‹ Des fonctions et des maladies nerveuses dans leurs rapports avec l'éducation sociale et privée, morale et physique [electronic resource]Chapitre 11 sur 41 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

seiisorial, iiitellecUiel et locomoteur. La méthode matérialiste qui a égaré ces physiologistes avail égaré Cabanis kii-môme, à ce point que l'influence du moral sur le physique, ou des idées sin* l'organisme, exposée en (juelques pages seulement dans son livre, se réduit à une application pure et simple de la doctrine des sympathies cérébrales. « C'est cela, dit-il, et ce ne peut être rien de plus. »

Couîme on le voit, l'analogie de noti'e doctrine avec celle de ce célèbre physiologiste ne s'étend pas très-loin. Si nous aimons n abiiter sous l'autorité de son nom ce qu'elles ont de commun, nous nous devons ;i nous-même, nous devons à nos confrères fexposé <les principes qui les séparent.

L'élément affectif, disons-nous, est fourni par l'appareil ganglionnaire-viscéral. Cet élément se présente sous deux formes distinctes : sous la forme sensuelle des appétits, et sous la forme sentimentale des désirs et des passions. Les appétits disposent d'appaieils spéciaux, doués chacun d'un sens également spé' ial. Les désirs, les passions, ne disposent que d'un appareil commun, siège de l'émotion, et chacun d'eux est privé d'un sens spécial. Aussi les premiers peuvent se manifesier sans l'intervention de l'intelligence, sans l'intervention même du cerveau, ainsi que cela a lieu pour l'enfant né anencéphale; tandis que les seconds ue se manifestent

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que par le concours des idées, et réclament iinpérieusuinent l'intervention cérébrale. I.es senlinienis, les désirs, les passions, sont donc des phénomènes complexes, à la fois affectifs et intellectuels. Dire d'un sentiment qu'il est le produit d une modification viscérale ou ganglionnaire, c'est enfouir l'élément intellectuel du sentiment dans les régions obscures delà vie de nutrition, comme d'autres en introduisent l'élément affectif dans les régions élevées de la vie intellectuelle. Là commence l'énormité qui nous fait rejeter l'enseignement de Cabanis, renouvelé pai' Bichat, comme nous rejetons celui de Gall, renouvelé par Georget. Mais voici Terreur fonda- ' mentale sur laquelle roule tout le système, et contre laquelle nous nous élevons avec toute l'énergie de notre conviction.

Si, d'après Cabanis, l'influence du moral sur l'organisme n'est autre chose que la réaction sympathique du cerveau sur les viscères, que devient l'influence de l'organisme sur le moral? La réponse est facile ; ce sera tout simplement la réaction sympathique des viscères sur le cerveau. « C'est cela, et ce ne peut être rien de plus. » Les désirs, les sentiments, les passions de l'homme, et les actes qui les manifestent ou qui concourent à les satisfaire, se trouvent ainsi proclamés comme le résultat d'un mécanisme qui se meut obscurément, sans con-

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