CONCLUSION ET RÉSUMÉ ANALYTIQUE DU CHAPITRE PREMIER
L La société est dépositaire d'un enseignement traditionnel, source des notions indispensables à la manifestation de la vie humaine.
IL Le langage et les institutions sociales sont l'élément fondamental de toute direction éducatrice ; c'est
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par le langage et par les institutions sociales que l'en' seignement traditionnel, dont la société est en possession, peut être reçu et transmis, distribué et appliqué dans l'éducation publique et privée, morale et physique.
III. La manifestation, par les actes, de la virtualité morale et intellectuelle qui est en nous, réclame, pour avoir lieu, le concours de la société et celui de l'appareil encéphalique. L'un et l'autre ne sont possibles que par l'intervention du langage parlé ou figuré dont l'homme dispose, soit pour être enseigné, soit pour déterminer les opérations cérébrales indispensables à la production de ses actes moraux et intellectuels. Le nombre et l'étendue de ces opérations sont en raison directe du nombre et de l'étendue des idées représentées par le langage.
IV. Les opérations cérébrales, chez l'homme, correspondent à trois ordres d'excitations et s'alimentent à trois sources. Ce sont : 1° les excitations instinctives ou ganfjlio-cérébrales ; T les excitations sensoriales ou physico-cérébrales ; 3" les excitations spirituelles ou psi/cho-céréhrales. Ces dernières sont le résultat de l'enseignement par le langage.
V. Les opérations cérébrales, déterminées par le langage, sont nécessaires, non-seulement â la production des phénomènes de la vie animale, mais encore à la production des phénomènes généraux de la vie organique. Par elles le système nerveux en général et l'appareil encéphahque en particulier acquièrent l'évolution nécessaire à l'harmonie des fonctions, à l'énergie des
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relations sympathiques, nécessaire même au développement régulier des autres systèmes et des autres appareils de l'organisme.
VI. Le langage intervient dans tous les phénomènes de la vie dite animale, dont il accroît le nomhre et l'intensité d'une manière vraiment prodigieuse ; il les transforme en phénomènes exclusivement humains. Il en résulte pour le système nerveux de l'homme des fonctions et des maladies inconnues chez les animaux.
VII. Par l'intervention du langage dans les phénomènes de l'organisme humain, la société est appelée à en compléter le développement et à l'assimiler, en quelque sorte, à sa propre vie, en lui imprimant le cachet de sa puissance éducatrice.
VIII. Par les institutions religieuses et politiques, la société apporte dans l'organisme non-seulement des générations actuelles, mais encore des générations futures, des modifications physiologiques transmissibles héréditairement. Par ces modifications, elle parvient à modérer les influences physiques et organiques qui dominent exclusivement les animaux.
IX. Les physiologistes, en étudiant l'homme d'après des principes et une méthode qui sont applicables seulement à l'étude des animaux, n'ont pu se rendre raison des caractères qui distinguent l'humanité. De là ces formules bizarres et vagues: La sensibilité de r homme est mobile et souple ; la flexibilité de sa constitution le rend cosmopolite ; Vampliation inse?îsible de la masse cérébrale produit les facultés intellectuelles, etc.
X. Les enseignements de l'histoire complètent ceux de la physiologie humaine. Ils nous démontrent que la prédominance de quelques phénomènes déterminés d'impressionnabilité et d'innervation, qu'on représente comme étant, chez certains peuples, le résultat de causes physiques et organiques, est due en général à l'influence des institutions religieuses et politiques. L'histoire du mysticisme, celle du suicide, celle du courage militaire, celle de l'esclavage, fournissent une preuve irrécusable de ce fait si souvent méconnu par les physiologistes.
XL Dans l'étude physiologique et pathologique du système nerveux de l'homme, il convient donc de suivre une méthode différente de celle qui est généralement suivie de nos jours.