Chapitre I er . Causes des fièvres typhoïdes
Les causes des fièvres typhoïdes peuvent être déterminantes , occasionelles, spécifiques ou contagieuses. Les causes déterminantes, suivant M. Chomel (1), nous sont complètement inconnues ; et il faut avouer qu'il en est quelquefois ainsi pour les causes occasionelles ou secondaires , puisque , dans un grand nombre de cas , on ne peut accuser aucune cause antécédente connue. Nous allons successivement passer en revue les diverses conditions de développement qui se rapportent à l'âge , au sexe, au tempérament, à la constitution, à la profession, aux lieux
(1) Leçons sur la fièvre typhoïde, Paris, 1834 , p. 30fr et suiv.
et habitation , à la température et à la saison , à la nourriture ., aux affections morales et aux passions, enfin, à la contagion.
S 1 er - Influence de l'âge. La jeunesse semble être une condition de développement pour les fièvres typhoïdes : on a même avancé que l'aptitude à les contracter commence à 12 ans ; cependant M. Bretonneau a observé la dothinentérie sur un enfant de 4 ans ; et il n'est pas rare , à l'hôpital des enfans malades de Paris, de l'observer à 4, 6, 8 et 10 ans. D'un autre côté, les vieillards n'en paraissent point exempts; c'est ainsi que MM. Petit et Serres (1) ont vu succomber à la fièvre entéro-mésentérique un homme de 60 ans, que j'y ai également vu succomber une femme de 65 ans (2) , et que M. Andral a aussi vu reparaître la maladie après 70 ans (3) ; mais , suivant cet auteur , la fièvre adynamique , chez les vieillards , reconnaît rarement pour cause la dothinentérie.
Quoi qu'il en soit, c'est surtout de 20 à 30 ans qu'on a constaté la plus grande fréquence des fièvres typhoïdes (Andral) : c'est ainsi que, sur 88 sujets, 54 avaient de 20 à 30 ans (Louis) ; 91, sur 117, avaient de 18 à 30 ans (Chomel); sur les 74 malades que j'ai observés , 43 avaient également de 20 à 30 ans (4). Quant à la cause de cette prédilection de l'affection typhoïde pour l'âge de 20 à 30 ans , nous dirons qu'elle nous est inconnue, à moins qu'on ne veuille l'attribuer à ce que les sujets de cet âge se trouvent plus particulièrement exposes aux autres conditions de développement de la maladie.
S IL Sexe. M. Louis n'a remarqué que peu ou point de différences dans l'influence des sexes (5). Il semblerait, d'après les
(1) Traité de la fièvre entèro-mèsentèrique , 1813, p. 128.
(2) Voy. l'Appendice, obs. 52.
(3) Clin, méd., tom. III , 2 e édit., p 451 et 452.
(4) Voy. dans l'appendice les obs. 1 , 2 , 3 , 7, 10 , 1 1 , 13', 16 , 17, 20 , 21 , 26, 29,31, 32, 33, 35, 37, 40, 43, 50, 51, 57, 63, 65, 66, 67,68, 69,72, 74.
(5) Recherches sur la fièvre typhoïde , Paris, 1829, t. 2 , p. 455 et suiv. '
faits que j'ai rapportes , que les hommes sont plus prédisposés , puisque , sur ces 74 malades , il n'y a eu que 8 femmes (obs. 4 , 6 , 8 , 9 , 18 , 22 , 28 , 52 ). Les relevés pris dans les divers hôpitaux de Paris tendent au même résultat ; mais on ne peut regarder cette conséquence comme rigoureuse , si l'on remarque que ces relevés ne portent pas sur un nombre égal d'individus des deux sexes observés pendant un temps donné , qu'on reçoit en général plus d'hommes que de femmes dans les hôpitaux , et qu'enfin celles-ci sont bien moins exposées que les hommes à changer de lieux et de manière de vivre , circonstance qui coïncide surtout avec le développement de la maladie, ainsi que nous le dirons bientôt.
On a obtenu , à Londres , des résultats tout-à-fait opposés : c'est ainsi que sur 521 fiévreux observés en 1828 et 29 dans les hôpitaux de Londres par le docteur Twœdie (1), il y avait 227 hommes et 294 femmes ; et ces différences semblent bien dépendre de circonstances secondaires ou nécessaires, puisque on ne reçoit pas indifféremment dans les hôpitaux de Londres tous les malades qui se présentent et que les femmes jouissent d'une plus grande protection pour y être admises , tandis qu'à Paris on y reçoit facilement tout le monde.
§ III. Tempérament, constitution. D'après les recherches de M. Louis, les individus doués d'une constitution forte ou faible sont également prédisposés ; une constitution affaiblie par le besoin, la misère, des vices de régime, des évacuations excessives, des maladies antérieures, des travaux au dessus des forces., etc., sont, suivant Pinel, une condition fâcheuse de développement. Le tempérament sanguin est surtout cause occasionelle d'après les recherches comparatives de MM. Andral et Bouillaud (2).
S IV. Professions. M. Louis n'a remarqué que peu ou point de différences entre les professions très-fatigantes et celles qui
(1) Gazette médicale , 1833, tom. I, n tt 39.
(2) Clinique médicale de l'hôpital de la Charité, Paris, 1837, t. 1, p. 324 et suif,
offrent des conditions opposées : des 74 malades que j'ai observes les maçons, les domestiques, les journaliers, les tailleurs d'habits, étaient les plus nombreux.
S V. Lieux , habitation , acclimatement. Le défaut d'aération joue ici un rôle important • c'est ainsi que sur 38 cas d'entérite typhoïde, M. Piorry a constaté 35 fois qu'il y avait eu encombrement ou habitation dans un lieu mal aéré (1) : aussi admet-on généralement que la fièvre typhoïde règne surtout dans les grandes villes, les camps, les prisons, les hôpitaux encombrés, les lieux bas et humides, en un mot, partout où existe une grande réunion d'hommes sains ou malades, surtout au milieu d'un air vicié et non renouvelé ; mais en établissant le parallèle , sous le rapport de ces causes , entre le typhus et les fièvres typhoïdes , nous aurons occasion de revenir sur ce point.
Ainsi que l'ont remarqué MM. Petit et Serres , l'habitation récente dans une grande ville , dans Paris par exemple , a une grande influence sur le développement de la fièvre entéro-mésenterique : ainsi on a remarqué que, parmi les élèves en médecine, ce sont toujours ceux de première année ou nouvellement arrivés à Paris qui en sont atteints ; suivant M. Louis, cette habitation récente dans une grande ville semble presque constamment précéder le développement de la fièvre typhoïde; M. Andral a constaté la même chose , mais il a remarqué aussi que la maladie peut se développer sans cette circonstance (2); M. Chomel a trouvé que , sur 92 cas , il y en avait 64 où les individus étaient à Paris depuis moins de deux années (3) ; enfin , sur 63 cas, dans lesquels j'ai moi-même noté la durée du séjour à Paris, j'ai trouvé que dans 42 cette durée était au dessous de deux années (4).
(1) Clinique de l'hôpital de la Pitié, Paris, 1835, in-8, p. 178.
(2) C'est ce que nous avons nous-même constaté. (Voir l'obs. 52 dans l'appendice.)
(3) Leçons sur la fièvre typhoïde , p. 312.
(4) Voy.dans l'appendice les obs. 2, 3, 4, 5, 7, 9, 10, 17, 19, 20, 21,22, 23,24,
S VI. Saisons , température. L'insolation , l'impression du froid pendant une chaleur excessive , les impressions délétères d'émanations miasmatiques ou putréfiées , ont encore été regardées comme autant de causes des fièvres typhoïdes (1). Rœderer et Wagler, dans leur description de la maladie muqueuse (qui ne différait point anatomiquement de l'une de celles que nous étudions), ont noté avec soin l'influence de la saison froide et humide. Sur 521 cas de fièvres continues observées à Londres en 1828 et 1829 par le docteur Twœdie , il s'en est trouvé 277 d'octobre à avril , et 244 seulement d'avril à octobre. Il résulte de même des 74 faits que j'ai rapportés que 55 fois la maladie 7 s'est déclarée pendant les trimestres d'automne et d'hiver.
g VII. Nourriture. L'usage des eaux et des alimens de mauvaise qualité , des aromates ; les excès de table , ont été regardés comme favorisant le développement de la maladie; il en est de même des alimens grossiers qui laissent beaucoup de résidu lequel irrite les parois intestinales.
On a déjà cité plusieurs fois ce fait de l'auteur anglais Stark qui , voulant apprécier les effets du régime alimentaire , ne vécut pendant environ six semaines que de pommes de terre et d'eau et qui fut pris , au milieu de cette alimentation exclusive et des études anatomiques auxquelles il se livrait avec ardeur, de dothinentérie dont il mourut à l'âge de 29 ans.
L'alimentation insuffisante a donc encore été considérée comme cause productrice de la maladie; mais il en est très-rarement ainsi puisque , sur 1 1 5 cas , M. Chomel n'a constaté que 5 fois l'insuffisance ou la mauvaise qualité de l'alimentation ; il faut remarquer, d'un autre côté , que les temps de disette et de dé-
(1) Cependant nous manquons de preuves fondées sur la statistique pour établir l'influence des émanations cadavériques sur le développement de la fièvre typhoïde chez les éiudians en médecine.
tresse générale agissent tout autant peut-être en mettant le moral des individus dans des conditions défavorables.
§ VIII. Affections morales , passions. Les chagrins, bien que, sur 155 cas, M. Chomel n'ait constaté que 4 fois l'influence des afifections morales tristes ; les excès dans les plaisirs de l'amour, les veilles , les études opiniâtres et prolongées , les renversemens de fortune, la nostalgie, etc., sont encore des causes fâcheuses de développement. A ces diverses causes, on doit joindre les fatigues qui résultent de travaux physiques immodérés.
§ IX. Causes spécifiques, contagion. Faut-il reconnaître aux fièvres typhoïdes le caractère contagieux? C'est un des points les plus importans de l'histoire de ces maladies , qui semble au premier abord pouvoir être facilement élucidé par l'observation , et qui cependant partage encore actuellement les meilleurs esprits : c'est ainsi que, rejetée par MM. Andral , Bouillaud , Rochoux et la majorité des médecins français , la contagion , dans ces maladies , est défendue avec chaleur par M. Bretonneau, généralement admise à Londres par MM. Elliotson, Twœdie , Marsh, et à Munich par M. Schultz ; si quelques auteurs, en particulier M. Chomel, restent dans le doute sur ce sujet , d'autres , tel que M. Louis , n'en parlent d'aucune façon: dans une question si débattue et en même temps si obscure , exposons avec exactitude et impartialité les argumens pour et contre la contagion.
Grant, De Haen , Sydenham , Stoll, Pringle, Vuzer, Lancisi , Lind , nous ont laissé sur cette question des données importantes, mais qui nous semblent plutôt applicables à l'étiologie du typhus.
On sait que M. Bretonneau est venu tout exprès de Tours à Paris (1) développer devant l'Académie royale de médecine ses
(1) Ed 1829 ; voy. arch. gén. de médecine , tom. XXI , p. 57 , notice sur la conta gion de la dothinentérie.
argumens à l'appui de la contagion de la dothinentérie ; mais bon nombre d'auteurs recommandables rejetèrent les argumens du médecin de Tours. Comment donc la dothinentérie pourrait-elle devenir contagieuse? Les maladies contagieuses , en général, n'ont que les quatre modes suivans de propagation (1) : l'atmosphère, le contact, le frottement et l'application, l'inoculation ou l'insertion. Or, a-t-on vu les fièvres typhoïdes se transmettre exclusivement par un ou plusieurs de ces différens modes ? Quel serait donc ici le mode de transmission de la contagion ? Quelles seraient les circonstances qui la favorisent ? Quelle est la durée de l'incubation?
Le contact médiat ou immédiat, l'air atmosphérique , tels sont les deux modes de transmission qui semblent le plus favorables ; mais que de faits d'une observation journalière viennent à rencontre de ces deux suppositions ! et d'abord quel est le médecin qui a vu dans les hôpitaux la maladie se propager aux individus voisins de celui qui en est affecté , aux individus même qui gisent dans le lit où quelquefois peu d'heures auparavant un dothinentérique vient de rendre le dernier soupir ? On a répondu à cela que cette maladie ne survient peut-être jamais pendant le cours ou dans la convalescence d'une autre affection aiguë (2) , mais voit-on la maladie passer des malades aux médecins , aux élèves en médecine, à ceux qui viennent les visiter, aux gens de service? Elle n'est donc pas contagieuse dans les hôpitaux. Dira-t-on (3) qu'il en est ainsi à cause de la salubrité et de la grande propreté de nos hôpitaux de Paris et à cause du nombre restreint des malades atteints de fièvre typhoïde qu'on y reçoit , de même qu'on m'observe que peu ou point d'exemples de contagion dans les salles où il n'existe qu'un petit nombre de malades varioleux,
(1) Voy. p. 56 du rapport de M. Dupuylren fait en 1825 à l'Académie des sciences sur la fièvre jaune de Barcelonne.
(2) Grisolle, Thèse sur Vinfection , 183S.
(3) Chomel , Leçons sur la fièvre tjphoide , p. 320 et suiv.
rougeoleux ou scarlatineux? C'est ainsi, dit-on , que des cas de contagion se sont offerts dans les hôpitaux des fiévreux de Londres , d'Edimbourg et de Dublin , toutes les fois que les fiévreux y étaient réunis en grand nombre; mais outre qu'il n'est pas prouvé que dans ces établissemens la salubrité et la propreté fussent aussi bien observées que dans les hôpitaux français , est-il bien certain , les médecins anglais ne connaissant pas parfaitement l'altération anatomique des fièvres typhoïdes, qu'il s'agissait réellement alors de ces maladies (1)? N'est-il pas plus vraisemblable , au contraire , qu'on avait sous les yeux des cas de typhus dont les causes de développement existaient alors (l'encombrement) ? Dira-t-on encore que si la contagion n'est pas sensible dans les hôpitaux , c'est qu'on n'examine pas assez les malades sous ce rapport? Mais M. Chomel , sur 117 cas,, n'en a constaté que cinq en faveur de la contagion.
Les fièvres typhoïdes sont-elles davantage contagieuses dans les grandes villes, à Paris , dans les hôtels garnis où , comme en ont été maintes fois les témoins MM. Chomel , Andral et Bouillaud , des élèves en médecine veillent jour et nuit leurs amis malades? Aucunement : à moins qu'on ne dise comme M. Bretonneau (2) « que c'est parce qu'elle ( la dothinentérie ) s'y montre »(à Paris) sans interruption, que la contagion reste inaperçue » à Paris. » Aucun praticien, cependant, ne croit au caractère contagieux de la dothinentérie dans cette dernière ville : elle est, au contraire, contagieuse à Tours et à Paris suivant MM. Gendron et Bretonneau. Il faut donc nécessairement , comme la dit M. Andral , qu'il y ait erreur de la part des médecins de Tours ou de ceux de Paris.
Un autre mode de propagation de la fièvre typhoïde , si elle était contagieuse , serait la viciation atmosphérique due aux émanations des individus qui en sont affectés ; mais si MM. Breton-
(1) Chomel , ibidem , p. 328 et 333.
(2) Arch.gén. demidecine^ tom. XXI, p. 63.
neau dans les environs de Tours , Gendron dans les alentours de Château-du-Loir (I), Leuret à Nancy, Navières à Saint-Martindes-Chamns , Ruef à Bisliofsheim (Bas-Rhin ) , ainsi que les me- I decins de l'Ecole militaire de la Flèche et les auteurs de nombreux rapports adresses à l'Académie royale de médecine, ont observé des épidémies de dothinentérie ; si cette maladie semble se propager, dans certaines circonstances , par une contagion spéciale, modifiée, existant à un faible degré, et par le concours de circonstances encore mal déterminées (2) ; si , dans quelques cas , on y a vu succomber les parens et les amis qui entouraient des ma- \ lades , ou qui , arrivant de loin , en étaient pris sitôt leur arrivée près de ceux-ci ; si, enfin, la maladie, décrite par Roederer et Wagler, a semblé, dans quelques cas , contagieuse (3) , c'est qu'alors, sans doute , existaient , comme l'a fait remarquer M. Rochoux (4) , la plupart des causes qui développent le typhus , ou bien la maladie était épidémique , sans qu'il fût prouvé qu'elle était contagieuse ; et l'on sait, de reste , combien il est difficile de distinguer la contagion de V infection dans les localités où sévit une maladie sur un grand nombre d'individus à la fois.
On a dit que si les parens , les amis ou les autres personnes qui entourent les malades atteints de fièvre typhoïde, en sont à l'abri , c'est qu'ils ont déjà eu cette maladie , dont une première attaque garantit d'une seconde (Gendron), ou qu'ayant dépassé l'âge favorable à son invasion, ils ne sont pas aptes à la contracter; mais d'abord , il y a des faits qui prouvent que la fièvre typhoïde peut attaquer plusieurs fois le même individu , et M. Chomel avoue lui-même qu'il peut en être ainsi , de même que cela a été observé dans les épidémies de fièvres exan thématiques (variole, rougeole, scarlatine); combien, d'un autre côté, de personnes
(1) Bulletin de V Académie royale de médecine. Paris, 1838, 1001. H, p. 869.
(2) Chomel, l.cit , p. 339.
(3) De morbo mucoso , Gœttingue , 1765 , p. 54.
(4) Joum. itniv. et heb lomadaire de médecine, tom. VII, p. 504 et SUÏV., quelques
réflexions sur le lyphus, la dothinentérie, le choléra-morbus et leur contagion.
qui n'ont jamais été atteintes de cette maladie , qui n'ont pas dépassé l'âge apte à la contracter , et qui en sont cependant exemptes tout en s'y exposant sans réserve auprès de leurs parens ou amis malades !
Un autre argument , en faveur de la contagion de ia dothinentérie, repose sur sa ressemblance avec la variole, sur la similitude de la nature de l'éruption dans ces deux maladies (Bretonneau et ses élèves ) , avec cette différence , cependant , que , dans la variole , l'éruption est à l'extérieur, tandis que , dans la dothinentérie , elle a lieu sur la muqueuse intestinale ou peau rentrée; mais cette comparaison de l'éruption intestinale , dans la fièvre typhoïde avec l'éruption varioîique, comparaison déjà faite par MM. Petit et Serres, et, avant eux, par Lecat (1), repose peut-être plutôt sur la forme que sur la nature de l'éruption dans les deux cas ; puisque , comme l'a fort bien établi M. Rochoux , il y a , dans la variole , formation de pustules , dans la dothinentérie , au contraire, simple engorgement inflammatoire des follicules. Ce qui établit, du reste, une différence capitale entre ces deux maladies , c'est que la dothinentérie n'a pas , comme la variole , son moyen spécifique , préservatif.
On a prétendu , les partisans de la contagion eux-mêmes , qu'il faut vine prédisposition pour être atteint de fièvre typhoïde , puisque l'on ne tombe pas malade , par cela seul qu'on s'y expose (2) ; mais les non-contagionistes répondront que cette prédisposition à recevoir l'influence de la contagion n'est que la prédisposition à contracter la maladie elle-même, et qu'il faut admettre une prédisposition pour toutes les maladies.
On pourrait, enfin, soutenir que la fièvre typhoïde est contagieuse en la considérant comme étant de même nature que le typhus ; or, l'identité de nature de ces deux maladies n'étant nulle-
(1) Recueil d'obs. de médecine, tom. I, par Richard de Hautesierch. Citation de MM. Petit et Serres.
(2) De entero-mesenteritide contagiosâ , auctore Car. hen. Schultz , Monachii ,
ment prouvée , ainsi que nous le verrons plus bas , cet argument ainsi présente' est un véritable cercle vicieux. Attendons donc de nouvelles recherches et de nouvelles preuves pour établir la contagion de la fièvre typhoïde ; disons , toutefois , que de ce qui précède ressortent des données importantes à l'appui des analogies qui peuvent exister, sous le rapport des causes , entre le typhus et les fièvres typhoïdes.