieu que lorsqu’on )) n’avoit pu administrer le quinquina à cause des rémissions imparfaites de la fièvre, ou lorsque le malade i) avoit négligé de le prendre , i’bydropisie et la jaunisse, ou un mal de tête opiniâtre, en furent les conséquences certaines; le degré de leur violence étoit proportionné » au nombre des accès précédons ou à la continuation » de la fièvre. »

A la vérité, plusieurs médecins rangent le quinquina parmi les meilleurs moyens de guérir ces affections lorsqu elles sont les suites des fièvres intermittentes. Le docteur Rrocklesby ( On the Diseases of the army , Des Maladies de l’armée ) le recommande dans les ca^

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bre de paroxysmes, il y a quelque différence d’opinion touchant le période de la maladie auquel on devroit le donner , touchant la préparation des malades, etc.

Nous déterminons quand et comment on doit donner le quinquina d’après les circonstances suivantes :

i°. D’après le période de la maladie;

2°. La nature des symptômes, et particulièrement la présence de la diathèse inflammatoire ou dé la débilité ;

5°. Le climat et la saison de l’année ;

d’obstruction des viscères , après l’usage des cathartir ques et des émétiques doux et répétés. Le docteur S tract ( De Febribus intermittentibus ) remarque qu’il a trouvé que le quinquina est un médicament plus puissant que tout autre pour guérir les indurations de la rate ; et qu’il a observé qu’il réussissoit bien dans les hydropisies qui survenoient après les fièvres intermittentes.

C’est une opinion qui a prévalu dans plusieurs endroits, que les fièvres intermittentes guéries par le quinquina revenoient plus fréquemment que celles qui quittoient le malade après avoir eu leur cours en entier. On regarde aujourd’hui cette opinion comme un préjugé sans fondement. (Tor'ti, T/ierapeuticœ specialis.) En un mot, au milieu de tous les préjugés entretenus contre le quinquina , partout où on l’a essayé de bonne foi dans les fièvres intermittentes , il a prouvé sa vertu et son plein succès.

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4°. L’âge et le tempe ram eut da mqhule *

5°. D’après la nature de l’épidémie.

Il y a eu quelque discussion touchant le temps de l’apyrexie (i) le mieux approprié pour donner le quinquina. Plusieurs médecins le donnent immédiatement après le paroxysme ? et par intervalles, jusqu’au retour de la fièvre ; d’autres le donnent peu d heures seulement avant le paroxysme. On peut décider la question en faisant attention à la durée de l’apyrexie , à la quantité de quinquina requise , et à la quantité que l’estomac peut en supporter en une dose (a).

(1) Lorsque le type intermittent reste distinctement marqué , on admet généralement que pendant les accès de froid et de chaud l’administration du quinquina est nuisible. Le docteur 1 ordyce essaya le quinquina pendant l’accès du chaud , et il trouva que non-seulement il augmentoit la longueur du paroxysme , mais encore qu’il rendoit la crise moins parfaite. Le docteur Cleghorn remarque aussi que les malades mouroient lorsqu’on leur donnoit le quinquina pendant le paroxysme , mais qu’ils recou vroient la santé souvent après qu’on avoit désespéré d’eux , si l’on profitoit des rémissions pour administrer ce médicament.

(2) Pendant que les préjugés contre le quinquina 1’emportoient, on le donnoit généralement de la première de ces manières , et cela dans tous les cas. Les doses en étoient petites, et les intervalles .auxquels on les

Lorsque Papyrexie est courte et la quantité de quinquina requise considérable, il faut le donner immédiatement après le paroxysme, el le continuer jusqu’au retour du prochain, à des intervalles longs ou plus courts , suivant que le cas est plus urgent, et que l’estomac est capable de Je supporter. D’un autre côté , lorsque Papyrexie est longue, et surtout lorsqu’une grande quantité de quinquina n’est pas nécessaire, on doit en retarder l’administration jusqu’à six ou sept heures avant le temps où l’on attend le paroxysme. Car une quantité considérable, donnée à ce période, réussit plus sûrement que la même quantité donnée à petites doses, pendant une longue apyrexie.

donnoit, longs. Sydenham ne vouloit pas qu’on donnât le quinquina a grandes doses, et il tâcboit généralement de mettre de longs intervalles dans son administration. Il recommandoit de mêler une once de quinquina avec le syrop de roses, et d’en donner matin et soir au malade, de la grosseur d’une muscade, les jours de l’intermission , jusqu’à ce que toute la quantité fut administrée. On répétoit la même quantité en quatorze jours, au bout desquels on le donnoit une troisième fois de la même manière. Telle fut la manière de l’ordonner : nous ne devons pas être surpris qu’on ne le trouvât pas très-avantageux.

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11 paroi t probable, d’après plusieurs observations , que dans la guérison des intermittentes ce médicament agit principalement, pai ses effets, sur l’estomac et les intestins; et que par conséquent nos efforts doivent tendie a en tenir une grande quantité dans les premières voies, pour le moment ou 1 on attend le paroxysme (i). Plusieurs médecins ont cherché à déterminer la quantité de quinquina qui pourroit guérir avec certitude une intermittente; cela dépend de diverses circonstances , que nous noterons k mesure que nous avancerons. On peut remarquer eu attendant, que les tierces demandent plus de quinquina que les quotidiennes, et les quartes plus que les tierces.

Lorsque le pouls est fort et plein , et encoie plus lorsqu’il est dur, lorsque la face est animée et la chaleur considérable, surtout lorsque ces symptômes sont accompagnés de douleurs, de rhumatismes, ou de pleurésie, ou

(i) Le docteur Millar observe qu’il ha pas pu trouver un cas de fièvre rémittente, dans plusieurs années d’une pratique étendue, ou le malade. soit mort pout avoir pris deux onces de quinquina. Et le docteui Reid Jfa.it la même observation dans son Account of t he Diseases of the TVetts Indies ( Relation des Maladies do l’Amérique).

DEb FIÈVRES INTERMITTENTES

de difficulté de respirer, même quoique Fapyrexie soit complète et longue, on ne doit pas administrer le quinquina, jusqu’à ce qu’on prévienne le retour de ces symptômes par les moyens déjà indiqués pour le traitement du paroxysme (i).

(i) Ceci est rendu bien clair et bien évident par la Relation du docteur John Pringle sur les fièvres intermittentes qui regnoient parmi les troupes anglaises sur le continent, et qui etoient de nature inflammatoire. Il trouva qu’il étoit généralement nécessaire de commencer par ouvrir la veine , et de répéter la saignée suivant 1 urgence des symptômes. La plus grande partie des rémittentes qui furent confiées à ses soins, soit dans le printemps ou vers la fin de l’automne, étoient accompagnées de douleurs pleurétiques ou rhumatismales j et 1 emploi du quinquina les changea souvent en fie vi e j continues inflammatoires. Je dois observer pour confirmer ce que j’ai dit du période de ces fièvres, propre à la saignée, qu’il la recommande particulièrement dans 1 accès du chaud * il donnoit généralement un cathartique immédiatement après la saignée. Il y a peu d’auteurs qui traitent des intermittentes qui n’aient eu occasion de faire des observations semblables à celles de John Pringle. Le docteur Donald Monro, en particulier , fait presque la même relation des rémitm il tentes qui dominoient parmi les soldats sur le continent. Lorsque le quinquina avoit manqué son effet après plusieurs essais, le docteur Bush observe qu’une ou deux saignées modérées assuroient généralement son

C’est principalement au commencement de la maladie que domine la diathèse inflammatoire ; et lorsque celle-ci est diminuée, les fièvres intermittentes bénignes , et surtout

succès ;'dans cfes cas, 'ajoute- t-il , le pouls est plein et un peu dur, et le sang gluant. Le quinquina est toujours sans succès, remarque- t-il avec raison, lorsque la saignée est nécessaire ; et il dit avoir trouvé des cas où plusieurs livres de ce médicament avoient étédonnées sans effet , tandis qu’ils avoient cédé aisément après qu’on avoit tiré dix ou douze onces de sang. Le docteur Rush pense que des vésicatoires aident souvent le but de la saignée dans ces cas, mais on ne doit pas trop compter là-dessus. Que nous devrions suivre un mode de traitement différent lorsque notre pratique , dans les fièvres intermittentes n est pas émbarrassée par la présence de la diathèse inflammatoire , c’est ce qui paroîtra en comparant ce que disent ces auteurs avec ce que dit le docteur Jackson des fièvres qui régnèrent parmi les troupes dans l’Amérique. Dans 1 automne , lorsqu’il existait des signes de malignité et de danger, il profftoit généralement de la première intermission pour administrer le quinquina, sans avoir donné préalablement des vomitifs ou des purgatifs, même lorsque les premières voies étoient chargées. Il en donnoit deux drachmes en une dose , et les répétoit chacfue deux heures pendant l’apyrexie. Il observe que deux onces, prises dans l’espace de huit ou dix heures , étoient sou* vent plus efficaces qu’une quantité double prise à petites doses et à de longs intervalles.

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les vernales , se guérissent souvent spontanément (i). La durée de la maladie tend à empêcher celte diathèse ; ainsi nous trouvons constamment , comme on l’a déjà observé , cpie

(i) Le docteur Cleghorn donnoit rarement le quinquina dans les lièvres tierces, avant le cinquième jour. D’après le paroxysme qui avoit lieu ce jour-là, il jugeoit si le quinquina étoit nécessaire ou non , et en quelle quantité il falloit le donner. Si ce paroxysme , nommément le troisième , n’étoit pas plus long, ni suivi' de plus mauvais symptômes que le second , si le malade conservoit ses forces, et si un sédiment briqueté se montrait dans les urines , il abandonnoit souvent la cure à la nature. Comme d’après ce paroxysme il jugeoit du traitement, ultérieur de la maladie, il avoit soin de le faire précéder des médicamens qui tencloient à la modérer, et de préparer le corps à recevoir immédiatement le quinquina , dans le cas où les symptômes du troisième paroxysme prouveraient qu’il étoit nécessaire. C’est pourquoi , pendant les trois ou quatre premiers jours , il ordonnait des évacuations. Il étoit dans l’usage de faire tirer un peu de sang au début de la maladie , si l’étatdu malade lepermettoit; et il ne manquo.it jamais de purger les premières voies de toute matière irritante qu’elles pouvoient contenir à ce période ; par ces seuls moyens Ja maladie se guérissoit quelquefois. Mais si le troisième paroxysme étoit le plus long et le plus intense qui eut eu lieu , s’il étoit accompagné de quelques symptômes dangereux, si les malades avoient des Vertiges , devenoient foibles et languissans , il avoit sans délai

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quelque bien caractérisée que soit cette diathèse au 'commencement d’une fièvre intermittente, elle disparoît toujours à mesure que la fièvre fait des progrès. C’est d’après cela que des praticiens ont trouvé que beaucoup de fièvres intermittentes cèdent a l’emploi ou quinquina avec plus de facilité, après qu’elles ont eu plusieurs paroxysmes qu’à leur commencement (1).

D’après cette circonstance plusieurs médecins ont été conduits à donner comme une

recours au quinquina ; aussitôt que le période de ia sueur avoit cessée il en orclonnoit deux scrupules ou un drachme , à prendre chaque deux ou trois heures , ou chaque heure et demie, de sorte qu on devoit en avoir pris cinq ou six drachmes avant le lendemain à midi. Il remarque qu’il est nécessaire de donner une quantité considérable cle quinquina à ce période ; car après lui les accès sont souvent redoublés , au point que nous n’avons pas un moment heureux et convenable pour donner ce médicament. On doit toutefois ne pas oublier que le docteur Cleghorn pratiquoit dans le climat tempéré de M inorque. En général nous trouverons qu’011 ne doit pas prolonger l’administration du quinquina aussi long-temps qu’il le recommande, particulièrement clans les lièvres intermittentes.

(1) Lorsque le malade étoit fort vigoureux, observe le docteur Brccklesby , il permettoit que la lièvre durât quelque temps avant de donner le quinquina. Il re-

règle générale, qu’on ne doit pas adminislrer le quinquina au commencement des fièvres intermittentes; et ils ont trouvé cette règle d’autant plus utile, qu’il est souvent nécessaire de purger les premières voies avant son administration. Telles paroissent être les sources du préjugé contre l’administration du quinquina au commencement des intermittentes; car c’est certainement un préjugé lorsqu’on en fait une règle générale. Mais si on restreint ce préjugé aux cas où la diathèse inflammatoire domine, c’est le résultat de l’expérience universelle.

marque qu en le donnant trop tôt aux tempéramens athlétiques, il produisoit une grande douleur de tête, la couleur jaune des yeux , et quelquefois la fièvre continue. Hillary observe encore qu’il a fréquemment vu que l’usage précoce du quinquina rendoit la fièvre continue, et de mauvaise nature. Voyez Brocklesby , On the Diseases of the army (Sur les Maladies de l’armée); et Hillary, Account of the Diseases of Bar badoes (Relation des Maladies des Barbades),

Lorsque la tendance aux symptômes inflammatoires nous empêche de donner beaucoup de quinquina , le docteur Brocklesby recommande de le donner à petites doses avec la myrrhe , la serpentaire , ou quelque autre médicament semblable, jusqu’à ce que la diathèse inflammatoire soit assez éloignée pour le permettre à plus grandes doses.

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Il sembleroit toutefois que nous ne devons pas dans des cas pareils, comme le docteur Brocklesby et d'autres le recommandent, différer l’emploi du quinquina jusqu’à ce que la durée de la maladie ait surmonté cette diathèse , mais jusqu’à ce que cette dernière soit diminuée par l’usage approprié des moyens que nous avons indiqués plus haut. Rien dans la nature des intermittentes, excepté lorsqu’elles sont accompagnées de la diathèse inflammatoire , rien , dis-je , n’empêche l’emploi du quinquina après le premier paroxysme.

Lorsque le pouls est foible et précipité, et les forces de beaucoup réduites, l’administration. précoce du quinquina est indispensable (f).

(1) Le docteur Brocklesby observe que, lorsque te malade étoit foible et irritable , il donnoit immédiatement le quinquina , et qu’il n’attendoit même pas alors lad ministration préalable des émétiques et des cathartiques, quel que fut l’état des intestins. Cette partie des observations dn docteur Brocklesby est rendue claire et évidente par celles du docteur Clark , sur les maladies des vovages de long cours dans les climats chauds ; lesquelles indiquent, d’une manière frappante, combien il est convenable d’avoir recours immédiatement au quinquina partout où il y a beaucoup de débilité , et particulièrement si les symptômes propres au typhus

Lorsque îa diathèse i n fla mm ai o ire existe , le quinquina devient d'autant plus nuisible que la fièvre a une plus grande tendance à devenir continue. En effet, l’usage du quinquina la rend souvent telle dans ces circonstances (i).

viennent à paroi tre. ce Si les rémissions sont distinctes , )) observe-t-il, le quinquina aura un effet plus prompt; v mais quand bien meme la maladie ( qui étoit toujours )) accompagnée des symptômes de débilité) seroit con— j) tmue , en employant le quinquina on empêche la » maladie de devenir dangereuse et maligne. » Lorsque le malade etoit trop foible pour recevoir le quinquina en poudre, il avoit recours à la décoction; et lorsqu’elle ne pouvoit pas être supportée seule, il y mêioit une forte dose d’opium; car la vie du malade sembloit depend le de 1 administration de ce médicament. Dans certains cas , il trouvoit très -avantageux de donner du quinquina au vin , qui est non-seulement utile en soutenant les forces, mais en rendant le quinquina plus efficace; car, dans les états de débilitation du système, il faut de bien plus grandes doses de quinquina pour empêcher le retour de la fièvre.

(i) M. Wilson, et on peut ajouter aucun praticien instruit, ne recommande donc pas le quinquina lorsque la diathèse inflammatoire domine. Pour s’assurer du moment où il convient de l’administrer, Youllonne donne une méthode qu’on peut appeler d ’essai dans les cas douteux. ce Nous donnons, dit— il , le fébrifuge (ordinaire— » ment en décotion ) à petites doses, telles pourtant

Le contraire de celte observation est vrai des cas dans lesquels la débilité remporte. Dans ces cas , pourvu que les rémissions soient encore distinctement marquées , plus la tendance de la fièvre à devenir continue est grande, plus est grande la quantité requise de quinquina ; et lorsque la débilité est très-grande et les rémissions de courte durée, on peut le donner pendant tout 1$ paroxysme (i). Le malade prendra

)) qu’elles suffisent pour affoiblir au moins les accès. Si » au bout de deux ou trois jours il n’opère aucune f) espèce de changement , nous l’abandonnons. S’il opère )) un changement en bien, pour léger qu’il soit, nous }) continuons l’usage du remède ; si ce changement se )) soutient, nous augmentons la dose; et en suivant tou- » jours la même loi , la stabilité du bon effet produit , » devient le motif d’appuyer sur le secours ; comme » nous sommes clairement avertis de le supprimer » quand la maladie revient sur ses pas. Qu’on ne s’ima- » gine pas que cet essai soit long à faire : rquand on étu- » die la maladie de près, très-peu de jours suffisent pour » apprécier solidement le rapport du fébrifuge à la )) fièvre. » Voyez le Mémoire de Voulloniie, page 1 02. ( Note du Trad.) .r. . t

(1) On doit donner le quinquina, dit Raymond, pendant le paroxysme avec beaucoup d’acide, particulièrement avec l’acide sulfurique , lorsque le malade a la face hyppocratique , lorsqu’il est sujet à la syncope ou au coma , lorsque son pouls est intermittent, et sa res-

d’autant plus de quinquina, que la tendance de la fièvre à reprendre la forme intermittente sera manifeste.

Ces observations ont été fréquemment négligées, et il est survenu une grande confusion de ce que les écrivains ont voulu donner comme généralement applicables au traitement des fièvres intermittentes, les maximes de pratique qu’ils a voient trouvées.se liant aux cas particuliers qui faisoient le sujet de leur propre observation.

On a donné plus d’attention qu’il n’en

semble nécessaire à l’état de l’estomac et des

intestins pour l’administration du quinquina. C’est une opinion très-générale que tant que i estomac et les intestins sont ciaargés, quel que soit 1 état des symptômes, on ne doit pas donner le quinq uina. Le docteur Mead ( i) observe que les intermittentes ne sont pas sûrement guéries bar le quinquina, à moins que les

pi-ration stertoreuse ; et alors , ajoute- t-il , il est le meilleur de tous les remèdes, et souvent il arrache le malade des bras même de la mort. Voyez Raymond , Paper on the intermittente of Mitt/ilinburgh (Mémoire sur les Fièvres intermittentes de Mittlenbourgh ) ; dans le Sylloge Opusculorum de Baldinger.

(i) Mojiita et Prœcepta medica . S

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premières voies n’aient été débarrassées, et le plus grand nombre des écrivains ont fait à ce sujet des observations semblables.

Lorsque les symptômes ne sont pas urgens, et surtout lorsque la diathèse inflammatoire domine, s’il y a lieu de soupçonner la présence de matières irritantes dans l’estomac et les intestins , il est à propos de différer l’emploi du quinquina jusques après l’action d’un émétique et d’un cathartique.

Mais dans les cas urgens , et lorsqu'il n’y a pas de diathèse inflammatoire, nous avons raison de penser qu’on ne doit pas retarder l’administration du quinquina, quel que soit l’état de l’estomac et des intestins ; car il paroît d’après plusieurs observations, que le vomissement et les selles ne doivent pas nous porter à différer l’administration du quinquina , lorsque l’état de la fièvre le demande fortement. (c Je puis remarquer T dit le docteur )) Jackson, que quoique le quinquina fût sou- )) vent rejeté par le vomissement , et dans )) quelques cas fût presque au même instant )) rendu par les selles; cependant le cours de )> la .fièvre en étoit tout aussi arrêté par lui j) que lorsque ces accidens n’avoient pas )) lieu. ))

Dans les cas très-graves, observe le docteur

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Donald Monro (i), où il étoit nécessaire. de donner le quinquina avant qu’on eût pu donner les émétiques et les cathartiques, je l’ai souvent donné en meme temps que le cathartique, et j’ai trouvé qu’entretenir les selles n’empêchoit pas le quinquina de guérir la fièvre intermittente. Il paroît, d’après ces observations , et autres semblables , que ce qu’ont remarqué le docteur Millar (2) , et d’autres , savoir : que le quinquina n’est d’aucune utilité quand une diarrhée a lieu, n’est pas fondé , ou du moins n’est pas admissible dans son entière étendue.

Nous devons encore conclure d’après ces mêmes observations, que la pratique en usage, de donner de grandes doses d’opium , et d’autres médicamens , pour diminuer les vomissemens et les selles spontanées, afin d’administrer plus tôt le quinquina dans les cas urgens , est souvent hors de propos ; puisque la continuation des vomissemens et des selles n’em-

(1) Doctor Monro , Account of the Diseases of the army ( Relation des Maladies de l’armée , par le docteur Monro ).

(2) Doctor Millar, On the Diseases most prevalent in Great Britain. ( Voyez Millar, sur les Maladies les plus communes dans la Grande-Bretagne).

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pêche pas ses salutaires effets, si on peut le faire rester clans l’estomac, seulement pendant un court espace de temps, et en répéter constamment la dose. Eit ne l’administrant pas on rassemble une source féconde d irritation qui ne manque jamais d’augmenter la fièvre.

Dans des cas moins urgens, où l’administra* tion immédiate du quinquina n’est pas nécessaire , s’il survient des vomissemens et des selles spontanément , le traitement convenable est de traiter ces évacuations par des délayans jusqu’à ce . que les premières voies soient suffisamment nettoyées, et alors de diminuer par des opiacés la commotion excitée, avant que d’ordonner le quinquina.

3°. Le climat et la saison de l’année influent sur notre pratique dans l’emploi du quinquina. 11 arrive que dans les climats trèschauds les changera eus dans les fièvres sont fréquemment très-soudains ; aussi des évacuations , quoique nécessaires en apparence à leur début, deviennent souvent fatales en augmentant la débilité qui les suit; c’est pourquoi dans ces climats, lorsque les symptômes ne sont pas urgens, mais qu’on trouve cependant un pouls plein et d’autres signes de la .diathèse inflammatoire, au lieu de préparer le ma-

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lacle par la saignée (i) à recevoir le quinquina, il est souvent plus sûr de différer l’emploi de ce fébrifuge jusqu’à ce que quelques paroxysmes de la lièvre aient éloigné cette diathèse, et tout au plus de faciliter cet effet en donnant des laxatifs rafraîchissans et des lavemens délayan s (2).

Ici comme dans bien d’autres cas , beaucoup de choses sont confiées au discernement du praticien , meme après qu’il est familiarisé avec toutes les circonstances qui doivent influencer son jugement. Lorsque les symptômes

(1) Le docteur Lind, dans sa Relation de la Fièvre rémittente du Bengale , rapporte un exemple remarquable des mauvais effets de la saignée dans les climats des tropiques , même lorsqu’on l’emploie avec précaution. Un de ses malades, convaincu que cela le soulageroit, insista pour être saigné. Ce fut en vain que le docteur Lind l’en dissuada. Quoiqu’on n’eût tiré que cinq ou six onces de sang, il perdit immédiatement ses forces ; et dans moins d’une heure il fut emporté par le prochain accès. Il observe que M. Badinock et le chirurgien de Ponsborne saignèrent chacun deux malades, et chacun en perdit un.

(2) C’est à cause de la tendance à la débilité dans les fièvres des climats très-chauds, que nous trouvons des auteurs qui insistent particulièrement sur la nécessité d’avoir recours au quinquina de bonne heure dans ces fièvres. J’ai déjà cité les observations du docteur Jacksom

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inflammatoires s’élèvent au point de mettre 3a vie du malade dans un danger imminent , nous devons, dans tous les pays du monde, avoir recours à la saignée , et nous devons encore nous souvenir que la continuation d un excitement violent , même lorsque la vie n est pas dans un danger imminent, est elle-même une puissante cause de débilité, et qu’elle débilite souvent plus qu’une saignée laite à propos, qui auroit soulagé.

Dans les climats froids , les fièvres de toute espèce , et particulièrement lés fièvres intermittentes, sont plus généralement accompagnées des symptômes inflammatoires ; c’est pourquoi les évacuations préalables à l’usage du quinquina sont plus nécessaires, et heureusement elles ne sont pas accompagnées du. même danger. La saison meme de 1 année, dans le même climat , influe sur 1 administration du quinquina. Dans le printemps, a cause de la plus grande fréquence des symp-

L’usage précoce du quinquina, observe le docteur Brocklesby , est particulièrement nécessaire dans les fièvres des Indes occidentales , spécialement dans celles qui ont lieu dans la saison pluvieuse. Nous avons observe plus haut, que c’est pendant la saison pluvieuse des climats très- chauds que dominent les fièvres les plus danger

reuses.

tomes inflammatoires, les évacuations sont à la fois plus nécessaires et plus salutaires que clans l’automne , pendant laquelle les causes débilitantes ont de la tendance à faire prendre aux fièvres intermittentes la forme continue.

4°. Chez les jeunes gens et chez les pléthoriques , le pouls est souvent plein ; aussi les évacuations préalables à l’emploi du quinquina sont nécessaires. Chez les vieillards et chez ceux qui sont réduits par une grande diète, ou par une maladie antécédente, ou par toute autre cause quelconque, il est rarement à propos, à moins qu’il n’existe une tendance à l’inflammation locale, de préparer le malade pour l’emploi du quinquina, autrement que par un émétique et un cathartique modéré , lorsque l’estomac et les intestins sont chargés. Dans ces cas , on doit donner le quinquina en quantité considérable pendant la première ou seconde rémission , parce que dans les tempéramens débilités, la continuation de la lièvre est non-seulement très à craindre , mais qu’il faut une plus grande quantité de quinquina pour l’arrêter. C’est à cette dernière circonstance , conjoin tement avec la puissance de l’habitude, que nous devons attribuer l’opiniâtreté des cas qui se prolongent.

5°. On doit toujours avoir présente à l’esprit

ET RÉMITTENTES. I 99

3a nature tie 1 épidémie régnante. Lorsqu elle s’accompagne fréquemment d’inflammations locales , ou lorsque les symptômes inflammatoires de la fièvre elle -même s’élèvent à un haut degré 5 011 doit employer le quinquina avec prudence , et on ne doit jamais 1 administrer qu’après des évacuations convenables. Lorsque, au lieu de ces symptômes, il y a une tendance à la débilité, et conséquemment au typhus, on doit le donner de bonne heure et à larges doses , et on doit recommander les évacuations avec précaution.

On peut employer le quinquina en extrait, en teinture, en infusion, ou en décoction. Mais on admet généralement aujourd hui, que lorsque l’estomac peut le supporter , la simple poudre est la meilleure preparation. 11 ne réussit jamais mieux que lorsqu il est donné en substance.

Lorsque nous ne pouvons pas faire prendre le quinquina au malade par la bouche , ou qu’il ne peut pas le garder dans l’estomac, on peut le donner en lavement. Toutefois c’est la manière la moins efficace de le donner.

L’usage externe du quinquina a été encore recommandé , et il est quelquefois utile. On ne doit cependant pas compter sur lui. C’est seulement chez les enfans, qui n’ont besoin que

de petites doses, que nous pouvons en attendre beaucoup d’avantage. Le meilleur moyen de 1 appliquer est de coudre la poudre dans la partie des vetemens qui enlace le corps. On le met quelquefois en cataplasmes , et on l’applique sur 1 estomac et les poignets, ou bien ou emploie la decoction en forme de bain pour les enfans (i).

Dans quelques cas il est convenable de donner d autres médicamens avec le quinquina. Lorsque les forces sont beaucoup réduites, on peut donner la poudre dans le vin ; et on peut fane prendre au malade, entre les doses de quinquina, plus ou moins de vin, selon que son état le demande. Lorsque l’estomac est trèsirritable, en donnant avec le quinquina une dose d opium solide ou d’opium et de camphie, on le rend souvent capable de le garder. Rien ne prévient mieux les nausées et l’oppression qui ont lieu fréquemment après l’emploi du quinquina , que quelques gouttes d’acide sulfurique ; lorsque la soif est intense,

on doit donner avec lui le sel tartareux et les acides végétaux.

(i) Pour Papplication externe du quinquina, le vol. II de the London medical Observations servalions médicales de Londres).

voyez

(Ob-

ET REMITTED TES . 1 0 î

Chez les soldats, les matelots et autres qui ont été accoutumés à l’usage des spiritueux, l’eau-de-vie mêlée avec l’eau est souvent le véhicule le mieux approprié. Morton et le docteur Lind, dans la fièvre de Bengale, ont recommandé la bière appelée porter. M. Skeetea recommandé particulièrement l’eau de chaux ; et le docteur Brocklesby, le muriate d’ammoniaque , comme augmentant la vertu du quinquina. Le dernier pense qu’en mêlant la poudre avec de la magnésie calcinée avant de préparer l’infusion , on obtient le même effet.

Quand l’estomac est habituellement foible, les aromatiques, les amers ou les astringens, joints au quinquina , sont souvent avantageux ; les docteurs Méad, Brocklesby, Lisons et autres les recommandent.

Lorsque le quinquina occasionne des selles, nous devons avoir recours aux opiacés et aux as tr in gens; des derniers, la gomme de Kino et l’extrait du bois de Campêche, sont les meilleurs. Si on a lieu de soupçonner que les selles viennent de l’âcreté, quelquefois occasionnée par le quinquina qui dérange les forces digestives, on doit le mêler avec un acide. Si, d’un autre côté , il occasionne la constipation , il est nécessaire de le donner avec de doux apéritifs. Le docteur Méad a recommandé, dans cette

intention, particulièrement la rhubarbe, qui a le double avantage de faire aller par bas, et de tendre à redonner le ton à l’estomac et aux intestins. Le meilleur moyen de masquer le

goût du quinquina est dans le lait et la réglisse (i).

On se sert en Angleterre de trois espèces de quinquina, le rouge, le gris et le jaune. Le vrai quinquina rouge est plus amer et plus astringent au goût que le gris , et il contracte un plus grand degré d’astringence mêlé avec les solutions chalibées. Il contient également plus de résine; mais la porportion de la résine diffère dans les divers morceaux. Lorsqu’on meîe le quinquina gris avec la magnésie calcinée avant de le faire infuser, on dit que cela rend la couleur plus foncée, et augmente Fastringence , l’amertume et la vertu anti-septique de l’infusion. La magnésie calcinée ne produit aucun de ces effets sur le quinquina rouge (2). Il n’y a pas de doute que le vrai quinquina rouge est plus efficace que le gris pour la guérison des fièvres intermittentes ; cela paroît d’après les observations de Saun-

(1) Materia medica of doctor Lewis.

(2) Skeete Treatise on the Larch (Traité sur le Quinquina par Skeete ).

ET RÉMITTENTES.

tiers (1) et Rigby (2) sur ce quinquina , et le Traité de Skeete, sur le quinquina rouge et gris. Le docteur Hunter (3) dit qu’il a souvent trouvé que le quinquina rouge étoit plus efficace que le gris, mais il pense qu’il est plus porté à affecter les intestins (4).

Quelle que soit l’efficacité du vrai quinquina rouge, il est très-douteux que celui qu’on

(1) Saunders , On the red Peruvian Barh (sur le Quinquina rouge du Pérou).

(2) Rigby j On the red Peruvian Barh (sur le Quinquina rouge du Pérou).

(3) P" oyez son sdccount of the Diseases of the PP est Indies (Relation des Maladies de l’Amérique).

(4) M. Alibert, dans l’Appendice à son savant ouvrage sur les lièvres pernicieuses intermittentes , dit : <c Qu’il importe d’autant plus de distinguer les espèces )) de quinquina (il en distingue cinq), que, suivant y> l’observation du botaniste espagnol Mutis , les pro- )) priétés de chacune d’elles ont des différences remar- )) quables ; et que par conséquent le mélange vicieux y> qu’on en fait journellement dans le commerce , peut » donner lieu à des inconvéniens graves. Il ajoute plus » loin j qu’il est certaines épidémies et certaines com- » plications de fièvre , que l’expérience pourra déter- )> miner, où le quinquina gris ou brun, le quinquina » orangé, le quinquina rouge, le quinquina jaune et )) le quinquina blanc peuvent être plus convenablement » administrés. )) Ainsi le quinquina rouge est éminem-

2o4 DES FIEVRES INTERMITTENTES

vend aujourd’hui, soit supérieur au gris. Ou dit qu’il doit sa couleur plus foncée à ce qu’il est teint. On apporta, pour la première fois, en Angleterre, quanlité de vrai quinquina louge, qui se trouva dans une prise faite sur les Espagnols en 1781 ; et il est très-douteux que depuis il en soit venu davantage de cette qualité en Angleterre.

Les médecins semblent convenir que le quinquina jaune est le plus puissant que nous possédions. 11 étoit à peine connu en Angleterre avant 1 année 179^. Le docteur Ralph, médecin de l’Hôpital de Guy, a publié à ce sujet quelques observations.

J’ai traité longuement du quinquina , parce que dans le plus grand nombre de cas 011 confie piesque entièrement à ce médicament la cure des fièvres intermittentes; et que partout où on a fait des épreuves franches sur lui, il a été suivi d’un degré de succès qui justifie assez la partialité générale qu’on a en sa faveur. Quelquefois cependant il est sans effet;

ment astringent ; aussi 1 emploie-t-on utilement pour arrêter les progrès de la gangrène , et autres affections de cette nature. M. Cadet, pharmacien de Paris, a constaté l’extrême amertume du quinquina jaune, et sa moindre astringence en la comparant avec les autres espèces, etc. {Note du Trad)

RT RÉMITTENTES. * 2o5

dans quelques endroits on ne peut s’en procurer aisément; dans d’autres , son haut prix empêche souvent le peuple d’en user en suffisante quantité ; il est donc nécessaire de connoître les autres médicamens dont on peut se servir avec la plus grande probabilité de succès.

Je vais d’abord faire quelques observations sur les autres espèces d’écorces qu’on a employées dans les fièvres intermittentes.

On apporta l’écorce d’angusture des Indes occidentales, en 1788. On trouva qu’elle réussissoit, quoiqu’elle fut inférieure à l’écorce du Pérou, dans la cure des fièvres intermittentes ; nous 11e savons pas quel est l’arbre qui la produit (1) , quel est le lieu où elle croît, etc. On peut lire quelques idées sur ces articles dans un Traité fait sur cette matière, par M. Brand , dont la seconde édition parut en 1795. On

(1) te L’écorce d’angusture est produite par un très- » grand arbre (nous dit M. Alibert dans sa Matière y> médicale , tom. Ier, pag. 76, quatrième édition , 1817), )) qui forme des forêts épaisses sur les bords de l’Oré- :» noque, et sur ta côte de Paria ou Terre-Ferme, entre )) la Trinité et Curaçao. Cet arbre, par ses caractères » botaniques, est rangé près du quassia, et forme un )) genre nouveau. M. Willdenow, qui la établi, lui a 5) donné le nom de bonplandia ; et comme en n’en

2o6 des fièvres intermittentes

dorme lecorce dangusture à plus petites doses que l’écorce du Pérou. Elle est moins sujette à causer du désordre dans les intestins; et quelquefois elle a réussi dans des fièvres intermittentes , où le quinquina rouge et gris a\ oient échoué. On doit observer que, de ce que des intermittentes ont cédé quelquefois à un second médicament après que le premier avoit échoué, il ne faut pas en conclure que le second médicament soit en tout préférable au premier; car il y a plusieurs exemples que des seuls amers ont réussi à guérir des fièvres intermittentes , après que le quinquina avoit échoué. Le changement d’un remède, quoique moins efficace, tout bien considéré, semble souvent avantageux. Le lecteur trouvera une relation sur 1 ecorce d’angusture dans le Traité dont nous venons de parler, et dans plusieurs Mémoires qui y sont cités.

)) connoit encore qu une seule espece , on l’a désigné )) sous le nom de bonplandia trifoliata. Ce végétal a » été découvert par MM. Humboldt et Bonpland. Il r> appartient à la famille naturelle des magnoliei's . » Voyez 1 ouvrage cité , où on trouve ses propriétés pliysiques , chimiques et médicinales, et les variétés répandues dans le commerce sous le nom d ' angusture , avec les moyens de reconnoitre la vraie, qui est celle dont nous venons de parler. ( JSote du Trad .)

ET RÉMITTENTES*

Le quinquina de la Jamaïque , découvert par le docteur William Wright, a encore été employé avec succès dans les fièvres intermittentes ; toutefois il semble inférieur à l’écorce dont nous venons de parler. Le lecteur trouvera le rapport du docteur Wright dans les philosophical Transactions (Transactions philosophiques) pour l’année 3,772. Il y a encore quelques observations à ce sujet dans le Traité du docteur Skeete sur le quinquina rouge et convoi vu lé du Pérou ( Treatise on the guilled an red pej'uvian Barh ). On a encore trouvé que l’écorce de Sainte-Lucie, ou le quinquina caribbæa, réussissoit dans ces fièvres. Le docteur Kentish a publié une relation de quelques expériences faites avec ce quinquina ; et M. Wilson de Sainte-Lucie écrivit un Mémoire à ce sujet, qui est inséré dans les philosophical Transactions . Le docteur Skeete pense qu’il est probable que cette écorce se produit dans toutes les îles occidentales; elle est peut-être supérieure au quinquina de la Jamaïque.

Le docteur Wright m’a dit qu’on a souvent employé avec succès dans les intermittentes l’écorce de l’arbre d’acajou ; mais d’après les épreuves qu’il en a faites , il la considère comme très-inférieure à l’écorce du Pérou ,

qui lui est tellement semblable , qu’on Fa frauduleusement mêlée avec cette dernière , ou vendue comme non mélangée.

On a encore trouvé que l’écorce de Tellicliery , ou, comme on 1’appelle dans les Indes orientales, V écorce du pala , réussissoit.

L’écorce appelée swietenia febrifuga sur laquelle le lecteur trouvera une thèse , publiée

à Edimbourg en 1794? par le docteur André Duncan Junior, a été employée dans les fièvres intermittentes. Cette écorce fut découverte et apportée des îles orientales par le docteur Roxburgh. Le docteur Duncan l’appelle soymida swietenia , du nom indien de l’arbre dont on la tire* elle réussit souvent; mais d’après les essais qu’on en a faits , soit à Edimbourg, ou dans d’autres lieux, ses qualités semblent être considérablement inférieures à celles de l’écorce du Pérou. L’écorce de saule à larges feuilles réussit encore dans certaines circonstances , quoiqu’elle soit inférieure à la plupart des précédentes.

Telles sont les principales écorces qu’on a recommandées dans les intermittentes. On a encore employé , suivant les circonstances , une grande variété d’autres médicamens.

Linné et Aurivillius font grand cas du bois de casse; on ne l’a pas toutefois employé géné-

ET RÉMITTENTES. 209

râlement. Nous savons maintenant qu’il est très-inférieur au quinquina; ce qui est contraire à l’opinion de ces auteurs.

Le docteur Lind et d’autres ont employé avec succès la fève de Saint-Ignace ; à la vérité, on a trouvé qu’en général les amers, substitués au quinquina dans les intermittentes , étoient plus ou moins avantageux. Ceux dont nous venons de parler, l’absinthe, le chardon bénit , la camomille jaune, la gentiane , la serpentaire de Virginie, la petite-centaurée, et l’écorce des oranges amères, sont les principaux médicamens de cette classe.

On a encore employé une grande variété d’astringens ; l’écorce de chêne , les noix de galles, l’alun , et diverses préparations de fer, etc. En général les astringens sont, dans ces fièvres , inférieurs aux amers. Les combinaisons des astringens et des amers semblent être plus efficaces que lorsqu’ils sont seuls.

On a encore recommandé les aromatiques le camphre, le musc, la myrrhe, etc. Le lecteur peut consulter un Mémoire sur l’emploi du piment dans les fièvres intermittentes, par M. Collins , dans le vol. II des Communications médicales ( medical Communications ).

On a employé diverses préparations métalliques. Le docteur Blanc a fait quelques obser-

2 î O DES FIÈVRES INTERMITTENTES

vations sur l’usage de la chaux et du sulfate île zinc, particulièrement sur celui delà chaux, dans son ouvrage sur les maladies des gens de mer. Le mercure, administré sous diverses formes , a encore réussi quelquefois. Le lecteur trouvera des exemples de fièvres intermittentes guéries par le mercure , dans le vol. YI des Essais et Observations de médecine d’Edimbourg ( of the Edimburgh medical Essays and Observations ). Dans un cas y rapporté par le docteur Donald Monro, dans le vol. II des Transactions médicales ( medical Transactions ) , cette fièvre ne céda à aucun médicament, jusqu’à ce qu’on eût administré un traitement mercuriel , qui n’a voit eu d’autre effet apparent que de diminuer la force du malade; elle fut alors aisément guérie par le quinquina. Hoffman et Willis (i) ont aussi recommandé le mercure dans les fièvres intermittentes; toutefois ses effets , dans ces fièvres, sont très-foibles. Yan-Swiéten (2) dit qu’il a vu une fièvre quarte persister pendant tout le cours d’une salivation mercurielle très-com-

(1) Voyez Willis, Opera omnia, publiés à Genève en 1782.

(2) Voyez ses Commentaires sur les Aphorismes de Bo'êrhaave .

ET REMITTENTES.

plèle. Et de Meza (i) avance même que le mercure augmente quelquefois la malignité clés lièvres intermittentes.

On a depuis peu beaucoup employé- un oxide métallique , d’une plus grande activité que tous les médicamens dont nous venons de faire mention. On dit que ce médicament, appelé ague drops (gouttes contre les lièvres intermittentes), doit son efficacité à l’arsenic (2).

Cependant l’emploi de ce minéral , dans les fièvres intermittentes, 11’a pas été restreint à la pratique des empiriques. Plusieurs praticiens du premier mérite l’emploient; et il est certain que des lièvres intermittentes , qui

(1) oyez le vol. Ier des Hctes de la Société médicale. Voyez encore un Mémoire de Shulze et Grævius sur l’emploi du mercure dans les fièvres quartes, dans Haller , Disp, ad morb. Hist, et cur. pertin.

(2) M. Alibert donne, dans sa Matière médicale , la formule du docteur anglais Fowler, qui a beaucoup vanté l’arsenic pour la guérison des fièvres intermittentes. Mais comme le docteur Fowler avoue qu’il a été témoin lui-même des accidens funestes qui peuvent survenir par l’emploi de son médicament , M. Alibert pense que ces accidens suffisent pour faire rejeter une semblable préparation, lorsque d’ailleurs nous avons mille autres substances qu’il est plus convenable d’adopter. M. Wilson nous paroît être aussi de cet avis. (. JYoU du Trad. )

avoient résisté à l’usage le plus constant du quinquina et d’autres médicamens, ont cédé à l’arsenic , comme je l’ai éprouvé moi-même plusieurs fois. J’ai déjà observé que, lorsque des intermittentes cèdent au second médicament où le premier avoit échoué, ce n’est pas une preuve que le second médicament soit entièrement préférable au premier. Cependant, d’après plusieurs observations , nous avons lieu de penser que l’arsenic est le plus efficace de tous les médicamens qu’on ait employés dans ces fièvres. Nous avons une grande preuve de son succès dans les rapports médicaux sur son usage dans la cure des fièvres rémittentes et des céphalalgies périodiques, par le docteur Fowler de Stafford ; du moins autant que l’expérience de ce dernier peut faire juger de la sûreté de ce médicament (i).

Il y a quelques observations sur ce sujet dans le vol. XIX des Commentaires médicaux du docteur Duncan, observations faites par l’auteur lui-même. Dans quelques lettres ajoutées au 1 raité du docteur Fowler, l’arsenic a

(i) Voici la manière de le préparer : prenez 64 grains d’arsenic blanc réduit en une poudre très-fine , et mêlée avec autant d alcali végétal ; ajoutez-y demi-livre d’eau distillée , et faites doucement bouillir dans un flacon de

ET RÉMITTENTES. 2j5

l’approbation de plusieurs praticiens respectables. Toutefois je crois que nous ne pouvons pas regarder son innocence comme certaine. Il faud roit une expérience très- étendue pour se décider à y avoir recours avant que les moyens reconnus salutaires eussent échoué. Son usage, en introduisant une grande quantité d’arsenic dans le système même à petites doses, doit être pendant long-ternps d’une pratique douteuse. Il est bien connu que le plomb et le mercure restent souvent dans le corps pendant quelque temps sans produire leurs effets, qui, lorsqu’ils se montrent, sont, proportionnés non à la quantité qu’on en a prise en une dose , mais à celle qui en été prise en tout.

Les mauvais effets que de petites doses peuvent produire, mêmes données avec précaution, sont les dérangemens de l’estomac et des intestins , le gonflement de la face ou d’autres parties du corps, l’augmentation ou la dimi-

Florence, mis dans un bain-marie , jusqu’à ce que l’arsenic soit complètement dissous ; ajoutez-y alors demilivre d’esprit composé de lavande et autant d’eau distillée qu’il sera nécessaire pour réduire toute la solution au total d’une livre. La dose est depuis deux jusqu’à douze gouttes ^ une, deux , et souvent plusieurs fois dans le jour, suivant l’âge, ]es forces, etc., des malades.

2l4 DES FIEVRES INTERMITTENTES

nution des urines, des éruptions volantes, le mal de tete, la sueur, et des tremblemens. On peut généralement remédier à ces effets par des émétiques et des laxatifs, ou simplement en cessant l’usage de l’arsenic. On a ti ouve qu on peut en quelque sorte prévenir ces effets en Je combinant avec de petites doses d’opium.

I) autres medicamens ont été employés principalement par le vulgaire, et ont réussi quelquefois : tels sont les feuilles de laurier séchées el pulverise es à ladosed’unedrachme, trois fois dans un jour; demi-drachme de l’écorce intérieuredu frêne, ou demi-once de sulfure dans un verre de forte bière, prise de temps en temps, etc. Quelques-uns de ces medicamens semblent agir principalement , sinon entièrement , par leurs effets sur l’esprit, comme un sachet de camphre et de safran appliqué sur le creux de l’estomac, des toiles d’araignées mêlées avec la mie de pain prises en pillules, etc. C’est une pratique parmi le vulgaire, pour la guérison des fièvres intermittentes, de prendre la moitié d’une pinte de sa propre urine pendant trois matins de suite, ce qui est regardé comme un remède très -efficace. Tout ce qui est capable de faire une forte impression sur l’esprit , soit en faisant horreur, ou une frayeur supersti-

ET RÉM ITTEN TES . 2 ï 5

lieuse , ou en excitant la confiance , a réussi par hasard.

Les moyens recommandés lorsqu’on attend le paroxysme, forment la dernière division de ceux qu’on emploie pendant 1 apyrexie.

Au moment où il attend le paroxysme , le malade doit éviter de s’exposer au froid. Quelques médecins ont recommandé fusage du bain chaud . Il doit éviter de prendre beaucoup de nourriture ou de boisson , et s’il n’y a pas de tendance à la diathèse inflammatoire, ce qu’il prend doit être légèrement stimulant. Les diaphoniques sont souvent avantageux donnés peu de temps avant l’accès , car si nous parvenons à entretenir la sueur , î accès du paroxysme est souvent prévenu , intermittentes tertianas autumnciles , observe Sydenham , hoc pacte aggredior , œgro in lectulo composite et stragulis undique cooperto ? sudores provoco y sero lactis cerevisiato y cui salviŒ folia incocta faere , quatuor cir citer horis ante paroxysmi aclventum .

C’est une opinion générale que, si festomac elles intestins sont chargés, ils doivent être débarrassés à ce période par le moyen d’un émétique et d’un cathartique. Peu de médicamens élèvent plus puissamment la transpira-

iioii que les émetiques ^ et c’est à cela qu'on (ion, attubuei en partie leurs effets pour prévenir le paroxysme des fièvres intermittentes. Us semblent, au reste, agir en produisant une iü; te impression sur le système nerveux.

L usage des cathartiques , à ce période, est d une pratique moins sûre, et semble avoir été plutôt le résultat de l’hypothèse que de l’observation. Si les matières âcres contenues dans les intestins produisent la diarrhée spontanée. ' il peut etre a propos de la favoriser par des boissons chaudes et délayantes ; arrêter la diarrhée seroit ramasser une source d’irritation qui ne manqueroit pas d’aggraver les symptômes du paroxysme suivant ; mais si la diarrhée ne survient pas spontanément, on ne doit pas la provoquer à ce période.

Les moyens dont j’ai parlé, et qui deviennent avantageux pour prévenir le paroxysme des fièvres intermittentes, produisent, soit 11 ne impression forte et soudaine sur le système nerveux, soit une accélération dans la circulation ou la sueur; les purgatifs ne produisent aucun de ces effets, mais plutôt l’opposé. Ils ne font aucune impression puissante sur le système nerveux ; ils retardent la circulation en affoiblissant les facultés qui la soutiennent ,

ET RÉMITTENTES. 1 21 7

et bien loin de favoriser 3a sueur, ils l’arrêtent même lorsqu’on l’a excitée par d’autres moyens.

Sydenham recommande l’opium après l’action de l’émétique , pourvu que celte action ait cessé avant que l’accès commence. Nonseulement l’opium fait une forte impression sur le système nerveux, mais encore il donne une vigueur passagère au système circulatoire; c’est un des plus puissans diaphoniques que nous possédions.

Quelle que soit la manière dont nous employons l’opium dans la vue de prévenir l’accès, le malade pendan t son action doit être couché , tenu chaudement, et servi avec des boissons délayantes et tièdes.

Lorsque, pendant les premiers paroxysmes, nous avons fait de vains efforts pour prévenir leur retour en excitant le vomissement ou la sueur, nous ne devons pas persévérer dans l’usage de ces moyens; puisque s’ils ne guérissent pas bientôt la maladie , ils la rendent plus opiniâtre par leurs effets débilitans. Le docteur Cullen remarque que nos efforts pourpré venir le paroxysme en empêchant la sueur, ont souvent changé la fièvre en continue.

Cependant on a employé dans la même vue plusieurs médicamens qui, au lieu de débi-

2l8 des fièvres intermittentes

liter, tendent à donner de la vigueur. On a trouvé qu'une grande quantité de quinquina prise immédiatement avant le moment où l’on attend le paroxysme, prévient souvent son retour. Le docteur Millar, et autres , ont observé qu’une once de quinquina prise en une

dose au moment où l’on attend l’accès, nonseulement prévient le paroxysme , mais quelquefois guérit entièrement la maladie. Cette manière de donner le quinquina est cependant loin d’être la meilleure. Peu d’estomacs peuvent en supporter une si' grande dose; et il semble être mieux approprié lorsqu’on le donne par intervalles , comme je l’ai recommandé plus haut. De cette manière, non-seulement on peut en accumuler une plus grande quantité dans l’estomac et les intestins au moment de l’accès; mais ses effets semblent s’accumuler dans le système : car les effets de chaque dose subsistent pendant un temps considérable après qu’il a été pris. Quelques médecins supposent, et non sans raison, qu’ils continuent tant qu it existe une partie du médicament dans le canal alimentaire.

On a employé , et principalement le vulgaire, une grande variété d’ingrédiens à ce période; ils ont réussi par hasard à prévenir le retour de l’accès. Ils font ou une forte im~

ET RÉMITTENTES.

pression sur l’estomac, comme l’esprit de térébenthine, le vin, la bière forte chaude, l’eaude-vie, etc. , avec différens poivres et autres substances âcres ; ou bien ils produisent de fortes impressions sur l’esprit , en faisant avaler des araignées vivantes , une poudre préparée avec des os humains, et plusieurs autres choses de cette nature.

Les véritables praticiens ont employé, dans la même intention , la poudre de fleurs de camomille, l’absinthe ou d’autres forts amers. Les gommes fétides ont aussi élé parfois utiles; quelques médecins recommandent différentes applications irritantes à l’extérieur, le sel mêlé avec le blanc d’œuf, et appliqué sur les poignets , etc.

Tels sont les moyens de guérison que ion doit employer aux divers périodes de la fièvre intermittente entre l’accès d’un paroxysme et le suivant; 011 doit répéter, entre ce dernier et le troisième paroxysme, le même mode de pratique, et le varier suivant que les symptômes varient eux-mêmes. On doit le continuer à chaque intervalle, jusqu’à ce que la fièvre soit guérie.

Si on discontinue le quinquina immédiatement après la guérison des fièvres intermittentes, elles ont de la tendance à revenir , sur-

tout lorsqu’elles ont duré pendant long-temps , et que le malade a été beaucoup affoibli. C’est pourquoi il convient en général d’en continuer 1 usage pendant quelque temps après la guérison, en diminuant graduellement la dose, et le donnant aux jours auxquels la lièvre auroit eu lieu si elle eût duré.

Il convient encore que ceux qui ont éprouvé depuis peu les fievres intermittentes , évitent, non-seulement de s’exposer aux miasmes marécageux , mais encore à toutes les circonstances que nous avons énumérées plus haut comme favorisant leur invasion : l’exposition au froid , l’irrégularité dans le régime , ou toute autre cause débilitante qui, comme nous l’avons dit , peut renouveler les lièvres.

De plus , on doit encore suivre pendant quelque temps les règles que nous avons données touchant le régime et l’exercice dans l’apyrexie , soit pour prévenir le retour de la maladie, soit pour rétablir les forces du malade.

Lorsque 1 exposition aux causes des lièvres intermittentes est inévitable, comme dans les saisons pluvieuses des climats chauds, on doit employer le quinquina comme préservatif.

ET RÉMITTENTES.

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