CONCLUSION ET RÉSUMÉ ANALYTIQUE DU CHAPITRE TROISIÈME
I. Les erreurs de l'éducation physique consistent dans la mauvaise direction du régime et des exercices.
IL La mauvaise direction du régime trouble les opérations du système nerveux en portant une perturbation fonctionnelle dans les conditions physiologiques du sang, dans celles de la circulation et de la nutrition générales; la mauvaise direction des exercices trouble les opérations du système nerveux en portant une perturbation fonctionnelle dans les conditions physiologiques du tissu nerveux, dans celles de la circulation et de la nutrition spéciales.
IIL La mauvaise direction du régime comprend : 1° les abus et les négligences de la mère pendant la gestation, et de la nourrice pendant l'allaitement;
2° les abus et les négligences relatives à l'air, à la température, aux habitations et aux vêtements; 3° les abus et les négligences relatives aux aliments et aux boissons, et en général aux soins que réclament les fonctions digestives ; li° l'abus ou la négligence de quelques moyens hygiéniques et thérapeutiques.
IV. La mauvaise direction des exercices comprend les abus et les négligences concernant le renouvellement des excitations sensoriales, intellectuelles oif logiques, locomotrices et affectives, concernant aussi les excès de la veille et du sommeil.
V. Pour apprécier avec quelque exactitude l'influence des conditions physiologiques, des abus et des négligences de la mère et de la nourrice sur la production de la surexcitation nerveuse, il faut s'attacher à examiner plus particulièrement les formes de cette surexcitation qui suivent le plus immédiatement les causes présumées. Les convulsions de la première enfance sont de ce nombre. On peut d'ailleurs les considérer comme offrant tous les caractères d'une prédisposition déterminée aux autres affections nerveuses. Or, l'influence des abus et des négligences de la mère sur la production des convulsions a pu être constatée par l'observation clinifiue.
VL Un air vicié, une température très-élevée, des habitations insalubres, l'insolation, les vêtements trop chauds ou compressifs, exercent sur la production de ces affections une influence constatée également par les praticiens. Il en est de même du trouble des fonctions digestives, d'une alimentation insuffisante ou trop
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succulente, de l'abus des boissons alcooliques, émollientes, etc. ; de l'abus des purgatifs et des narcotiques, des bains chauds ou froids, des chutes sur la tête, de la répercussion d'un exanthème , de l'onanisme, etc. L'observation clinique démontre que toutes les formes de la surexcitation nerveuse peuvent prendre naissance sous l'influence de ces causes qui, dans un grand nombre de circonstances, sont dans la dépendance de l'éducation physique.
VIL L'excès ou la privation des excitations sensoriales donnent lieu à la surexcitation des appareils de la vision, de l'audition, de l'olfaction, etc. ; elles peuvent concourir à la production des hallucinations sensoriales, et provoquer des désordres sympathiques.
VIIL Les excès intellectuels donnent heu à la surexcitation cérébrale. Ce résultat est surtout à craindre si les travaux de l'esprit exigent une application forcée ; s'ils consistent dans des études abstraites ; s'ils sont associés, ainsi que cela a heu chez les artistes, aux efforts de l'imagination, à des émotions factices ou réehes, à la vanité, etc. ; s'ils sont poursuivis avec anxiété, pendant la nuit, à l'aide de boissons stimulantes ; s'ils sont réclamés sans égard à l'âge et à la constitution ; si, enfm, exigeant une vie sédentaire, ils sont accompagnés de troubles permanents dans les fonctions digestives.
Quant à l'inaction des aptitudes intellectuelles, elle prédispose à la surexcitation cérébrale dans les cas où des circonstances impérieuses réclament des méditations inaccoutumées.
IX. L'inaction, plutôt que l'exercice excessif de l'appareil locomoteur, est une des causes qui concourent le plus directement à la production de la surexcitation nerveuse. Cette inaction est d'autant plus nuisible qu'elle est plus soudaine, moins habituelle, qu'elle s'associe davantage à des excès intellectuels, à une alimentation succulente ou grossière, à une habitation plus insalubre.
Les exercices musculaires excessifs doivent néanmoins être mentionnés dans l'étiologie de la surexcitation nerveuse, surtout lorsqu'ils sont associés à des privations et à des émotions tristes.
X. Les soins trop tendres, l'ignorance dans laquelle on entretient les enfiints des peines qui peuvent les atteindre dans le cours de leur vie, etc., sont suivis quelquefois de malheurs qui permettent d'accuser la mauvaise direction des exercices affectifs. Il en est de même des émotions tristes auxquelles on les condamne par trop de sévérité, de la sobtude qu'on leur impose, etc. Il est des impressions affectives produites dans la première enfance, qui donnent Heu à des faits d'innervation imitative et à des associations vicieuses dont l'étude intéresse au plus haut degré la pathogénie de la surexcitation nerveuse.