LIVRE II. :^-S
5 pour 100 Toption entre le remboursement du capital à raison de 100 francs par chaque 5 francs de rentes, ou une autre inscription de rentes 4? 1/2 pour 100, garantie contre le remboursement pendant dix ans.
Cette opération paraissait trcs-liasardeusc ; elle rencontra une vive opposition dans le conseil des ministres, et ne fut décidée que par la volonté formelle du prince. Sans doute, elle avait pleinement réussi en Angleterre. Dés 1715, sous le ministère de Robert Walpole, la Chambre des commîmes avait réduit à 5 pour 100, et deux ans plus tard à 4, Tintéret des sommes que rÉtat avait empruntées à 6 pour 100. Les rentiers acceptèrent sans se plaindre et sans exiger le payement du capital, des mesures qui leur causaient un si grave préjudice : une longue pratique des transactions commerciales leur avait enseigné que le taux de Tintérêt varie en raison de l'abondance et de la circulation des valeurs. On ne trouvait point injuste que le Trésor ne voulût pas continuer h supporter un intérêt de 5 et de
6 pour 100, alors que de grandes compagnies offraient de lui fournir, au taux de 4 pour 100, les sommes qu'exigeait le rachat intégral de la dette.
Le gouvernement français pouvait-il espérer la même résignation de la part de ses créanciers et les mêmes ressources de crédit, au sortir d'une révolution qui avait ébranlé toutes les fortunes et même arrêté la restitution des fonds des caisses d'épargne?
Le cours moyen de la rente 5 pour 100, qui, en 1851, avait été de 93 francs, et s'était même abaissé en novembre à 89 francs, venait de monter à 103 francs; la plus légère secousse financière aurait suffi pour la faire descendre au-dessous du pair : en ce cas, les demandes de remboursements auraient afflué de toutes parts. On se serait trouvé dans Timpossibilité absolue d'y satisfaire, puisqu'il s'agissait de convertir
:îg des finances françaises.
1 75, G6i, 010 francs de rentes, dont le capital excédait 3 milliards et demi. Si cette entreprise colossale échouait, quel début désastreux pour le prince à qui la nation venait de donner une preuve si éclatante de confuince en le rendant seul arbitre suprême de ses destinées ?
LMmmense majorité obtenue dans le vote du plébiscite des 22 et 23 décembre 1851, les progrès rapides du crédit et la reprise des affaires, qui en avaient été la conséquence immédiate, déterminèrent le prince à braver ce péril.
Le. succès justiGa son attente; les remboursements réclamés ne s'élevèrent qu'à 7,973,307 francs de rentes. Il n'y eut dès lorsà payer que 159,466, 140 francs^ Les renies ,5 pour 100 converties en 4 1/2 pour 100 étant de 107,672,703 francs, le Trésor bénéficia de 17,564,401 francs en intérêt, et de 351 ,368,020 francs en capital.
Le décret qui ordonna cette transformation de titres d'une valeur de près de 3 milliards et demi, fut enveloppé, jusqu'à sa publication officielle, du secret le plus absolu; son exécution ne donna lieu à aucune plainte, ne suscita même aucune critique. Le baron James de Rotslichild avoua que c'était la seule grande opération financière qu'il n'eût point connue d'avance.
Une autre mesure financière de la plus haute importance signala la période dictatoriale. Le budget de 1852 n'avait été voté que partiellement par l'Assemblée