LIVRE III
que sures substituèrent, comme par enchantement, dans nos finances Tordre à Tanarcliie, l'abondance à la pénurie du numéraire, et firent de la France, en peu d'années. Tune des nations les plus riches et les mieux administrées de l'Europe.
La Restauration et le gouvernement de Juillet mirent à profit Tœuvre de Napoléon P"" et ne la modifièrent que pour fortifier le contrôle législatif et celui de la Cour des comptes.
La révolution de 1848 arrêta subitement les progrès de la prospérité publique. Le nouveau gouvernement se vit contraint de recourir aux mesures les plus désastreuses , de grever la propriété foncière d'une énorme contribution et d'aliéner le dépôt sacré des fonds des caisses d'épargne. Le peuple réuni dans ses comices appela à son aide Théritier de celui à qui il avait dû son salut au commencement du siècle. P^orcé d'abord, par une constitution jalouse, de ne lui conférer qu'une autorité restreinte, il l'investit, trois ans plus tard, d'un pouvoir dictatorial. Sa confiance fut pleinement justifiée : jamais la nation française n'a été plus puissante et plus prospère que pendant la durée du gouvernement personnel de Napoléon III inauguré en 1852.
Après ce rapide exposé de la situation des finances sous les divers régimes qui se sont succédé avant le 1*' janvier 1870, passant à l'étude du budget, nous avons rappelé qu'il se divisait, sous le second Empire, en budget ordinaire, budget extraordinaire, budget sur ressources spéciales et budget de l'amortissement. Nous avons expliqué toutes les phases que ces budgets subissaient depuis leur préparation jusqu'au règlement définitif des recettes et des dépenses réalisées, ainsi que les garanties multiples qui protègent les intérêts du Trésor et de tous les ayants droit contre les détour-
nements des comptables et les abus que pourraient commettre les ordonnateurs.
Nous nous sommes attaché, en même temps, à faire connaître l'origine des impôts, les dispositions principales des lois qui les ont fondés, et leur produit d'après des chiffres empruntés aux exercices 1851 et 1869, et remploi de ce produit et des autres ressources budgétaires qui permettent à TÉtat de satisfaire à tous ses engagements et d'assurer la marche des services publics.
Nous terminerons ici cette étude abrégée de nos institutions financières. Elle nous paraît suffisante pour en donner une idée générale et faciliter l'examen approfondi des budgets. C'est Tunique but que nous nous sommes proposé.