CHAPITRE TROISIEME
DE LA SUREXCITATION NERVEUSE, OU DES TROUBLES DE L'IM- PRESSIONNARILITÉ ET DE L'INNERVATION, CONSIDÉRÉS DANS LEURS RAPPORTS AVEC LA MAUVAISE DIRECTION DU RÉGIME ET DES EXERCICES.
L'excitation nerveuse réclamant, pour avoir lieu sans trouble, le concours normal de l'élément artériel et de l'élément nerveux, une perturbation apportée dans les relations fonctionnelles de ces éléments doit se manifester par des désordres plus ou moins graves de l'impressionnabilité et de l'innervation. La mauvaise direction du régime a pour résultat particulier d'apporter cette perturbation en troublant les conditions physiologiques de l'élément artériel. La mauvaise direction des exercices a plus spécialement pour eftet d'apporter cette perturbation en troublant les conditions physiologiques de l'élément nerveux.
SECTION PREMIÈRE
DE l'influence EXERCÉE PAR LA MAUVAISE DIRECTION DU RÉGIME SUR LA PRODUCTION DE LA SUREXCITATION NERVEUSE.
La mauvaise direction du régime comprend les abus et les négligences dont le résultat est de vicier les con-
ditionsdu sang, celles de In circulation, de hi déperdition et de la nutrition générales. Elle comprend J" toutes les erreurs hygiéniques commises par la mère pendant la gestation et par la nourrice pendant l'allaitement (1); 2» les erreurs elles négligences relatives à l'air, à la température, aux habitations et aux vêtements; 3° les erreurs et les néghgences relatives aux aliments et aux boissons, et en général aux soins que réclament les fonctions digestives; A" l'abus ou la négligence de certains moyens hygiéniques ou thérapeu tiques, etc.
§ I". De l'influence exercée par les émotions et par le régime de la mère pendant la gestation, par les émotions et par le régime de la nourrice pendant l'allaitement.
La sagesse des familles n'attend pas pour répandre les bienfaits de l'éducation physique que l'enfant ait vu le jour et qu'il ait poussé ses premiers cris. Elle commence à témoigner ses sollicitudes lorsque l'épouse a reconnu qu'elle va être mère, et que de nouveaux soins Uii sont recommandés dans l'intérêt de l'enfant (2).
Cl) Comme les abus et les néglifçences de la mère et de la nourrice atteignent l'enfant dans sa nutrition générale, nous devons les placer au nombre des causes qui dépendent plus particulièrement de la mauvaise direction du régime.
(2) Nous pouvons même ajouter que le jour où les parents s'occupent de donner un époux à leur fille, ou une épouse à leur fils, une sage prévoyance leur commande non-seulement de payer un dernier tribut à r éducation physique des enfants dont ils renoncent à diriger les destinées, mais encore d'apporter un premier tribut à l'éducation physique des petits-enfants qui doivent naître de ce mariage. Il est de jeunes
lOÎ) DE LA SUREXCITATION NEliVEUSE
L'iiilluence exercée par les conditions physiologiques, le genre de vie, le régime, les habitudes, les ma?urs, les émotions, etc., de la mère, se révèle de mille manières, qu'il est inutile de rappeler. En général, lorsque l'enfant doit à cette influence uneconsiitution débile, une nutrition générale appauvrie, il lui doit aussi une prédisposition fatale à la surexcitation nerveuse. Mais comme les troublesde l'impressionnabilitéetde l'innervation qui manifestent cette prédisposition n'ont souvent lieu que longtemps après la naissance, c'est-à-dire longtemps après les fautes commises pendant la gestation, comme tant d'autres influences ont pu survenir et compliquer le problème des causes, il faut se garder de ces hardies interprétations étiologiques que les médecins adoptent en général trop légèrement. D'aifleurs, il est des circonstances qui, échappant à la libre prévoyance des familles, sont étrangères à l'empire de l'éducation physique. Ainsi une femme éprouve pendant sa grossesse une vive frayeur; elle fait une chute, elle subit des revers imprévus, elle est atteinte d'une longue et grave maladie, elle est condamnée par la misère aux plus cruelles privations et
personnes qui ont à peine atteint une puberté précoce, et que d'imprudents parents songent déjà à marier. Il est des circonstances où, sans se laisser détourner par des conditions physiologiques qui semblent préparer d'amers regrets, on sacrifie la santé des familles à une étroite considération de fortune ou de position. Agir ainsi, c'est introduire volontairement, librement, les fatales conséquences de l'hérédité dans iiîie génération. Le choix des époux est le seul acte dans lequel l'édu- (Ml ion, avec sa prévoyante sollicitude, el l'hérédité, avec son aveugle fatalité, se rencontrent et peuvent se combattre.
DANS StS HAPPOUTS AV tC LE RÉGIME ET LES EXERCICES. 100
aux travaux les plus pénibles, etc. Il est impossible, dans ces cas, de faire peser sur l'éducation privée la responsabilité des maladies dont l'enfant peut porter le germe en naissant.
Parlerons-nous de l'influence de l'imagination de la mère sur les destinées de i'onfani qu'elle porte dans son sein?... Sans aborder ce problème, si souvent et si inutilement agité, il nous suffira de faire remarquer que lorsque la mère s'abandonne aux égarements de son imagination, comme ces égarements n'ont jamais lieu sans entraîner à leur suite des troubles afl^ectifs, des laits désordonnés d'innervation cérébro-oanolionnaire, la nutrition générale de l'enfant doit en subir une influence plus ou moins nuisible. Que les émotions de la mère soient ou non le résultat de circonstances indépendantes d'une sage prévoyance, il est incontestable qu'efles figurent dans l'étiologie des affections nerveuses parmi les causes les plus certaines et les mieux connues. L'observation clinique ne laisse aucun doute à cet égard (l) ; mais il en est de celte donnée comme de la plupart de celles qui résultent de l'appréciation étiologique des influences éducatrices, elle ressort aisément de l'examen des faits généraux, mais elle ne saurait résulter aussi nette, aussi précise,
(1) Au rapport des médecins les plus expérimentés de ce siècle, et entre autres de M. Esquiro! : « Plusieurs dames enceintes, aux diverses » époques de la révolution, ont mis au monde des enfants que la plus » légère cause a rendus aliénés. » Plusieurs exemples sont rapportés par les auteurs qui ne laissent aucun doute sur l'inlluence des émotions et des préoccupations affectives de la mère sur la production des diverses formes de la surexcitation nerveuse ciiez les enfants.
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(le l'examen des faits particuliers (i). Il est permis, néanmoins, de mentionner ici les capricieuses et frivoles agitations auxquelles se livrent certaines femmes pendant leur grossesse, l'emportement de leurs passions, leurs mouvements d'impatience, leurs habitudes irrégulières ; nous mentionnerons également les procédés dont elles sont l'objet dans leurs familles, les afflictions qu'on leur cause, l'indifférence qu'on leur témoigne, etc. Ajoutons les circonstances qui compliquent l'accouchement, les manœuvres ou les négligences qui peuvent nuire à la santé de l'enfant.
S'il s'agit d'apprécier l'influence des conditions physiologiques de la nourrice pendant l'allaitement, les faits se présentent quelquefois avec plus de précision. Il n'est pas rare de voir les effets tellement rapprochés de leur cause, les convulsions, par exemple, d'un enfant tellement rapprochées d'un accès de colère de sa nourrice, que l'on court moins le risque de se tromper, en faisant intervenir la modification du lait produite par l'émotion de l'une comme rendant raison des troubles qui surviennent chez l'autre. Les observations propres à jeter quelque lumière sur ce sujet abondent dans les auteurs.
Gilibert, cité par Beaumes, a vu expirer en deux jours et dans les convulsions les plus violentes un en-
(1) Ainsi, par exemple, lorsque nous voyons un homme dont la mère a éprouvé de vives émotions pendant sa grossesse, devenir aliéné à lage de trenle ou quarante ans, nous ne pouvons affirmer, d'une part, que les émotions de la mère ont été la cause prédisposante de l'aliénation du fils, et de l'autre, que ces émotions ont été le résultat des égarements de l'imagination.
tant qui avait teté un lait tout fumant encore (ce sont ses expressions) par un travail do trois heures sous un soleil ardent. Si Ton croit quelques praticiens, des affections convulsives ou épileptiques auraient eu lieu chez les enfjmts parce que les nourrices leur auraient donné le sein immédiatement après le coït, pendant la grossesse ou pendant la menstruation. De pareilles appréciations nous semblent trop difficiles ; les observations cliniques de ce genre nous semblent trop aventnreusement interprétées, pour que nous nous complaisions à les rapporter (1).
Si la nourrice est atteinte d'une maladie accidentelle, aiguë ou chronique, son lait doit nécessairement influer sur la nutrition de l'enfant, et occasionner de grandes perturbations dans les fonctions de son organisme. Or, le choix d'une nourrice étant du domaine de l'éducation physique, cette cause doit être signalée. Il en est de même des cas où une nourrice par sa conduite, par ses mœurs, par sa profession, peut altérer les qualités de son lait. Le lait d'une nourrice qui serait habituellement en proie à des passions violentes peut produire les résultats les plus fâcheux. Un auteur va même jusqu'à dire que ce lait est aussi virulent que le poison de ciguë. Heintoke raconte qu'une femme, craignant après un violent accès de colère, que son lait ne nuisît à son enfant se lit teter par un petit chien qui tout de suite fut attaqué de convulsions épi-
(1) La maxime des sophistes : Poxi hoc, ergo propter hoc, joiio un grand rôle dans les appréciations étiologiques ot thérapeutiques du vulgaire et de plusieurs médecins,
leptiques. Boërhaave rapporte qu'un enfant, ayant teté sa nourrice encore en proie à un accès de colère, eut immédiatement après une attaque d'épilepsie, et fut sujet à cette affection toute sa vie. Albinus rapporte qu'une cause de même nature occasionna des convulsions mortelles après avoir provoqué chez l'enfant une hémorrhagie soudaine, par le nez, les yeux, les oreilles, la bouche et l'anus. Un médecin a assuré à Beaumes qu'un de ses enfants, nourri dans un village voisin, avait expiré sous ses yeux dans les convulsions, parce que sa nourrice lui avait donné le sein immédiatement après un violent accès de colère (1). La colère n'est pas la seule émotion qui soit propre à vicier le lait des nourrices. Toutes les émotions vives, expansives ou oppressives, accidentelles ou habituelles, peuvent produire cet effei. On rapporte des exemples de convulsions nerveuses chez des enfants qui avaient teté leur mère ou leur nourrice au moment où elles venaient d'éprouver une vive frayeur (2). M. Esquirol place les vives commotions dites morales de la nourrice parmi les causes prédisposantes les plus ordinaires de l'épilepsie idiopathique (3).
Quant au régime des nourrices, il exerce sans doute, comme celui de la mère, une influence très-grande sur les qualités bonnes ou mauvaises de la nutrition de l'enfant. RauUn et Gihbert ont vu des convulsions survenir chez des enfimts dont les nourrices avaient
(1) Beaumes, Des convulsions de l'enfance.
(2) Éphém. des curieux de la nature, l"""^ déc, 2" ann., obs. Ui.
(3) Des aliénations mentales, t. I. De l'éf ilepsie.
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man<^û des raves, dos raiforts, des iruits aigres, etc., qui sont sans inconvénient dans un grand nombre de circonstances. Le moyen, encore une Ibis, de reconnaître, entre toutes les causes mystérieuses de la surexcitation nerveuse qui peuvent se produire dans le cours de la vie d'un individu, la part qui appartient à l'alimentation de la mère ou de la nourrice ! Beaumes rapporte une observation qui démontre l'inlluence exercée sur la production des convulsions par le cliangcment dans les habitudes et dans le régime qu'on impose aux femmes de la campagne lorsqu'elles nourrissent les enfants des riches. Il est inutile de rappeler les dangers de l'abus du vin et des liqueurs fortes. Tissot, Bërhaave, Fabre de Villebrune, Linné, la plupart des auteurs qui ont écrit sur l'éducation physique ou sur les afléctions nerveuses de la première enfance, ont signalé plusieurs faits de ce genre.
Toutes les causes qui peuvent atteindre la nutrition générale de l'enfant par la voie de la circulation placentaire ou de la sécrétion mammaire appartiennent donc à la mauvaise direction^lu régime lorsque, pouvant être combattues, elles n'ont été ni prévues ni écartées. Combien de fois la surexcitation nerveuse ne doit-elle pas être le résultat des conditions physiologiques de la mère et de la nourrice, sans (pi'il [soit possible, dans les cas particuliers, de déterminer avec précision et exactitude la part d'action qui leur appartient sans doute ! Nous avons dû puiser les faits les plus propres à jeter quelque lumière sur ce sujet dans l'histoire d'une all'cction nerveuse qui, atteignant la
première entance, se présente le plus iminédiatemeni sous rinlluence des erreurs hygiéniques de la inère ou de la nourrice. Quelle lumière l'observation clinique des affections hystériques, hypochondriaques, mentales, etc., peut-elle répandre sur la question étiologique agitée dans ce paragraphe ? A un âge où tous les souvenirs qui se rattachent à l'influence de la gestation et de l'allaitement ont plus ou moins complètement disparu, il est difficile d'obtenir des renseignements aussi positifs que ceux que nous recueillons en présence des convulsions de l'enfance (1).
§ II. De l'influence exercée par les conditions vicieusea de Tair et par les troubles de la respiration.
La transformation du sang veineux en sang artériel, qui a lieu dans la respiration, peut être troublée de diverses manières. Qu'il nous suffise de mentionner la présence de substances étrangères dans le fluide respirable et le changement survenu dans la quantité proportionnefle des trois éléments de ce fluide. Nous ajouterons les conditions de température qui en modifient la densité. Nous ne parlerons pas des affections de l'appareil respiratoire qui peuvent troubler l'hématose.
Les convulsions de l'enfance doivent encore servir de base à l'appréciation étiologique et clinique qui est le sujet de ce paragraphe. « Celui qui n'a point vu,
(1) Les convulsions de l'enfance doivent d'ailleurs être considérées comme témoignant une prédisposition aux diverses formes de la surexcitation nerveuse, Ksquirol et Pinel les regardent comme prédisposant à la folie.
DANS SES RAPPORTS AVEC LE RÉGIME ET LES EXERCICES, i 75
dit Beaumes, cette espèce de respiration convulsive et d'angoisse spasmodique qu'éprouvent les enfants qui naissent et qu'on tient dans des appartements fermés et trop écliautlés, ce qui n'est pas rare, parmi les gens riches quelquefois outrés dans leur manière de se conduire, aura peine à croire que cette cause est aussi propre à exciter des convulsions (1).. . Puisque les lieux dont l'atmosphère est peu renouvelée, échauffée ou altérée, ajoute plus loin notre auteur, donnent naissance aux convulsions, on peut, sous ce dernier point de vue, ranger parmi les causes éloignées de ces maladies le séjour dans les grandes cités. Les abus sans nombre, qui en pervertissent l'atmosphère, sont connus. Aussi, Arbuthnot et Short ont vérifié que l'air des grandes villes (semblables à ces mères dont le lait ne vaut rien pour leurs entants) ne devient supportable à ceux qui y naissent que quand ils y sont habitués, riauhn a fait la même remarque; et, s'il faut en croire Withers, il n'y a pas de plus puissante cause de l'abattement chronique ou des maladies nerveuses. » Tous les praticiens s'accordent à reconnaître que l'état habituel des conditions vicieuses de l'air, s'il ne produit
(1) Beaumes rapporte l'observation d'un nouveau-né, bien conslilué et vigoureux, qui ne pouvait téter qu'avec des angoisses inexprimables, et qui rtspira librement aussitôt que, appelé auprès de lui, il eut fait ouvrir les fenêtres et retirer les personnes qui l'entouraient. Notis avons été nous-même appelé dans des cas semblables ; et le souvenir de l'observation de Beaumes nous inspira les mêmes moyens, qui furent couronnés par le même succès. Le même auteur cite le huitième volume des Transactkns plulosophiques, où M. Ballexserd raconte les con\ulsions dont furent attaqués quelques enfants pauvres qui avaient passé la nuit dans une chambre soigneusement fermée.
pas toujours une alleclion nerveuse aussi nettement dctermince que le sont les convulsions, « rend les malheureux qui y survivent extrêmement mobiles (1) n) .
Les troubles de la respiration, occasionnés parla présence des substances délétères dans le fluide respir;ible, ont été mentionnnés comme pouvant donner naissance à plusieurs formes de la surexcitation nerveuse. Parmi ces substances, nous rappelons le gaz hydrogène sulfuré, l'hydrosulfure d'ammoniaque, l'acide carbonique, les émanations connues sous le nom de miasmes, celles qui proviennent de certaines essences, de l'essence de térébenthine, par exemple, ou de certains métaux, du plomb, du mercure, du cuivre, etc. Nous touchons, on le voit, au domaine de l'inlluence des professions (2).
L'homme peut se soustraire à un grand nombre d'aftections résultant des conditions vicieuses de l'air
(1) Bcaumes, ouvrage cité; Tissot, Traité des nerfs et de leurs maladies. Esquirol signale une atmosphère impure parmi les causes de l'épilepsie. Des maladies mentales, t. I, p. 297.
(2) Selon M. Esquirol et plusieurs autres médecins distingués, les professions qui exposent l'homme aux vapeurs du charbon, à l'émanation des oxydes métalliques, sont au nombre des causes'qui favorisent le développement de la folie. Les boulangers, les cuisiniers et les mineurs sont signalés par eux comme étant dans ce cas. « La vapeur de plomb, » dit M Esquirol, produit en Écosse une espèce de manie dans laquelle » les maniaques se détruisent à belles dents, et que les paysans écossais » appellent milt-reek. Les mineurs du Pérou, du Mexique, sont sujets » à une folie toute particulière. On prétend que les ouvriers qui cmn ploient l'indigo sont tristes et moroses. « Des aliénations mentales, t. I, p. ^6. « La vapeur du charbon, dit M. Louyer-Villermay, a déter- » miné chez une dame à laquelle j'ai donné mes soins, une hypochon- » drie très-grave dont elle a parfaitement guéri. » Traité des affections nerveuses^ t. I, p. 30.
r)ANS SES RAPPORTS AVEC LE RÉGIME ET LES EXERCICES. 177
par une sage disposition des habitations et par un choix éclairé des vêtements. Nous nous trouvons amené tout naturellement à considérer les habitations et les vêtements dans leurs rapports avec les diverses formes de la surexcitation nerveuse qu'ils peuvent concourir à produire ou à prévenir.
La privation des rayons solaires est une des causes les plus habituelles des maladies chroniques, parmi lesquelles la phthisie, les scrophules, l'herpès, etc., occupent la première place. Quoiqu'on n'ait pu encore déterminer exactement l'action de la lumière solaire sur l'organisme, il est permis, d'après les effets qui résulleut des habitations obscures, d'affirmer que les opérations physiologiques les plus importantes, que l'hématose surtout et la nutrition générale en reçoivent une puissante iniluence. Aussi lorsque cette action salutaire est en défaut, la nutrition étant imparfaite et le sang étant appauvri, l'excitation nerveuse est troublée dans ses principaux éléments, et de nombreux désordres se manifestent dans l'impressionnabilité et l'innervation.
Une atmosphère froide et humide, lorsqu'elle est habituelle, produit les mêmes effets que la privation des rayons solaires. Lorsque cette atmosphère succède, la nuit, aux grandes chaleurs du jour, on remarque de graves accidents nerveux, surtout chez les enfants.
L'insolation a occasionné souvent des maladies cérébrales. Les observations qui en constatent la
CERISE. «o
l'uiiesLe iiilluence sont nombreuses et sullisamment connues (1).
L'éducation physique est responsable de ces résultats lorsqu'elle n'a aucun égard à l'insalubrité des habitations, lorsqu'elle ne sait pas recourir aux ressources hygiéniques qu'offrent les vêtements.
Les vêtements donnent lieu à quelques remarques étiologiques s'ils sont compressifs, trop chauds ou insuffisants. Les maillots, les béguins et les corsets occupent la première place parmi les vêtements compressifs. Nous ne rappellerons point tout ce qu'on a dit des obstacles qu'ils apportent à la digestion, à la respiration et à la circulation générale. Beaumes les accuse d'occasionner des convulsions idiopathiques et sympathiques, de donner naissance à la mobilité nerveuse, aux spasmes, etc. Tissot et Zimmermann les regardent comme jouant un grand rôle dans la production d'une (( mobilité extrême dans le genre nerveux » . Les vêtements trop chauds ont l'inconvénient d'accroître l'impressionnabilité de la peau et d'exciter la perspiration cutanée aux dépens de la perspiration pulmonaire, et surtout d'activer la circulation générale et de provoquer des congestions cérébrales. Quant aux vêtements insuffisants, s'ils occasionnent la suppression de la transpiration, ils peuvent nuire à l'accomplissement réguUer des fonctions de la vie de nutrition, et
(1) Sur quatre cent soixante-six aliénées de la Salpètrière, M. Esquirol en a signalé douze qui devaient leur maladie à l'insolation. Des aliénations mentales, t. 1, p. — Voyey aussi Abercrooibie, Des maladies de l'encéphale eL de la moelle cpinière, p. 213.
par là troubler l'excitalion nerveuse dans ses éléments physiologiques.
§ III. De l'influence exercée par les aliments et boissons, et par les troubles de la digestion qui en résultent.
•Les aliments et les boissons peuvent nuire par leur qualité, par leur quantité, et par l'irrégularité avec laquelle ils sont pris.
Il est impossible que nous nous livrions à un examen minutieux de l'action des divers aliments sur la production de la surexcitation nerveuse. Pour accomplir cette tache, nous serions dans la nécessité d'envahir le domaine des recherches hygiéniques et étiologiqucs qui se rencontrent dans de nombreux et volumineux ouvrages. Que nos lecteurs se rappellent les généraUtés que nous avons exposées dans le chapitre précédent. Nous devons éviter également les détails suffisamment connus et le récit des faits exceptionnels. Nous ne dirons pas avec Tissot l'action du persil sur les nerfs d'une femme vaporeuse, celle des fraises et des écrevisses sur un grand nombre de gens, celle des yeux d'écrevisse, des boissons d'écrevisses, signalée par Yan Swieteii et Viridet, celle des moules, celle des sucreries sur une femme à qui elles donnaient toujours un accès de vapeur, etc. Nous ne raconterons pas le spasme dans les pieds occasionné par l'usage des corneilles, et le spasme dans les bras occasionné par l'usage des alouettes, rapportés par le docteur Reidlin (l). Nous
(1) Tissot, Des nerfs et de leurs maladies.
180 r)E LA SUUEXCITATION NERVEUSE
ne rapporterons pas davantage l'attaque d'épilepsie observée par Hildeshein à la suite d'un excès de fruits et de lait; l'épilepsie observée par Sennart et due à l'usage des cliampignons; l'épilepsie attribuée par Laforest à des anguilles; les convulsions épileptiques, dues, selon Dolée, à une compote de choux, et, selon Schenkius, à des lentilles, etc. Nous ne voulons point faire un traité de gastronomie à l'usage des idiosyncrasies. On lit dans un grand nombre d'auteurs des observations qui semblent avoir été recueiUies en baine de certains aliments. On ne saurait imaginer quels anathèmes ont été lancés par Beaumes, par Camus, par Zimmermann contre la bouillie, contre la panade, etc., qu'ils regardent comme la cause des plus foudroyantes convulsions (1). Défions-nous de ces appréciations étiologiques qui encombrent malheureusement la tradition clinique.
La privation des aliments trop abondants, s'ils ne sont pas digérés, trouble également les conditions physiologiques de l'excitation nerveuse par l'appauvrissement artériel qui en résulte et par les désordres fonctionnels des organes digestifs auxquels donne lieu une mauvaise aUmentation. Les aliments succulents, excessifs et parfaitement digérés, troublent les conditions physiologiques de l'excitation nerveuse par la pléthore qui en résulte, et par les désordres fonctionnels de la circulation auxquels donne lieu une alimen-
(1) Zimmermann expliquait, par l'indigestibilité de la bouillie, la morlalilé qui envahissait, à la suite de convulsions, huit mille enfants, sur vingt-cinq mille morts dans la ville de Londres.
talion trop excitante. Tels sont les deux faits généraux qu'il importe de rappeler ici.
La profusion avec laquelle certaines nourrices donnent à téter à leurs nourrissons, un lait insuffisant, pauvre en principes nutritifs, un lait trop riche et trop abondant, sont des causes de surexcitation nerveuse qui se rapportent aux deux faits généraux que nous venons de rappeler. Quant à l'abus des aliments, à l'habitude d'une table trop recherchée, à la variété des mets qui excitent l'appétit, quant à tous ces écarts de régime qui font partie ce qu'on appelle excès de tout genre, on sait qu'ils figurent dans l'étiologie de toutes les maladies, dans fétiologie surtout des aliénations mentales et de l'épilepsie. Quant à la privation des aliments, nous rappellerons avec M. Esquirol que le jeûne, la faim prolongée concourent à la production de la mélancolie. « Cette influence, dit-il, est même consacrée par le langage populaire, et l'habitude de surcharger l'estomac d'aliments de difficile (digestion, particulièrement chez les hommes qui font peu d'exer* cice, dispose à la même maladie. » Les inconvénients qui résultent des aliments varient, au reste, avec les idiosyncrasies, les professions, le genre de vie, etc.
L'irrégularité dans les repas est chez plusieurs personnes une cause de ces troubles digestifs qui compliquent si souvent l'hypochondrie. Les personnes qui sont prédisposées à cette affection, les personnes dites nerveuses, en général, éprouvent dans leur estomac des sensations diverses plus ou moins pénibles qui simulent la faim et qu'elles (broient apaiser en pre-
<^<2 m LA SUREXCITATION NERVEUSI-
liant des aliments. Il en résulte une altération toujours plus grande des fonctions digestives et une nutrition toujours plus imparfaite (1).
Les boissons occupent dans l'étiologie des affections nerveuses une place qui est due en grande partie à la propriété dont plusieurs d'entre elles jouissent d'activer, pour un instant, les opérations cérébrales, soit en agissant directement sur le tissu nerveux, soit en introduisant des principes stimulants dans le sang artériel. Si les personnes qui abusent du vin et des liqueurs alcooliques savaient tous les maux que les médecins font marcher à la suite de leurs excès, et surtout si elles pouvaient y croire, il en résulterait peut-être, pour plusieurs d'entre elles, une frayeur salutaire. Nous mettrions volontiers sous leurs yeux ces lignes de Tissot : « L'abus du vin, dont l'effet est de produire une tension dans les vaisseaux du cerveau, le dérangement des facultés et des sens, le vertige, le tremblement, la faiblesse de tous les muscles, conduit nécessairement aux maux de nerfs et surtout aux tremblements, à la paralysie, à l'hypochondrie, quand on ne vient à en faire excès que peu à peu; mais si on se livre à ces excès tout à coup,»il en résulte des épilepsies, des manies, des convulsions de toute espèce. » Beaumes se sert des mêmes expressions pour énoncer les mêmes données étiologiques (*2). Dans l'âge adulte, l'abus du vin et des
(1) Les troubles des fonctions digestives agissent sur le système nerveux par les désordres sympathiques qui les accompagnent, et par l'appauvrissement de la nutrition qui en résulte.
(2) Le tableau -de la manière de vivre, donné par M. Esquirol dans
liqueurs est une source assez abondante de désordres nerveux pour permettre un pareil tableau. Il doit exercer une bien funeste influence lorsqu'il est toléré cà un îige qui réclame plus particulièrement les soins de l'éducation physique. On accuse les nourrices et les bonnes de donner du vin aux enfants qui leur sont confiés, afin de les endormir et de jouir de la liberté que procure leur sommeil. Beaumes assure avoir vu des effets déplorables de cet acte coupable. Il n'est pas nécessaire, pour comprendre les inconvénients de pareils abus, dans le jeune âge surtout, de s'imaginer avec un auteur que le vin agace les nerfs par sa partie spiritueuse et racornissante. Il suffit d'en voir les effets non-seulement sur la santé, mais encore sur les mauvaises mœurs, cette seconde source d'affections nerveuses qui se mêle à la première.
Le thé et le café ont subi de graves condamnations. « Les boissons à la mode qui tyrannisent tous les âges, dit Beaumes, doivent être rangées parmi les causes convulsifiques. » Rien de bizarre comme la théorie
la recherche des causes de la folie, indique vingt-six cas d'abus du vin sur deux cent soixante- quatre malades. On attribue à cet abus le grand nombre d'affeclions nerveuses qui régnent en Angleterre et aux Étals- Unis. Quoiqu'il y ait cerlainemciit quelque chose de vrai dans cette dernière hypothèse, il faut néanmoins se garder de l'accepter sans examen. En général, les auteurs attribuent les maladies qui régnent chez un peuple à toutes les causes qui se trouvent sous la main (qu'on nous pardonne cette expression). Pour l'un, c'est l'abus du vin; pour l'autre, ce sont le climat, les brouillards, la chaleur ; pour un troisième, c'est le mouvement des affaires commerciales ; pour un quatrième, c'est l'esprit de secte, ou l'exaltation religieuse, etc. Le moyen d'assigner à cliacune de ces causes diverses la part exacte qui lui appartient dans la production des maladies qui régnent chez un peuple !
donnée par Tissot sur les effets de l'infusion chaude de llié. Pomme attribue les maux de nerfs qui régnent en Hollande, à l'usage du thé ou du café. « On ne saurait comprendre, ajoute- t-il, combien la dégénération actuelle, tant au physique qu'au moral, doit au grand usage de ces sortes de boissons. » Nous nous arrêtons devant ces exagérations ; des faits exceptionnels que nous avons pu observer, nous ne saurions conclure à des généralités aussi banales. Il est certain que chez les personnes dites nerveuses, jeunes et actives, ces boissons causent des insomnies et sont loin d'être sans inconvénients ; mais il est certain aussi que plusieurs n'en souffrent point. Elles sont funestes surtout quand elles ont pour résultat de faciliter les veilles et d'activer d'une manière factice les opérations intellectuelles.
Il est des boissons qui ont un résultat opposé à celui des boissons alcooliques ou aromaliques,îet dont l'abus, cette fois, a pour complices les médecins eux-mêmes. Ce sont les boissons dites émollientes, délayantes ou rafraîchissantes, dont on inonde l'estomac des malades sans égard pour leur constitution, sans égard pour les troubles qu'elles apportent dans la nutrition générale et dans les organes digestifs. C'est grâce aux préjugés rendus populaires par les fausses théories des médecins et par leur pratique routinière que ces boissons sont aujourd'hui d'un usage général parmi nous, surtout chez les femmes. L'observation mieux dirigée fera bientôt cesser, nous l'espérons, ces déplorables préjugés, et les doctrines qui les sanctionnent. Déjà quelques médecins ont ouvert les yeux et reconnais-
sent que les tisanes prises à doses énormes, sans soif, dans l'absence de toute fièvre, sous le ridicule prétexte de mûrir un rliume, à' adoucir la poitrine, de rafraîchir les entrailles, etc., n'ont pour résultat que de paralyser la digestion, d'augmenter la faiblesse et le dégoût pour toute nourriture, de clouer sur un fauteuil des personnes qui ont besoin de respirer le grand air, etc. Qu'on s'étonne après cela des triomphes obtenus par des charlatans mieux avisés sur d'honorables médecins qui se traînent docilement dans l'ornière ! Les affections nerveuses, trop souvent méconnues, s'exaspèrent en général par toutes les causes qui nuisent à la nutrition générale. Certes, nous ne nous étonnerons pas que M. Louyer-Villermay ait signalé l'abus des tisanes comme une des causes les mieux constatées de l'hypochondrie. Cet abus est surtout nuisible aux jeunes fdles disposées à la chlorose.
Les boissons excitantes et les boissons dites émollientes, données avec excès, altèrent donc également les conditions physiologiques de l'excitation nerveuse, les unes en troublant plus spécialement la circulation, et les autres en troublant plus spécialement la digestion. Les premières, font prédominer la circulation cérébrale, et déterminent une déperdition considérable de l'élément nerveux de la névrosité; elle donnent lieu à un état de congestion habituelle. Les secondes appauvrissent le sang, altèrent l'appareil digestif et donnent lieu à tous les désordres qu'engendre une nutrition imparfaite.
§ IV. De l'influence exercée par la négligence ou par l'abus de quelques moyens hygiéniques ou thérapeutiques.
Nous ne parlerons point des assaisonnements qui, loin de rendre plus digestibles les aliments auxquels on les associe, troublent au contraire la digestion soit en stimulant trop vivement la muqueuse gastrique, soit en créant un appétit factice, soit en paralysant l'énergie de l'estomac, etc. Nous ne parlerons pas davantage des odeurs, qui pour certaines personnes sont une cause d'affections nerveuses graves et rebelles.
Un mot sur l'opium, sur le haschitt, sur les bains et sur certains médicaments.
Les narcotiques sont des substances dont l'emploi, , dans l'état de santé, conduit rapidement à une des formes les plus graves de la surexcitation nerveuse. L'opium les résume tous. Quelle que soit la manière dont on le prépare et dont on en use, en infusion, en extrait, ou à l'état d'opium brut, qu'il soit fumé ou pris intérieurement, il produit toujours et partout les mêmes effets. La démence est le dernier terme de la carrière que cet incroyable abus ouvre devant les malbeureux qui s'y livrent. Il semble que l'usage de l'opium provoque une déperdition considérable de l'élément nerveux de la névrosité et que, excitant sans mesure les opérations du cerveau, il en épuise la capacité névrogénique (qu'on nous pardonne de cette expression).
Le haschitt est, une substance peu connue en Europe, qui, chez les Africains et chez les Asiatiques, concourt avec d'autres causes à la production de l'aliénation mentale. On l'obtient par la distillation des pistils du chanvre. D'après les renseignements qui ont été donnés sur l'elTet de cette substance, elle produit un délire d'une gaieté bruyante, fantastique, grotesque, et vraiment extraordinaire. On fume quelquefois l'extrait enivrant qu'elle fournit; mais le plus souvent on le prend sous forme dé boisson. Madden rapporte que, visitant l'hôpital du Caire, il y rencontra quatre fous sur treize, dont l'aliénation était attribuée à reffet du haschitt (1).
L'abus des bains trop chauds et trop prolongés doit être signalée comme une cause qui concourt, chez quelques personnes, à la production de la surexcitation nerveuse. Ib rendent l'appareil tactile très-impressionnable ; ils troublent la circulation générale, et ils congestionnent le cerveau. Ilsengendrent d'ailleurs la mollesse, ils amoindrissent l'énergie musculaire, et ils nuisent à la nutrition. Quand aux bains froids, sans avoir les mêmes inconvénients, il faut se souvenir qu'on a vu de simples affusions froides, administrées surtout à des individus atteints d'affections cutanées, donner lieu immédiatement à des accès de manie et d'épilepsie. (2).
L'abus des médicaments, de ceux surtout qui sont donnés aux enfants, avant que l'expérience nous ait
(1) Madden, Travels in Turkey, ^gypt., etc.)
(2) Maisonneuve, Recherches et observations sur Vépilepsie. Esquirol, Des aliénations ment aies.
appris à en connaître l'idiosyncrasie, avant même que nous ayons prononcé avec quelque précision sur la nature de leurs maladies, est encore une cause de surexcitation, nerveuse souvent mentionnée. Il est inutile de rappeler l'effet des médicaments narcotiques qu'on ne doit presque jamais administrer aux enfants. Quant aux purgatifs qui jouent un si grand rôle dans l'histoire de riiypochondrie. on sait quel en est l'abus dans certains pays et quels en sont partout les inconvénients. Cet abus rend, en général, le ventre extrêmement paresseux ; et quand il détermine d'abondantes et fréquentes évacuations, il accroît l'affaiblissement général des personnes déjà malades qui s'y livrent (1).
Il faut bien que nous mentionnions encore l'emploi inopportun des médicaments qui ont pour but de faire disparaître un exanthème, les dartres, la teigne, les croûtes dites laiteuses, ou dans le but de faire cesser un écoulement du nez ou de l'oreille, le flux hémorroïdal, un ulcère, la goutte, le rhumatisme, etc. C'est un des mysièreslesplus effrayants de l'étiologie que l'influence des suppressions de ce genre sur la production de toutes les maladies du cadre nosologique.
11 faut bien que nous mentionnons aussi les chutes sur la tête, les coup violents qui sont suivis quelquefois d'affections fort graves, telles que l'aliénation mentale, l'épilepsie, etc.
(1) Le préjugé qui fait attribuer à la présence de vers intestinaux tous les dérangements qui surviennent dans la santé des enfants, est une des causes qui répandent le plus généralement l'abus des purgslifs dans les familles.
Il est des circonstances où la surveillance des habitudes des enfants réclame un soin particulier. L'onanisme figure parmi les causes les plus ordinaires d'un grand nombre d' affections nerveuses (1). L'épuisement et l'énervation que celte déplorable habitude tend à produire explique la surexcitabilité nerveuse de ceux qui l'ont contractée. L'éducation morale doit concourir avec l'éducation physique à la prévenir et à la combatre.
La première et la seconde dentition sont quelquefois pénibles et douloureuses. Elles donnent lieu aux convulsions et à cet état de surexcitabilité nerveuse dont les convulsions sont comme les signes précurseurs chez les enûmts. La menstruation, lorsqu'elle s'établit difficilement, ou lorsqu'elle est trop activée, occasionne souvent des troubles nerveux. L'hystérie, la chlorose, l'hypochondrie, l'épilepsie elle-même, la chorée, sont déterminées dans certains cas par un désordre de la menstruation. Toute négligence de l'éducation physique à cet égard, doit être regardée comme une mauvaise direction du régime.
Plusieurs personnes se plaignent d'une constipation opiniâtre et habituelle. C'est même un des tourments les plusordinaires des personnes dites nerveuses et mélancoliques, de riiypochondriaque, de l'hystérique, etc. Il est certain que ce trouble fonctionnel du gros intestin tient souvent à la paresse de certains individus,
(1) M. Esquirol altribiie à cette cause vingt-quatre cas d'aliénation sur quatre cent soixante-quatre malades. Voyez son tableau V.
190 Dlî LA SUREXCITATION NERVEUSE
et à ce qu'on n'a pas eu soin d'imposer aux enfants les habitudes régulières et périodiques que commande une bonne direction du régime.
SECTION 11
DE l'influence DE LA MAUVAISE DIRECTION DES EXER- CICES SUR LA PRODUCTION DE LA SUREXCITATION NER- VEUSE.
La mauvaise direction des exercices comprend les abus et les négligences dont le résultat est de vicier les conditions du tissu vasculo-méduUaire, celles de la circulation, de la déperdition et delà nutrition spéciales. Elle consiste à interrompre trop longtemps ou à provoquer trop fréquemment les excitations fonctionnelles qui, dans les faits d'innervation cérébro-sensoriale, intra-cérébrale, cérébro-musculaire et cérébro-ganglionnaire, sont soumises à l'empire de l'éducation. Tels sont les exercices sensoriaux, les exercices intellectuels ou logiques, les exercices musculaires et les exercices affectifs. Nous comprenons dans la mauvaise direction des exercices le sommeil trop prolongé et les veilles excessives. Comme nous avons vu la mauvaise direction du régime troubler les fonctions nerveuses par la perturbation apportée dans la nutrition générale, nous verrons la mauvaise direction des exercices donner lieu aux mêmes troubles par la perturbation apportée dans la nutrition locale.
§ I^r. De l'influence de la mauvaise direction des exercices sensoriaux.
Les excitations sensoriales, portées à l'excès, trop fréquemment renouvelées, donnent lieu à une surexcitation qui peut se propager, dans quelques cas, à la centralité cérébro-rachidienne. Les excitations sensoriales longtemps interrompues, trop rarement produites, donnent lieu à une surexcitabilité qui peut s'étendre à tout le système nerveux.
Des exercices de l'appareil tactile.
Les impressions reçues et transmises par l'appareil tactile sont celles de la température etde la résistance. Quant aux formes, aux diversités de surface, l'impression qui en résulte est l'œuvre de l'inlelligence.
Nous avons peu de choses à dire touchant les inconvénients qui résultent d'un exercice immodéré decet appareil, si nous le considérons indépendamment des fonctions de la peau. La souplesse et la linesse des vêtements, la soustraction habituelle de la peau au contact de l'air renouvelé, les bains chauds, les soins excessifs, la mollesse, etc., engendrent une surexcitabilité cutanée que les moindres causes rendent féconde en désordres nerveux (1).
Nous ne parlerons pas des hallucinations du toucher qui sont indépendantes de la surexcitation de l'appareil
(1) On sait que chez les riches habitants des Antilles, le tctaiios survient après les blessures les plus légères.
taclile et qui sont plutôt la conséquence de la surexcitation de l'appareil intellectuel. Tels sont, par exemple, les hallucinations du toucher des incubes et des succubes.
Des exercices de Tappareil visuel.
Que la vision soit maintenue inactive pendant un temps plus ou moins prolongé, que la lumière du jour fasse place à une obscurité profonde ou à la pâle lueur d'une lumière artificielle, l'appareil visuel ne tardera pas à être modifié dans sa nutrition, dans son développement; il s'atrophiera en quelque sorte, et le résultat pathogénique de cette condition organique sera une surexcitabilité excessive, qui, au premier contact d'une vive lumière, produira tous les phénomènes de la surexcitation pliotophobique.
Que la fonction visuelle soit au contraire trop peu ménagée, qu'elle s'exerce dans des conditions défavorables, sur des objets placés à de très-grandes distances, sur des molécules extrêmement petites, avec une lumière trop intense ou trop faible, nous avons à redouter, non-seulement les symptômes de la surexcitation visuelle, mais encore ceux de la surexcitation cérébrale, grâce à l'étroite sympathie qui unit les appareils sensoriaux à l'appareil logique. C'est ainsi que les éblouissements, la berlue, etc., sont fréquemment accompagnés, précédés ou suivis de vertiges et de céphalalgie. Les formes de la surexcitation visuelle qui peuvent être déterminées par l'excès d'activité de cette fonction sensoriale sont assez nombreuses. Telles sont
la diplopie, l'héméralopie, la iiyctalopie, l'amaurose elle-même, et certaines hallucinations.
Des exercices de l'appareil auditif.
Les diverses formes de la surexcitation de l'apparei auditif correspondent également cà deux causes opposées, à l'inaction de la fonction et à un exercice trop violent, trop intense, trop prolongé. Tel est, par exemple, le tintoin qu'on a attribué soit à l'épuisement , soit à la pléthore, c'est-cà-dire à une condition physiologique .insuflisante et à une condition physiologique excessive. Les sons bruyants habituellement répétés, comme l'interruption plongée de toute impression sonore, sont propres à donner naissance à diverses hallucinations de l'ouïe (1), au tintoin, à la paracousie, à la dysécée et à la surdité dont la dysécée est déjà un symptôme précurseur, comme l'héméralopie est déjà un symptôme précurseur de l'amaurose.
De même que la surexcitation de l'appareil visuel donne lieu à des vertiges, la surexcitation de l'appareil auditif peut s'irradier au cerveau et s'y manifester par la céphalalgie et quelquefois par des symptômes plus graves. En général, les personnes qui, dans les études musicales, exercent leur appareil auditif de manière A apprécier toutes les plus légères différences qui existent entre les sons, ne se distinguent pas seulement par leur impressionnabilité auditive, mais encore par leur im-
(1; 11 existe des hallucinations de Touïe indépendantes des troubles de l'intelligence.
CLR.SK. ^3
\9k DE LA SUREXCITATION NERVEUSE
pressionnabililé générale ; tant est grande la sympathie qui unit le nerf acoustique à la centralité cérébrorachidienne.
Des exercices de l'appareil olfactif.
Les deux appareils sensoriaux dont il nous reste à parler, se distinguent des trois précédents en ce qu'ils sont plutôt des instruments de la vie de nutrition que des instruments de la vie intellectuelle ou de relation. Ils sont impuissants à suppléer aux trois autres dans l'éducation spirituelle, parce qu'ils ne sauraient donner lieu à un système de signes, parce qu'il est impossible, avec leur secours, de créer un langage.
L'appareil olfactif, comme tous les appareils sensoriaux, est sujet à des hallucinations très-nombreuses dont la plupart appartiennent à des troubles intellectuels. Il en est quelques-unes qui dépendent exclusivement de la surexcitation de l'appareil lui-même ; mais nous devons reconnaître qu'elles sont, dans ce cas, extrêmement rares et toujours très-passagères. Les impressions olfactives trop vives et trop souvent renouvelées, donnent quelquefois lieu à des hallucinations, elles occasionnent dans d'autres cas raifaibhssement et l'anéantissement de l'olfaction. A ces inconvénients d'une mauvaise direction des exercices olfactifs se réunissent ceux qui résultent de l'irradiation sympathique de certaines impressions olfactives produites par des émanations plus ou moins agréables ou désagréables. On sait que la céphalalgie, les nausées, le vomissement, la syncope, l'invasion hystérique, etc., peuvent avoir
lieu SOUS l'intluence des parfums les plus délicieux, des odeurs les plus suaves, des essences les plus recherchées, comme sous rinllueiice des odeurs les plus nauséabondes.
Des exercices de l'appareil gustatif.
Cet appareil est sujet à des hallucinations analogues à celles que nous venons de mentionner en parlant de l'odorat. La cause de ces haUiicinations du goût est presque toujours indépendante de la surexcitation partielle de r appareil gustatil'. Elles sont dues à des troubles alYectifs et intellectuels dans l'aliénation mentale, dans l'hystérie, dans l'hypochondrie, etc. En général, eUes sont l'etlet d'une perturbation apportée dans l'innervation cérébro-sensoriale sous l'iniluence des désordres de l'impressionnabilité gangho-cérébrale.
L'exercice du goût étant intimement hé à la déglutition et à la digestion, il ne saurait être porté, excepté dans des cas fort rares, au delà de certaines hmites. 11 ne saurait produire les inconvénients qui résultent, pour les autres sens, d'un surcroît d'activité et d'intensité fonctionnelle. Il peut conduire à cet état désigné sous le nom de palais blasé qui permet à l'esprit de discerner les saveurs les plus délicates, sans que le cerveau en soit agréablement impressionné. Toutefois l'abus des saveurs épicées, acres, Unit par alï'aiblir et presque anéantir le goût.
Des exercices de rimpressionnabilité générale.
Quelques mots sur ce sujet. Les sollicitudes exaoéré
de la tendresse maternelle ont quelquefois pour effet, en questionnant sans cesse les enfants sur leur santé, d'appeler leur attention sur les opérations de leur organisme ou, en d'autres termes, de les habituer à se tater à chaque instant et sans nécessité. Nous croyons que les parents, par cette conduite, ouvrent la voie à des phénomènes morbides prétendus imaginaires et pourtant réels, qu'il importe au contraire de prévenir, car ils sont les signes précurseurs de l'hypochondrie.
§ II. De l'influence de la mauvaise direction des exercices intellectuels ou logiques.
Nous avons dit ailleurs quels sont les agents excitants qui jouent le principal rôle dans les opérations intellectuelles: de même que la résistance, la température, les couleurs, les sons, les substances odorantes et sapides sont les excitants spéciaux des appareils sensoriaux; de même les signes spirituels, parlés ou figurés du langage, sont les excitants spéciaux de l'appareil logique. Pour que l'homme sente et rappelle à son gré une impression, il faut que cette impression soit nommée. S'il ne la nomme pas, au moins dans sa pensée, il ne peut pas la reproduire, il cesse d'en disposer pour établir son raisonnement, pour s'élever à une conception. On pourrait dire de lui ce que nous disons des animaux, qu'il a été impressionné sans doute, mais qu'il n'a pas senti (1). Les exercices inteUectuels, ceux de mé-
(1) L'impression pourrait se reproduire sans l'intervention des signes, sous l'influence d'un fait d'association, ainsi que cela a lieu
moire et de raisonnement consistent donc dans l'emploi régulier et en quelque sorte dans le difficile maniement (qu'on nous pardonne ce mot) des signes extrêmement nombreux, excessivement compliqués, combinés de mille manières, se rapportant à des êtres et à des rapports innombrables, la plupart abstraits. Aucun de ces signes ne peut être nommé dans le travail de la pensée sans produire, dans une fibre cérébrale, un phénomène correspondant d'excitation analogue à celui que chaque nuance colorée produit dans le§ fibres de l'appareil optique (1). Que l'on s'étonne après cela du développement cérébral de Thomme, de l'importance et de l'étendue des relations sympathiques qui existent entre son cerveau et les diverses fonctions de son organisme ! Que l'on s'étonne, après cela, de ces affections nerveuses, mentales ou convulsives, dont il est sans cesse menacé, affections inséparables de tant d'excitations spirituelles, trop souvent mal dirigées, et qui, sur la terre, senties éléments de sa grandeur et de sa misère !
Les exercices de l'entendement varient en étendue et en profondeur ; ils ne sont pas tous également propres
lorsque la vue d'un objet en rappelle plusieurs autres, ou sous l'influence d'un fait spontané de circulation névro-arlérielle, ainsi que cela a lieu dans certaines hallucinations ; mais elle ne saurait être reproduite avec volonté et intelligence.
(1) L'étude du mécanisme cérébral, dans l'exercice des facultés de l'esprit, est extrêmement difficile. Nous touclierons ce sujet délicat dans le chapitre cinquième. Nous prions nos lecteurs de ne pas oublier ces maximes vulgaires : La pensée est une parole inlerne; le discours est, un raisonnement parlé (logos) ; la science est une langue bien faite, etc.
à produire les divers symptômes de la surexcitation cérébrale. Ils diffèrent, sous ce rapport, en raison de leur intensité, en raison du sujet dont on s'occupe, du but qu'on se propose, des émotions qui les accompagnent. Comme nous ne voulons point nous appesantir à cet égard sur des détails que tout le monde connaît, nous les résumerons à l'aide de quelques propositions fondamentales.
1" La surexcitation cérébrale est d'autant plus aisée à produire, d'autant plus à craindre, que la volonté intervient avec plus de répugnance ou d'indocilité dans la direction de l'effort intellectuel, ou en d'autres termes, que l'attention et l'application, en vue d'un but déterminé, sont plus difficiles et plus pénibles (1).
2" La surexcitation cérébrale est d'autant plus à craindre, que le travail intellectuel auquel on se livre a ■ pour but une coordination de faits plus nombreux et plus abstraits, ou une découverte d'un ordre plus général et plus élevé (2).
(1) La pensée n'est un véritable exercice intellectuel que lorsqu'elle st commandée par la volonté, en vue d'un but déterminé. Il faut lae distinguer, dans ce cas, de la rôverie qui est la pensée des hommes paresseux et oisifs, et qui conduit plutôt à des troubles affectifs qu'à la fatigue du cerveau.
(2) La science est comme un arbre dont tous les fruits ne peuvent pas être également cueillis par tous les hommes. Il en est qui pendent aux branches élevées, et qui sont inaccessibles à plusieurs. Combien qui, feignant de mépriser les fruits qu'ils ne peuvent atteindre, les vouent, sous le nom de mysticisme, au dédain universel ! C'est l'histoire du renard et du raisin. Toule opération intellectuelle qui a pour objet de combiner des idées abstraites, de les coordonner, de les maintenir présentes à la pensée, en même temps qu'elle s'occupe à en poursuivre les conséquences, fait intervenir un nombre prodigieux d'excitations céré-
â" La surexcitation cérébrale est d'autant plus à craindre, et elle étend d'autant plus loin ses inlluences sympathiques, que le travail intellectuel réclame et provoque un plus grand nombre de phénomènes affectils, un plus grand nombre d'émotions (1).
Il" La surexcitation cérébrale est d'autant plus à craindre, que le travail intellectuel a pour but un résultat plus vivement désiré, et que ce résultat doit être obtenu à une époque plus rapprochée (2).
braies simultanées et successives, qui se prolongent souvent fort longtemps. Il en résulte un effort désigné sous le nom de conlenlion d'esprit, effort d'autant plus pénible que les raisonnements les plus compliqués s'appuient exclusivement sur des faits de mémoire laborieusement reproduits et laborieusement maintenus, sur des conceptions élevées au-dessus de l'étroite sphère sensoriale dans laquelle se meuvent les esprits ordinaires. 11 est évident que des conditions physiologiques particulières sont exigées pour que de pareils efforts puissent avoir lieu. Aussi refuse-t-on, en général, le droit d'agiter les hauts problèmes de la philosophie aux femmes et aux très-jeunes gens. Aussi dit-on vulgairement que ces problèmes ne peuvent être compris et résolus, même parmi les hommes et les adultes, que par ceux qui sont doués d'une puissante organisation inteilecluelle (c'est le mot consacré).
(1) Il s'agit ici surtout des travaux qui réclament à un très-haut degré le concours de l'imagination et Texaltation plus ou moins factice delà sensibilité. Tels sont les travaux des romanciers, des poètes, des musiciens, des peintres, des acteurs, etc. L'amour- propre ajoute à cette disposition à la surexcitation nerveuse ses plus douloureux aiguillons ; un régime et des mœurs en harmonie avec les besoins d'une imagination exaltée ou épuisée l'ont le reste. Voilà pourquoi les artistes sont signales par les praticiens comme figurant dans une proportion considérable au nombre des aliénés et surtout des lypémaniaques. Voyez Esquirol, Des aliénations mentales, t. I, p. â31.
(2) Nous avons été consulté récemment par un jeune homme, âgé de vingt ans environ, du déparlement de l'Aisne, qui nous fournit un exemple frappant des tristes effets des travaux intellectuels excessifs, accompagnés d'une cniotion oppressive, d'une vive anxiété.
Jusqu'au mois de décembre 18 ILS. ce jeune homme avait joui d'une
5" La surexcitation cérébrale est d'autant plus à craindre, que l'âge est moins avancé, que l'appareil logique est plus épuisé, moins exercé, plus surexcitable (1).
6" La surexcitation cérébrale est d'autant plus à craindre, que les excès intellectuels donnent lieu à des
très-bonne santé, et il vivait heureusement dans sa famille dont tous les membres sont sains, laborieux et honnêtes. Dans l'hiver de 1838 à i 839, il se préparait à un examen au succès duquel il attachait une grande importance, car ce succès lui ouvrait une carrière vivement ambitionnée. Il s'agissait d'être admis à exercer l'honorable profession d'instituteur primaire. Rien n'égalait, d'après ce qui nous a été dit par ses parents et par lui-même, l'anxiété à laquelle il était en proie dans ses veilles. Cette anxiété alla si loin que le malheureux candidat, avant que l'heure de l'épreuve eût sonné pour lui, fut atteint d'accès épileptiqiies qui se renouvelèrent très-souvent, et qui maintenant ont lieu jusqu'à trois ou quati e fois par jour. Cette grave aflFection ne cesse de faire des progrès, et malgré tous les soins éclairés dont ce malade a été l'objet dans son pays, il est arrivé à Paris dans un état qui nous fait craindre de le voir tomber bientôt en démence. Déjà nous apercevons les signes précurseurs de cette forme de l'aliénation mentale.
En général, les enfants qui, dans les premiers exercices de leur entendement, au début pénible de leurs études, sont sans cesse sous le coup des menaces de leurs parents et de leurs instituteurs, sont dans les conditions défavorables que nous signalons. L'émulation et la rivalité sont, on le sait, des mobiles à la fois puissants et dangereux parmi les élèves de nos écoles comme parmi les hommes qui, sur un plus vaste théâtre, se disputent les faveurs de la renommée et de la fortune. La perspective d'un insuccès qui compromet tout un avenir, imprime aux travaux de l'esprit un caractère d'inquiétude et d'agitation qui en accroît le péril. Aussi les jeunes élèves qui se préparent à un examen sont-ils plus exposés que les autres, toutes choses égales d'ailleurs, aux troubles dont nous parlons.
(1) Il est des enfants très-délicats, des jeunes gens très-faibles qui, dans la direction des exercices logiques, réclament les plus grands ménagemrnts. Il arrive trop souvent que, sans égard pour leur constitution et leur santé, on exige d'eux une attention, une application, une contention d'esprit qui sont incompatibles avec la surexcitabilité de leur
Iroubles plus habituels de la digestion, et qu'ils sont davantage associés à la privation des exercices musculaires.
7" La surexcitation cérébrale est surtout à craindre lorsque les travaux de l'esprit ont lieu aux dépens du sommeil, et lorsqu'ils sont prolongés à l'aide des substances stimulantes, telles que le café, le thé, etc. (1).
§'III. De l'influence de la mauvaise direction des exercices musculaires.
La privation, plutôt que l'excès des exercices musculaires, exerce sur la production delà surexcitation nerveuse une influence bien connue et souvent démontrée. Le surcroît d'activité de l'appareil de la locomotion concourt néanmoins à produire cet état pathologique par l'épuisement qui peut en résulter, surtout lorsqu'il est accompagné d'émotions tristes ou de grandes privations ; l'habitude du mouvement concourt encore à la produire lorsque l'inaction forcée, succédant à une grande activité musculaire, devient une cause de troubles fonctionnels. Mais, en général, la surexcitation nerveuse est moins à craindre à la suite des excès qu'à la suite de la privation des exercices musculaires. Les affections rhumatismales, l'arthritis, les ulcères vari-
organisme nerveux. On observe tous les jours les inconvénients de cette erreur d'éducation due quelquefois à la vanité des parents.
La privation de.s exercices logiques donne lieu à la surexcitabilité de l'appareil cérébral. Le plus léger travail devient une cause de surexcitation pour celui qui n'y a point été préparé par des efforts gradués.
(1) Consultez l'excellent ouvrage intitulé : Physiologie et hygiène des hommes livrés aux travaux de l'esprit, etc., par M. Reveillé-Parise-
queux, etc. ; telles sont les maladies qui sont l'effet ordinaire des excès de la locomotion. Les phénomènes de déperdition générale que provoquent ces excès portent plus particulièrement sur les éléments plastiques du sang que sur l'élément artériel de la névrosité (l). Il y a d'ailleurs, dans les exercices musculaires, un accroissement de circulation générale qu'il ne faut pas confondre avec l'accroissement de circulation partielle qui a lieu dans les appareils nerveux, sous l'influence des exercices spéciaux. Toute analogie disparaît à cet égard devant la différence des résultats (2).
Pour éviter d'entrer dans d'inutiles détails touchant
(1) Suivant M. Dupuy, le sang pris sur des chevaux que Ton fait courir à dessein pendant quelques heures, contient beaucoup moins de fibrine après la course achevée qu'il n'en contenait auparavant.
(2) M. Nick, dans un mémoire couronné par la Faculté de médecine de Tubingen, a examiné les conditions qui modifient la fréquence du pouls dans Tétat de santé. Ce travail eût pu être utile si, au lieu de prétendre déterminer avec une incroyable précision la marche des pulsations occasionnées par chaque degré de mouvement ou chaque genre d'émotion, il eût étudié les rapports de cette fréquence avec les phénomènes généraux de l'organisme. Au lieu de cela, il s'est borné à constater que Tapplication, l'étude, la colère, produisent une accélération du pouls de 4 à 6 pulsations par minute, que la marche au pas en donne une de 8 à 10, Téquitation au pas de 10 à 15, au trot de àO à lib {Archives générales de médecine, mai 1831). Ces faits n'ont aucune valeur, non-seulement parce qu'ils diffèrent, ainsi que le fait remarquer M. Londe, avec les différentes constitutions, avec les différentes heures de la journée, etc., mais encore parce qu'on ne saurait en tirer aucune induction physiologique.
Quant à nous, si nous tenions compte de l'exactitude très-problématique de cette observation, nous y verrions une vérification de ce que nous avons r.vancé touchant la nature de la déperdition qui a lieu dans les exercices musculaires.
Si une course élève le pouls à àb pulsations au delà de l'état de repos, sans qu'il en résulte un épuisement aussi considérable que celui
l'inlluence exercée par la mauvaise direction des exercices musculaires, nous présenterons, sous forme de propositions, les données générales que l'observation nous fournit à ce sujet.
1° La surexcitabilité nerveuse est en général d'autant plus grande que l'appareil locomoteur est plus inactif(l).
2° La surexcitation nerveuse est surtout à craindre lorsque les personnes qui mènent une vie sédentaire sont douées d'une constitution faible, et comme on le dit, nerveuse (2).
3" La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que les personnes qui se refusent un exercice suffisant de l'appareil locomoteur se livrent davantage aux travaux intellectuels (3).
qui a lieu après un accès de colère qui n'élève le pouls qu'à 6 pulsations, nous devons reconnaître que la déperdition dans l'émotion est beaucoup plus précieuse quoique moins considérable en volume^ que la déperdition dans la locomotion.
(1) Cette proposition est devenue un lieu commun de l'hygiène : elle est d'ailleurs démontrée par les données de la statistique appliquée à l'étiologie de l'aliénation mentale. Voyez Esquirol, Des maladies mentales, tableau V, t. I, p. lib.
(2) Nous n'avons qu'à rappeler les avantages que les médecins ont obtenus de la prescription des exercices musculaires dans un grand n imbre de cas de surexcitabilité nerveuse occasionnée soit par la prédominance du système nerveux, soit par l'appauvrissement de la nutrition générale, soit encore par l'épuisement et l'énervation qui succèdent aux fièvres graves, aux violents chagrins, dans les convalescences difficiles, etc. 11 est aisé de concevoir que si, dans certains cas, l'inaction, la mollesse donnent lieu à la surexcitabililé nerveuse, elles doivent, dans les cas où elle existe déjà, l'augmenter et en mulliplier les inconvénients.
(3) Cette donnée de l'observation s'explique par le balancement ou l'antagonisme qui existe entre les phénomènes de sensibilité et ceux de locomotion.
If La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que les personnes habituellement sédentaires sont en proie à des préoccupations affectives et plus tristes, et recherchent davantage la solitude (1).
5° La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que lespersonnes dont l'appareil locomoteur reste inactif, dépourvues de toute activité et de toute règle de conduite, mènent une vie plus oisive, dans laquelle la rêverie tient Heu d'occupation, dans laquelle une imagination déréglée trouve une libre carrière et s'épuise en stériles émotions.
6° La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que la vie sédentaire succède à une vie plus active, et qu'elle y succède d'une manière plus subite (2).
T La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que le lieu ou la maison habités par les personnes sédentaires sont dans des conditions moins salubres, et que les aUments dont elles font usage sont moins digestibles ou plus stimulants ( 3) .
En terminant ce paragraphe, nous devons mention-
(1) Les exercices de )a locomotion sont à la fois l'occasion d'utiles diversions névro-artérielles et d'atçréables distractions. En général, les personnes affligées, tristes, en proie à de sombres pensées, fuient la société et le mouvement. Leur démarche est lente; solitaires et sans cesse préoccupées d'une seule pensée, elles redoutent la lumière^ le mouvement, le bruit. C'est ainsi que s'aggravent leurs maux et que se prépare le triste dénoûment par l'aliénation mentale ou par le suicide.
(2) Les militaires, les cultivateurs, les courriers, les marins, etc., sont dans ce cas. L'hypochondrie est l'affection qui survient le plus souvent à la suite d'une transition brusque de la vie active à la vie séd entaire.
(3) Les exercices du corps permettent de respirer un air frais et pur ;
ner les inconvénients et les accidents auxquels donnent lieu certains exercices de la locomotion destinés autant à l'amusement qu'au développement de l'organisme. Ce sont les chutes sur la tête, l'insolation, les congestions cérébrales qu'occasionnent quelquefois l'escarpolette, la natation, etc., lorsque ces exercices ne sont pas l'objet d'une active surveillance.
Quant à la danse, elle trouve, dans les circonstances compliquées d'un bal, une source de surexcitation ner veuse à laquelle l'exercice reste étranger. Nous en parlerons dans le chapitre suivant.
§ IV. De l'influence de la mauvaise direction des exercices affectifs.
Les phénomènes affectifs, considérés dans leurs effets physiologiques; se distinguent en émotions gaies ou expansives et en émotions tristes ou oppressives. L'éducation physique, dans toutes les circonstances où la morale ne s'y oppose point, doit favoriser celles-là et modérer, prévenir, dissiper celles-ci. Faire prévaloir les émotions tristes, dans l'enfance et l'adolescence, c'est commettre une grave erreur. Parmi les causes qui concourent le plus directement à faire prévaloir les émotions tristes, il faut surtout mentionner la solitude. Tous les auteurs s'accordent à regarder la solitude comme exerçant une grande influence sur la produc-
ils favorisent la digestion des aliments grossiers; ils préviennent, par la dé|ierdition de fibrine qu'ils occasionnent, la pléthore résultant d'uue alimentation trop succulente. Les axiomes hygiéniques sont l'expression des données étiulogiques de l'observation.
lion de la mélancolie, de l'iiypochondrie et d'autres formes de la surexcitation nerveuse. La vie solitaire dans l'enfance et la jeunesse est d'ailleurs nuisible au développement normal de l'organisme (1). Il faut aussi mentionner les rigueurs capricieuses ou brutales d'un pédantisme inintelligent et barbare. Combien de fois n'a-t-on pas à déplorer les conséquences de cet état de crainte, de terreur, dans lequel on entretient de jeunes élèves qui ne peuvent soutenir le regard de leurs maîtres ou de leurs parents sans un secret effroi !
C'est ici que nous devons signaler les inconvénients d'une éducation trop molle, lorsque loin de préparer les jeunes gens, par de prudents essais, aux émotions plus ou moins vives auxquelles l'homme le plus heureux d'ailleurs est nécessairement exposé dans le cours de sa vie, lorsqu'on les laisse dans l'ignorance complète des événements qui, tôt ou tard, viendront un jour les surprendre. Il est des enfants dont on satisfait tous les caprices, toutes les fantaisies. Les plus légères contrariétés deviennent alors pour eux l'occasion de graves inconvénients, de troubles affectifs plus ou moins sérieux. La crainte de leur causer des émotions
(1) On sait tous les désordres affectifs et intellectuels auxquels donne lieu l'usage encore en honneur dans certaines contrées de l'Europe, d'enfermer de jeunes personnes dans les cloîtres et de les y retenir dans la privation des douces relations de famille, sans avoir égard à leur vocation ni à leur constitution, La solitude et l'isolement sévère auxquels on les condamne aggravent les maux qu'engendrent déjà la privation de la liberté, l'interdiction des joyeux et tendres épanchements, et les émotions pénibles, toujours refoulées, dont une surveillance souvent hostile et cruelle est la source. Heureusement le sort de la femme s'améliore sous l'influence d'institutions qui protègent sa liberté.
tristes ne doit pas aller jusqu'à s'abstenir de les familiariser de bonne heure à la lutte que tout homme doit soutenir contre les tendances à la paresse et à la rêverie, contre le désir des déplacements et des voyages, contre l'irrégularité des habitudes, en un mot contre un grand nombre de phénomènes aflectifs qui figurent parmi les causes de la surexcitation nerveuse. Négliger de donner aux enfants une volonté ferme, une logique rigoureuse, c'est les exposer à subir le joug de toutes les influences qui peuvent atteindre leur sensibilité.
Il est des impressions qu'il faut savoir les empêcher de recevoir, car elles sont souvent funestes. Telles sont les impressions qui résultent du spectacle ou d'un récit animé d'accès coavulsifs, d'accès épileptiques, d'accès de manie, etc., et qui tendent à produire les phénomènes d'innervation imitative fort connus des praticiens. Il en est surtout qui exercent une influence, souvent obscure, mais positive et redoutable, et dont nous devons dire quelques mots, car elles jouent, suivant nous, un grand rôle dans la production de certaines formes de la surexcitation nerveuse.
L'association des impressions qui constitue, lorsqu'elle est normale, im des éléments fondamentaux de l'éducabilité humaine et de l'éducabilité animale, devient, lorsqu'elle est anormale, un des éléments principaux de la surexcitation nerveuse (1). Or, il est des personnes qu'une prédisposition semble avoir fatalement condamnées à subir, dans leurs impressions, les
(1) Nous développerons cette proposition dans les chapitres cinquième et sixième.
associations les plus bizarres, les plus vicieuses, les plus funestes. En voici un exemple qui fera comprendre notre pensée beaucoup mieux que toutes les explications.
Une jeune fille, âgée de huit ans, avait manifesté la résolution de tuer sa belle-mère. Conduite à M. Esquirol, elle fut soumise, par ce célèbre médecin, à une série de questions auxquelles elle répondit avec sincérité, sans hésitation, avec le calme parfait de l'innocence. Elle déclara qu'elle n'avait pour l'épouse de son père aucune haine, qu'elle était touchée de ses soins, mais qu'elle éprouvait, en la voyant, le besoin de la tuer. La présence de cette femme suffisait pour déterminer en elle cette horrible pensée. M, Esquirol, après un entretien poursuivi avec une habileté et une soUicitude qu'on ne saurait assez imiter, parvint à remonter à l'origine obscure et déjà oubhée de cette affreuse monomanie. Il apprit que des paroles de haine et de colère, accompagnées probablement de gestes véhéments, avaient été prononcées six ans auparavant par les parents de son père contre la personne qu'il devait épouser en secondes noces. L'enfant n'avait alors que deux ans; et cette scène violente avait eu lieu en sa présence. L'impression fut produite; un fait d'innervation imitative vint correspondre à cette impression, et se renouveler chaque fois que sa belle-mère s'offrait à sa vue. Une association anormale, vicieuse, s'établit entre l'impression aftèctive éprouvée à l'âge de deux ans, et l'impression sensoriale déterminée tous les jours par la présence de sa belle-mère; de là la reproduction
de l'innervation imitative pour laquelle on amenait cette enfant devant M. Esquirol. Ignorant sa haine, irréprochable dans sa conscience, pure dans ses sentiments et dans sa volonté, elle était mue par un aveugle automatisme, elle obéissait à une impulsion à la fois obscure et puissante dont le meurtre devait être le résultat. Quel sujet de graves méditations touchant la pathogénie de cette forme de la surexcitation nerveuse ! Quel sujet de graves réllexions touchant l'impressionnabilité de l'homme dans sa plus tendre enfance ! M. Esquirol termine cette curieuse observation en appelant l'attention des parents sur les déplorables conséquences que peuvent avoir leurs discours et leurs actes « en présence de leurs enfants dont ils corrompent l'esprit et le cœur dés la première enfance (1) ».
§ V. De l'influence exercée par la mauvaise direction de la veille et du sommeil.
Le sommeil est surtout destiné à procurer aux appareils de la vie de relation l'intermittence de repos nécessaire à la réparation de la névrosité qu'épuisent les excitations nerveuses, dans l'exercice des fonctions sensoriales, intellectuelles, musculaires, et dans la production des phénomènes affectifs. Les veilles excessives et le sommeil trop prolongé concourent, à des des rés différents, à la production de la surexcitation nerveuse. Résumons, à l'aide de quelques propositions,
(1) Dex nliènalions mentales, t. U, p. 115.
CERISE
les données fournies par l'observation de tous les médecins, et qu'il est inutile de développer longuement.
1° La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que les personnes qui se livrent à des veilles excessives sont d'une constitution plus surexcitable, quelle que soit d'ailleurs la cause de cette surexcitabilité.
2° La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que les veilles excessives sont consacrées : V à de plus graves excès du libertinage et de la débaucbe ; 2" à des préoccupations aflectives ou à des souffrances physiques plus douloureuses; 3" à des travaux qui réclament davantage le concours de l'imagination; II' à des travaux intellectuels plus difficiles et dont le résultat est plus vivement désiré ; 5° à des exercices musculaires plus violents, etc.
3° La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que les personnes qui se livrent à des veilles excessives recourent davantage à des boissons stimulantes, et sont condamnées à respirer un air moins pur ou à se nourrir d'aliments moins assimilables.
Il" La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que le sommeil habituellement trop prolongé est accompagné d'un plus grand nombre de circonstances qui favorisent la mollesse.
5" La surexcitation nerveuse est d'autant plus à craindre, que le sommeil habituellement trop prolongé est associé à une alimentation plus succulente, à des exercices musculaires et intellectuels moins fréquents, à l'influence d'une atmosphère moins pure, etc.
Avant de terminer ce chapitre, nous devons communiquer à nos lecteurs une réllexion qui peut être utile. L'influence de l'éducation physique sur la production de la surexcitation nerveuse est en général évidente, incontestable; mais il n'est pas aisé, dans les cas particuliers, en présence des faits cliniques qui se présentent individuellement à notre observation, de déterminer d'une manière précise les circonstances dans lesquelles la mauvaise direction du régime et des exercices doit être accusée.
Plusieurs raisons s'opposent à ce que cette détermination puisse avoir lieu dans tous les cas oîi l'influence de l'éducation est très-probable, dans les cas même où elle est incontestable. Ces raisons sont d'abord l'insuflîsance des renseignements, l'obscurité des causes, les circonstances ignorées de la gestation, de l'allaitement, et de la première enfance qui, selon nous, exercent un pouvoir considérable sur la prédisposition aux maladies de l'âge adulte. Ce sont ensuite la combinaison et la complication des causes les plus diverses qui se mêlent et se confondent dans un même résultat.
L'éducation sociale et privée se mêle à tout, elle existe partout, elle entre profondément dans l'atmosphère soit spirituelle soit matérielle qui nous entoure. Il en résulte la diflîculté d'atteindre cette précision et cette exactitude qui sont une des prétentions les plus vantées de notre époque. Nous avons dû, par conséquent, recouriràune méthode d'investigation et d'exposition qui nous permît de faire surgir les influences
éducatrices physiques et morales les plus cachées, pour les mettre au contact des diverses formes de la surexcitation nerveuse à la production desquelles elles apportent un concours incontestable.
Cette réflexion s'applique à la fois au chapitre que nous finissons et à celui qui suit. La méthode que nous avons adoptée pour faire ressortir les désordres nerveux favorisés par une éducation physique mal dirigée, nous servira de guide dans l'appréciation des troubles intellectuels et affectifs qui résultent de la mauvaise direction des idées et des sentiments dépendants de l'éducation dite morale.