‹ Des fonctions et des maladies nerveuses dans leurs rapports avec l'éducation sociale et privée, morale et physique [electronic resource]Chapitre 34 sur 41 · CHAPITRE Sî:i>TJÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE Sî:i>TJÈME

INDUCTIONS PATHOGÉNIQUES SUR L'EXCITABILITÉ NERVEUSE; OU ESSAI D'UNE COORDINATION GÉNÉRALE DES TROUBLES DE L'iMPRESSIOISNABILlTÉ ET DÉ L'INNERVAtiON.

Les faits de siirexcitabilité nerveuse se présentent, comme les faits d'écîucabilité que nous avons étudiés dans le chapitre précédent, sous deux aspects généraux qui correspondent aux deux conditions physiolo^ giques de l'excitabilité du système nerveux. Ils doivent par conséquent être examinés dans leurs rapports avec l'excitation proprement dite, et dans leurs rapports avec l irradiation. Il s'agit, d'une part, de considérer les troubles de l'impressionnabilité et de l'innervation côttinie le résultat d'un fènouvellement trop fréquent ou d'une privation trop prolongée des excitations nerveuses; il s'agit, d'une autre part, de les considérer comme le résultat de l'irradiation tumultueuse, ou d'une association vicieuse de ces excitations. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que, dans l'appréciation pathogénique des diverses formes do la surexcitation nerveuse, il ne peut être question que des désordres fonctionnels, plus ou moins apparents, de l'organisme. Nous éviterons donc les explications psychologiques d'une pathogénie nébuleuse et embarrassée. Si les

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explications psychologiques doivent tenir leur place dans la discussion d'un problème de physiologie morale et intellectuelle, elles ne sauraient, dans aucun cas, en tenir une dans la discussion d'un problème de pathogénie. L'activité spirituelle intervient dans les opérations de l'appareil cérébral; elle concourt à y créer des habitudes et à y disposer des éléments propres à la manifestation de ses facultés; mais ces habitudes une fois créées, ces éléments une fois disposés, les troubles de l'intelligence qui peuvent survenir sont une conséquence des troubles survenus dans les fonctions organiques; ils rentrent dans le domaine de la pathologie générale. L'activité spirituelle de l'homme peut être muette ou silencieuse si les aptitudes cérébrales sont en défaut ; elle peut affirmer la vérité ou l'erreur, choisir le bien ou le mal, si ces aptitudes ont été développées; mais elle échappe nécessairement aux altérations qui atteignent la matière organisée. On peut dire qu'elle rencontre des obstacles dans sa libre manifestation, qu'elle est silencieuse, abusée ou coupable, mais on ne peut jamais dire qu'elle est malade. Lorsqu'elle cesse d'être libre dans ses affirmations et dans ses actes, c'est que les aptitudes naturelles ou acquises de l'organisme nerveux sont frappées d'inlirmité. Un père transmet à son enfant le germe d'une maladie mentale, dont il sera victime lui même ; évidemment l'âme qui a une autre origine que l'organisme, est étrangère à cette transmission. Il est inutile de nous arrêter plus longtemps sur ce sujet ; nous ne l'eussions même pas abordé si nous n'avions cru devoir

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prévenir par l'exposé net et précis de notre conviction, de banales objections et des interprétations erronées, que chacun connaît et qu'il serait fastidieux de rapporter.

SECTION PREMIÈRE

DES TROUBLES DE l'imPRESSIONNABILITÉ ET DE l'iNNER- VATION CONSIDÉRÉS COMME LE RÉSULTAT d'eXGITATTONS INSUFFISANTES OU EXCESSIVES. INDUCTIONS PATIIO- GÉNIQUES SUR LA SUREXCITABILITÉ ORIGINELLE OU ACQUISE.

Si nous consacrons quelques pages à l'examen des laits que comprend le titre de cette section, c'est moins pour rappeler des détails fort connus de nos lecteurs, et déjà exposés dans d'autres chapitres (1), que pour en tirer des inductions pathogéniques sur la surexcitabilité nerveuse, considérée comme prédisposition générale, naturelle ou acquise, aux troubles de rirnpressionnabilité et de l'innervation.

Voici d'abord, résumées sous forme de propositions, les données de l'observation touchant les conditions organiques, créées par le renouvellement trop fréquent ou par la privation trop prolongée des excitations nerveuses. Nous rappellerons ensuite les faits auxquels ces données correspondent.

1" Lorsque les éléments nerveux et artériel de la névrosité ne peuvent entrer en rapport dans l'excita-

(1) Voyez les chapitres II, V et VI.

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tiori d'un appareil nerveux sans donner lieu ;\ un trouble fonctionnel, il y a sure\citabilité,

2" Lorsqu'un appareil nerveux n'a pas reçu, au moyen d'un exercice suiïisant, le développement nécessaire cà la production normale de la névrositc, l'excitation donne lieu à la fois à un phénomène de congestion sanguine et à un phénomène d'épuisement, et la surexcitabilité se manifeste.

8° Lorsqu'un appareil nerveux est trop vivement ou trop fréquemment excité, les limites du développement qu'il est destiné à acquérir étant atteintes, la circulation locale y devient trop active, et donne lieu à une irritation de l'organisme vasculo médullaire. Celle-ci, ayant dépensé l'élément nerveux de la névrosité, ne fonctionne qu'avec peine; il y a, à la fois, surexcitation et épuisement.

Ces deux dernières propositions ont été développées dans la première section du chapitre précédent. Nous avons fait entrevoir, en effet, les deux formes sous lesquelles se présente la surexcitation nerveuse, considérée dans ses rapports avec les exercices insutïisants ou excessifs d'un appareil. Soit que l'habitude n'ait pas encore modifié cet appareil, soit que les excitations y aient été appelées au delà des limites préétablies, il y a manifestation extérieure de cette condition pathogénique. Nous avons pu nous rendre compte de la surexcitation qui affecte un appareil nerveux, l'appareil visuel par exemple, lorsque, après avoir été longtemps soustrait aux inlluences appropriées à en déterminer les opérations fonctionnelles, il vient tout à coup à en

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subir raclioli excitante. Nous avons pu nous rendre compte de la surexcitation qui affecte le même appareil, lorsque, après avoir fonctionné avec trop d'intensité ou d'énern-ie, il devient impropre à subir Faction des causes excitantes qui auparavant étaient parfaitement supportées. Rappelons maintenant les deux ordres de faits qui correspondent à ces deux données de l'observation.

Nous avons dit que la surexcitabilité se manifeste lorsqu'un appareil nerveux n'a pas atteint le degré de formation nécessaire à la production normale de la quantité de névrosité qui est indispensable pour que la fonction ait lieu régulièrement. Gomme la somme des éléments nerveux et artériel qui doivent concourir à cette production est toujours la même, pour une opération déterminée, il en résulte qu'elle est disproportionnée avec la capacité de l'appareil excité, lorsque cet appareil n'a pas acquis les conditions de nutrition vasculo-médullaire qui doivent être créées au moyen de l'exercice. Or c'est précisément ce qui a lieu, comme on le sait, dans les appareils sensoriaux qui sont aux prises, avant que l'exercice les y ait graduellement préparés, à l'excitation d'une lumière trop vive, d'un hrn it trop violent, d'odeurs ou de saveurs trop fortes, etc. On sait que des bémorrhagies ont quelquefois lieu dans l'appareil auditif sous l'influence d'une détonation brusque et soudaine. On sait que l'appareil visuel devient, sous l'influence d'une lumière inaccoutumée, le siège d'une byperhémie active et d'une véritable inflammation. Il en est de même de l'appareil cérébral,

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dans les travaux intellectuels, lorsqu'on s'y livre avec une ardeur insolite, sans une habitude préalable.

Nous avons dit ensuite que nous voyons la surexcitabilité nerveuse se manifester, lorsque les limites du développement d'un appareil ayant été atteintes, l'appel sans cesse renouvelé du sang y entraîne une hyperbémie et un état pathologique qu'il est facile d'apprécier. L'observation clinique nous apprend que ces excitations excessives donnent tantôt lieu à une sorte de paralysie de l'appareil nerveux qu'elles affectent, tantôt à une hyperesthésie ou pour mieux dire à une surexcilabilité qui en rend les opérations à la fois difficiles et douloureuses. L'atteinte de paralysie dont il s'agit dépend soit d'une congestion sanguine occasionnée par l'hyperhémie quenous signalons, soit d'un épuisement occasionné par une excessive déperdition de névrosité que l'appareil n'est plus en mesure de réparer. Dans le premier cas, la paralysie est moins grave, car sous l'influence des moyens appropriés à faire disparaître la congestion locale et à en prévenir le retour, la guérison peut en être et est en effet fréquemment obtenue. Dans le second cas, la paralysie est plus grave, et la guérison en est extrêmement rare. Quant à l'hyperesthésie, lorsqu'elle est le résultat du renouveUement excessif des excitations normales, elle rentre dans la condition pathogénique que nous avons reconnue dans un appareil non exercé; car, quel que soit le développement vasculo-médullaire acquis par cet appareil, il ne saurait suffire à l'appel de l'intervention artérielle, qui est répété trop fréquemment sans avoir égard aux limites

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fixées par la nature. Il y a dans ce cas, comme dans celui que nous venons de rappeler, disproportion évidente entre la capacité fonctionnelle de l'appareil et le nombre ou l'intensité des excitations qu'on y provoque. iMais ce qui distingue la surexcitabilité qui résulte d'un exercice immodéré de celle qui est produite par une cause opposée, c'est l'impossibilité d'obtenir, par le renouvellement des excitations, une condition meilleure, impossibilité qui en indique le traitement spécial. Ce qui distingue encore la surexcitabililé par excès, c'est qu'elle n'est plus seulement une simple prédisposition, car elle constitue déjà une véritable altération pathologique, une surexcitation déterminée ; aussi voyons-nous, dans ce cas, que le produit de la nutrition vasculo-méduUaire, devenant lui-même le siège d'une congestion active, se manifeste quelquefois par des faits d'impressionnabilité et d'innervation se produisant automatiquement, spontanément, sans l'inlluence des causes existantes ordinaires. C'est ce qui a lieu dans certaines hallucinations sensoriales, dans certaines formes du délire, dans les rêves, dans l'éveil énergique et spontané de certains appétits, dans le priapisme, dans la persistance opiniâtre de certaines idées, etc.

Tels sont les faits, telles sont les données de l'observation. Quelles inductions devons-nous en tirer?... Nous croyons qu'elles nous permettent de pénétrer très-avant dans l'appréciation pathogénique de la surexcitabilité nerveuse, en nous laisant connaître la part qui appartient au tissu nerveux et celle qui appartieni au sang artériel dans la production des phénomènes qui

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la manifestent. Nous apercevons dans l'un l'intluence des conditions de nutrition ou de développement vasculo-médullaire, qui permettent au sang d'affluer en quantité plus ou moins heureusement appropriée à la production de la névrosité fonctionnelle, conditions mystérieuses et profondes, qui sont soustraites à la vue de l'observateur et qu'il ne peut atteindre que par de délicates et rigoureuses inductions. Nous apercevons dans Tautre, c'est-à-dire dans le sang, l'influence des conditions de quantité et de qualité qui doivent jouer un grand rôle dans les opérations nerveuses auxquelles il apporte son indispensable concours. Nous apercevons, en un mot, une relation préétablie entre ces deux éléments de toute fonction nerveuse; et nous en inférons que, si cette relation est altérée, si l'un des deux est en excès ou en défaut, il doit y avoir prédisposition aux troubles de l'impressionnabilité et de l'innervation. Cette prédisposition, résultant d'un défaut d'harmonie entre la capacité fonctionnelle du tissu vasculo-médullaire et la capacité fonctionnelle du sang artériel, peut être héréditaire, congénitale ou acquise. Telle est l'induction générale à laquelle il est permis de nous élever par une rigoureuse appréciation des phénomènes physiologiques qui caractérisent le renouvellement trop fréquent et la privation trop prolongée des excitations nerveuses. Mais nous devons aller au delà; nous devons abandonner le domaine de la physiologie et nous engager dans celui de la pathologie, en y apportant des principes ot une méthode propres à nous diriger. Gela doit être, car nous n'avons cherché à coordonner les

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