Chapitre I er . Analogies et différences sous le rapport des
causes.
SI". Relativement à l'âge. — Analogies. La fièvre typhoïde atteint le plus grand nombre de sujets entre l'âge de vingt à trente ans; de même, d'après Hildenbrand, la contagion médiate s'exerce principalement sur les sujets d'un âge jeune ou moyen.
Différences. Cependant tous les âges sont exposés à contracter le typhus, tandis qu'il n'en est certes pas de même pour les fièvres typhoïdes.
e II. Sexe. — Anal. Les individus de l'un et de l'autre sexe semblent également sujets au typhus et aux fièvres typhoïdes.
JDiff'. Cependant, d'après Hildenbrand, le sexe féminin serait plus prédisposé à contracter le typhus communiqué.
§ III. Tempérament , constitution. — Anal. Pour les typhus comme pour les fièvres typhoïdes, l'affaiblissement de la constitu-
tion, la misère, des chagrins, etc., est une condition favorable au développement de la maladie.
g IV. Professions. — Pas de conclusions.
§ V. Lieux, habitation, acclimatement. — Anal. L'habitation dans un lieu mal aéré , l'encombrement , l'exposition aux émanations putrides , sont des causes qui sont communes au typhus et aux fièvres typhoïdes ; car si le typhus résulte surtout de l'encombrement d'un grand nombre d'hommes dans un lieu mal aéré , n'oublions pas qu'on a vu les symptômes de la pourriture d'hôpital et des fièvres de mauvais caractère se déclarer dans des salles où le nombre des malades venait à dépasser 200, tandis que ces symptômes disparaissaient lorsqu'on ramenait à 200 le nombre des malades (1). — La fièvre typhoïde atteint de préférence les nouveaux arrivés à Paris ; de même le typhus sévit principalement contre les nouveaux arrivés à bord des vaisseaux infectés, contre les sujets non encore acclimatés.
Dijf. Souvent la fièvre typhoïde survient dans des circonstances où il est tout-à-fait impossible de constater l'influence de l'encombrement ou des émanations putrides, et lors même qu'il y aurait identité de cause sous ce rapport, toujours est-il que, comme l'a remarqué Poissonnier-Desperrières, lamême cause a des effets plus marqués dans le typhus.
5 VI. Saisons et température. — Anal. L'humidité prolongée, les saisons chaudes et humides, sont des causes qui favorisent également l'apparition du typhus et des fièvres typhoïdes.
5 VII. Nourriture, ingesta. — Anal. L'usage des alimens de mauvaise qualité , des eaux corrompues , d'une nourriture insuffisante, sont des causes qui sont communes aux deux maladies.
S VIII. Affections morales. — Anal. La nostalgie et les af- («) Dupuytren (Rapport fait en lS25à l'Institut, sur la fièvre jaune).
jgg ANALOGIES ET DIFFÉRENCES
fections morales tristes en général, concourent encore au développement des deux maladies.
§ IX. Causes spécifiques, contagion. — Anal. Lai. fièvre typhoïde n'atteint qu'une fois le même individu , de même le typhus n'attaque le plus souvent qu'une fois le même sujet (Hildenbrand). La fièvre typhoïde peut régner épidémiquement .comme le typhus. Le typhus et la fièvre typhoïde ont encore cela de commun, que certaines circonstances hygiéniques ou atmosphériques leur donnent naissance, que leurs causes sont, en général, les mêmes, mais moins énergiques dans les fièvres typhoïdes , s'étendant , dans le typhus, à un grand nombre d'individus à la fois, à un camp, une prison, un hôpital , une ville, un vaisseau, etc.
Diff'. La contagion, généralement admise pour le typhus, n'est point prouvée pour la fièvre typhoïde, qui, d'un autre côté, est plus souvent sporadique qu'épidémique ; Hildenbrand distingue tout-à-fait le typhus des fièvres typhoïdes^ à cause de la contagion qui est propre au typhus. — Le typhus , d'après Pringle, est sujet à rechute, et, d'après Hildenbrand, n'attaque le plus souvent qu'une fois le même individu , tandis que pour la fièvre typhoïde, il paraît certain qu'il n'y a pas de récidive; je dois dire cependant qu'Hildenbrand rpconuaîtj ailleurs qu'il faut pour la contagion médiate du typhus une disposition spéciale et défaut d'atteinte antérieure de la maladie.