‹ Des fièvres intermittentes et rémittentesChapitre 7 sur 24 · XX DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

XX DISCOURS PRÉLIMINAIRE

bla avec beaucoup de peine , en les extrayant d’un grand nombre d’auteurs , tous les symptômes qu’il avoit observés dans les fièvres. Il exclut tous ceux qui ne sè montroient pas dans toutes, et il fut très-surpris de trouver que le catalogue des symptômes communs à toutes les espèces étoit si court, qu’il se réduisoit aux trois suivans : le frisson , ou, comme on l’a appelé, le rigor, le pouls fréquent , et l’augmentation de température ; il ajoute qu’on peut encore dire que même aucun de ces symptômes n’accompagne constamment la fièvre.

Le frisson est presque toujours restreint à son commencement ou à celui de ses exacerbations , et quelquefois on ne l’y voit pas du tout; il est cependant vrai de dire qu’il a lieu ordinairement au commencement de la fièvre. On peut observer de plus que la fréquence du pouls n’est pas toujours un indice sûr de l’existence delafièvre; car dans ce cas on classeroit avec elle les affections les plus dissemblables , les palpitations du coeur ,

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les anévrismes , etc. Il ne reste donc que l’augmentation de température , qui est aussi sujette à des objections; car on sait bien que dans certaines espèces de fièvres elle tombe souvent au-dessous de l’état naturel : cela arrive d’abord presque toujours au commencement de la période du froid , et très-souvent aussi dans certaines espèces de fièvres. T el étoit le langage de Boerhaave. Il montre déjà la nécessité de localiser les affections qui donnent le caractère principal de la fièvre.

Nous voilà arrivés à la conclusion qu’on ne peut regarder aucun symptôme comme caractéristique de la fièvre, telle qu’un grand nombre d’auteurs l’ont conçue. Cependant tous les médecins sont d’accord au lit du malade pour statuer sur sa présence. Seroit-ce parce qu’ils trouvent alors plusieurs symptômes qui enlèvent tous les doutes que fait naître une mauvaise définition, ou, pour nous exprimer plus clairement, une théorie mal conçue ? En effet , on peut croire

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que si jusqu’ici on ne s’est pas entendu sur ce qu’on veut dire par fièvre , c’est qu’on l’a mal définie et mal conçue. Notre auteur a adopté la définition qu’en a donné le docteur Cullen ; la voici : (( Langueur, lassitude, et autres signes )> de débilité, suivis de frissons, d’un » pouls fréquent, de la chaleur augmen- » tée et du dérangement de plusieurs » fonctions, particulièrement d’un dé- » faut de vigueur dans les membres , )) sans aucune affection locale primi- )> tive. )> Cette dernière partie de la définition est évidemment ou trop abstraite ou même fausse. Car il faut que la fièvre , ce mot pris dans tout le sens que lui donne le docteur Cullen, il faut, dis-je, que la fièvre soit localement quelque part dans l’organisation , sans cela comment nous assurerions -nous de sa présence? Ceux-là ont mieux compris ce qu’on doit entendre par fièvre, qui Ont dit que son essence est de ne pouvoirêtre représentée sous des traits qui embrassent à la fois tous ses phénomènes .

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