CONCLUSION
A la suite de cet exposé, dont tous les chiffres ont été extraits de documents officiels, nous pouvons apprécier en pleine connaissance de cause l'administration financière du second Empire à partir du l'^' janvier 1852, jour où a commencé le gouvernement personnel de Napoléon III, jusqu'au 1®' janvier 1870, où ce gouvernement a été remplacé par le régime parlementaire.
Nous remarquerons d'abord que pendant cette longue période on n'a eu à regretter aucune infraction grave dans le recouvrement des deniers publics, aucun détournement de fonds préjudiciable au Trésor, dont les intérêts ont toujours été sauvegardés par les garanties multiples qui les protègent contre l'infidélité des ordonnateurs et des comptables.
Quels ont été les résultats de cette administration sur la fortune nationale? En 1851 , la dette consolidée était de 230,768,222 fr.
Et la dette flottante do 615,000,000
Eu 1869, la dette consolidée s'élevait à 347,398,800
Et la dette flottante à 921,000,000
Accroissement de la dette consolidée 116,625,578
Et de la dette flottante 306,000,000
Augmentation totale en capital, environ deux milliards et demi.
78 DES FIXAXCES FRANÇAISES.
Comparons-la à celle des revenus de l'Etat :
1** Principal des contributions directes :
En 1851 268,577,023 fr.
En 1869 332,439,520
Différence en plus 63,862,495
2'' Impôls indirects :
En 1851 743,728,320
En 1869 1,325,605,014
Différence en plus 581,876,784
Augmentation totale des
revenus de 1851 à 1869 .... 645,739,279
qui suffisaient pour rembourser, en moins de six ans, la dette nouvelle, capital et intérêts.
Avons-nous besoin de rappeler que ce résultat n'est point dû à l'aggravation des impots? En inaugurant le nouveau système commercial, le gouvernement a réduit l'impôt des douanes de plus de 100 millions par le dégrèvement des laines et des cotons à leur entrée en France, et la réduction des taxes sur les denrées coloniales. Il a été constaté par les commissions du budget et déclaré plusieurs fois à la tribune du Corps législatif, sans rencontrer de contradicteur, que les charges nouvelles créées par le gouvernement impérial ont été largement compensées par la réduction des impots existants. Ces 645 millions, ajoutés aux revenus de rÉtat , ne proviennent que de raccroissement prodigieux de la fortune publique et privée, sous un régime qui en a fécondé tous les éléments. Plus de 1,800 millions, prélevés sur les emprunts et sur les ressources annuelles des budgets, ont été affectés à la construction des chemins de fer, du réseau télégraphique, à Tamélioration des routes, des ports, des canaux.
Nous avons dit qu'en 1851, les voies ferrées en