‹ Des finances françaisesChapitre 28 sur 156 · REPUBLIQUE DE · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE DE

Lti révolution de 184^8 fit éclater une crise encore plus grave que celle de 1830.

Le nouveau gouvernement, pour suppléer à la disparition presque totale du numéraire, fut contraint de s'emparer des fonds que de pauvres déposants avaient confiés aux caisses d'épargne, d'exiger de la Kanque de France un prêt de 150 millions, en ordonnant le cours forcé de ses billets, et d'accabler la propriété foncière sous le poids d'une contribution de quarante-cinq centimes, établie non-seulement sur le principal, mais encore, cliose sans exemple, sur les centimes additionnels.

Nous nous dispenserons d'exposer en détail les désordres financiers de cette époque. Nous nous bornerons à transcrire les principaux passages du rapport présenté par M. le marquis d'Audiff'ret, dans la séance du Sénat du 17 juin 1852, sur les comptes du budget de 1848.

ce La commission que vous avez chargée de préparer votre délibération sur le projet de loi qui a pour ol)je Tapurement et la clôture du budget de 1848, s'est demandé s'il était de son devoir de dérouler sous vos yeux le tableau des désordres politiques et financiers qui ont si dangereusement attaqué et compromis, pendant l'année 1848, le revenu public, le crédit de l'État, Tagricullure, le commerce, l'industrie, enfin tous les droits et tous les intérêts d'une société fatalement surprise et entraînée à sa ruine par les violences et les égarements de Fanarchie.

ce Nous nous sommes également consultés pour savoir s'il nous appartenait de présenter au Sénat des censures

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ou des mesures de rigueur contre les abus et les dilapidations remarqués dans l'emploi des deniers du Trésor, qui ont été livrés trop fréquemment, en 1848, aux exigences des fauteurs de troubles et aux nécessités dispendieuses du salut public; s'il fallait, une fois de plus, montrer pour renseignement de Tavenir cette révolution nouvelle de 1818, faite au nom du progrés et de l'économie, déniant, à son début, toutes les grandes vérités conquises par le savoir et par Texpérience, pour nous faire rétrograder vers les théories décevantes d'une ignorance présomptueuse, en même temps qu'elle imposait aux populations appauvries par la stagnation des affaires des dommages incalculables, un budget de près de 1 ,800 millions, une deite inscrite incessamment progressive, des charges nouvelles d'autant plus accablantes qu'elles tarissaient les sources de la richesse nationale ; enfin, si nous devions vous représenter encore ce pouvoir révolutionnaire ne s'arrêtant dans son hostilité contre la puissance à ses yeux trop aristocratique des capitaux mobiliers et immobiliers que devant l'opposition du pouvoir législatif, et ne se modérant dans l'emploi des fonds de l'Etat que devant la vigilance des contrôles de la comptabilité publique et des responsabilités personnelles qui défendent les caisses du Trésor contre l'arbitraire et le défaut de justification des créances ordonnancées.

Voici quels ont été les principaux résultats de l'exercice 1848 :

I^es dépenses du budget de 1847 avaient été de 1,009,568,041 francs ; celles du budget de 1848 se sont élevées à 1,757,51)4,873 francs. Excédant des dépenses de 1848 sur celles de 1847, 148,026,734 francs, charge d'autant plus lourde qu'elle coïncidait avec une diminution de 167 millions sur le produit des contributions indirectes, preuve manifeste du malaise imposé

LIVKE PREMIER.

à la population par la crise industrielle et commerciale.

L'aiénement du prince Louis-Napoléon à la présidence de la République devint le signal de la reprise des affaires, mais ne put remédier qu'en partie aux embarras financiers que lui avait légués le gouvernement de 1848 : les budgets de 1849, 1830 et 1851 présentèrent en totalité un excédant de dépenses sur les recettes s'élevant à la somme de 355,752,848 francs.

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