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même qu’à cette époque, on voyoit un auteur recommandable dans les fastes de la médecine, le professeur Cullen, composant un excellent traité de médecine pratique, et le docteur Brown se déclarer son adversaire -, de même nous voyons de nos jours le professeur Pinel, donnant la sixième édition d’un traité dont la réputation est presque Européenne, et le docteur Broussais se déclarer son adversaire^ Brown avoit été l’élève de Cullen, le docteur Broussais a été l’élève du professeur Pinel. Il ne manqueroit à ce rapprochement que de voir bientôt la théorie des irritations adoptée dans toute l’Europe, ainsi qu’a été adoptée la théorie de l’asthéhie. Nous estimons qu’il est très-probable que partout où l’on abuse de f application des préceptes de Brown, on sera conduit à adopter ceux du docteur Broussais, tout comme dans la suite, si on abuse des préceptes de ce dernier, on reviendra à l’asthénie Brownienne.
Mais les véritables médecins, qui ne pratiquent pas par esprit de secte , profite-
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ront des vues saines qu’on trouve plus ou moins répandues dans les ouvrages des deux auteurs dont nous venons de parler. En parcourant les annales de la médecine on est quelquefois surpris de la multiplicité des fausses opinions des médecins tant anciens que modernes.
Peut-être ne devroit-on être étonné que de ce qu'au milieu de tant d’extravagances successives, et la plupart du temps si contagieuses , il est possible encore de trouver des esprits assez justes pour ne pas s’écarter de la bonne route»
Toutefois nous serions mal compris si on pensoit que nous avons voulu rapprocher entièrement Brown et le docteur Broussais. A la vérité nous avons montré un point de contact entre leur penchant pour la polémique médicale; mais notre opinion est qu’ils diffèrent beaucoup sous le rapport de l’utilité de leur talent. Brown a émis un grand nombre de préceptes purement théoriques et hypothétiques; il raisonnoit trop , si nous pouvons nous servir de cette expression ;
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ie docteur Broussais, au contraire, raisonne peu, et base d’ailleurs tous ses raisonnemens sur les connaissances précieuses qu’il a de l’anatomie pathologique, et il faut convenir que cette route est plus sûre à tenir, en évitant cependant d’y vouloir marcher avec trop de confiance.
C’est sans doute à un excès de confiance dont l’auteur de l’excellent Traité de V Histoire des Phlegmasies chroniques ne s’est peut-être pas assez garanti * que nous devons l’ouvrage * ou * pour mieux nous exprimer * le pamphlet qui a pour titre : Examen de la Doctrine Médicale y etc. r Nous sommes fâchés* et bien d’autres le sont comme nous* que l’oubli des convenances s’y fasse remarquer* et nuise par là *aux vérités qu’il renferme. Et que deviendrait la médecine si chaque médecin qui propose une nouvelle doctrine de voit être cru sur parole! Il nous semble que le docteur Broussais aurait gâté sa cause* quand bien même elle eût été d’une évidence et d’une justesse parfaites* par l’intolérance
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avec laquelle il s’est irrité contre ce qui n’étoit point conforme aux idées qu’il a émises.
Nous regrettons que, sans entrer dans la lice armé de pied en cap , M. le professeur Pinel n’ait pas donné dans la sixième édition de sa Nosographie, qu’il vient de faire paraître, sa manière de penser sur ce qui est mis aujourd’hui en question; nous le regrettons d’autant plus que nous y étions particulièrement intéressés par la nature du travail que nous offrons à la science , et que nos foibles moyens ne nous permettent pas de résoudre les nombreuses difficultés que présente un sujet si important. D’ailleurs c’est au temps seul, qui juge en dernier ressort toutes les doctrines, qu’est réservé le soin de juger de quel côté est la vérité dans une matière si essentielle et si difficile.
Après ces préliminaires sur l’état actuel des esprits, occupons-nous delà question elle-même, et sans faire un étalage d’érudition, qui, au reste, ne sert jamais
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api ouver qu on a copié plus ou moins bien les auteurs que tous les médecins lisent, entrons en matière.
Ainsi que nous l’avons déjà dit, nous reconnoissons notre insuffisance pour lien décider; nous n’avons pas assez de faits, nous n’avons pas assez vu. Toutefois nous consignonsici notre intention de donner dans quelques années le fruit de nos observations et de nos méditations sur les fièvres. Dans la circonstance présente nous nous bornerons à discuter quelques - uns des principes des deux partis qui admettent ou qui nient l’existence des fièvres.
Qu’entend-on par fièvre ? Y a-t-il des fièvres essentielles ? Ces dernières sontelles dues a l’alteration des fonctions en général , sans dépendre d’aucune lésion organique locale ?
Nous commencerons par définir ce qu’on entend par fièvre , et nous parlerons ensuite des fièvres dites essentielles.
On rapporte que Boerhaave rassem-