DU SECOND EMPIRE
SITUATION DES FINANCES AU l" JANVIER 1852-
La constitution du 14 janvier 1852, quoique conservant au prince Louis-Napoléon le titre de président de la République, lavait en réalité investi de toutes les pérogatives attachées à la dignité impériale. L'article 58 de cette constitution Tautorisait même à cumuler Texercice du pouvoir législatif avec celui du pouvoir exécutif, jusqu'à la réunion des grands corps de TÉtat. Nous ne saurions, dès lors, séparer Tadministrcition financière de 1852 de celle du second Empire, quoiqu'il n'ait été rétabli que par le plébiscite des 21 et 22 novembre, même année.
Quelle était à cette époque la situation des finances, du commerce et de l'industrie?
Le budget de 1851 avait été clos avec un déficit de 100,728,8G8 francs. La dette consolidée s'élevait à 230,768,863 francs, etla dette flottante à 615 millions.
Les recettes de TÉtat n'avaient atteint que le chiffre de 1,360,988,272 francs.
Tous les grands pays de l'Europe avaient devancé la France dans le développement des voies ferrées. Elle n'avait en exploitation que 3,544 kilomètres donnant un revenu brut de 135 millions.
Notre commerce extérieur , à Timportation et à Texportation, ne se montait qu'à 2,019,000,000 francs.
L'insuffisance de nos forces militaires nous avait réduits à la triste nécessité de subir notre exclusion du concert européen dans la question d'Orient, et plus tard Tenvahissement du Piémont par l'Autriche.
Fallait-il, pour ne grossir ni le budget ni la dette de l'Etat, conserver cette infériorité à l'intérieur et à Fétranger, ou bien ne pas craindre, à l'exemple de TAngleterre, d'augmenter et la dette elles dépenses publiques pour conquérir une légitime influence dans nos relations internationales et imprimer une impulsion féconde à l'agriculture, au commerce et à l'industrie?
Dans cette alternative, le choix ne pouvait être douteux pour le successeur de A^apoléon I". Néanmoins, jaloux de concilier ces grandes lues avec Tamélioration de nos finances, il profita de la période dictatoriale pour prendre une mesure qui devait atténuer la dette de l'Etat, sans porter atteinte à ses engagements, et qui, malgré ses incontestables avantages et sa légalité , avait échoué sous le régime parlementaire, devant l'opposition persistante des Chambres.