Chapitre VI. analogies et différences sous le rapport d
traitement.
Les moyens les plus variés et dont le mode d'agir est le plus opposé, les antiseptiques et les spécifiques dans le but de neutrali-
ser ou d'expulser la cause présumée de la maladie, ont été également mis en usage dans le typhus et dans les fièvres typhoïdes , depuis la méthode dite d'expectation jusqu'aux toniques et aux excitans directs les plus actifs.
SECTION I". Des divers moyens de traitement.
Article I er . Traitement curatif général.
§ I er . Moyens évacuans (vomitifs, purgatifs). — Anal. Dans le typhus, comme dans les fièvres typhoïdes, on a également conseillé et mis en usage les évacuans dans le but de favoriser les urines ou l'expulsion du principe morbide , lecalomel , les vomitifs et les doux purgatifs ou minoratifs dès le début de la maladie, l'ipécacuanha à haute dose uni à un grain d'émétique (Cullen , Sarcone, Hildenbrand, Puchelt d'Heildelberg ) ; l'usage des drastiques a été également blâmé dans les deux cas.
JDiff. L'opportunité des vomitifs dès le début de la maladie paraît plus évidente dans le typhus que dans les fièvres typhoïdes où, dans la majorité des cas, l'on borne, actuellemement du moins, leur indication aux seuls cas d'embarras gastrique.
S II. Moyens antiphlog^tiques. — Anal. La saignée, les antiphlogistiques modérés, les boissons adoucissantes, rafraîchissantes et acidulés , ont été également mis en usage et conseillés contre le typhus et les fièvres typhoïdes.
Dlff. Cependant les antiphlogistiques ne conviennent qu'accidentellement dans le typhus, dont ils ne peuvent faire la base du traitement, comme dans quelques cas de fièvres typhoïdes.
§ III. Traitement par les toniques.— Anal. Dans le typhus, comme dans les fièvres typhoïdes , les toniques sont surtout indiqués dans la dernière période de la maladie ; leur usage a été tour à tour exagéré et trop restreint. Les principales substances administrées comme toniques ont été le quinquina , le vin , l'ai-
cool, les acides minéraux, la serpentaire de Virginie , l'esprit de Mindérérus.
Diff. L'altération du sang étant primitive dans le typhus , ainsi que nous l'avons dit dans le chapitre précédent, il est rationnel qu'on administre les toniques à une période plus rapprochée du début que dans les fièvres typhoïdes, où cette altération n'est le plus souvent que secondaire.
% IV. Antispasmodiques, caïmans. — Anal. Dans le typhus, comme dans les fièvres typhoïdes, c'est surtout lorsque la forme et la surexaltation nerveuse ou ataxique prédominent, que l'on a donné comme antispasmodiques le camphre, le musc, les éthers , l'opium, etc. ; les bains tièdes, l'immersion, les affusions et les applications d'eau froide, ont aussi fait partie du traitement dans les deux cas.
Diff. L'immersion, les lotions et les affusions froides, ont surtout été mises en usage dès le début du typhus (périodes inflammatoire et d'opportunité), tandis que c'est dans une période plus avancée ( troisième période ) des fièvres typhoïdes que les mêmes moyens ont été employés.
S V. Révulsifs, stimulans cutanés.— Anal Dans le typhus, comme dans les fièvres typhoïdes, les révulsifs cutanés sont préférables après la première période, les sinapismes et les vésicatoires promenés sur différentes régions cutanées, ont plus d'avantages que les vésicatoires à demeure; les simples rubéfians et le raifort sauvage doivent être préférés aux cantharides (Pison , Selle, Hildenbrand).
Diff. On a plus particulièrement, dans le typhus, appliqué les révulsifs dès le début comme moyen préservatif, et les vésicatoires à la nuque et sur la tête, ce dont on n'a point fait un précepte lans le traitement des fièvres typhoïdes.
% VI. Moyens dits spécifiques. — Anal. On a également
conseille ou mis en usage dans les deux maladies, comme moyens spécifiques , les antiseptiques , les toniques , les sudorifiques, le quinquina, les acides étendus, le mercure , le chlore, les chlorures et l'acétate d'ammoniaque.
§ VII. Méthode dite expectcmte. — sJ '/ml. On a également conseillé i'expectation dans le typhus et les fièvres typhoïdes, en se fondant sur les seuls efforts de la nature et sur l'efficacité des
crises.
Article II. Traitement curatif local ou des accidens et complications.
variai. Dans le typhus, comme dans les fièvres typhoïdes, on a combattu les inflammations locales par les antiphlogistiques modifiés suivant le siège de ces phlegmasies , par les saignées locales et par les révulsifs , la pneumonie qui survient dans les dernières périodes par les révulsifs, les hémorrhagies par les acides minéraux et les topiques acidulés , les parotides par des applications révulsives, le météorisme par les alcalins, la diarrhée chronique par les opiacés, les plaies résultantes d'un décubitus prolongé par les soins et une extrême propreté , l'exacerbation périodique des accidens par le quinquina , les accidens cérébraux par les fomentations et les allusions froides sur la tête , la faiblesse qui se prolonge durant la convalescence par les toniques.
Article III. Traitement diététique , hygiénique , et préservatif.
§1" Traitement diététique. — Anal. Dans le typhus, comme dans les fièvres typhoïdes , il faut donner des alimens choisis et de facile digestion , des crèmes d'orge et de riz , augmenter la quantité des alimens et donner un peu de vin généreux dans la convalescence.
Diff'. Dans les fièvres typhoïdes, la diète absolue est de rigueur dans la première, et quelquefois j usque dans la 2 e période ; tandis que , d'après Hildenbrand, on doit nourrir avec les crèmes d'orge
et de riz , les panades, dans la période inflammatoire , avec les consommes , les soupes et le vin vieux, dans la période du typhus.
§ II. Traitement hygiénique. — Anal. La plupart des moyens hygiéniques que réclame le typhus s'appliquent également aux fièvres typhoïdes; ainsi, on a recommandé dans les deux cas d'éviter l'air humide et non renouvelé , ou vicié par les émanations d'hommes sains ou malades entassés dans des lieux trop étroits , d'établir des feux dans l'atmosphère , de renouveler l'air ou de l'assainir avec les chlorures , de transporter les malades dans des habitations plus spacieuses, de faire souvent changer le malade de position , de ne point entourer de rideaux le lit des malades que l'on aura soin de ne point laisser dans une alcôve, de tenir les malades dans une extrême propreté , de leur prodiguer les soins les plus affectueux , d'éloigner tout ce qui pourrait troubler la tranquillité de l'esprit, etc.
§ III. Traitement préservatif. — Anal. La stricte observation des règles hygiéniques tracées plus haut , le soin de prévenir l'entassement des individus et les autres causes de maladie , les désinfectans avec les fumigations aromatiques , le chlore et les chlorures , font également partie des moyens prophylactiques ou préservatifs du typhus et des fièvres typhoïdes.
Diff'. Le traitement préservatif des fièvres typhoïdes consiste uniquement dans les moyens propres à prévenir le développement de ces maladies ; tandis que dans celui du typhus, on se propose de prévenir, non seulement son développement primitif , mais encore sa transmission ou sa propagation.
SECTION II e . Traitement basé sur la valeur des altérations et sur les divers s formes et périodes des deux maladies.
Article I er . Traitement dans la 1" période et dans la forme inflammatoire.
Anal. On a également recommandé dans cette période du typhus et des fièvres typhoïdes les antiphlogi s tiques modérés, la saignée contre toute inflammation locale prédominante, les boissons tièdes et adoucissantes , l'air frais et renouvelé , les lotions fraîches , les doux laxatifs , le vomitif comme diaphorétique à cause de la secousse qu'il occasione à la peau , les éméto-purgatifs dans le cas d'embarras gastrique et comme pouvant évacuer la cause présumée de la maladie (la bile).
Dljf. Le régime conseillé par Hildenbrand dans cette période du typhus est bien moins sévère que celui des fièvres typhoïdes ; au contraire le régime antiphlogistique est plus impérieusement recommandé dans les fièvres typhoïdes que dans le typhus où il n'est réellement prescrit que contre les inflammations locales prédominantes.
Article II. Traitement dans la 2* période, de délire ou de faiblesse , d'ataxie ou
de prostration.
Anal. Dans le typhus , comme dans les fièvres typhoides , les principaux moyens thérapeutiques , mis en usage dans cette période , consistent dans les toniques , et ont été dirigés contre l'altération du sang ; c'est ainsi que, dans les deux cas, on a conseillé l'usage des chlorures, de l'acétate d'ammoniaque, des évacuans , des révulsifs , des boissons abondantes et humectantes, des soins moraux, d'une propreté extrême, et en particulier contre la forme adynamique, du quinquina, du vin et des chlorures ; et, contre la forme ou l'état ataxique, des révulsifs, des bains et des antispasmodiques.
Article III. Traitement dans les dernières périodes (de rémission ou d'exacer'uation
et de la convalescence).
Anal. L'usage du vin, des toniques, d'un exercice modéré, et des moyens thérapeutiques que réclament les accidens, suites et complications dont nous avons parlé précédemment (section l r % article 2), font également partie du traitement du typhus et des fièvres typhoïdes arrivés à leurs dernières périodes.